Courant d’air glacial à l’ONU

L’échec du sommet exceptionnel de l’Organisation des Nations Unies sur le climat a mis en lumière toutes les oppositions portées par les pays les plus pollueurs prêts à ne finalement concéder que mesures secondaires.

Fallait-il s’en douter ou simplement le redouter, voire les deux ? In fine, le résultat est le même : seules soixante-six nations membres de l’Organisation des Nations Unies se sont engagées à accroître leurs efforts en matière d’émissions de CO2 d’ici 2020. (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/09/24/) Les plus optimistes diront que c’est bien et beaucoup, les plus pessimistes argueront, faits à l’appui, que les nations les plus polluantes ne sont engagées en rien. Cruel constat qui pousse à penser que la conversion écologique est encore loin d’être actée et que les discours qui la précèdent sont pour l’heure les seuls actes qui prévalent. Et ce n’est pas l’idée de consigner les bouteilles en plastique qui va révolutionner une réalité déjà bien sombre. Autre constat, il apparaît évident que la cause écologique, aussi impérieuse et impérative soit-elle, ne passe finalement qu’au second plan, et dans le meilleur des cas, face à la nécessité économique de maintenir à l’échelle globale emplois et activités, tous deux sous la menace d’un ralentissement de l’économie mondiale.

Economie mondiale et refus

Et que dire de la jeune militante écologique Greta Thunberg, qui larmes coulantes et voix étranglée, a tenté d’émouvoir sous des applaudissements timides les participants au sommet exceptionnel de l’ONU sur le réchauffement climatique. Le constat est donc finalement simple : l’écologie oui ! Mais pas à n’importe quel prix semble, en filigrane, dire les pays n’ayant pas accepté de s’engager plus avant dans la lutte contre le réchauffement. Reste à connaître les raisons de ce refus. Elles sont nombreuses et renvoient à des paramètres d’une extrême complexité. Premier d’entre eux, le coût de la conversion d’industries encore très largement carbonées. Si certains pans de cette même industrie s’y sont pliés, à l’exemple de l’industrie automobile en travaillant sur des normes d’émissions de plus en plus drastiques, tous les secteurs industriels et pas seulement eux n’ont pas achevé, voire débuté leur conversion, qui reste à financer sur le long terme. Deuxième raison, le volontarisme politique où se mêlent rivalités et concurrence internationales, climato-scepticisme, tensions internes et autre lobbies toujours prêts à crier à l’imposture en matière de réchauffement climatique. Troisième et peut-être dernière raison, la faiblesse de la prise de conscience de la réalité environnementale.

Handicap et cynisme

Certes, successions d’ouragans, de tornades, de pluies diluviennes, de sécheresses ou accélération de la fonte des glaces interrogent et répondent dans le même temps à la question du réchauffement mais apparaissent comme des phénomènes qui, pour l’heure, n’handicapent pas fondamentalement nos existences sauf de manière marginale ou seulement des populations soit éloignées soit limitées en nombre, voire les deux. Que penser donc de ce refus de s’engager plus avant dans les politiques visant à réduire les émissions de CO2 ? Passée la perplexité, c’est un étrange sentiment de fatalité et d’agacement qui domine, vite happé par le quotidien d’existence qui subissent, imperceptiblement un peu plus tous les jours, ce réchauffement jusqu’au jour où le point de non retour sera atteint. Le plus inquiétant ici n’est-il pas que cette assemblée générale se soit déroulée dans l’indifférence la plus totale avec pour seul point d’orgue la sortie très médiatique de Greta Thunberg qui ne peut rien et ne propose d’ailleurs rien aux problèmes actuels (si ce n’est porter plainte contre cinq pays dont la France auprès Comité des droits de l’enfant de l’ONU) ? (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/) Aussi cynique que puisse paraître le constat, au réchauffement climatique, l’humanité répond atermoiements et inertie, au mieux mesures de circonstances.

La Tunisie, espoirs déçus ?

Pays spolié des espoirs nés du Printemps arabe de 2011, la Tunisie suscite l’intérêt des capitales européennes à plus d’un titre. Car déstabilisé, un des remparts contre l’islamisme radical se briserait. Explications.

Premier pays à avoir été agité en 2011 par le Printemps arabe, poussant par la même le président Ben Ali hors des frontière et du pouvoir, la Tunisie a depuis traversé bien des épreuves qui n’ont certes pas mis à mal sa démocratie mais qui ont érigé au rang de principes de fonctionnement inertie, immobilisme et corruption et ce au plus grand désespoir des Tunisiens. Autant d’éléments qui la rendent aujourd’hui extrêmement fragile en dépit de son assise démocratique ponctuée d’élections régulières signe d’une vitalité que nombre de pays du Maghreb lui envient. A la croisée des chemins et de son histoire, coincée entre une Libye exsangue en proie à la guerre civile et une Algérie agitée elle aussi de soubresauts démocratiques dont personne ne sait réellement sur quoi ils aboutiront, la Tunisie est aujourd’hui au cœur de toutes les analyses géostratégiques visant à éclairer le présent et l’avenir de la région.

