Réflexes de Guerre Froide ?

Sanctionnée par le Parlement européen, la Hongrie fait figure de mauvais élève au sein d’un ensemble bousculé par la question des migrants. Mais si Viktor Orban, premier ministre hongrois, use des flux migratoires à des fins politiques, sa position, condamnée à raison, trouve en partie ses racines dans l’histoire de l’Europe de l’Est.

Dire que la question migratoire nourrit les populismes européens est un euphémisme. Pour autant le même euphémisme se trouve être mis à bas par l’étude menée par l’Institut national de l’étude démographique (INED) qui démonte le fantasme d’une immigration massive des populations africaines d’ici 2050 (lire article sur lemonde.fr : Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes). Cependant, il est clair que les populismes européens aiment à se gargariser des peurs suscitées par ce fantasme pour mobiliser des citoyens effrayés par les images de radeaux remplis d’hommes et de femmes en quête d’un avenir meilleur. Contrecoup de cette peur instrumentalisée par certains pays européens, notamment la Hongrie, l’Union européenne a décidé d’actionner l’article 7 des Traités européens qui visent à sanctionner le pays en question pour sa politique hostile aux migrants. (Lire l’article sur lemonde.fr : Le Parlement européen dénonce la menace « systémique » des valeurs de l’UE dans la Hongrie de Orban) Voilà pour les faits. Mais ces derniers n’empêchent pas de s’interroger sur les raisons qui poussent la Hongrie et d’autres pays est-européens, comme la Pologne, à ainsi réagir face à la question migratoire.

Chute et progrès

La réponse se trouve pour l’essentiel dans l’histoire qui suivit la Seconde Guerre mondiale, à savoir la Guerre Froide. Ainsi, de 1945 à 1989, à savoir de la fin du conflit jusqu’à la chute du Mur de Berlin, aussi symbolique soit-elle, nombre de pays de l’Est ont vécu coupé du monde, placé sous la férule soviétique qui entravait toute ouverture ou tout contact avec les évolutions contemporaines. Les déséquilibres nord-sud, issus en grande majorité d’un processus de décolonisation sinon trop rapide du moins lourds de carences patentes subies par les anciens pays colonisés, déséquilibres en partie aujourd’hui responsables de l’exil de certaines populations, sont restés inconnus ou mal appréhendés de pays d’Europe de l’Est loin de saisir la complexité des mutations engendrées dans la seconde moitié du XXème siècle. Leur entrée dans l’Union européenne en 2004, porteuse de progrès économiques, sociaux et démocratiques, s’est aussi accompagnée de la découverte de modes de fonctionnement communautaires ignorés jusqu’alors et qui a mis ces mêmes pays face à des responsabilités d’essence collective auxquelles ils n’étaient en rien préparés. Et parmi ces responsabilités figure aussi la question des flux migratoires jusqu’alors inconnus dans une zone du monde où a prévalu pendant près de cinquante ans la seule autorité de Moscou, soucieuse de fermer ses frontières et celles de ces affidés. La question qui peut alors se poser est : devait-on intégrer les pays de l’ancien bloc soviétique dans l’Union européenne ?

Progrès et réflexes

Au regard des évènements actuels, notamment les agissements de la Hongrie ou de la Pologne, d’aucuns diront non. D’autres, naturellement diront oui car hormis ces deux pays, certes puissants et influents en Europe orientale, les autres pays sont conscients des progrès accomplis grâce à l’entrée dans l’Union européenne. (Lire l’article sur eurosorbonne.eu : L’Europe de l’Est, entre progrès économiques et régressions démocratiques ) Que faire alors des réticences de la Hongrie et de la Pologne ? Les combattre apparaît comme la moindre des mesures à prendre. Ensuite tenter de convaincre que la question migratoire n’est ni un danger ni une crise et que l’utiliser comme argutie politique est vain. Mais ce discours doit aussi s’accompagner d’une capacité à comprendre, sans employer cette même capacité comme moyen de minimiser la position de la Hongrie et de la Pologne, que les anciens pays de l’Est sont encore de jeunes entrants dans l’Union et doivent se défaire de réflexes imprimés par le régime soviétique. Or, il semble que ces réflexes soient plus longs à s’effacer chez certains que chez d’autres. Hélas…!

Le ministre, les panneaux et la bonne conscience

Nommer un nouveau ministre de l’Environnement ne remplacera pas la nécessité de repenser nos modes de production afin d’aborder la question écologique non comme une variable d’ajustement mais comme une constante.

