Alors que l’Europe en a fini de suffoquer avant le prochain épisode caniculaire, émerge une nouvelle interrogation sur les effets mal appréhendés du réchauffement climatique sur les terres froides du globe, débordantes de virus à la dangerosité inconnue et de millions de tonnes de méthane et de carbone, tous deux gaz à effet de serre.
Et si la menace ne venait pas des épisodes de canicule, de sécheresse ou des inondations amenés à meurtrir la planète et les Hommes qui l’habitent mais plutôt de toute la panoplie de virus longtemps contenus en raison d’un climat mondial régulé mais qui via le réchauffement global trouvent un espace d’expansion et de développement inédit. Et à commencer par le virus Ebola. Certes, celui-ci connu, et indépendant du changement climatique, frappe actuellement l’Afrique équatoriale et centrale avec une intensité qui ne manque pas d’inquiéter, y compris en Europe, pourtant éloignée des foyers infectieux. Mais avec l’accélération constante de la mondialisation, donc des flux humains qui y sont liés, est-il aberrant de penser qu’un jour, proche ou lointain, le virus fasse son apparition sur le Vieux Continent au point de provoquer une réaction massive des autorités sanitaires ?
Terres froides et oxygène
Pour autant, si la question concernant le virus Ebola ne se pose pas, encore, la problématique est différente au sujet des virus et autres bactéries contenus dans les terres froides du globe, à savoir la toundra canadienne ou russe. Prisonniers depuis des milliers, voire des millions d’années au coeur du permafrost (sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs. Il représente 20% de la surface terrestre de la planète. Le permafrost est recouvert par une couche de terre, appelée couche active qui dégèle en été et permet ainsi le développement de la végétation appelée toundra.), ces organismes en sommeil se trouveraient libérés par l’augmentation des températures et ainsi se développer à la faveur de cette dernière. Certes, nombre d’entre-elles mourraient au contact de l’oxygène mais celles qui résisteraient seraient, par définition, certainement les plus dangereuses pour les Hommes ou les animaux, voire la flore. Il ne s’agit pas d’un scénario catastrophe visant à affoler les populations mais une réalité géographico-sanitaire qu’il convient de prendre en compte au même titre que l’adaptation aux fortes températures, la gestion de l’eau, la construction de bâtiments isolés et autres.
Défi et permafrost
Car qui dit nouveaux virus ou nouvelles maladies, dit aussi nouveaux traitements et nouveaux vaccins. L’expérience Covid a prouvé que l’Humanité était capable de réagir en conséquence dans des délais brefs. Mais elle était alors confrontée à un seul défi : La Covid. Dans le cas décrit ci-dessus, le défi biologique serait associé au défi climatique dans toute tout son ampleur. D’où la nécessité d’agir à l’échelle mondiale et concernée plus encore que ne le fait l’Organisation mondiale de la santé (OMS), bien esseulée face à cette épreuve qui s’annonce, d’autant plus qu’elle se révèle être des plus sous-estimées. Autre danger lié à la fonte du permafrost, le risque, en cas dégel avancé et continu, de voir s’échapper dans l’atmosphère des millions de tonnes de matière organique essentiellement composée de carbone et de méthane, deux gaz responsables du réchauffement climatique. In fine, une conclusion s’impose : que ce soit par un virus inconnu ou par les effets directs du réchauffement climatique, l’avenir s’annonce compliqué, pour ne pas dire sombre.