Marianne, Marie-Jeanne et le fisc

Les exemples canadiens et californiens sauront-ils pousser le législateur français à dépénaliser le cannabis ? La réponse se trouve peut-être dans la fiscalité actuellement liée au tabac et qui pourrait aussi s’appliquer par transfert au cannabis.

Après que l’Etat de Californie et Canada ont respectivement décidé de légaliser la consommation de cannabis récréatif, la question qui brûle les lèvres de nombre de consommateurs dans le Monde et en France en particulier est : Quel sera le prochain pays à légaliser l’usage de cette substance pour certains encore illicite ? (Lire l’article dans lemonde.fr : Légalisé, dépénalisé, prescrit… le cannabis dans le monde en neuf graphiques) Arrêtons-nous au seul cas de la France et pour cause, c’est celui qui nous concerne. A ce jour, dans l’Hexagone, la possession de cannabis est interdite et illégale, et la loi prévoit une amende maximale de 3.750€ et une peine de un an de prison pour qui s’en rend coupable. Voilà pour ce qui est de la loi. Dura lex, sed lex ! Mais l’autre question qui émerge derrière la décision canadienne et qui pourrait finalement faire école en France ou ailleurs renvoie aux bénéfices que les pouvoirs publics pourraient tirer de la légalisation du cannabis dans un cadre strictement récréatif. Et cette consommation de pousser naturellement à s’intéresser à une autre consommation, celle de cigarettes. En chute libre depuis de nombreuses années (Lire article dans lesechos.fr : Tabac : baisse historique du nombre de fumeurs en France), la baisse du nombre de fumeurs (moins un million de fumeurs entre le deuxième semestre 2016 et le deuxième semestre 2017) est aussi le corollaire d’une baisse significative des recettes fiscales liées au tabac, même si l’augmentation récente du prix du paquet compense automatiquement et sans délai la baisse des recette fiscales.

Transfert de fiscalité

Pour autant, si la Sécurité Sociale peut se réjouir de cette baisse en raison de la raréfaction des maladies engendrées par la consommation de tabac (lire l’article sur europe1.fr : Un million de fumeurs en moins, une aubaine pour les caisses de l’État ?), il est toutefois peu probable que l’Etat laisse filer la manne d’une consommation de cannabis, fut-il récréatif, sans prendre sa part. Aussi, n’est-il pas interdit de penser qu’un transfert de fiscalité s’opérerait, ou s’opérera, si le cannabis devait un jour être légalisé en France. Pour résumer simplement le raisonnement : la baisse de la consommation de tabac ne générant plus assez de recettes au regard de la consommation croissante de cannabis, pourquoi ne pas imaginer taxer la consommation de cannabis ? Il ne s’agirait donc en réalité que d’une seule question de fiscalité et de recettes induites ? Le raccourci est certes facile et fleure bon le cynisme mais dans un Etat-Providence, à l’image de la France, toute consommation, naissante ou confirmée, est prise dans l’étau de la fiscalité. Certains crieront au scandale, d’autres à la normalité. Or, il convient de préciser que près de 80% du prix d’un paquet de cigarettes est composé de taxes dues à l’Etat. Tout cela convenons-en n’est pour l’heure que pure spéculation mais devant la dérèglementation progressive du cannabis dans nombre de pays, devant l’hypocrisie qui prévaut en la matière et la demande sociale qui plaide pour une légalisation du moins récréative, il est fort à penser que la France cèdera aussi à cette pression. Mais que Marianne se rassure, cette concession saura être certainement compensée par un effort fiscal qui gommera ses réticences…

Encore un peu de Trump Cake… !?

La baisse du taux de chômage à son plus bas niveau depuis 1969 aux Etats-Unis tend à conforter Donald Trump dans ses choix économiques tout en ternissant les institutions de la démocratie américaine par la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême.

L’article paru dans Le Monde (Lire lemonde.fr : Le chômage américain au plus bas depuis 1969) aurait presque pu passer inaperçu. Et pour cause : l’actualité de ces derniers jours a été si dense qu’elle a occulté la portée implicite de l’article en question. De quoi s’agit-il enfin ? De quelques lignes expliquant avec force détails que le taux de chômage Outre-Atlantique est tombé à son plus bas niveau depuis 1969, soit 3,7% de la population active des Etats-Unis. « Grand bien leur fasse ! » diront nombre d’observateurs distraits et plus préoccupés par la situation nationale qu’américaine. On peut les comprendre certes mais dans une certaine limite. Une explication s’impose.