D’aucuns crieraient à la cruauté du propos ou du point de vue mais en l’état la lucidité s’impose : celui ou celle qui sera nommé Ministre de l’Environnement n’aura guère plus d’influence que n’en avait Nicolas Hulot, manque d’influence qui a fini par justifier son départ du gouvernement d’Edouard Philippe. Car c’est un fait : Le poste de Ministre de l’Environnement est des plus fragiles non pas en raison de son exposition mais du fait que ceux qui en héritent, par devoir ou par conviction, s’aperçoivent rapidement que leur marge de manœuvre est extrêmement limitée. La raison en est très simple : La transition écologique voulue par Nicolas Hulot, à peine espérée par ses prédécesseurs, n’est pas engagée et est loin de l’être. Rien à ce jour ne prouve ou ne démontre que nous avons, à l’échelle mondiale ou ailleurs, engagé un quelconque changement de nos habitudes et de nos modes de fonctionnement. Certains argueront, à raison d’ailleurs que les Accords de Paris, que les Etats-Unis ont quitté via la décision de Donald Trump, sont un pas de géant. Certes. C’est indéniable mais largement insuffisant pour révéler un vrai changement de cap.

Ecologiquement compatible

A ce jour, nous pouvons tous constater que la question écologique et environnementale n’est pas une priorité, que celle-ci ne se pose qu’au terme des processus économiques, financiers ou industriels engagés. Or pour observer un vrai début de changement, il ne faut pas que la question environnementale soit perçue comme une contrainte et donc traitée en fin de raisonnement, mais perçue comme le cadre global de la réflexion à mener. En clair renverser la table et engager un projet non pas en se demandant comment protéger l’environnement mais, au contraire, se demander si le projet à engager est écologiquement compatible avec les données environnementales. La question environnementale ne peut plus être une variable d’ajustement mais devenir une impérative constante. Est-ce le cas aujourd’hui ? Il appartiendra à chacun de répondre à cette question mais la réponse sera probablement la même partout. Est-ce à dire in fine que modernité et économie de marché sont incompatibles avec protection de l’environnement et écologie ? La question mérite que l’on s’y intéresse et ne manque pas de révéler aussi les contradictions du sujet. Prenons l’exemple des panneaux solaires que chacun d’entre nous peut installer sur son toit afin de produire sa propre énergie électrique et s’affranchir de celle produite par les centrales nucléaires et réduire les déchets qui y sont liés. De prime abord, l’idée est séduisante et écologiquement responsable. Mais quels matériaux constituent les panneaux ? Où ont-ils été fabriqués ? Comment ont-ils été transportés de l’usine de fabrication à votre domicile,….

Bonne conscience

Autant de questions qui battent en brèche l’idée d’une installation finalement écologique. Tout au plus conforte-t-elle un sentiment personnel qui renvoie à la bonne conscience que permet de se donner ce genre de décisions sans compter les avantages (prétendus…) économiques induits.  Ainsi, une transition écologique pertinente ne commence pas par des panneaux solaires sur tous les toits mais par une refonte totale et mondiale de nos modes de production et de consommation, de nos modes de pensées et de réflexion basés actuellement sur un progrès utilisant l’environnement comme support et non comme un cadre devant dicter ses impératifs. C’est là que commencera la transition écologique et non en nommant en France ou ailleurs un ministre lié à des contraintes ou des lobbies soucieux de leurs intérêts. Mais ils ne sont pas les seuls car y sommes nous prêts vraiment ?

De légèreté en approximations

L’enquête ouverte par la justice italienne à l’encontre de Matteo Salvini met en évidence l’ignorance de la coalition populiste au pouvoir en matière juridique quand l’incurie ne touche pas l’économie ou l’engagement européen.

Alors que d’aucuns pensaient, et parmi eux leurs premiers partisans, les partis populistes européens engagés sur une irrésistible pente ascendante, voilà que la justice italienne ouvre une enquête sur Matteo Salvini, Ministre de l’intérieur italien, pour séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir (Lire l’article sur lemonde.fr : Les migrants du « Diciotti », bateau bloqué cinq jours à Catane, enfin autorisés à débarquer). Certes, il est fort à parier que l’homme criera au scandale et au complot, utilisant ainsi les armes classiques des populistes pris la main dans le sac de la forfaiture. Cette enquête, qui pourrait aussi être classée sans suite, met cependant en évidence la fragilité d’individus qui ont conquis le pouvoir en mettant d’abord en avant leur probité politique pour obtenir l’adhésion des électeurs. Mais plus que de fragilité il conviendrait aussi d’évoquer surtout une certaine ignorance de la Loi, celle qui régit les rapports sociaux et assure à toute société un fonctionnement sain et rationnel. Or, la particularité des partis populistes, et la coalition présente n’y échappe pas, est de souvent s’affranchir, dans leurs discours puis dans les faits, de la loi et des règles communes, soit en appelant le simple quidam à les transgresser, soit en les niant, soit en proposant de les modifier voire d’en créer de nouvelles prétendues plus adaptées. En l’état, il apparaît que Rome s’est largement moqué des lois régissant le droit italien, allant même jusqu’à contrarier la Constitution.

