On a tous besoin de politique…

Déstructuré par la disparition progressive ou programmée des partis politiques historiques, le corps électoral français oscille désormais entre tentation extrémiste et apologie de l’individualisme renvoyant l’intérêt général au rang de préoccupation obsolète.

Relégué sur l’une des multiples chaînes d’information en continue, le débat organisée pour la présidence du parti Les Républicains n’aura finalement passionné personne. Et pour cause, nombre de téléspectateurs en ignoraient jusqu’à la tenue. Et quand bien même, il y a désormais longtemps que les débats politiques n’intéressent plus grand monde aujourd’hui. Idem à gauche, où Europe Ecologie Les Verts et le Parti socialiste doivent dans quelques jours élire leurs nouveaux chefs de file, élection qui promet de rivaliser de discrétion et ce pour les causes avancées ci-dessus. Pourtant, il n’est pas inopportun de se demander s’il n’y a pas quelque chose d’inquiétant dans cette désaffection pour la vie politique dans une démocratie telle que la nôtre. Pour apporter, essayer à tout le moins, un élément de réponse, plongeons-nous d’abord dans le monde d’avant, celui qui présidait la vie politique du pays avant 2017.

Fidélité politique

Alors, plusieurs partis entraient régulièrement en concurrence, avec leur cortège de militants ou de sympathisants, leur grand’messe pré-électorale où chacun pouvait compter ses troupes avant la batailles des urnes. Décriés car devenus obsolètes, ces mêmes partis ont donc implosé ou explosé, c’est selon, mais tous avaient une vertu : celle de structurer l’opinion publique autour de principes, de cristalliser des pans entiers du corps électoral qui par fidélité idéologique, historique ou familiale adhéraient au discours de l’un ou de l’autre. Et les résultats électoraux se voulaient le reflet de cette polarisation politique. Quelques années plus tard, le changement de paradigme est total et complet. Les partis historiques peinent à s’imposer dans l’opinion, y compris même parfois auprès de leurs militants historiques, au point d’être devenus les supplétifs d’un unique parti présidentiel, polymorphe et sans fondement idéologique historique ou politique affirmé. La disparition de la dimensions structurante des partis, consécutive à celle de l’opinion a ainsi engendré une vie politique binaire, voire manichéenne, ou le camp de la démocratie s’oppose à celui de l’extrémisme. Non que la bi-polarité gauche-droite qui prévalait historiquement dans la vie politique française n’était porteuse que de bienfaits, loin s’en faut, mais au moins avait-elle le mérite de marginaliser les extrêmes qui profitent aujourd’hui, certes de frustrations sociales diverses, mais peut-être aussi avant tout de l’appauvrissement intellectuel et politique des partis d’antan.

Assèchement culturel

Cette opposition binaire, que d’aucuns qualifieraient de dangereuse et pernicieuse, ne semble pas pour autant sur le point de disparaître. Car si l’urgence à limiter la progression des extrêmes s’avère impérieuse, il apparaît aussi que l’assèchement culturel d’une grande partie de la population contribue au développement d’un malaise social propre à favoriser les dits extrêmes. Passés les différents constats, aussi catastrophiques les uns que les autres, reste désormais à avancer des solutions dont l’une passe par la nécessité de retisser le lien qui existait entre les Français et la politique. Exercice ardu car il faudrait pour cela remonter, entre autre, à l’étymologie du mot, Polis en grec qui renvoie à la cité et donc à la vie de la cité. Cette définition pleine de sous-entendus altruistes et humanistes, se fracasse néanmoins aujourd’hui sur l’ultra-individualisme qui structure notre société, et par-delà, les sociétés occidentales et globales. Est-ce à dire que se profile la fin du politique ou de la politique. Certes non, mais il est à penser que dans les années à venir, sauf revirement de situation, la politique ne sera plus le processus visant à satisfaire l’intérêt général mais l’intérêt particulier.

Rétrécissement idéologique

La montée en puissance des courants extrémistes et des populismes à l’échelle mondiale conjuguée à la crainte climatique illustre la croissance d’une pensée individuelle et autarcique dans un monde de plus en fragmenté.

Les tensions apparues voilà quelques jours entre la France et l’Italie au sujet des migrants embarqués à bord du l’Océan-Viking met certes en exergue la question de la gestion de ces hommes et ces femmes en quête d’une vie meilleure mais, plus largement, celle-ci fait émerger un rétrécissement idéologique en cours dans de nombreux pays, rétrécissement qui passe par une érosion des principes élémentaires de fraternité et d’humanité. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/international/article/) Si l’Italie a récemment fait le choix d’un gouvernement d’extrême-droite, elle n’est pas le seul pays à être tenté par la dérive populiste ou extrémiste. La poussée des Républicains les plus radicaux lors des élections de midterms aux Etats-Unis, l’ombre de Boris Johnson au Royaume-Uni, les atteintes répétées aux droits de l’Homme de Viktor Orban en Hongrie ou les coups de menton diplomatiques de Kim Jung Hun en Corée du Nord finissent par démontrer que le monde dans lequel nous vivons se tourne progressivement vers des courants de pensées plus xénophobes et autarciques que vers l’altruisme et l’ouverture.