Cynisme et dévoiement

La conjoncture économique, exceptionnelle pour de nombreux économistes, que vivent actuellement les Etats-Unis a naturellement été saluée par le Président Trump, trop heureux de vanter les effets de sa politique de réduction d’impôts et d’augmentation des dépenses avec pour objectif annoncé une croissance de l’ordre de 3,1% au terme de l’année 2018. De quoi réjouir un électorat pro-Trump qui n’en attendait pas moins du locataire de la Maison Blanche et surtout un président qui voit dans ces résultats ses propres résultats, ceux d’une politique résolument et volontairement libérale, à quelques semaines des élections de mi-mandat où les Démocrates sont, à ce jour, donnés vainqueurs. Rien de tel donc pour un président brocardé et vilipendé sur la Terre entière, ou presque, que de redorer son blason à l’échelle nationale, la seule qui vaille d’ailleurs pour Donald Trump. Car à désormais deux ans de l’élection présidentielle américaine, à l’heure où les Démocrates se cherchent encore un candidat valable et crédible, Donald Trump sait que des résultats économiques flatteurs porteront un mandat, certes pour l’heure jugé médiocre, vers une reconduction plausible de sa charge. Et le cynisme n’ayant pas de limite, à cet exceptionnel alignement de planètes qui confère depuis plus de neuf ans aux Etats-Unis une puissance économique insolente, s’ajoute à cela un dévoiement visible et patent des institutions de la première démocratie du monde par le Président Trump. Ainsi, c’est avec beaucoup d’attention qu’il conviendra de lire l’article de Roger Cohen, éditorialiste au New York Times (Lire l’article sur nyt.com : An Insidious and Contagious American Presidency), qui explique avec moult détails et précisions comment le président des Etats-Unis est parvenu à imposer à la Cour Suprême un candidat conservateur, Brett Kavanaugh, poursuivi dans une affaire d’abus sexuel, à la seule fin de préserver la juridiction ultime de la pyramide judiciaire américaine d’un potentiel revers aux élections de mi-mandat.

Scrupules et intérêt général

Qu’en tirer comme conséquences ? Donald Trump façonne, en dépit des écrits qui fleurissent sur sa personne (à l’image du dernier ouvrage de Bob Woodward – Fear, Trump in the White House), le pouvoir qui lui a été conféré au nom du peuple américain, les institutions dont il est sensé être le garant et le pays dont la gestion lui a été confié, à son image. Celle d’un homme d’affaires aux scrupules relatifs, voire amoraux et inexistants, prêts à placer à ses côtés des individus conscients de leur rôle nouveau et des missions qui leur seront confiées sans nécessairement se soucier de l’intérêt général. A l’arrivée, et sans alternative Démocrate valable et capable de démontrer, preuves à l’appui, les méfaits de la politique de Donald Trump, il est fort probable que le locataire de la Maison Blanche bénéficie d’un nouveau bail. Si tel était le cas, un seul point positif en ressortirait, il ne pourrait pas briguer un troisième mandat….

Simple mortel… ! Hélas pour lui !

La chute du Président Macron dans les sondages est un signal d’alerte lancé au chef de l’exécutif mais révèle aussi la fin inéluctable de l’état de grâce d’un homme confronté à une réalité longtemps occultée par une réussite insolente.

Le Président Macron serait-il rentré dans le rang ? Portée par une élection triomphale et par une conjoncture économique des plus favorables, voilà que depuis le début de l’été la machine jupitérienne semble s’être enrayée. Visiblement, l’hydromel a un goût de rance ! Celui qui voulait incarner le nouveau monde au détriment de l’ancien (l’expression est d’ailleurs discutable…!) s’est vu rattraper au début de l’été par toute une série d’affaires et autres problèmes divers dont il se serait allègrement passé. Mais oups ! Voilà que les Gaulois réfractaires et les frasques (intolérables!) d’Alexandre Benalla sont venus obscurcir le ciel élyséen. Pour peu que Gérard Colomb en rajoute une couche…! A cela s’ajoute aussi un ralentissement de la croissance économique et des prévisions plus faibles que prévues en la matière. Donc autant d’éléments qui risquent de renvoyer le président à une réalité plus terre à terre et pour le moins pragmatique de la situation et de la sienne en particulier. Dire que le Président Macron est rentré dans le rang est peut-être excessif, d’ailleurs mieux vaut pour lui qu’il n’y rentre pas trop car c’est de son originalité qu’il tire sa force et sa présence au plus haut sommet de l’Etat.