Dura lex, sed lex 

Les partis populistes, à commencer par la Lega de Matteo Salvini, et dans une certaine mesure le mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio, aujourd’hui les ensembles politiques les plus célèbres d’Europe, ont trop vite confondu désirs politiques et réalités sociales. Dura lex, sed lex ! (La loi est dure mais c’est la loi) Dernier exemple en date, les menaces proférées à l’endroit de l’Union européenne qui pourrait se voir privée de la contribution italienne (13,9 milliards d’euros en 2016)* au budget européen. Qui en Europe aujourd’hui imagine qu’un pays fondateur de l’Union puisse faire défaut ? Personne ! Si ce n’est ceux qui ont proféré ces menaces, en l’état le Gouvernement italien. Pour autant, deux point doivent être dès lors soulignés : Primo, l’Italie, troisième économie européenne, a besoin des aides communes qui s’élèvent à près de 12 milliards d’euros en 2016* et le Gouvernement de Giuseppe Conte en est parfaitement conscient ; Secondo, il y a de la part de ce gouvernement une forme de mépris à l’endroit de ces propres électeurs en avançant de telles allégations. Car le programme politique du Gouvernement Conte s’appuie aussi sur les aides européennes.

Fiabilité et crédibilité

Ce chantage, que d’aucuns jugeraient grotesque, salit l’image d’un pays fondateur pris dans l’étau d’une coalition vouée à l’échec et mue par la seule volonté de bouleverser l’échiquier politique italien sans apporter de plan d’action fiable et crédible. Mais en outre, il décrédibilise une coalition politique trop hétérogène pour espérer impressionner la Commission européenne. Autant de contradictions qui fragilisent un ensemble où affleurent approximations et coups de mentons aussi inutiles que ridicules pour beaucoup. Et désormais se pose la question, alors que les migrants du Diciotti ont enfin été autorisés à débarquer et que l’Italie continuera de percevoir les aides européennes, combien de temps perdurera l’expérience populiste en Italie ? Car on ne peut diriger un pays moderne et puissant à coups de fanfaronnades ou de déclarations tapageuses. Ma è Cosi !

 

* Note : En 2016, le budget de l’Union européenne s’élève à 155 milliards d’euros. L’Allemagne est le plus gros contributeur de l’Union européenne (23,3 milliards d’euros), suivie par la France (19,5 milliards d’euros), l’Italie (13,9 milliards d’euros) et le Royaume-Uni (12,8 milliards d’euros). Toutes politiques européennes confondues, l’Espagne est le pays ayant reçu le plus fort montant de l’UE en 2016 (11,593 milliards d’euros), suivie de près par l’Italie (11,592 milliards d’euros), la France (11,3 milliards d’euros), la Pologne (10,6 milliards d’euros) et l’Allemagne (10,1 milliards d’euros). https://www.touteleurope.eu

Impuissante Europe ?

L’agression en Italie d’une jeune nigériane illustre la montée des agressions racistes dans la péninsule mais aussi l’incapacité de l’Union européenne à éradiquer les mouvements populistes et leur cortège d’ignominies.

Pendant que nos parlementaires débattent allègrement des deux motions de censure déposées par l’opposition suite aux révélations portant sur les agissements d’Alexandre Benalla le 1er mai dernier, voilà qu’à deux heures d’avion de Paris, en Italie précisément, se multiplient, et de manière inquiétante, les agressions racistes. (Lire l’article sur lemonde.fr : En Italie, l’inquiétante multiplication des attaques racistes) Certes, et malheureusement, la péninsule a déjà largement fait parler d’elle en ce domaine, mais il semble désormais qu’un seuil dans l’inacceptable ait été franchi le 29 juillet. L’agression d’une jeune nigériane à Turin, agression suivie d’une indignation et d’une condamnation unanime d’une grande partie de la patrie de Dante et du Tasse, révèle néanmoins combien l’Union européenne est à ce jour incapable de maîtriser la montée des mouvements populistes que ce soit en Italie, voire en Grande-Bretagne, le Brexit n’en étant qu’une conséquence.

Pères fondateurs

Il n’est pas utile ici de revenir sur les causes de ce phénomène, causes déjà maintes fois évoquées, mais d’essayer, plutôt, de dresser une liste de solutions. Parmi les premières, il devient désormais impératif de rendre aux politiques européennes leur lisibilité, ou plus précisément en imposer une réelle afin que ces dernières soient comprises de tous les citoyens de l’Union. Le cas britannique illustre à lui seul cette nécessité. Ensuite, et toujours dans une logique de lisibilité, aider concrètement les pays de l’Union confrontés à de vraies crises, qu’elles soient économiques, sociales ou sanitaires. Indépendamment du choix des électeurs italiens qui a porté une coalition populiste au pouvoir, il n’est pas non plus erroné d’affirmer que l’Italie a longtemps été seule à gérer la question des migrants franchissant dans des conditions extrêmes la Méditerranée. Et que cette situation d’abandon a, parmi d’autres facteurs, motivé la victoire des populistes. En un mot, il faut absolument, et Angela Merkel comme Emmanuel macron en sont conscients, repenser au plus tôt l’Union européenne afin que celle-ci renoue avec l’esprit des pères fondateurs : une union au service des peuples et non l’inverse. Pourtant, c’est ce non sens qui s’est imposé au fil des années nourrissant le sentiment d’un pouvoir européen déconnecté des réalités sociales ou économiques.

