A quelques mois du scrutin présidentiel, se pose aux candidats la nécessité d’élaborer des programmes apportant des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes dans engager plus qu’au-delà de leurs limites, les finances de l’État. Equation complexe où devront se mêler volontarisme et pragmatisme assumé. Au risque d’amplifier la grogne sociale.
Devin serait celui qui, à ce jour, pourrait donner avec certitude le nom du futur président (ou présidente) de la République. Bien que donnée gagnante dans les sondages, Marine Le Pen, reste concurrencée par d’autres candidats, tels que Jean-Luc Mélenchon ou Edouard Philippe. Pour autant , à quelques mois du scrutin, et peu importe en réalité les candidats, reste à déterminer sous quel angle et sur quels thèmes faire campagne pour séduire un maximum d’électeurs pour une élection qui sera scrutée dans toute l’Europe, voire au-delà ? Et pour cause, la France reste avec l’Allemagne un pilier de l’Union Européenne, endossant aussi l’habit de deuxième économie de l’Union. Si le sujet de la dette occupe une grande partie du discours des candidats, interrogeant par là même l’avenir de l’Etat-Providence et ses fondements, la question du pouvoir d’achat et de l’école pourraient s’inviter dans le débat, le premier renvoyant à un quotidien devenu trop lourd à gérer pour nombre de Français, le second au futur des générations qui seront en charge de l’État d’ici dix à quinze ans.
Réponses et marges de manœuvres
Ainsi, si la question du pouvoir d’achat se pose, avec en filigrane celle de la dette publique qui échappe encore un peu à nombre d’entre nous de par sa complexité et sa structure, émerge la nécessité de proposer un ensemble de réponses, si ce n’est rapide, du moins efficace dans ses effets pour atténuer les difficultés rencontrées au jour le jour. Le seul point noir, et celui-ci s’avère de taille, est que les finances de l’État ne permettent plus d’excès, les marges de manœuvres budgétaires étant réduites à néant. Il s’agit donc pour les candidats en lice de promettre beaucoup, sans tomber dans la démagogie, sans dépenser plus, voire moins, pour éviter d’alourdir une situation financière déjà grave. L’État, régulièrement sollicité pour proposer des solutions aux crises multiples, a ainsi atteint ses limites financières. Si promettre l’impossible est tentant et enivrant pour ceux qui s’y adonnent et y croient, ce même impossible se révèle tautologique, puisque impossible par lui-même. Voilà un défi de taille qui se pose donc aux candidats : se faire élire en proposant plus et mieux que l’actuel locataire de l’Elysée sans pour autant affaiblir plus encore les finances de l’État et parallèlement l’image de celui-ci tout en conservant une crédibilité élevée au sein de l’électorat.
Manifestations
Ce Tonneau des Danaïdes, qui fait rêver les candidats en lice, revêt pourtant tous les aspects d’une bombe à retardement dont les manifestations qui parcourent actuellement les grandes métropoles de l’Hexagone ne sont que le préambule, pour l’instant globalement contrôlé, non sans peine, d’une gronde sociale amenée à s’intensifier si la situation venait à se dégrader plus encore. Prendre les rênes du pays dans les mois à venir relève certes de l’ambition personnelle (car il en faut néanmoins) mais aussi d’un pari que d’aucuns qualifieraient d’audacieux, pour ne pas dire risqué. Et, in fine, pour répondre à la question, sous quel angle et sur quels thèmes faire campagne, la réponse qui s’impose serait composée d’une dose de volontarisme et surtout d’un pragmatisme assumé, comprenez peut-être radical, au risque de provoquer l’ire d’une population déjà fatiguée.