Nature et routine

Pour autant, une chose est sûre, l’ancien monde s’est rappelé à lui et l’Etat de grâce a vécu. Tout comme il a vécu pour ses prédécesseurs qui ont fini leurs mandats respectifs à genoux. Rien ne prédit que le locataire de l’Elysée subira la même fin mais un regard rapide et furtif des sondages montre qu’à peu près 30% des Français lui font confiance (Lire l’article dans lemonde.fr : Face aux difficultés, Emmanuel Macron fait son mea-culpa ). Cela dit avec 30% des voix, on peut atteindre le second tour d’une élection présidentielle mais ce n’est pas (encore…!) le sujet et la comparaison facile. Emmanuel Macron est aujourd’hui dans le dur de son mandat, à l’heure où les résultats se font attendre et où les réformes doivent dès à présents porter leurs fruits. Il doit expliquer, encore et encore, convaincre pour gagner la confiance et agir pour la conserver. De jupitérien, l’homme est passé au statut de demi-dieu avant, la nature est cruelle, de redevenir le simple mortel qu’il a toujours été. Ce qui au demeurant pourrait être un atout, voire une justification, fallacieuse et discutable convenons-en, à l’inertie ou l’échec de certaines réformes présentes ou à venir. Il était inévitable, attendu au tournant par ses opposants, que le quotidien et la routine s’invitent un jour à la table du succès rendant ce dernier soudainement plus amer. Emmanuel Macron fait les frais non pas d’un début de quinquennat manqué, seule l’Histoire dira s’il l’a été, mais de la logique du pouvoir qui érode et abîme ceux qui le détienne. Lui souvent taxé d’arrogance, certainement naturelle et servie jusqu’alors par un insolente réussite, voit son aura se flétrir car victime de la banalité. Bref ! Bienvenue sur Terre Monsieur le Président !

De divisions en additions

La guerre idéologique opposant ligne dure et ligne modérée au sein des Républicains s’est cristallisée sur le premier ministre hongrois Viktor Orban. Persona non grata pour certains, fréquentable pour d’autres, l’homme met en exergue les porosités idéologiques anciennes entre droite et extrême droite.

Si la gauche et la droite françaises ont été divisées par la candidature puis l’élection d’Emmanuel Macron, avec toutes les difficultés de reconstruction que l’une et l’autre connaissent aujourd’hui, il semble pourtant que la droite soit plus encore embarrassée par le cas Viktor Orban. Ce même homme, premier ministre de Hongrie, et qui avait fait ici l’objet de quelques lignes il y a quelques jours, est devenu, à son corps défendant (mais sans cacher sa satisfaction non plus) le centre de débats violents et échevelés au sein des Républicains. Laurent Wauquiez, président du mouvement, en vu des élections européennes de mars 2019, ne fait pas mystère de certaines proximités idéologiques avec l’homme politique hongrois, qui, rappelons-le, est membre du PPE (Parti Populaire européen au sein du Parlement européen de Bruxelles) Ce même Laurent Wauquiez s’est même fendu d’une certaine défiance à l’endroit de l’activation de l’article 7 des Traités européens suite au bafouement de l’Etat de Droit par Viktor Orban. (Lire l’article dans lemonde.fr : Les Républicains s’écharpent sur le cas du premier ministre hongrois populiste Viktor Orban )

Opportunisme et ambitions

La position du président de Les Républicains certes pleine d’opportunisme mais aussi de porosité idéologique entre la droite française et les franges extrêmes des mouvements conservateurs européens n’est pas nouvelle. Lionel Jospin l’avait déjà dénoncée en 1997 à l’occasion des élections législatives anticipées organisées au lendemain de la dissolution de l’Assemblée Nationale par Jacques Chirac. Car c’est bien de porosité, voire de collusion idéologique qu’il s’agit en l’occurrence et que Laurent Wauquiez ne prend plus nécessairement la peine de dissimuler quand Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, plaide elle pour une clarification de la position de son parti et un éloignement des thèses défendues par Viktor Orban.Valérie Pécresse, qui nourrit de vraies ambitions politiques à l’échelle nationale, tout comme Laurent Wauquiez, sait qu’une alliance, même objective, avec Viktor Orban pourrait discréditer un parti qui se veut défenseur de l’Etat de droit et républicain. Laurent Wauquiez, quant à lui, se prend à imaginer qu’un rapprochement, quel qu’il soit, pourrait potentiellement être bénéfique, entendant ainsi à demi-mot profiter de la vague populiste traversant actuellement l’Europe et dont il compte utiliser la dynamique pour réaliser un score honorable lors du scrutin européen, score qui légitimerait sa position discutée à ce jour au sommet des Républicains. (Lire l’article sur lejdd.fr :Les Républicains se déchirent sur le cas du Hongrois Viktor Orban )

Regard et facilité

Deux batailles tendent alors à se dessiner à ce jour : une opposant Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ; la seconde celle qui oppose les partisans d’un ralliement au mouvement populiste européen, soit par opportunisme, soit pas conviction, voire les deux. La droite française, qui a toujours eu du mal à détacher son regard des extrêmes, est encore une fois tentée par la facilité d’un populisme électoralement porteur mais inconciliable avec les idéaux démocratiques portés par l’Union européenne. Eternel dilemme que celui qui agite la droite française et que l’historien René Rémond avait qualifiée de plurielle dans son ouvrage Les droites françaises. Reste désormais à savoir quelle ligne politique l’emportera : celle de Valérie Pécresse ou de Laurent Wauquiez. Ce qui est en revanche certains à ce jour c’est que toute alliance avec une formation populiste, fut-elle d’extrême gauche ou d’extrême droite, sera assimilée à une prise de risque capable de jeter Les Républicains dans une crise interne plus lourde et fratricide que celle actuellement vécue.