Autorité et sens collectif

Ce rétrécissement idéologique, concerne sans surprise les pays déjà familiers de modes de gouvernement autoritaires tels que la Russie ou la Corée du Nord, mais, plus inquiétant, il commence à toucher singulièrement les démocraties bien établies telles que les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. La France, bien qu’encore protégée, à quand même vu par trois fois des candidats d’extrême-droite (2002, 2017 et 2022) parvenir au second tour de l’élection présidentielle. En Algérie et en Tunisie, deux poids lourds d’Afrique du Nord, les régimes en place durcissent chaque jour un peu plus leur emprise sur des populations partagées entre défense de la tradition et appel de la modernité. Autre forme d’individualisme croissant, le rapprochement de la Chine, qui n’est pas à proprement parlé un parangon de démocratie, et de l’Allemagne, qui irrite autant qu’il intrigue ses partenaires européens, mais qui témoigne à son échelle d’une perte de sens collectif quand la situation internationale le commande, y invite à tout le moins. (larevolutionpermanente.fr : https://www.revolutionpermanente.fr/La-relation-entre-l-Allemagne-et-la-Chine-redevient-une-source-de-tensions-avec-les-Etats-Unis) Plusieurs raisons pourraient expliquer cette fuite en avant vers les populismes et les extrêmes : peur des conséquences des flux migratoires, défi climatique mal appréhendé, perte de sens du message politique originel et incapacité de ce dernier à résoudre les malaises sociétaux inhérents à toutes communautés humaines…

Réflexion globale

Autant d’éléments qui effraient et poussent les électeurs vers des voies radicales qui proposent des solutions rapides, séduisantes et à court terme. Quoi qu’il en soit, il apparaît évident que l’heure est à la fièvre individualiste et non plus à la réflexion globale. A ce titre, les dangers qui guettent le monde sont nombreux et particulièrement périlleux car certains peuvent aisément déboucher sur des brouilles diplomatiques, voire dans le pire des cas, sur des conflits armés. Sans imaginer le pire, il n’est pas cependant interdit de s’en prémunir, la guerre en Ukraine l’a prouvé. Si bien que l’Union Européenne, prise d’un frisson sécuritaire, réfléchit à son tour à la manière de prévenir un conflit armé. Ainsi, d’aucuns dans un fatalisme consommé diraient que le monde va mal. La question qui se pose cependant est de savoir s’il va plus mal aujourd’hui que par le passé, et là encore, conviendrait-il de définir ce qu’est le passé. Plus concrètement, il apparaît que l’érosion des principes démocratiques dans une société mondialisée est devenue un réel enjeu d’avenir au même titre que la question environnementale qui d’ailleurs n’en est plus une puisque cette dernière impose désormais une réponse.

De Lula à Tocqueville

Elu président du Brésil, Lula devra composer avec un pays fracturé, déchiré par une crise sociale et politique profonde. A quoi s’ajoute une question environnementale des plus prégnantes, la forêt amazonienne cristallisant toutes les passions à l’échelle internationale.

Il y a de cela vingt ans, le Brésil déboulait sur la scène internationale, fraîchement et fièrement habillé de son statut de premier pays émergent. Ainsi, dans l’acronyme qui désignait ces pays sur la voie de la modernisation et de l’industrialisation, le Brésil figurait en tête des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Grenier à céréales du monde, notamment de soja et de tournesol, espace de sous-traitance, voire de montage pour de nombreux constructeurs automobiles européens, exportateur de pétrole, le Brésil s’imposait comme un acteur économique et diplomatique allant même s’inviter dans les négociations sur le nucléaire iranien. Mais vingt ans plus tard, le conte de fée s’est mué en triste réalité : près d’un tiers de la population brésilienne vit sous le seuil de pauvreté, la crise sociale qui fracture la pays n’en finit pas de s’aggraver au point qu’en 2018, les Brésiliens choisirent un ancien militaire, Jair Bolsonaro, pour gouverner le pays sans que le marasme économique dans lequel le Brésil baigne depuis la crise de 2008 n’ait été résolu. Pis ! Les inégalités sociales se sont aggravées et se sont vues greffées à une crise environnementale lourde de conséquences puisque ayant pris pour cible la forêt amazonienne victime d’une déforestation sans précédent sous la présidence Bolsonaro.

