Engagés dans un conflit plus complexe que prévu, les Etats-Unis pourraient s’interroger sur la pertinence de leur alliance avec Israël. Sans dénoncer celle-ci, il apparaît pourtant que le poids des relations entre les deux nations tend à entraver les ambitions à court terme de Washington.
Et si les Etats-Unis lâchaient Israël ? L’idée peut paraître saugrenue mais, au regard des circonstances actuelle, celle-ci n’est pas dénuée d’intérêt. Plusieurs raisons pourraient pousser Washington à cette solution. Tout d’abord, le conflit contre l’Iran, qui semblerait s’orienter vers une forme de solution diplomatique, est avant tout le résultat de la pression exercée par Israël sur les Etats-Unis plus que par la volonté de la Maison Blanche, (même si l’envie de destituer le régime des Mollahs est présente depuis 1979), de véritablement déclencher une guerre avec Téhéran. Second argument qui pourrait accréditer cette thèse, l’envolée des cours du pétrole qui menace à chaque bruit de botte au Proche-Orient la croissance et l’économie mondiale déjà fragile et encore trop dépendante du pétrole des pays arabes de la région.
Normalisation
Les soubresauts à répétition du Moyen-Orient ont fini d’achever la patience des Etats-Unis, voire du restant de la planète, confronté à la paranoïa d’Israël convaincu depuis 1948 que ses voisins arabes, en dépit du soutien des Etats-Unis et de la normalisation de ses relations avec nombre de pays de la zone, veulent sa destruction. Or, à ce jour, le seul pays ayant officiellement déclaré vouloir la disparition d’Israël est l’Iran et son allié le Hezbollah. Car la question libanaise entre aussi dans l’équation. Régulièrement bombardé dans sa partie sud, ce pays du Moyen-Orient est devenu le souffre douleur de Tel-Aviv au point de l’obliger à négocier la paix sur son propre territoire. Dernier point, le bellicisme de Benyamin Netanyahou, devenu par trop encombrant pour la Maison Blanche qui peine dès lors à se faire entendre dans une région où finalement, sa voix compte notamment auprès de l’Arabie Saoudite ou l’Egypte. Préoccupé par l’avenir des ressources pétrolières de l’Iran et le devenir du Détroit d’Ormuz, la Maison Blanche se retrouve aujourd’hui associée à un allié clairement embarrassant et qu’il sera difficile de rayer d’un trait de plume. Pour autant, à quelques jours du début de la Coupe du Monde de Football (Canada, Etats-Unis, Mexique), du 250ème anniversaire de l’Indépendance américaine (4 Juillet 1776) et surtout des élections de mi-mandat où les Démocrates pourraient remporter la majorité à la Chambre des Représentants, le Président des Etats-Unis pourraient officiellement ou officieusement revoir ses priorités diplomatiques. A l’heure où les Etats-Unis vont être sous les projecteurs de la planète entière, Donald Trump entend donner de son pays une image de nation apaisée, pacifiste et humaniste, non celle d’une nation va-t-en-guerre, aux prises dans un lointain conflit moyen-oriental déjà fort impopulaire. Mais de là à franchir le pas….