Réflexes de Guerre Froide ?

Sanctionnée par le Parlement européen, la Hongrie fait figure de mauvais élève au sein d’un ensemble bousculé par la question des migrants. Mais si Viktor Orban, premier ministre hongrois, use des flux migratoires à des fins politiques, sa position, condamnée à raison, trouve en partie ses racines dans l’histoire de l’Europe de l’Est.

Dire que la question migratoire nourrit les populismes européens est un euphémisme. Pour autant le même euphémisme se trouve être mis à bas par l’étude menée par l’Institut national de l’étude démographique (INED) qui démonte le fantasme d’une immigration massive des populations africaines d’ici 2050 (lire article sur lemonde.fr : Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes). Cependant, il est clair que les populismes européens aiment à se gargariser des peurs suscitées par ce fantasme pour mobiliser des citoyens effrayés par les images de radeaux remplis d’hommes et de femmes en quête d’un avenir meilleur. Contrecoup de cette peur instrumentalisée par certains pays européens, notamment la Hongrie, l’Union européenne a décidé d’actionner l’article 7 des Traités européens qui visent à sanctionner le pays en question pour sa politique hostile aux migrants. (Lire l’article sur lemonde.fr : Le Parlement européen dénonce la menace « systémique » des valeurs de l’UE dans la Hongrie de Orban) Voilà pour les faits. Mais ces derniers n’empêchent pas de s’interroger sur les raisons qui poussent la Hongrie et d’autres pays est-européens, comme la Pologne, à ainsi réagir face à la question migratoire.

Chute et progrès

La réponse se trouve pour l’essentiel dans l’histoire qui suivit la Seconde Guerre mondiale, à savoir la Guerre Froide. Ainsi, de 1945 à 1989, à savoir de la fin du conflit jusqu’à la chute du Mur de Berlin, aussi symbolique soit-elle, nombre de pays de l’Est ont vécu coupé du monde, placé sous la férule soviétique qui entravait toute ouverture ou tout contact avec les évolutions contemporaines. Les déséquilibres nord-sud, issus en grande majorité d’un processus de décolonisation sinon trop rapide du moins lourds de carences patentes subies par les anciens pays colonisés, déséquilibres en partie aujourd’hui responsables de l’exil de certaines populations, sont restés inconnus ou mal appréhendés de pays d’Europe de l’Est loin de saisir la complexité des mutations engendrées dans la seconde moitié du XXème siècle. Leur entrée dans l’Union européenne en 2004, porteuse de progrès économiques, sociaux et démocratiques, s’est aussi accompagnée de la découverte de modes de fonctionnement communautaires ignorés jusqu’alors et qui a mis ces mêmes pays face à des responsabilités d’essence collective auxquelles ils n’étaient en rien préparés. Et parmi ces responsabilités figure aussi la question des flux migratoires jusqu’alors inconnus dans une zone du monde où a prévalu pendant près de cinquante ans la seule autorité de Moscou, soucieuse de fermer ses frontières et celles de ces affidés. La question qui peut alors se poser est : devait-on intégrer les pays de l’ancien bloc soviétique dans l’Union européenne ?

Progrès et réflexes

Au regard des évènements actuels, notamment les agissements de la Hongrie ou de la Pologne, d’aucuns diront non. D’autres, naturellement diront oui car hormis ces deux pays, certes puissants et influents en Europe orientale, les autres pays sont conscients des progrès accomplis grâce à l’entrée dans l’Union européenne. (Lire l’article sur eurosorbonne.eu : L’Europe de l’Est, entre progrès économiques et régressions démocratiques ) Que faire alors des réticences de la Hongrie et de la Pologne ? Les combattre apparaît comme la moindre des mesures à prendre. Ensuite tenter de convaincre que la question migratoire n’est ni un danger ni une crise et que l’utiliser comme argutie politique est vain. Mais ce discours doit aussi s’accompagner d’une capacité à comprendre, sans employer cette même capacité comme moyen de minimiser la position de la Hongrie et de la Pologne, que les anciens pays de l’Est sont encore de jeunes entrants dans l’Union et doivent se défaire de réflexes imprimés par le régime soviétique. Or, il semble que ces réflexes soient plus longs à s’effacer chez certains que chez d’autres. Hélas…!

Le ministre, les panneaux et la bonne conscience

Nommer un nouveau ministre de l’Environnement ne remplacera pas la nécessité de repenser nos modes de production afin d’aborder la question écologique non comme une variable d’ajustement mais comme une constante.

