De l’OTAN à une défense européenne

Les négociations engagées au sein de l’OTAN et menées par Donald Trump soucieux de rééquilibrer les contributions des pays membres est l’opportunité pour les Européens de s’affranchir du traité pour accéder à une vraie indépendance militaire et diplomatique.

Et si le sommet de l’Organisation de l’Atlantique Nord (OTAN) était l’opportunité pour les Européens d’enfin saisir l’occasion de poser les fonds baptismaux d’une défense commune ? Une rapide explication sous forme de rappel historique s’impose. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), en pleine Guerre Froide (1947-1989), les Etats-Unis et nombre de pays de l’Europe de l’Ouest, créent le 4 avril 1949 une alliance militaire défensive permettant à chacun de ses membres de jouir d’une défense coordonnée ratifiée par le traité en vue d’une potentielle agression venue de l’URSS ou du bloc de l’Est, son affidé. Voilà pour les origines historiques de l’OTAN et sa vocation première qui prévaut encore. Mais vingt-neuf ans après la chute du Mur de Berlin la disparition de l’URSS en 1991, la question se pose : à quoi sert encore l’OTAN si ce n’est, preuve en est donnée par le sommet actuel, à des discussions interminables sur la participation financière des états membres.

Equilibres financiers

Aussi, pour revenir à la question liminaire, pourquoi l’Europe ne décide-t-elle pas de faire preuve de maturité et de responsabilité en établissant, dans un premier temps de nouveaux rapports avec l’Alliance actuelle, et, dans un second temps, commencer à dessiner les contours d’une défense commune dans laquelle France et Allemagne prendraient une place clef, secondées par des pays tels que l’Italie, l’Espagne ou les pays du Benelux ? Car Donald Trump, désireux de rétablir les équilibres financiers au sein de l’Alliance prétextant, une contribution américaine trop élevée (ndlr : En 2018, les Etats-Unis contribuent au budget de l’OTAN à hauteur de 706 milliards de dollars pour une enveloppe globale de 1013 milliards de dollars) au regard de celles concédées par les autres pays membres, chercher ainsi par le biais financier à décharger son pays d’une Alliance devenue coûteuse et à la pertinence désormais discutable (Lire l’article lejdd.fr : Pourquoi Donald Trump en veut-il à l’Otan? ). Pain béni pour les Européens qui devant les réticences américaines de continuer à financer l’OTAN pourraient dès lors, solder l’ardoise qui leur revient, pour en définitive quitter l’Alliance et créer leur propre organisation de défense. L’idée n’est pas neuve car déjà en 1950, la Communauté européenne de Défense (placée sous le commandement de l’OTAN), soutenue par Jean Monnet, avait agité les milieux politiques européens d’alors mais sans succès.

Nations assistées

Mais devant les vitupérations nord-américaines, certes mesurées, (Lire l’article sur lesechos.fr : OTAN : Donald Trump change finalement de ton ) et la volonté affichée de Donald Trump d’écarter les États-Unis des secousses diplomatiques du Monde (Sauf lorsque celles-ci sont au bénéfice des États-Unis…), pourquoi l’Europe ne saisit-elle pas l’opportunité de prendre en main son destin et de quitter les habits de nations puériles assistées par le grand frère américain ? L’Europe de l’Ouest et l’Union européenne en particulier en ressortiraient grandis et se poseraient alors comme des interlocuteurs crédibles face aux Américains toujours prompts à infantiliser l’Europe en dépit de la relation, d’apparence, privilégiée entre Donald Trump et Emmanuel Macron. Pour accéder à cette défense commune plusieurs obstacles devraient être franchis. Et à commencer par les rivalités sourdes qui peuvent encore animer certains pays européens les uns vis à vis des autres ; ensuite établir la liste de ceux qui souhaiteraient passer dans le giron européen ou rester dans celui des Américains, liste qui serait par ailleurs très instructive sur les intentions ou les velléités de certaines nations européennes ; enfin, définir les modes de commandements militaires (partagés, uniques, tournants,…) Bref ! Autant de questions qui pourraient se poser si et seulement si l’Europe acceptait de rompre avec l’OTAN qui reste pour les Etats-Unis encore un moyen de régulièrement administrer au vieux continent ses leçons.

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