Désenchantement et sourdes polémiques

La montée des populismes, que nombre déplorent et à raison, n’est peut-être finalement que le mauvais génie d’une Union européenne par trop égotiste et pas assez altruiste. Les phénomènes autarciques, aussi prônés par Donald Trump, et développés par les discours populistes illustrent le désenchantement, voire le dégoût, que l’Union européenne peut inspirer à ce jour. Des hommes comme Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien, prompt à nourrir de sourdes polémiques dignes des plus crasseux des caniveaux, trouvent dans l’inertie de l’Union européenne un terreau favorable où prospère le populisme. Ne nous y trompons pas ! Un Etat faible, quel qu’il soit, national ou supra-national comme l’Union européenne, incapable de répondre aux questions essentielles que peut se poser un peuple, est un Etat ou une structure qui prête le flanc aux populismes les plus vils et les plus lâches. (Lire l’article sur repubblica.it : Aggressioni razziste: l’estate del nostro disonore ).

Sur ce bonnes vacances !

Une affaire de pain béni

Si l’affaire Benalla est l’opportunité pour l’opposition de reprendre la main face à un président omnipotent, elle révèle aussi son incapacité à contrarier l’action présidentielle sur le champ strictement politique.

Aucun n’en demandait autant. D’ailleurs aucun, au sein de l’opposition multiple et diffuse, parfois floue et souvent désorganisée, n’en espérait autant et n’imaginait même pas que le Président de la République fusse un jour embarrassé par une telle affaire. Car il s’agit bien de l’affaire Benalla, celle qui fait trembler Jupiter dans son Olympe élyséen depuis que les faits ont été révélés par Le Monde, dont se repaissent à loisir et avec un plaisir gourmand les opposants au Président de République. N’hésitons pas à le dire, l’opposition qui n’avait rien de bien probant à se mettre sous la dent se voit servie ici son pain béni ! Pourtant, il est fort probable qu’une fois la réponse de l’Elysée présentée, (Lire l’article sur lemonde.fr : Affaire Benalla : après des jours de silence, Macron organise la riposte ) le scandale tournera court et que l’été en pente douce sur lequel glisse avec délice Emmanuel Macron se poursuivre paisiblement.

Affaire improbable

Mais le mal est fait et l’image du président écornée…pour longtemps. Car si le Président de la République semblait marcher sur l’eau depuis quelques temps, après avoir choisi notamment de ralentir les réformes sociales, en invitant le patronat à encourager l’emploi, en se flattant d’une augmentation du nombre de créations d’emploi, en constatant la vitalité de l’économie française ou en présentant une réforme constitutionnelle somme toute assez consensuelle devant le parlement, rien ne semblait annoncer l’orage qui s’abat sur l’Elysée. L’affaire Benalla, imprévisible et improbable, est venue enrayer la machine macronienne aussi implacable que bien huilée. Et l’opposition, nue et inaudible depuis des mois, de retrouver ici une forme de vitalité que beaucoup lui croyait perdue. Et au diable les principes ! Pour l’occasion Nouvelle Gauche, Républicains et France Insoumise se sentent pousser des ailes au point de ferrailler de concert contre le président de la République. L’occasion est trop belle et l’occasion faisant le larron…

Vitesse et vacuité

Mais la vitesse avec laquelle l’opposition s’est jetée sur cette affaire en dit aussi très long sur la faiblesse de son discours, sur la vacuité de son action et son incapacité à contrarier la dynamique macronienne au point d’exploiter, d’aucuns diront surexploiter, la situation. (Lire l’article sur lefigaro.fr : «On n’a aucune réponse» : l’opposition frustrée après l’audition de Collomb sur l’affaire Benalla ) C’est donc par une affaire de gros bras, d’adjoint de cabinet à l’ego outrageusement gonflé par ses fonctions très largement dépassées et usurpées (Voir video.lefigaro.fr : Affaire Benalla : les images choquantes de son agression sur une jeune femme), qu’Emmanuel Macron voit son ciel d’été, orné de deux nouvelles étoiles chères à l’Equipe de France de football (Champions du Monde !  Bref ! On s’égare !) terni par la vulgarité grossière d’une affaire qui ne tiendrait même pas sa place dans la dernière des rubriques de faits divers du plus obscur des journaux, tant sa bassesse la dispute à son manque essentiel d’intérêt. Mais prudence, car combien d’affaires négligées ont parfois poussé au cataclysme…! Pour l’heure, l’opposition qui, répétons-le n’en demandait pas tant, se délecte des mésaventures de Jupiter qui fourbit ses armes en vue d’une réponse que l’on imagine cinglante, pour ne pas dire divine….

De l’OTAN à une défense européenne

Les négociations engagées au sein de l’OTAN et menées par Donald Trump soucieux de rééquilibrer les contributions des pays membres est l’opportunité pour les Européens de s’affranchir du traité pour accéder à une vraie indépendance militaire et diplomatique.