Développement et crise sociale

Pourtant, d’aucuns affirmeront que l’élection de Lula à la présidence de l’État fédéral va relancer le processus démocratique, économique, diplomatique et environnemental brésilien. De nombreuses raisons permettent de l’espérer à commencer par le profil d’un homme connu et qui a su mener le Brésil sur la voie du développement au début des années deux mille. La satisfaction des partenaires du Brésil, échaudés par l’expérience Bolsonaro, qui a accompagné l’élection de Lula témoigne aussi de la bonne volonté de ces derniers afin de relancer le processus en question. Tous les voyants semblent dès lors au vert et rien ne semble empêcher ou entraver le retour du Brésil parmi les grandes nations mondiales. Pourtant, a contrario des espoirs suscités par la victoire de Lula, nombreuses sont les embûches qui se dressent devant Lula. Politiquement parlant, celui-ci devra composer avec 99 députés bolsonaristes élus au sein du Congrès brésilien, ouvrant la voie à une gouvernance délicate poussera Lula à diriger le pays non pas tel l’homme de gauche qu’il est d’homme mais plutôt dans une logique centriste. Du point de vue économique, fragilisé par l’inflation mondiale et la remontée des taux bancaires pratiqués par les banques centrales, handicapant le Brésil dans l’hypothèse d’un emprunt, Lula doit aussi se saisir, afin de la résoudre, de la crise sociale. Rappelons que plus de 20 % de la population, soit 50 millions d’habitants, vivent avec moins de 2 dollars par jour et plus du tiers se situe sous le seuil de pauvreté. En outre, la classe moyenne (25 % des Brésiliens) est particulièrement vulnérable aux fluctuations de l’économie brésilienne largement tournée vers l’exportation de matières premières agricoles.

Poumon vert et compromis.

Et quid de la question environnementale ? Certes Lula a annoncé une réduction drastique de la déforestation de la forêt amazonienne mais réduction ne signifie pas arrêt. Le développement de l’agriculture intensive brésilienne dédiée au soja, au tournesol ou à l’élevage passe par l’abattage de l’un des poumons vert de la planète. Dès lors, les défis qui se posent au nouveau président sont de fait immenses car ils imposeront de nombreux compromis auxquels les électeurs de Lula ne s’attendent pas nécessairement. Et dans le reste du monde, attention à ne pas idéaliser l’élection d’un homme, élection qui reste certes une avancée positive mais qui ne peut occulter le fait que Lula sera confronté à des réalités dont il ne pourra s’affranchir notamment en matière sociale et qui auront des conséquences sur sa politique environnementale. Mais peut-être que le nouveau président brésilien a déjà en tête cette réflexion de Tocqueville, à savoir que la politique extérieure des Etats est souvent conditionnée par leur politique intérieure.

Du gaz entre Paris et Berlin

Les tensions franco-allemandes liées à la décision de Berlin de se protéger via ses propres moyens de la crise de l’énergie fragilisent une Union européenne encore trop exposée à l’omnipotence économique allemande, domination qui trouve aussi son origine dans sa rigueur budgétaire.

Quand la Chine s’éveillera…Le monde tremblera. Combien le titre de l’ouvrage d’Alain Peyrefitte, publié en 1973, convient par analogie ramenée à l’échelle européenne, aux vicissitudes que traverse actuellement le couple franco-allemand. Concrètement et en abandonnant tout jeu de mot supplémentaire, force est de constater que devant la fraîcheur des relations franco-allemandes, l’Union européenne, s’inquiète, voire à son tour, tremble. Plusieurs raisons expliquent cette brouille, certes passagère, entre les deux plus grandes économies du continent, brouille qui intervient au plus mauvais moment au regard de la situation internationale. Crise de l’énergie, conflit ukrainien, relations russo-européennes, Russie avec laquelle l’Allemagne entretient des relations privilégiées…sont autant d’éléments qui ont contribué, non pas en tant que tel, à accentuer la rigidité des relations franco-allemande mais plutôt au regard des décisions prises outre-Rhin pour y faire face. L’Allemagne par son Chancelier Olaf Sholtz a ainsi dégainé un plan énergétique de 200 milliards d’euros visant à protéger les consommateurs allemands durant les mois d’hiver en doublant ce même plan par des achats massifs de gaz toujours dans la même optique.

Logique communautaire

Si la décision peut dans l’absolue se comprendre et se défendre, Paris voit dans cette même décision un acte individuel détaché de toute logique communautaire qui aurait dû alors prévaloir, l’Allemagne étant membre de l’Union et donc liée à certaines obligations contractuelles et diplomatiques, officielles ou tacites. Imaginer un achat groupé de gaz aurait alors pu être envisagé à l’échelle européenne incluant naturellement l’Allemagne. Mais Berlin, autonome financièrement en raison d’une gestion rigoureuse de ses comptes publics, a opté pour un achat souverain en adossant celui-ci à un plan énergétique qui illustre certes toute sa capacité financière mais a aussi eu pour effet d’irriter ses voisins, à commencer la France. Pour autant, faut-il voir dans cette brouille une altération durable des relations franco-allemandes ? Ni Berlin ni Paris n’ont intérêt à nourrir une polémique dont l’origine a déjà isolé le chancelier allemand en donnant le sentiment que l’Allemagne se moque de ses partenaires européens puisque cette dernière a les moyens de ses ambitions. Car effectivement l’Allemagne a les moyens de ses ambitions au contraire de ses partenaires coincés et englués entre dettes publiques et déficits abyssaux.