D’aucuns crieraient à la cruauté du propos ou du point de vue mais en l’état la lucidité s’impose : celui ou celle qui sera nommé Ministre de l’Environnement n’aura guère plus d’influence que n’en avait Nicolas Hulot, manque d’influence qui a fini par justifier son départ du gouvernement d’Edouard Philippe. Car c’est un fait : Le poste de Ministre de l’Environnement est des plus fragiles non pas en raison de son exposition mais du fait que ceux qui en héritent, par devoir ou par conviction, s’aperçoivent rapidement que leur marge de manœuvre est extrêmement limitée. La raison en est très simple : La transition écologique voulue par Nicolas Hulot, à peine espérée par ses prédécesseurs, n’est pas engagée et est loin de l’être. Rien à ce jour ne prouve ou ne démontre que nous avons, à l’échelle mondiale ou ailleurs, engagé un quelconque changement de nos habitudes et de nos modes de fonctionnement. Certains argueront, à raison d’ailleurs que les Accords de Paris, que les Etats-Unis ont quitté via la décision de Donald Trump, sont un pas de géant. Certes. C’est indéniable mais largement insuffisant pour révéler un vrai changement de cap.

Ecologiquement compatible

A ce jour, nous pouvons tous constater que la question écologique et environnementale n’est pas une priorité, que celle-ci ne se pose qu’au terme des processus économiques, financiers ou industriels engagés. Or pour observer un vrai début de changement, il ne faut pas que la question environnementale soit perçue comme une contrainte et donc traitée en fin de raisonnement, mais perçue comme le cadre global de la réflexion à mener. En clair renverser la table et engager un projet non pas en se demandant comment protéger l’environnement mais, au contraire, se demander si le projet à engager est écologiquement compatible avec les données environnementales. La question environnementale ne peut plus être une variable d’ajustement mais devenir une impérative constante. Est-ce le cas aujourd’hui ? Il appartiendra à chacun de répondre à cette question mais la réponse sera probablement la même partout. Est-ce à dire in fine que modernité et économie de marché sont incompatibles avec protection de l’environnement et écologie ? La question mérite que l’on s’y intéresse et ne manque pas de révéler aussi les contradictions du sujet. Prenons l’exemple des panneaux solaires que chacun d’entre nous peut installer sur son toit afin de produire sa propre énergie électrique et s’affranchir de celle produite par les centrales nucléaires et réduire les déchets qui y sont liés. De prime abord, l’idée est séduisante et écologiquement responsable. Mais quels matériaux constituent les panneaux ? Où ont-ils été fabriqués ? Comment ont-ils été transportés de l’usine de fabrication à votre domicile,….

Bonne conscience

Autant de questions qui battent en brèche l’idée d’une installation finalement écologique. Tout au plus conforte-t-elle un sentiment personnel qui renvoie à la bonne conscience que permet de se donner ce genre de décisions sans compter les avantages (prétendus…) économiques induits.  Ainsi, une transition écologique pertinente ne commence pas par des panneaux solaires sur tous les toits mais par une refonte totale et mondiale de nos modes de production et de consommation, de nos modes de pensées et de réflexion basés actuellement sur un progrès utilisant l’environnement comme support et non comme un cadre devant dicter ses impératifs. C’est là que commencera la transition écologique et non en nommant en France ou ailleurs un ministre lié à des contraintes ou des lobbies soucieux de leurs intérêts. Mais ils ne sont pas les seuls car y sommes nous prêts vraiment ?

De légèreté en approximations

L’enquête ouverte par la justice italienne à l’encontre de Matteo Salvini met en évidence l’ignorance de la coalition populiste au pouvoir en matière juridique quand l’incurie ne touche pas l’économie ou l’engagement européen.

Alors que d’aucuns pensaient, et parmi eux leurs premiers partisans, les partis populistes européens engagés sur une irrésistible pente ascendante, voilà que la justice italienne ouvre une enquête sur Matteo Salvini, Ministre de l’intérieur italien, pour séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir (Lire l’article sur lemonde.fr : Les migrants du « Diciotti », bateau bloqué cinq jours à Catane, enfin autorisés à débarquer). Certes, il est fort à parier que l’homme criera au scandale et au complot, utilisant ainsi les armes classiques des populistes pris la main dans le sac de la forfaiture. Cette enquête, qui pourrait aussi être classée sans suite, met cependant en évidence la fragilité d’individus qui ont conquis le pouvoir en mettant d’abord en avant leur probité politique pour obtenir l’adhésion des électeurs. Mais plus que de fragilité il conviendrait aussi d’évoquer surtout une certaine ignorance de la Loi, celle qui régit les rapports sociaux et assure à toute société un fonctionnement sain et rationnel. Or, la particularité des partis populistes, et la coalition présente n’y échappe pas, est de souvent s’affranchir, dans leurs discours puis dans les faits, de la loi et des règles communes, soit en appelant le simple quidam à les transgresser, soit en les niant, soit en proposant de les modifier voire d’en créer de nouvelles prétendues plus adaptées. En l’état, il apparaît que Rome s’est largement moqué des lois régissant le droit italien, allant même jusqu’à contrarier la Constitution.