Et si le sommet de l’Organisation de l’Atlantique Nord (OTAN) était l’opportunité pour les Européens d’enfin saisir l’occasion de poser les fonds baptismaux d’une défense commune ? Une rapide explication sous forme de rappel historique s’impose. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), en pleine Guerre Froide (1947-1989), les Etats-Unis et nombre de pays de l’Europe de l’Ouest, créent le 4 avril 1949 une alliance militaire défensive permettant à chacun de ses membres de jouir d’une défense coordonnée ratifiée par le traité en vue d’une potentielle agression venue de l’URSS ou du bloc de l’Est, son affidé. Voilà pour les origines historiques de l’OTAN et sa vocation première qui prévaut encore. Mais vingt-neuf ans après la chute du Mur de Berlin la disparition de l’URSS en 1991, la question se pose : à quoi sert encore l’OTAN si ce n’est, preuve en est donnée par le sommet actuel, à des discussions interminables sur la participation financière des états membres.

Equilibres financiers

Aussi, pour revenir à la question liminaire, pourquoi l’Europe ne décide-t-elle pas de faire preuve de maturité et de responsabilité en établissant, dans un premier temps de nouveaux rapports avec l’Alliance actuelle, et, dans un second temps, commencer à dessiner les contours d’une défense commune dans laquelle France et Allemagne prendraient une place clef, secondées par des pays tels que l’Italie, l’Espagne ou les pays du Benelux ? Car Donald Trump, désireux de rétablir les équilibres financiers au sein de l’Alliance prétextant, une contribution américaine trop élevée (ndlr : En 2018, les Etats-Unis contribuent au budget de l’OTAN à hauteur de 706 milliards de dollars pour une enveloppe globale de 1013 milliards de dollars) au regard de celles concédées par les autres pays membres, chercher ainsi par le biais financier à décharger son pays d’une Alliance devenue coûteuse et à la pertinence désormais discutable (Lire l’article lejdd.fr : Pourquoi Donald Trump en veut-il à l’Otan? ). Pain béni pour les Européens qui devant les réticences américaines de continuer à financer l’OTAN pourraient dès lors, solder l’ardoise qui leur revient, pour en définitive quitter l’Alliance et créer leur propre organisation de défense. L’idée n’est pas neuve car déjà en 1950, la Communauté européenne de Défense (placée sous le commandement de l’OTAN), soutenue par Jean Monnet, avait agité les milieux politiques européens d’alors mais sans succès.

Nations assistées

Mais devant les vitupérations nord-américaines, certes mesurées, (Lire l’article sur lesechos.fr : OTAN : Donald Trump change finalement de ton ) et la volonté affichée de Donald Trump d’écarter les États-Unis des secousses diplomatiques du Monde (Sauf lorsque celles-ci sont au bénéfice des États-Unis…), pourquoi l’Europe ne saisit-elle pas l’opportunité de prendre en main son destin et de quitter les habits de nations puériles assistées par le grand frère américain ? L’Europe de l’Ouest et l’Union européenne en particulier en ressortiraient grandis et se poseraient alors comme des interlocuteurs crédibles face aux Américains toujours prompts à infantiliser l’Europe en dépit de la relation, d’apparence, privilégiée entre Donald Trump et Emmanuel Macron. Pour accéder à cette défense commune plusieurs obstacles devraient être franchis. Et à commencer par les rivalités sourdes qui peuvent encore animer certains pays européens les uns vis à vis des autres ; ensuite établir la liste de ceux qui souhaiteraient passer dans le giron européen ou rester dans celui des Américains, liste qui serait par ailleurs très instructive sur les intentions ou les velléités de certaines nations européennes ; enfin, définir les modes de commandements militaires (partagés, uniques, tournants,…) Bref ! Autant de questions qui pourraient se poser si et seulement si l’Europe acceptait de rompre avec l’OTAN qui reste pour les Etats-Unis encore un moyen de régulièrement administrer au vieux continent ses leçons.

Le bâton de pèlerin

Si journalisme et journalistes sont aujourd’hui décriés au nom de motifs parfois acceptables, ces derniers doivent opérer et poursuivre leur mue. Objectif : faire taire des critiques violentes et revenir aux bases fondamentales qui constituent son essence : le journalisme de terrain. Explications.