Expiation et rigueur

Doit-elle pour cela expier et s’autoflageller ? Il est évident que non mais cette aisance financière que l’Allemagne ne doit qu’à sa propre rigueur dans la tenue de ses comptes publics passe mal dans une Union européenne qui tente collectivement de résoudre la crise inflationniste qui frappe l’énergie. Pour beaucoup, un effort de concertation aurait été apprécié de tous, fût-il de pure forme. Dans le même temps, cette brouille remet sur le devant de la scène une forme d’hégémonie allemande en Europe, réelle ou supposée, qui tend à irriter Paris tant au regard des écarts économiques existant entre les deux pays que par un ego français mal digéré. D’aucuns admettront toutefois que si les relations européennes et franco-allemandes en particulier ne sont pas en l’état menacées, les mêmes reconnaîtront une fêlure, une de plus, dans la logique communautaire visiblement vite oubliée au profit des intérêts particuliers dès que surgit une crise majeure comme celle que nous traversons actuellement. Il est juste à souhaiter que l’hiver, tant du point de vue climatique que politique, soit doux….

Très chers salaires

Si le conflit qui agite les raffineries du groupe TotalEnergies pèse sur le climat social et relance la question des salaires, celle-ci ne fait qu’à nouveau émerger car longtemps éludée. Mais une remise en cause des principes de rémunération est aujourd’hui inéluctable.

Sans mauvais jeu de mot liminaire, il n’est cependant pas impossible que le conflit social qui agite les raffineries et les dépôts du groupe TotalEnergies fasse tâche d’huile dans les jours à venir. Il est vrai que tous les ingrédients pour une contagion à l’échelle nationale sont réunis : Inflation, pouvoir d’achat amputé par une hausse fulgurante des prix, crise de l’énergie, limite des dispositifs fiscaux sensés amortir le choc des hausses constatées et surtout salaires incapables de remédier à cette situation qui place la France et les pays voisins au bord de la récession. Hors une fois le constat dressé, une réalité plus prégnante que les autres s’impose, à savoir la faiblesse des salaires aujourd’hui pratiqués en France. La question n’est pas nouvelle et s’était déjà invitée lors de la campagne présidentielle de 2007. Les candidats d’alors, avait, pour l’un proposé le système du « Travailler plus pour gagner plus », pour la seconde, l’idée, une fois élue, d’organiser des Assises des salaires afin de revaloriser le ratio formation / compétence / salaire.

Accélérateurs et fossoyeurs

Mal réglée, placée sous le boisseau de la contrainte économique et financière ou tout simplement écartée, la question du pouvoir d’achat, donc des salaires, a refait surface à la lumière de la situation post-covid et de la guerre Ukraine, tous deux accélérateurs de l’Histoire. Car désormais, pouvoirs publics et entreprises ne pourront plus nier la nécessité d’une augmentation des salaires au risque de voir la demande, premier moteur de la croissance, s’effondrer au profit d’une épargne légèrement mieux rémunérée en raison de l’augmentation des taux d’intérêt par les banques, épargne véritable fossoyeur de croissance car l’argent épargné n’est pas investi ou consacré à la consommation. Cette crise des salaires, longtemps écartée en raison d’une inflation faible qui compensait la faiblesse de ces derniers, est dès lors le caillou dans la chaussure d’une économie qui tournait jusqu’alors à plein régime, voire au-dessus. Terrorisés par le cycle d’une hausse de l’inflation qui serait compensée par une hausse proportionnelle des salaires, gouvernement et banques centrales ont choisi pour l’un de solliciter encore l’Etat-Providence via diverses interventions, (rabais du prix du carburant, chèque énergie…), pour l’autre de casser la croissance et l’investissement par une hausse des taux qui endiguerait le recours au crédit des particuliers ou des entreprises. Pour autant, il apparaît que socialement ce duo ne fonctionne pas. Salariés et fonctionnaires étranglés par une hausse continue des prix, appellent au secours afin de ne pas eux-mêmes plonger dans les affres des difficultés financières quand ce n’est déjà pas le cas.