Dura lex, sed lex 

Les partis populistes, à commencer par la Lega de Matteo Salvini, et dans une certaine mesure le mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio, aujourd’hui les ensembles politiques les plus célèbres d’Europe, ont trop vite confondu désirs politiques et réalités sociales. Dura lex, sed lex ! (La loi est dure mais c’est la loi) Dernier exemple en date, les menaces proférées à l’endroit de l’Union européenne qui pourrait se voir privée de la contribution italienne (13,9 milliards d’euros en 2016)* au budget européen. Qui en Europe aujourd’hui imagine qu’un pays fondateur de l’Union puisse faire défaut ? Personne ! Si ce n’est ceux qui ont proféré ces menaces, en l’état le Gouvernement italien. Pour autant, deux point doivent être dès lors soulignés : Primo, l’Italie, troisième économie européenne, a besoin des aides communes qui s’élèvent à près de 12 milliards d’euros en 2016* et le Gouvernement de Giuseppe Conte en est parfaitement conscient ; Secondo, il y a de la part de ce gouvernement une forme de mépris à l’endroit de ces propres électeurs en avançant de telles allégations. Car le programme politique du Gouvernement Conte s’appuie aussi sur les aides européennes.

Fiabilité et crédibilité

Ce chantage, que d’aucuns jugeraient grotesque, salit l’image d’un pays fondateur pris dans l’étau d’une coalition vouée à l’échec et mue par la seule volonté de bouleverser l’échiquier politique italien sans apporter de plan d’action fiable et crédible. Mais en outre, il décrédibilise une coalition politique trop hétérogène pour espérer impressionner la Commission européenne. Autant de contradictions qui fragilisent un ensemble où affleurent approximations et coups de mentons aussi inutiles que ridicules pour beaucoup. Et désormais se pose la question, alors que les migrants du Diciotti ont enfin été autorisés à débarquer et que l’Italie continuera de percevoir les aides européennes, combien de temps perdurera l’expérience populiste en Italie ? Car on ne peut diriger un pays moderne et puissant à coups de fanfaronnades ou de déclarations tapageuses. Ma è Cosi !

 

* Note : En 2016, le budget de l’Union européenne s’élève à 155 milliards d’euros. L’Allemagne est le plus gros contributeur de l’Union européenne (23,3 milliards d’euros), suivie par la France (19,5 milliards d’euros), l’Italie (13,9 milliards d’euros) et le Royaume-Uni (12,8 milliards d’euros). Toutes politiques européennes confondues, l’Espagne est le pays ayant reçu le plus fort montant de l’UE en 2016 (11,593 milliards d’euros), suivie de près par l’Italie (11,592 milliards d’euros), la France (11,3 milliards d’euros), la Pologne (10,6 milliards d’euros) et l’Allemagne (10,1 milliards d’euros). https://www.touteleurope.eu

Impuissante Europe ?

L’agression en Italie d’une jeune nigériane illustre la montée des agressions racistes dans la péninsule mais aussi l’incapacité de l’Union européenne à éradiquer les mouvements populistes et leur cortège d’ignominies.

Pendant que nos parlementaires débattent allègrement des deux motions de censure déposées par l’opposition suite aux révélations portant sur les agissements d’Alexandre Benalla le 1er mai dernier, voilà qu’à deux heures d’avion de Paris, en Italie précisément, se multiplient, et de manière inquiétante, les agressions racistes. (Lire l’article sur lemonde.fr : En Italie, l’inquiétante multiplication des attaques racistes) Certes, et malheureusement, la péninsule a déjà largement fait parler d’elle en ce domaine, mais il semble désormais qu’un seuil dans l’inacceptable ait été franchi le 29 juillet. L’agression d’une jeune nigériane à Turin, agression suivie d’une indignation et d’une condamnation unanime d’une grande partie de la patrie de Dante et du Tasse, révèle néanmoins combien l’Union européenne est à ce jour incapable de maîtriser la montée des mouvements populistes que ce soit en Italie, voire en Grande-Bretagne, le Brexit n’en étant qu’une conséquence.