Quelle ne fut pas la surprise de nombre d’auditeurs de Radio France d’apprendre que Bernard Guetta, Prix Albert Londres en 1981, géopoliticien reconnu par ses pairs et auteur d’une chronique éponyme (Géopolitique) sur France Inter depuis vingt-sept ans avait décidé d’arrêter cette même chronique au motif de se lancer dans une série de reportages qui prendraient leurs sources dans un tour du monde à venir pour le journaliste. Les plus nostalgiques regretteront sa voix si spéciale qui donnait sens et corps à la politique internationale, parvenant à la décrypter avec une simplicité que nombre d’experts, ou prétendus comme tels, enviaient. Pour autant, il n’est pas inintéressant de se pencher sur les raisons avancées par Bernard Guetta qui a précisé vouloir renouer avec ses premières amours, à savoir celles du reportage de terrain (Lire l’article sur lemonde.fr : Bernard Guetta arrête sa chronique « Géopolitique » sur France Inter). Décision qui, de prime abord, respire le bon sens et devrait ouvrir la voie à ses homologues journalistes ou plus exactement directeurs de chaînes (télévisées ou radio) trop souvent tentés par la facilité d’analyses proposées en plateau et dispensées par des figures trop souvent vues pour finalement être crédibles.

Réalité fantasmée

Car oui le journalisme contemporain a besoin de se ressourcer, voire de se renouveler au contact du terrain, au contact de ce qui le nourrit, à savoir le quotidien et non pas une réalité fantasmée dans un cénacle de prétendus experts. On ne louera jamais assez le travail de Cash Investigation ou d’Envoyé spécial (France2), de Grand Reportage (TF1), d’Interception (France Inter) ou de Médiapart mais combien paraissent-ils, eux et tant d’autres ignorés, oubliés ou vilipendés, seuls et isolés dans un univers médiatique outrageusement dominé par l’immédiateté qui aime à s’affranchir de toute réflexion et de tout recul au profit d’expertises brillantes, pour certaines, de vacuité. Certes le grand reportage a un coût mais la vocation des journalistes et du journalisme n’est-il pas, finalement, affublés, l’un et l’autre, d’une pointe de romantisme et d’insouciance, de se moquer des idées reçues ou des contraintes économiques pour assurer sa mission première : montrer le monde tel qu’il est. La question est ici purement rhétorique et la réponse induite. Car face la crise de confiance à laquelle le journalisme est aujourd’hui confronté, un retour aux sources, sain et salvateur, s’impose. La concurrence lourde et dangereuse, car prompte à déformer l’information, des réseaux sociaux devrait suffire à motiver une profession souvent à tort, mais aussi parfois à raison, décriée. Mais l’autre motif qui doit impérativement renvoyer les journalistes dans la rue et non pas les cantonner derrière leur prompteur ou leur ordinateur est la déliquescence des temps présents. La montée des extrêmes et des populismes, fruit d’une ignorance crasse et profonde des ressorts contemporains, l’abandon progressif de la culture au profit d’une information prédigérée sont à eux seuls des motifs suffisants pour redonner foi à des journalistes parfois désabusés, souvent malmenés et mal considérés. Pourquoi ? Parce que ces derniers offrent au public le reflet d’un monde contemporain que peu souhaitent affronter par manque de courage et de responsabilité. Alors oui Bernard Guetta a très certainement raison de reprendre son bâton de pèlerin. Et s’il ne pouvait pas être seul…!

Phénomène de mode ou tendance durable ?

Mouvement ancien amené à resurgir à la faveur de la crise migratoire, l’identitarisme semble renaître, aidé par les mouvements populistes. Mais sa résurgence, qui pourrait se confirmer dans le temps, n’est pourtant pas inéluctable.

Etats-Unis, Hongrie, République Tchèque, Autriche et désormais Italie, autant de pays qui, apeurés par l’afflux de migrants ou ses conséquences supposées, ont opté pour la voie populiste avec l’espoir de voir la question migratoire réglée. Pourtant, s’il est indéniable que le nombre de migrants ayant traversé la Méditerranée ou le Rio Grande entre les Etats-Unis et le Mexique est en augmentation, ces flux n’ont pas bouleversé les assises sociales et économiques des pays concernés au point de remettre en cause leur mode de fonctionnement. Seules 3,4% de la population mondiale sont amenées à se déplacer dans le monde (Lire l’article sur tdg.ch : Il y a 258 millions de migrants dans le monde ). Et les gesticulations enfiévrées des dirigeants populistes ne seront jamais que des cautères sur des jambes de bois. Mais pour autant, la question migratoire a eu pour effet de mettre en évidence un phénomène, non pas nouveau car déjà ancien dans l’Histoire des peuples, mais qui a soudainement resurgi, à la faveur de peurs nouvelles, très souvent infondées, à savoir l’identitarisme ou réflexe identitaire. Et il n’est exagéré de penser que l’identitarisme sera certainement le mouvement, sinon l’un des mouvements forts du XXIème siècle. Et que le combat s’annonce rude.