Économie de marché et nivellement

Or la question salariale ne se réglera pas par une augmentation ponctuelle des salaires en question, ce qui reviendrait à poser un emplâtre sur une jambe de bois, tout au plus permettrait-elle de liquider quelques factures impayées et d’apaiser un temps la grogne sociale. Il convient désormais, dans une économie de marché à laquelle est soumis le marché de l’emploi, de repenser la rémunération en fonction des compétences, des responsabilités et des formations suivies et ce dans une logique méritocratique. En partant de ce postulat, l’augmentation de salaires ne serait plus aléatoire ou liée à un quelconque et obscur principe au sein de telle ou telle entreprise ou institution, mais le fruit d’une réalité individuelle et professionnelle. A ce jour, les obstacles sont nombreux car la peur que suscite une telle démarche est liée à la nécessité de repenser en totalité notre système de rémunération y compris le sacro-saint Smic devenu la pierre angulaire de la politique salariale. Sortir du nivellement par le bas qu’impose le Smic, sans pour autant l’abaisser ce qui aurait pour effet de précariser encore plus ceux qui le perçoivent, repenser le travail, serait aussi une révolution culturelle qui permettrait vraisemblablement de motiver entreprises, salariés et agents publics. Mais pour l’heure, les files d’attentes devant les stations-essence s’allongent et monte doucement la gronde de ceux qui redoutent d’être à sec.

L’Iran et le tourbillon de la jeunesse

Le vent de contestation qui souffle sur l’Iran depuis plus d’un mois désormais pourrait sonner le glas d’un régime épuisé et anachronique. La jeunesse iranienne, avide de liberté, fera vaciller le régime mais ne pourra le faire définitivement tomber sans l’appui des Occidentaux.

Nul ne sait si la révolte populaire – pourquoi d’ailleurs ne pas parler de révolution ? – qui agite l’Iran depuis un mois désormais fera vaciller le régime des mollahs au pouvoir depuis 1979 au point de le faire tomber. La société iranienne, qui s’est enflammée après la mort de Masha Amini le 16 septembre dernier, arrêtée par la police des mœurs qui lui reprochait des cheveux visibles, est depuis traversée par une vague de manifestations condamnant d’une part la mort de l’étudiante de 22 ans mais d’autre part toutes les formes de répression appliquées au nom de loi islamique. L’Iran, fort d’une population jeune, éduquée et cultivée, pressée de participer aux avantages de la mondialisation, fait savoir au régime de Téhéran que les privations de liberté n’ont que trop duré. Cette révolte de la jeunesse iranienne, déjà déçue par d’autres mouvements de ce type il y a quelques années, pourrait cependant bien arriver à ses fins. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/international/article/)

Sanctions et hédonisme

Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, l’épuisement d’un régime qui ne parvient plus à s’imposer à l’échelle diplomatique, cerné par des sanctions internationales lourdes qui entravent son développement économique et pousse l’inflation à de niveaux records. Cet isolement diplomatique et économique se double aussi d’un isolement politico-religieux. Chiite dans un monde musulman à 90 % sunnite, l’Iran ne peut trouver d’appui que dans le Hezbollah, certes solidement implanté au Liban mais en perte de vitesse dans la galaxie de mouvances islamistes. Mais les dernières heures du régime des mollahs pourraient surtout trouver leurs origines dans la jeunesse iranienne elle-même. La nouvelle génération moins soumise que ses pairs, moins versée dans le Coran ou les textes saints que les Gardiens de la Révolution s’avère en revanche beaucoup plus friande de modernité et de nouvelles technologies que d’interdits religieux. Moins docile, beaucoup plus rebelles et irrévérencieuse et plus ouverte sur le monde, la jeunesse iranienne nourrit tout ce que le régime prohibe : libertés individuelles et hédonisme. Taxée d’occidentalisme par les castes dirigeantes, la jeunesse iranienne a tout simplement faim de liberté et manifeste son envie de vivre en sortant de la société figée dans laquelle les mollahs l’ont enfermée dès sa naissance. La fin du régime iranien, qui marquerait une avancée significative dans les relations internationales au point d’abaisser le niveau de tension existant au Moyen-Orient, serait aussi la marque de l’agonie d’un des derniers vestiges de la Guerre Froide.

Implosion et discrédit

Le point de crispation que constitue l’Iran dans le nord de la Mésopotamie serait alors dissous par une implosion du régime et non une explosion comme certains auraient pu le redouter. Menée par une jeunesse avide de changement, la contestation, si elle devait aboutir, sonnerait le signal de révoltes futures dans d’autres pays de la région. Les pouvoirs quasi-monarchiques de Recep Tayip Erdogan en Turquie ou la main mise sanglante de Bachar El-Assad sur la Syrie seraient certainement atteints par l’émancipation iranienne mais reste à savoir dans quelle mesure. Pour l’heure, les manifestations se poursuivent et sont réprimées dans le sang et la violence. Mais pour combien de temps encore ? Car si le monde a aujourd’hui les yeux rivés vers Kiev et les cours de l’énergie, la future crise iranienne, si celle-ci devait s’éterniser et prendre encore plus d’ampleur, pourrait aisément susciter l’intérêt des puissances occidentales qui plaideront toujours, au regard des réserves de pétrole de l’Iran, pour un régime stable et ouvert à la négociation. Et dire que ces dernières attendent cyniquement d’apprécier l’évolution de la situation n’est qu’un euphémisme. Voilà peut-être aussi une piste à explorer pour la jeunesse iranienne : le soutien des Occidentaux pour discréditer le régime des mollahs. La question est désormais de savoir si ces mêmes Occidentaux ont inscrit l’Iran sur leur agenda futur.