Partenaires et remparts

Car d’Europe et de Paris en particulier, l’avenir de la Tunisie ne laisse en rien indifférent tout comme celui de l’Algérie d’ailleurs. Ces deux pays, respectivement ancien protectorat et anciens départements français, sont ainsi devenus, outre des partenaires économiques actifs mais aussi des remparts contre les forces islamistes qui hantent l’Afrique sahelo-saharienne. Et il apparaît évident qu’une Tunisie déstabilisée ou fragmentée (lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/afrique/) n’arrangerait en rien les affaires de Paris et de l’Union européenne. Hormis cet aspect, la déstabilisation d’un pays à l’aura lourde telle que la Tunisie dans la région, au regard de son histoire récente qui s’oppose au drame syrien ou au monolithisme marocain, le délitement de son activité et de son tissu économiques pousseraient, le désespoir aidant, de nouveaux migrants à prendre des risques insensés pour traverser la Méditerranée pour légitimement chercher une terre d’asile en Europe. Or, la question migratoire qui agite encore l’Union européenne, en dépit de l’assouplissement récent des positions italiennes, est encore un point d’achoppement entre les différents pays de l’Union européenne. L’émergence de la Tunisie comme puissance régionale, stable et économiquement viable est naturellement encouragée par Paris et l’Union européenne conscients l’un et l’autre que puissance et stabilité ne seront acquis que si un gouvernement modéré, fut-il islamisant, parvenait à diriger la Tunisie.

Méfiance et jeunesse

Les ressources de la Tunisie permettraient à ce jour cette émergence mais, comme indiqué précédemment, inertie, immobilisme et corruption ont sapé toutes les velléités tunisiennes renforçant la méfiance à l’endroit de la classe politique d’une population fatiguée et épuisée des atermoiements de gouvernements successifs visiblement incapables de transformer les espoirs de la Révolution. Rares sont les peuples à vouloir être spoliés de ce qui leur revient de droit et le Printemps arabe de 2011 qui n’a que partiellement trouvé son épilogue est encore dans tous les esprits des Tunisiens. La succession d’élections, ne suffiront pas à rassasier les aspirations démocratiques d’une peuple qui a compris que se rendre aux urnes ne témoignait pas d’un processus démocratique complet. (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde/) Autre point clef : la jeunesse tunisienne. Actrice de premier plan en 2011, désormais désabusée, son désarroi et son dégoût sont tels qu’elle apparaît aujourd’hui comme une vaste interrogation dans un pays où le chômage s’élève à 15% de la population et où la croissance économique au premier semestre n’a été que 1,1%…Statistiques insuffisantes pour une nation qui au lendemain de la Révolution aspirait à devenir autre chose que le Petit Poucet du Maghreb.

Le populisme hors jeu ?

Confrontés à des réalités politiques mal appréhendées, les discours populistes défendus par Boris Johnson et Matteo Salvini se heurtent à la complexité des systèmes institutionnels nationaux et européens qu’ils combattent. Explications.

Tout comme Matteo Salvini, ex-ministre de l’Intérieur italien, Boris Johnson, Premier Ministre britannique s’est pris les pieds dans le tapis du populisme. Ainsi, afin de forcer les parlementaires de la Chambre des Communes à accepter une sortie de l’Union Européenne selon des conditions qui en effrayaient plus d’un des deux côtés de la Manche, Boris Johnson doit désormais assumer démissions et défections en cascades, réponses à une politique trop radicale à l’endroit du Brexit. (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/08/). Pour autant, derrière cette crise politique se cache en filigrane toute la vacuité idéologique du populisme défendu par Boris Johnson ou de Matteo Salvini. Ne s’appuyant que sur des réalités sociales décontextualisées, souvent déformées et grossièrement assénées comme des vérités absolues, l’un et l’autre, chefs de file des populistes européens, sont parvenus à convaincre une frange de l’électorat, poreuse aux raccourcis intellectuels et politiques, sensibles à des visions limitées des sociétés dans lesquelles elles évoluent et globalement mal informées car peu versées dans le débat politique de fond. Mais, portés au pouvoir par ce même électorat, les partis populistes se retrouvent dés lors, comme d’autres avant eux,confrontés à l’impérieuse nécessité de gérer un Etat, non pas de manière isolée et coupée du monde, mais plongé dans un ensemble complexe qu’il convient d’appréhender avec justesse et avec lequel il faut naturellement composer avec harmonie.