Pères fondateurs

Il n’est pas utile ici de revenir sur les causes de ce phénomène, causes déjà maintes fois évoquées, mais d’essayer, plutôt, de dresser une liste de solutions. Parmi les premières, il devient désormais impératif de rendre aux politiques européennes leur lisibilité, ou plus précisément en imposer une réelle afin que ces dernières soient comprises de tous les citoyens de l’Union. Le cas britannique illustre à lui seul cette nécessité. Ensuite, et toujours dans une logique de lisibilité, aider concrètement les pays de l’Union confrontés à de vraies crises, qu’elles soient économiques, sociales ou sanitaires. Indépendamment du choix des électeurs italiens qui a porté une coalition populiste au pouvoir, il n’est pas non plus erroné d’affirmer que l’Italie a longtemps été seule à gérer la question des migrants franchissant dans des conditions extrêmes la Méditerranée. Et que cette situation d’abandon a, parmi d’autres facteurs, motivé la victoire des populistes. En un mot, il faut absolument, et Angela Merkel comme Emmanuel macron en sont conscients, repenser au plus tôt l’Union européenne afin que celle-ci renoue avec l’esprit des pères fondateurs : une union au service des peuples et non l’inverse. Pourtant, c’est ce non sens qui s’est imposé au fil des années nourrissant le sentiment d’un pouvoir européen déconnecté des réalités sociales ou économiques.

Désenchantement et sourdes polémiques

La montée des populismes, que nombre déplorent et à raison, n’est peut-être finalement que le mauvais génie d’une Union européenne par trop égotiste et pas assez altruiste. Les phénomènes autarciques, aussi prônés par Donald Trump, et développés par les discours populistes illustrent le désenchantement, voire le dégoût, que l’Union européenne peut inspirer à ce jour. Des hommes comme Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien, prompt à nourrir de sourdes polémiques dignes des plus crasseux des caniveaux, trouvent dans l’inertie de l’Union européenne un terreau favorable où prospère le populisme. Ne nous y trompons pas ! Un Etat faible, quel qu’il soit, national ou supra-national comme l’Union européenne, incapable de répondre aux questions essentielles que peut se poser un peuple, est un Etat ou une structure qui prête le flanc aux populismes les plus vils et les plus lâches. (Lire l’article sur repubblica.it : Aggressioni razziste: l’estate del nostro disonore ).

Sur ce bonnes vacances !

Une affaire de pain béni

Si l’affaire Benalla est l’opportunité pour l’opposition de reprendre la main face à un président omnipotent, elle révèle aussi son incapacité à contrarier l’action présidentielle sur le champ strictement politique.

Aucun n’en demandait autant. D’ailleurs aucun, au sein de l’opposition multiple et diffuse, parfois floue et souvent désorganisée, n’en espérait autant et n’imaginait même pas que le Président de la République fusse un jour embarrassé par une telle affaire. Car il s’agit bien de l’affaire Benalla, celle qui fait trembler Jupiter dans son Olympe élyséen depuis que les faits ont été révélés par Le Monde, dont se repaissent à loisir et avec un plaisir gourmand les opposants au Président de République. N’hésitons pas à le dire, l’opposition qui n’avait rien de bien probant à se mettre sous la dent se voit servie ici son pain béni ! Pourtant, il est fort probable qu’une fois la réponse de l’Elysée présentée, (Lire l’article sur lemonde.fr : Affaire Benalla : après des jours de silence, Macron organise la riposte ) le scandale tournera court et que l’été en pente douce sur lequel glisse avec délice Emmanuel Macron se poursuivre paisiblement.

Affaire improbable

Mais le mal est fait et l’image du président écornée…pour longtemps. Car si le Président de la République semblait marcher sur l’eau depuis quelques temps, après avoir choisi notamment de ralentir les réformes sociales, en invitant le patronat à encourager l’emploi, en se flattant d’une augmentation du nombre de créations d’emploi, en constatant la vitalité de l’économie française ou en présentant une réforme constitutionnelle somme toute assez consensuelle devant le parlement, rien ne semblait annoncer l’orage qui s’abat sur l’Elysée. L’affaire Benalla, imprévisible et improbable, est venue enrayer la machine macronienne aussi implacable que bien huilée. Et l’opposition, nue et inaudible depuis des mois, de retrouver ici une forme de vitalité que beaucoup lui croyait perdue. Et au diable les principes ! Pour l’occasion Nouvelle Gauche, Républicains et France Insoumise se sentent pousser des ailes au point de ferrailler de concert contre le président de la République. L’occasion est trop belle et l’occasion faisant le larron…

Vitesse et vacuité

Mais la vitesse avec laquelle l’opposition s’est jetée sur cette affaire en dit aussi très long sur la faiblesse de son discours, sur la vacuité de son action et son incapacité à contrarier la dynamique macronienne au point d’exploiter, d’aucuns diront surexploiter, la situation. (Lire l’article sur lefigaro.fr : «On n’a aucune réponse» : l’opposition frustrée après l’audition de Collomb sur l’affaire Benalla ) C’est donc par une affaire de gros bras, d’adjoint de cabinet à l’ego outrageusement gonflé par ses fonctions très largement dépassées et usurpées (Voir video.lefigaro.fr : Affaire Benalla : les images choquantes de son agression sur une jeune femme), qu’Emmanuel Macron voit son ciel d’été, orné de deux nouvelles étoiles chères à l’Equipe de France de football (Champions du Monde !  Bref ! On s’égare !) terni par la vulgarité grossière d’une affaire qui ne tiendrait même pas sa place dans la dernière des rubriques de faits divers du plus obscur des journaux, tant sa bassesse la dispute à son manque essentiel d’intérêt. Mais prudence, car combien d’affaires négligées ont parfois poussé au cataclysme…! Pour l’heure, l’opposition qui, répétons-le n’en demandait pas tant, se délecte des mésaventures de Jupiter qui fourbit ses armes en vue d’une réponse que l’on imagine cinglante, pour ne pas dire divine….