Une réforme et du cynisme

La réforme des retraites cristallise encore les oppositions au sein de la majorité présidentielle et des groupes parlementaires. En brandissant la menace de la dissolution, Emmanuel Macron sait que passée l’indignation des parlementaires, un réalisme teinté de cynisme s’imposera blessant encore les institutions.

En faisant planer la menace d’une potentielle dissolution de l’Assemblée Nationale en cas d’obstruction au passage de la réforme des retraites, le Chef de l’État prend de prime abord un risque que d’aucuns jugeraient dans dangereux mais qui s’avère finalement particulièrement tactique, voire cynique à l’endroit des députés, quel que soit leur appartenance politique. Pourquoi ? Tout d’abord, la menace en question poussera la majorité présidentielle, déjà relative, à faire corps autour du président, les députés Renaissance ou affiliés n’ayant aucune envie de retourner devant les urnes. En ces temps de restrictions énergétiques annoncées, d’inflation élevée et de hausse des prix conjuguée, tout scrutin visant à renouveler la représentation nationale pourrait lui en revanche s’avérer hautement risqué et prendre un aspect de vote sanction. Deuxième raison, nul ne sait en cas d’élection anticipée quels résultats sortiraient de urnes.

Cohabitation

L’exemple italien de Georgia Meloni a considérablement et profondément marqué les démocraties européennes qui se retrouveraient, à commencer par la France, dans un très grand embarras s’il fallait composer avec un parlement, et par conséquent, un gouvernement issu des rangs extrémistes. Quelle politique serait alors engagée ? Pro-européiste ? Atlantiste ? ….Troisièmement, et toujours dans la veine de surprises électorales désagréables, nombre de députés ont encore en tête, l’Histoire le leur au moins appris, les déconvenues de Jacques Chirac en 1997. Convaincu de retrouver une majorité RPR à l’Assemblée Nationale, celui-ci décida de dissoudre l’Assemblée et retrouva une majorité certes mais issue du Parti Socialiste avec lequel il a fallu cohabiter avec Lionel Jospin en qualité de Premier Ministre. Quatrième raison, si la majorité présidentielle, fragile, n’a aucun intérêt à retourner devant les urnes, aucun groupe parlementaire, tout aussi fragile car composite et divers, n’y a non plus réellement intérêt y compris le Rassemblement National dont la transparence et l’inutilité au sein de l’Assemblée sont devenues patentes. Bref rien ne jouerai en faveur d’une dissolution alors que l’hypothèse d’un 49.3 serait la plus probable. Encore que.

Critiquée mais jamais abrogée

Sans risque pour le Gouvernement, elle permet aussi aux autres groupes parlementaires de s’insurger à peu de frais contre le gouvernement en arguant de l’aspect autoritaire et brutal de l’article de loi, toujours critiqué et vilipendé mais jamais abrogé pour autant. L’utilisation du 49.3 permettrait à ces mêmes groupes parlementaires de faire bloc contre le Gouvernement mais sans risque de voir l’Assemblée renouvelée, donc leur mandat mis en péril. Quant à la motion de censure, elle participe d’une logique analogue. Votée et majoritaire, elle entraînerait la chute du Gouvernement et donc de nouvelles élections. En réalité, ce projet de loi sur les retraites porte autant sur l’avenir d’un système qui nécessite certainement encore d’être amélioré ou réparé que sur des institutions qui ne sont plus nécessairement en phase avec les enjeux sociétaux, politiques ou économiques qui commandent notre quotidien. Et c’est peut-être là aussi que réside les interrogations qui traversent notre démocratie. Car la crise politique et économique latente se double aussi une crise institutionnelle qui perdure quand elle depuis plusieurs voire décennies.

Ne pas dire que l’on ne savait pas

L’Italie lance un signal fort à l’Union européenne en ouvrant potentiellement la voie à un gouvernement d’extrême droite et interroge les limites de la démocratie dans un monde en plein bouleversement.

