Encore un peu de Trump Cake… !?

La baisse du taux de chômage à son plus bas niveau depuis 1969 aux Etats-Unis tend à conforter Donald Trump dans ses choix économiques tout en ternissant les institutions de la démocratie américaine par la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême.

L’article paru dans Le Monde (Lire lemonde.fr : Le chômage américain au plus bas depuis 1969) aurait presque pu passer inaperçu. Et pour cause : l’actualité de ces derniers jours a été si dense qu’elle a occulté la portée implicite de l’article en question. De quoi s’agit-il enfin ? De quelques lignes expliquant avec force détails que le taux de chômage Outre-Atlantique est tombé à son plus bas niveau depuis 1969, soit 3,7% de la population active des Etats-Unis. « Grand bien leur fasse ! » diront nombre d’observateurs distraits et plus préoccupés par la situation nationale qu’américaine. On peut les comprendre certes mais dans une certaine limite. Une explication s’impose.

Cynisme et dévoiement

La conjoncture économique, exceptionnelle pour de nombreux économistes, que vivent actuellement les Etats-Unis a naturellement été saluée par le Président Trump, trop heureux de vanter les effets de sa politique de réduction d’impôts et d’augmentation des dépenses avec pour objectif annoncé une croissance de l’ordre de 3,1% au terme de l’année 2018. De quoi réjouir un électorat pro-Trump qui n’en attendait pas moins du locataire de la Maison Blanche et surtout un président qui voit dans ces résultats ses propres résultats, ceux d’une politique résolument et volontairement libérale, à quelques semaines des élections de mi-mandat où les Démocrates sont, à ce jour, donnés vainqueurs. Rien de tel donc pour un président brocardé et vilipendé sur la Terre entière, ou presque, que de redorer son blason à l’échelle nationale, la seule qui vaille d’ailleurs pour Donald Trump. Car à désormais deux ans de l’élection présidentielle américaine, à l’heure où les Démocrates se cherchent encore un candidat valable et crédible, Donald Trump sait que des résultats économiques flatteurs porteront un mandat, certes pour l’heure jugé médiocre, vers une reconduction plausible de sa charge. Et le cynisme n’ayant pas de limite, à cet exceptionnel alignement de planètes qui confère depuis plus de neuf ans aux Etats-Unis une puissance économique insolente, s’ajoute à cela un dévoiement visible et patent des institutions de la première démocratie du monde par le Président Trump. Ainsi, c’est avec beaucoup d’attention qu’il conviendra de lire l’article de Roger Cohen, éditorialiste au New York Times (Lire l’article sur nyt.com : An Insidious and Contagious American Presidency), qui explique avec moult détails et précisions comment le président des Etats-Unis est parvenu à imposer à la Cour Suprême un candidat conservateur, Brett Kavanaugh, poursuivi dans une affaire d’abus sexuel, à la seule fin de préserver la juridiction ultime de la pyramide judiciaire américaine d’un potentiel revers aux élections de mi-mandat.

Scrupules et intérêt général

Qu’en tirer comme conséquences ? Donald Trump façonne, en dépit des écrits qui fleurissent sur sa personne (à l’image du dernier ouvrage de Bob Woodward – Fear, Trump in the White House), le pouvoir qui lui a été conféré au nom du peuple américain, les institutions dont il est sensé être le garant et le pays dont la gestion lui a été confié, à son image. Celle d’un homme d’affaires aux scrupules relatifs, voire amoraux et inexistants, prêts à placer à ses côtés des individus conscients de leur rôle nouveau et des missions qui leur seront confiées sans nécessairement se soucier de l’intérêt général. A l’arrivée, et sans alternative Démocrate valable et capable de démontrer, preuves à l’appui, les méfaits de la politique de Donald Trump, il est fort probable que le locataire de la Maison Blanche bénéficie d’un nouveau bail. Si tel était le cas, un seul point positif en ressortirait, il ne pourrait pas briguer un troisième mandat….

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