De l’OTAN à une défense européenne

Les négociations engagées au sein de l’OTAN et menées par Donald Trump soucieux de rééquilibrer les contributions des pays membres est l’opportunité pour les Européens de s’affranchir du traité pour accéder à une vraie indépendance militaire et diplomatique.

Et si le sommet de l’Organisation de l’Atlantique Nord (OTAN) était l’opportunité pour les Européens d’enfin saisir l’occasion de poser les fonds baptismaux d’une défense commune ? Une rapide explication sous forme de rappel historique s’impose. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), en pleine Guerre Froide (1947-1989), les Etats-Unis et nombre de pays de l’Europe de l’Ouest, créent le 4 avril 1949 une alliance militaire défensive permettant à chacun de ses membres de jouir d’une défense coordonnée ratifiée par le traité en vue d’une potentielle agression venue de l’URSS ou du bloc de l’Est, son affidé. Voilà pour les origines historiques de l’OTAN et sa vocation première qui prévaut encore. Mais vingt-neuf ans après la chute du Mur de Berlin la disparition de l’URSS en 1991, la question se pose : à quoi sert encore l’OTAN si ce n’est, preuve en est donnée par le sommet actuel, à des discussions interminables sur la participation financière des états membres.

Equilibres financiers

Aussi, pour revenir à la question liminaire, pourquoi l’Europe ne décide-t-elle pas de faire preuve de maturité et de responsabilité en établissant, dans un premier temps de nouveaux rapports avec l’Alliance actuelle, et, dans un second temps, commencer à dessiner les contours d’une défense commune dans laquelle France et Allemagne prendraient une place clef, secondées par des pays tels que l’Italie, l’Espagne ou les pays du Benelux ? Car Donald Trump, désireux de rétablir les équilibres financiers au sein de l’Alliance prétextant, une contribution américaine trop élevée (ndlr : En 2018, les Etats-Unis contribuent au budget de l’OTAN à hauteur de 706 milliards de dollars pour une enveloppe globale de 1013 milliards de dollars) au regard de celles concédées par les autres pays membres, chercher ainsi par le biais financier à décharger son pays d’une Alliance devenue coûteuse et à la pertinence désormais discutable (Lire l’article lejdd.fr : Pourquoi Donald Trump en veut-il à l’Otan? ). Pain béni pour les Européens qui devant les réticences américaines de continuer à financer l’OTAN pourraient dès lors, solder l’ardoise qui leur revient, pour en définitive quitter l’Alliance et créer leur propre organisation de défense. L’idée n’est pas neuve car déjà en 1950, la Communauté européenne de Défense (placée sous le commandement de l’OTAN), soutenue par Jean Monnet, avait agité les milieux politiques européens d’alors mais sans succès.

Nations assistées

Mais devant les vitupérations nord-américaines, certes mesurées, (Lire l’article sur lesechos.fr : OTAN : Donald Trump change finalement de ton ) et la volonté affichée de Donald Trump d’écarter les États-Unis des secousses diplomatiques du Monde (Sauf lorsque celles-ci sont au bénéfice des États-Unis…), pourquoi l’Europe ne saisit-elle pas l’opportunité de prendre en main son destin et de quitter les habits de nations puériles assistées par le grand frère américain ? L’Europe de l’Ouest et l’Union européenne en particulier en ressortiraient grandis et se poseraient alors comme des interlocuteurs crédibles face aux Américains toujours prompts à infantiliser l’Europe en dépit de la relation, d’apparence, privilégiée entre Donald Trump et Emmanuel Macron. Pour accéder à cette défense commune plusieurs obstacles devraient être franchis. Et à commencer par les rivalités sourdes qui peuvent encore animer certains pays européens les uns vis à vis des autres ; ensuite établir la liste de ceux qui souhaiteraient passer dans le giron européen ou rester dans celui des Américains, liste qui serait par ailleurs très instructive sur les intentions ou les velléités de certaines nations européennes ; enfin, définir les modes de commandements militaires (partagés, uniques, tournants,…) Bref ! Autant de questions qui pourraient se poser si et seulement si l’Europe acceptait de rompre avec l’OTAN qui reste pour les Etats-Unis encore un moyen de régulièrement administrer au vieux continent ses leçons.