Déceptions et action future

D’où les déceptions de l’électorat concerné qui ne comprend pas alors les manœuvres politiques engagées et aux résultats différents de ceux promis lors des campagnes électorales. La sortie de l’Union européenne aurait dû être posée comme une alternative ultime précédée de négociations visant à redéfinir le rôle de la Grande-Bretagne dans l’ensemble européen et non comme un objectif unique sans ambition post-Brexit. A ce jour, Boris Johnso ou Matteo Salvini, soucieux d’asseoir leur emprise politique, ont, comme souvent en pareil cas, eu recours aux institutions en cherchant à provoquer des élections anticipées en prétextant que la situation dans laquelle ils se trouvent entrave leur action future tant espérée par leur électeurs. En réalité, cette manipulation institutionnelle n’a pour seul objectif que de gagner du temps afin de préparer l’opinion à un «oui mais… ». (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/ ) Limités dans leurs discours respectifs et incapables de proposer une vision politique à long terme car fondée sur des idées préconçues et des préjugés archaïques, les populismes de Matteo Salvini et Boris Johnson se heurtent, voire se fracassent, au mur de l’impossible autarcie. Est-ce à dire que l’un et l’autre sont désormais à ranger dans les soubresauts de l’Histoire ?

Séduction et affaiblissement

Seul l’avenir le dira mais la facilité intellectuelle qu’offre le populisme, plus précisément les discours populistes, conserve encore une puissante capacité de séduction sur des populations effrayées par les effets de la mondialisation, convaincues que le passé révolu offrait plus d’avantages que d’inconvénients, qu’une existence solitaire dans un ensemble adjacent est préférable à une existence fondue dans un ensemble où chacun exerce des responsabilités définies collectivement. Et rien, sauf l’éducation qui reste un tonneau des Danaïdes, ne pourra contrarier les populismes, fussent-ils réduits à leurs plus simples expressions politiques. Pour l’heure, Boris Johnson tout comme Matteo Salvini, certes l’un et l’autre affaiblis par les circonstances ou les erreurs commises, restent des menaces au sein de l’Union Européenne qui ne peut se dédouaner de toutes responsabilités car les dysfonctionnements de celle-ci ont aussi nourri, et nourrissent encore aussi ces discours fermées et hermétiques.

Duel fratricide à Paris

Le duel annoncé entre Cédric Villani et Benjamin Griveaux, tous deux candidats à la mairie de Paris et issus de LREM, pose un dilemme au Président Macron. Sauf si l’exécutif laisse se déchirer à dessein les deux prétendants.

En cette fin d’été, La République en Marche (LREM) est en émoi ! Preuve en est l’annonce quasi certaine désormais de la candidature (programmée sauf accident le 4 septembre, date symbolique s’il en est puisqu’il s’agit du jour de la proclamation de la IIIème République en 1870 par Léon Gambetta) de Cédric Villani, député de Paris, mathématicien reconnu à l’échelle internationale (lauréat de la Médaille Fields) aux élections municipales de mars 2020 et ce face, entre autres, à Benjamin Griveaux, porte-parole du Gouvernement et proche d’Emmanuel Macron. Anne Hidalgo, maire sortant n’en demandait pas tant car si Benjamin Griveaux est malmené dans les sondages (25% des voix – linternaute.fr .com : https://www.linternaute.com/actualite/politique/2225593), la présence d’un seul candidat LREM aurait malgré tout sérieusement compliqué sa potentielle réélection. Mais avec deux candidats aux ambitions et aux caractères différents, le premier magistrat de la capitale voit son horizon s’éclaircir….La division ne pouvant que lui être profitable.

Affaires courantes et adoubement

Pour autant, tous l’ont compris, derrière la lutte fratricide qui s’annonce, (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/08/30) plane l’ombre du Président de la République. Celui-ci après avoir brillé lors du G7 à Biarritz en août dernier, se retrouve confronté à la gestion des affaires courantes dans sa propre majorité puisqu’il faudra bien à un moment ou à un autre trancher, adouber celui qui ira au feu. L’exercice n’est pas compliqué en soi mais ô combien risqué. Soutenir Benjamin Griveaux (qui attend un geste de la part d’Emmanuel Macron en sa faveur !) mal-aimé des sondages, aux ambitions déclarées et supposées comme au-delà de la Mairie de Paris, c’est accorder sa confiance à un candidat annoncé comme perdant avec les conséquences politiques qui en découlent : discrédit présidentiel, ingérence mal venue, perte d’influence…Certes. Mais en cas de victoire, l’image présidentielle en ressort ravivée. Soutenir Cédric Villani, (qui n’attend rien de la part de l’exécutif ou si peu !) c’est fracturer une fragile majorité qui se cherche encore une colonne vertébrale idéologique et où cohabitent d’impatients trublions prêts à en découdre dans les urnes, tous mus par un ego parfois démesuré. Mais si le mathématicien devait alors l’emporter, l’image du président et de la LREM en serait certes à nouveau grandie mais le locataire de l’Elysée n’aurait alors que peu de prise sur le nouvel élu tant ce dernier a-t-il fait valoir son indépendance d’esprit, dénonçant les logiques d’appareil du parti.