Qu’elle bascule majoritairement, ou non dans le camp de l’extrême droite, l’Italie envoie un signal puissant et inquiétant sur l’état de son opinion et plus largement sur celui de l’opinion de nombreux européens. La progression à l’échelle globale des discours extrémistes interrogent les principes libertaires et démocratiques qui ont longtemps soutenu nos sociétés. La question essentielle qui se pose aujourd’hui est simple : la démocratie répond-t-elle aux aspirations et aux besoins de tous ? D’aucuns argueront que oui quand d’autres crieront le contraire voyant en cette dernière l’origine de tous les maux. Il n’est donc pas interdit désormais de s’intéresser aux moteurs qui poussent les électeurs à se tourner vers les courants et les partis d’extrême-droite. Par ses discours conservateurs, faisant l’apanage d’un passé glorieux, voire d’une nostalgie historique qui n’a jamais existé, les partis d’extrême droite agitent le chiffon rouge d’une forme de sécurité qu’il ne tient, selon eux, qu’à restaurer en les mettant au pouvoir.

Facilité de discours

L’exacerbation des tensions politiques et géopolitiques des dernières années conjuguées à un sentiment, réel ou supposé, de déclassement social travaillent aussi à pousser des électeurs en manque de culture politique à se laisser séduire par des partis à la rhétorique que beaucoup ont longtemps qualifiée de limitée mais qui s’avère in fine suffisamment construite pour un électorat peu friand de débats complexes et d’explications qui le seraient tout autant. La facilité du discours des courants d’extrême droite et la réflexion tout aussi lapidaire à laquelle ils invitent satisfont un électorat en mal de reconnaissance, noyé dans les affres de la mondialisation et victimes des aléas d’une économie qui dépasse leur seule sphère locale. La crainte de voir s’effondrer un univers borné et rassurant, hiérarchisé depuis des décennies, voire plus, participent à cette fuite en avant qui ravit des partis aux exigences intellectuelles déjà faibles. Si certaines figures d’extrême-droite se démarquent de la pauvreté intellectuelle que ces partis présentent, c’est avant tout pour conférer aux partis en question une certaine légitimité et une crédibilité capables de les intégrer dans l’échiquier politique dans lequel ils cherchent à s’imposer. L’exemple type est encore l’italienne Giorgia Meloni du parti Fratelli d’Italia ou encore en France, Jordan Bardella pour le Rassemblement National. L’une et l’autre défendant un conservatisme agressif qui cache en réalité des thèses fondamentalement régressives et anti-démocratiques. Mais leur électorat en a cure. Pourquoi ? Car par des discours bruyants, éloquents et provocateurs, l’électorat en question nourrit le sentiment de posséder une voix qui les représente pour se faire le porte-voix de leurs difficultés. Mais le hiatus entre des attentes exprimées et des ambitions politiques s’appuyant sur ces aspirations, pour l’heure impossible à mesurer, sera d’autant plus flagrant quand l’extrême-droite sera arrivée au pouvoir. Dès lors la pseudo- vocation sociale et économique qui sous-tend son action et qui légitime son discours volera en éclat pour voir apparaître un lot croissant de déçus. Mais le mal sera fait.

De Kiev à Pékin

Avec un conflit ukrainien qui semble tourner à l’avantage de Kiev, se redessine en parallèle un nouvel espace d’influences dans lequel s’impose la Chine, soucieuse de d’apparaître comme le premier contestataire à l’ordre occidental.

Alors que se profile une potentielle défaite de l’armée russe en Ukraine, voilà qu’émerge, conséquence du conflit à l’échelle géopolitique, une nouvelle définition des rapports internationaux. Si la guerre en Ukraine aura infailliblement des effets sur la puissance et l’influence russes, cette même guerre aura permis à la Chine, allié prudent de Moscou de prendre les devants d’une sorte de rébellion anti-occidentale. Si Pékin n’est pas prête à faire parler les armes comme le fut Poutine, l’Empire du Milieu sait combien son allié slave aura beaucoup de mal à se relever des conséquences du conflit et à occuper la place de premier contestataire de l’ordre occidental. En se glissant dans la brèche, Pékin peut ainsi non seulement se poser comme meilleur ennemi des Etats-Unis, mais aussi endosser le rôle de figure de proue d’un anti-modèle occidental. Or, les relations internationales ont tout à redouter de cette métamorphose chinoise.

