Si un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran pourrait être rapidement signé, celui-ci n’occultera pas le fiasco géopolitique d’un conflit aux conséquences mondiales délétères et aux gains nuls. Essai d’explications.
Panem et circenses. Combien cette locution latine, mondialement connue, sied avec une aisance certes discutable à la manifestation organisée à la Maison Blanche à l’occasion des quatre-vingt ans du président Donald Trump. Entre violence et politique, conceptualisation du rapport entre vainqueurs et perdants, notions piliers de la politique du tycoon locataire de la Maison Blanche, la cérémonie aux relents d’un Make America Great Again triomphant n’a finalement que pour objectif de faire oublier la demie-defaite ou la demie-victoire, selon le degrés d’optimisme de chacun, consécutive à la guerre contre l’Iran. Alors que s’apprête à être signé un accord, qui n’inclut pas encore la question nucléaire, Etats-Unis et Iran se disputent la victoire dans une opposition qui n’a eu que pour seul effet de confirmer et solidifier le régime des Mollahs au détriment du peuple iranien, éludé et oublié à ce jour, mais toujours opprimé et martyrisé.
Destin en main
Là se cache aussi une partie de la défaite de Donald Trump qui pensait, par méconnaissance géopolitique et par l’ignorance des forces culturelles et politiques qui traversent l’antique Perse, mettre à genou la République islamique et pousser le peuple iranien à prendre son destin en main. Il s’est en réalité avéré que couper les têtes des dirigeants iraniens, y compris celle du Guide suprême l’Ayatollah Khamenei, n’aura pas suffit. Devant dès lors se contenter d’un accord a minima, sensé mettre fin aux bombardements et rouvrir le Détroit d’Ormuz, Donald Trump sait devoir aussi supporter les messes-basses ironiques et cyniques chinoises sur l’échec de l’Oncle Sam à dompter Téhéran tout comme le mécontentement de l’allié israélien toujours animé de la volonté de détruire l’État iranien, avec ou sans l’aide des Etats-Unis. D’aucuns avanceraient que ce conflit, qui a déstabilisé les marchés mondiaux, poussé l’Occident dans la récession économique, s’est révélé nul en terme de plus-value géopolitique ou géoéconomique. Les Etats-Unis, attirés par les ressources pétrolières iraniennes ne pourront donc pas user de celles-ci comme elles ont décidé unilatéralement d’en profiter au Venezuela, devront donc continuer à composer avec l’Iran, nation de 90 millions d’habitants, tenue sous le joug des mollahs, impossible à faire plier en dépit de toute la puissance de la première nation du monde.
Cadeau d’anniversaire
La réalité n’est d’ailleurs pas sans interroger et rappeler d’autres situations, notamment ukrainienne, où en dépit d’un déséquilibre patent, le plus faible, ou considéré comme tel, n’a pas cédé, tout au plus ployé mais pas rompu. En guise de cadeau d’anniversaire, Donald Trump devra se contenter de la promesse d’un accord minimaliste sensé sauver les résultats des élections de mi-mandat, la Coupe du Monde de Football en partie organisée sur le sol américain, une popularité en berne (y compris au sein de la la base Maga puisqu’à peine 38 % des sympathisants de Donald Trump adhèrent au conflit actuel) et surtout les apparences d’une nation giflée qui a buté sur un pays du Moyen-Orient, méprisé et sous-estimé par un président à l’arrogance affichée. « Happy Birthday Mister President ! » comme l’avait chanté Marylin Monroe lors de la cérémonie organisée en l’honneur de John Kennedy en 1962….A la Maison Blanche, le gâteau risque d’être amer….