Dilution et altruisme

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, essayer en tous cas. La crise migratoire certes mais celle-ci n’est qu’un révélateur ponctuel qui, répétons-le, trouvera son épilogue dans la progressive intégration des populations arrivées sur le sol européen ou ailleurs. Les autres raisons sont à chercher dans le sentiment, impalpable et ressenti par certains, de dilution d’une identité, d’une culture ou d’une forme de vie commune. Le républicanisme néo-conservateur et le catholicisme traditionaliste, évoqués par Danièle Sallenave (Lire l’article sur lemonde.fr : Danièle Sallenave : « L’identitarisme est la maladie du XXIe siècle » ) jouent aussi un rôle clef dans l’exacerbation de ce phénomène. Ce sentiment, renforcé par les coups de boutoir d’une mondialisation croissante et macrocéphale, dont il faut cependant limiter les effets dans ce même sentiment et dans la réalité des faits, tient avant tout de peurs profondes nourries par certaines catégories de populations : souvent acculturées, peu enclines à l’altruisme, obnubilées par la réussite matérielle et financière, adeptes d’une diplomatie forte et sans concessions ou la fermeté (parfois la plus absurde à l’image de celle voulue et développée par Donald Trump ou Matteo Salvini en Italie) l’emporte sur le dialogue. L’autre frange serait a contrario bien plus versée dans le débats d’idées, celui où la laïcité serait quelque part dévoyée pour offrir un cadre de réflexion prétendument salvateur mais qui se révèle en réalité une justification toute trouvée à un conservatisme lourdement ancré, visant ainsi des communautés bien définies, à savoir celle optant pour l’islam comme religion.

Générations perdues ?

Passé le constat et l’analyse, reste à savoir si cette l’identitarisme perdurera, combien de temps et sous quelles formes ? Premier rempart : l’éducation des générations à venir à qui les notions d’altruisme doivent être nécessairement inculquées. Est-ce à dire que les générations passées ou actuelles sont perdues ? La question reste entière. Autre rempart à l’identitarisme : la nécessaire prise de conscience des pays concernés au premier plan, non pas par une fermeture simple et définitive des frontières (car une frontière se contourne…) mais par le développement de politiques d’accueil concertées qui répartissent, selon les moyens de chacun, les migrants et ce en vue d’une intégration pleine et entière. Certes l’expérience a été tentée au sein de l’Union européenne et s’est vue sanctionnée par le refus de certains membres. Mais la question migratoire, et par là même son opposé réfractaire qu’est l’identitarisme, ne se régleront ni l’un ni l’autre par la brutalité du refus ou du déni. Comme souvent dans son Histoire, l’Humanité est confrontée à des crises diverses qui doivent non pas la diviser mais au contraire développer le terreau d’une solidarité nouvelle. Car pour simple information, nous vivons tous sur la même planète…

Diplomatie d’affaires

Le revirement de Donald Trump au sortir du sommet du G7 aussi surprenant qu’insupportable qu’il puisse être, révèle aussi la personnalité d’un individu loin d’épouser les atours d’un homme politique classique.

D’aucuns, devant la réaction de Donald Trump qui à peine après s’être envolé pour les Etats-Unis dénonçait l’accord signé quelques heures plus tôt au terme du sommet du G7, se sont étranglés d’indignation, fustigeant le président américain, jugeant son attitude aussi irresponsable qu’imprévisible. Pourtant, en analysant, en essayant au moins, cette réaction, il convient d’admettre qu’elle n’a rien d’étonnant si l’on s’en réfère au personnage et à son parcours personnel. Ainsi, les chefs d’Etat qui entouraient Donald Trump lors du sommet en question, chef d’Etat qu’est aussi le président américain, se sont-ils comportés et ont agi comme tels, conscients des enjeux que leurs positions, leurs propos et leurs décisions impliquaient à l’échelle mondiale. Sauf que Donald Trump, et c’est là que la bât blesse, n’est pas un homme politique au sens strict du terme. Il n’a pas fréquenté les institutions américaines ou les grandes écoles américaines au sein desquelles il se serait imprégné du discours politique et des méthodes qui l’accompagne, autant d’éléments qui lui auraient permis de faire valoir sa position de manière moins brutale et manichéenne.