Brutalité et rupture

Car si Moscou brille par une certaine brutalité, sans finesse et sans élégance, dans ses relations diplomatiques toutes encore empreintes des méthodes employées par le KGB, la Chine saura en revanche faire preuve de beaucoup plus de rondeur et de douceur sans pour autant perdre les objectifs fixés. A l’image de son histoire et de sa culture, la Chine, qui déteste le chaos et la rupture, aura à coeur dans les années à venir de s’imposer de manière discrète et silencieuse comme elle l’a fait, et le fait encore en Afrique, en rachetant à l’insu de tous des millions d’hectares de terres, en s’immisçant dans les économies locales notamment nord-africaines ou européennes. Bercée par une philosophie millénaire et structurée par les principes d’un parti communiste infiniment puissant, la Chine saura sans mal se mettre au diapason des effets de la guerre en Ukraine. Premier acheteur de gaz et de pétrole russes, rendant donc ainsi dépendant Moscou de son bon vouloir, Pékin place habilement ses pions, alimentant son économie en sources d’énergie vitales acquises à des tarifs des plus accessibles tout en épuisant un allié de circonstances tourné vers un seul objectif : voler aux Etats-Unis la place de première puissance mondiale. Il n’est nul besoin d’imaginer d’autres desseins de la part de Pékin que celui décrit ci-dessus. Non pas afin de dicter sa loi (ce qui est déjà plus ou moins le cas) mais parce que toute nation de cet ordre est appelée à se hisser au sommet de la hiérarchie pour assurer son existence. Confrontée à un vieillissement de sa population, la Chine doit désormais trouver l’espace de sa survie quitte à s’allier avec une Russie vieillissante et au ban des nations. Mais pour l’heure, Pékin, attend patiemment la fin d’un conflit régional aux effets mondiaux dont elle saura, n’en doutons pas, tirer avantageusement les conséquences.

Le poids de l’héritage

La mort de la Reine Elizabeth d’Angleterre propulse le Prince Charles sur le trône d’une monarchie dont la modernisation ne saurait plus attendre. Défi ou gageure pour le roi Charles III qui par son action héritera du titre officieux de grand roi. Ou pas.

Avec la disparition d’Elizabeth II, disparaît aussi un des derniers grands témoins du XXème siècle. La souveraine britannique aura connu la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide, la décolonisation des Indes et de l’Afrique où le Royaume-Uni était plus que partie prenante, la construction et la chute de Mur de Berlin, l’assassinat de John Kennedy…La liste est longue car non-exhaustive. La grand-mère du peuple britannique quitte donc la scène par la grande porte, elle qui avait été intronisée Reine d’Angleterre presque par effraction, d’aucuns diraient par un accident de l’histoire dynastique britannique. Mais se pose désormais la question de la succession, plus précisément que roi sera Charles III d’Angleterre. Elizabeth II, si sympathique avec es robes fleuries, ses chapeaux parfois extravagants et son énigmatique sourire, avait malgré tout corseté une monarchie qu’elle voulait à son image : lisse, exemplaire et sans scandale à même de la ternir.

Modernité et Tik-Tok

Si la souveraine a su rester au-dessus des vicissitudes de la monarchie, les scandales et les manquements à l’exemplarité n’ont quant à eux pas manqué. Loin s’en faut. Mais imperturbable, la Reine d’Angleterre a tenu le cap pour que jamais ne soit fondamentalement altéré l’image de la couronne. Le nouveau roi, forcément plus moderne que la défunte reine, ne serait qu’au regard de leur âge respectif, aura pour lourde tâche d’adapter la monarchie au XXIème déjà bien allègement lancé. Non que Charles III se lance dans la réalisation de vidéos Tik-Tok ou autres activités d’influenceurs, mais dans un monde totalement intégré, traversé de secousses multiples aux répercussions mondiales et géopolitiques, Charles d’Angleterre devra sans tarder impliquer la monarchie britannique dans la marche du monde. Si Elizabeth II ne s’est jamais départie de sa réserve, souvent à ses dépens par ailleurs, le roi Charles III se sait dans l’obligation de se montrer bien plus actif et communicant que ne l’était la souveraine. Est-ce à dire que Charles III se montrera plus actif politiquement, utilisant jusqu’à la limite ses prérogatives royales ? Nul ne le sait encore mais l’homme conscient de son âge, devra aussi transmettre à son fils William un trône au diapason du monde et non pas blotti dans le confort moelleux des salons de Buckingham.

Respect et gravité

La Reine Elisabeth II, héritière en 1952 d’une monarchie encore à la tête d’un immense empire colonial et bercée par les relents d’un âge victorien révolu, avait cherché à maintenir la royauté britannique dans une tradition séculaire invitant au respect et à la gravité de l’institution. Bien que n’étant en rien menacée dans ses fondements, le peuple britannique restant encore très attaché à l’institution monarchique, il faudra toutefois que Charles III fasse preuve d’une grande habileté pour conserver l’héritage ancestral protégé et transmis par la souveraine disparue tout en ouvrant celle-ci aux défis de son temps. Nombreux, souvent complexes et violents, ces mêmes défis seront pour Charles III des rites de passage à commencer par la question climatique et environnementale, à laquelle l’ancien Prince Charles était, et est encore, très attaché. Nul doute que l’homme sera attendu sur le sujet et ce à double titre. D’abord en qualité de fervent partisan de la défense de l’environnement, ensuite en qualité de roi. La portée et la force de sa parole, sur ce sujet, tout comme sur d’autres, seront les témoins de son implication et surtout du rôle que celui-ci entend jouer. Bref, fera de lui un grand roi ou un roi de plus dans l’histoire de la monarchie britannique.