Négociations et écho

Pourquoi ? Car Donald Trump est un homme d’affaires qui agit comme tel. Lorsque le contrat signé ne lui convient pas, ici l’accord final du sommet, il le dénonce, fut-ce au prix d’un prétexte mesquin comme la prétendue insultante intervention du Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. (Lire l’article sur le figaro.fr : G7: Trump s’en prend à nouveau à Trudeau et menace les Européens) Certes le courage le plus élémentaire aurait voulu que Donald Trump dénonçât l’accord non pas dans son avion mais directement auprès de ses homologues mais ceci relève d’un autre registre. Donald Trump reviendra à la table des négociations quand lui, et lui seul jugera bon d’y retourner, à savoir quand la situation lui semblera propice, comprenez : favorable aux Etats-Unis. Pour autant, plusieurs raisons expliquent ce revirement. La première réside dans le fort soutien de la population américaine dont jouit Donald Trump : 44% des électeurs américains lui accordent leur confiance, les 66% restants lui sont opposés ou ne se prononcent pas ; dans la masse virulente d’opposants déclarés à sa politique, beaucoup dénoncent son incapacité à gouverner mais ne trouvent pour l’heure aucun écho dans l’électorat américain. Seconde raison expliquant ce revirement, le fait que Donald Trump a aussi été élu sur le slogan America first (L’Amérique d’abord). Et en toutes occasions, celui-ci ne manque pas de s’y plier, défendant les intérêts américains quoi qu’il en coûte, dût-il pour cela malmener, et de quelle manière, des alliés anciens et fidèles tels que l’Allemagne ou la France ; et quand bien même celui-ci serait-il amené à dénoncer un accord international comme celui signé lors du G7, le même Donald Trump, preuve à l’appui, n’hésite en rien à le faire. La troisième raison, liée à la seconde, renvoie aux prochaines élections législatives qui doivent se tenir en novembre, dites élections de mid-term (Chambre des Représentants et Sénateurs étant appelés à être renouvelés). Le Congrès (Chambre des Représentants et Sénat), actuellement dominé par les Républicains, est naturellement une force pour Donald Trump qui peut s’appuyer sur celui-ci pour développer sa politique. Or, une politique trop conciliante avec les alliés internationaux pourrait facilement blesser le corps électoral américain, déception qui serait à même de se traduire par un revers politique dont Donald Trump souhaite, évidemment, s’affranchir mais qui pourrait cependant se produire. (Lire l’article sur rfi.fr : Elections de mi-mandat: la débâcle annoncée des Républicains américains en 2018) Autant de raisons certes lointaines vues de France et d’Europe mais qui pèsent lourdement sur le président-Businessman que se veut être Donald Trump. Preuve, s’il en était encore besoin, combien Donald Trump reste un président atypique car pétri de mœurs et d’habitude banales aux Etats-Unis, mais tellement surprenante vues d’Europe, atypique car l’homme incarne une nouvelle forme de dirigeants politiques affranchis des règles qui prévalaient jusqu’alors. Ce qui est peut-être le plus inquiétant….

Façon commedia dell’arte

Si l’incertitude politique prédomine désormais en Italie, celle-ci n’est peut-être que la conséquence de l’incapacité des partis populistes à élaborer un programme de gouvernement fiable et pérenne.

Ainsi, les électeurs italiens seront-ils amenés d’ici quelques mois à se rendre à nouveau aux urnes pour désigner quel parti prendra les rênes de l’Etat. Après le fiasco de l’alliance entre le Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio et la Lega de Matteo Salvini, la péninsule ronge son frein , certains attendant le prochain rendez-vous électoral pour renverser la situation politique issue de la précédente consultation, d’autres espérant reproduire avec le même succès les conditions favorables à une alliance entre les deux partis populistes. Mais que révèle finalement le cas italien ? Que les partis extrémistes ou populistes progressent en Europe en s’appuyant sur les supposés excès de la politique menée par la Commission européenne et le Parlement éponyme ? Que l’Italie, pays bancal et endetté à hauteur de 132% de son PIB est mûr pour tomber dans l’escarcelle des populistes en question ? Il y a du vrai dans tout cela, c’est indéniable mais en poussant plus loin la réflexion, on peut aussi s’apercevoir qu’une forme de raison a coupé court aux velléités des deux partis en lice.

Viles passions

Le président Sergio Mattarella, considéré comme un ardent défenseur de l’idée européenne, a rappelé aux deux formations qu’il n’était même pas envisageable pour l’Italie, à plus ou moins long terme, de sortir de l’Eurozone, argument qui était devenu l’un des piliers des discours de la Lega et de 5 Etoiles. Mais plus encore, l’exemple italien prouve aussi qu’en dépit de discours faciles et séduisants, prompts à attiser les viles passions, à réveiller des haines cuites et recuites, les partis extrémistes ne sont pas nécessairement en mesure de gouverner et encore moins capables de pouvoir s’entendre sur une ligne directrice fiable à même d’assurer à leurs pays respectifs un avenir serein. Car le développement des thèses populistes et extrémistes, thèses bornées à la seule dénonciation des difficultés rencontrées par tel ou tels pays, ici l’Italie, et de leurs conséquences ne peut servir de base politique quand la situation en Italie ou ailleurs appelle à la mise en place de solutions crédibles pérennes. Le président Mattarella l’a d’ailleurs bien compris. L’alliance de la carpe et du lapin entre la Lega et 5 Etoiles était, qui pouvait croire le contraire, voué à l’échec tant les points de divergence entre eux étaient abyssaux et surtout combien la fragilité de leurs discours respectifs exposaient l’Italie à la méfiance de leurs alliés et l’Union européenne. Certes à ce jour l’Italie est retombée dans le chaos politique (elle en a l’habitude) mais n’est ce pas in fine un mal pour un bien. Le temps que le pays retrouve, souhaitons-le, ses esprits en dépit de la nomination d’un ancien économiste du FMI,  Carlo Cottarelli (Lire l’article sur le monde.fr : Crise politique en Italie : un engrenage infernal) prompt, indirectement à provoquer la ire des eurosceptiques. Le pari est très risqué mais il vaut la peine d’être tenté pense certainement le Président de la République italienne.