Menace et déchirement

Autre option qui s’offre à Emmanuel Macron, laisser les deux ambitieux se déchirer au risque de voir Anne Hidalgo l’emporter. L’option n’est pas sotte car elle briserait, pour un temps en tous cas, les velléités de l’un ou de l’autre, éludant toute responsabilité présidentielle. Et qui comprend la politique sait qu’une velléité est toujours une menace. Exclure Cédric Villani des rangs de LREM, comme l’idée peut circuler, n’est pas en outre une hypothèse judicieuse car elle ternirait l’image du mouvement présidentiel en lui conférant un air d’éléphant politique peu ouvert aux changements, donnerait le sentiment de protéger Benjamin Griveaux de manière artificielle pour in fine l’affaiblir plus qu’autre chose car incapable de rassembler sur son seul nom ou projet tout en cachant maladroitement les insuffisances du discours. Et si à la veille d’une élection, l’incertitude prévaut, une seule chose apparaît comme certaine aujourd’hui, c’est le cauchemar que font vivre Benjamin Griveaux et Cédric Villani au Président de la République. C’est la rentrée !

Faire feu de tout bois

La crise diplomatique entre la France et le Brésil est l’opportunité pour Emmanuel Macron de redorer son image de défenseur de l’environnement sur un sujet des plus contestés : le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur. Mais attention aux attentes nées du refus…

Il y a des crises diplomatiques compliquées à gérer et d’autres qui, si elles le sont tout autant, peuvent s’apparenter à d’heureuses surprises. Ainsi, en va-t-il de la crise entre la France et le Brésil portant sur les incendies qui ravagent actuellement la forêt amazonienne. Même s’il convient de préciser qu’il s’agit de bois abattus depuis plusieurs mois qui ont été incendiés une fois secs, les émissions à effet de serre liées à ces incendies restent néanmoins lourdes. A l’origine de cette crise donc, le Président Macron qui a décidé le 23 août dernier, au regard de l’ampleur du désastre écologique constaté, de ne pas signer en l’état l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur et ce tant que le Brésil ne s’engagera pas à respecter les fondamentaux environnementaux. (Lire lefigaro.fr : http://www.lefigaro.fr/international/macron-accuse-bolsonaro-d-avoir-menti-sur-le-climat-la-france-s-oppose-a-l-accord-ue-mercosur-20190823 )

Sceptiques et inquiets

Pourquoi heureuse ? Car à l’annonce au printemps de la signature prochaine de ce traité, une levée de bouclier mêlant opposants directs et sceptiques de tous bords s’est faite jour, dénonçant le caractère anti-écologique d’un accord entérinant le principe de la culture intensive, et renvoyant le Président et le Gouvernement dans une situation des plus inconfortables au regard des exigences environnementales qui dictent désormais notre quotidien. Beaucoup s’émouvaient alors, et s’émeuvent encore d’ailleurs, que la France et l’Union Européenne commercent avec un ensemble de pays peu inquiets des défis environnementaux actuels. Ainsi, en refusant de signer l’accord en l’Etat, le président Marcon redore-t-il son blason auprès de son électorat et de l’électorat français en règle générale en se posant en vertueux défenseur de l’environnement tout en confortant à bon compte sa stature internationale au détriment d’un pays émergent relativement proche des Etats-Unis de Donald Trump. Car là enccore, rien n’est innocent en matière diplomatique…Et la brouille entre les deux pays au sujet de la taxe sur les GAFA (ndlr : Google, Amazon, Facebook, Apple) et la future taxation du vin français aux Etats-Unis sans ici être soldée se voit quelque peu dégonflée par la prise de position d’Emmanuel Macron qui fait là valoir son indépendance diplomatique. Clairement, Emmanuel Macron a tenté de reprendre la main.

Puissance et discrétion

Cette crise amazonienne qui ne saurait naturellement passer l’été, le Brésil ayant diligenté plusieurs mesures afin d’endiguer le sinistre, aura toutefois été l’opportunité, en marge du G7, pour Emmanuel Macron de faire entendre sa voix au niveau mondial et de faire valoir une relative puissance politique à l’échelle européenne, l’ensemble permettant à la France de se poser en locomotive en matière environnementale tout en renforçant sa position dans le couple franco-allemand, Berlin ayant été des plus discrets sur le sujet amazonien. Ainsi, si l’été 2018 avait été entaché par l’affaire Benalla, l’été 2019 aura été celui du renouveau diplomatique, les effets du G7 et la gestion de la crise brésilienne profitant pleinement au locataire de l’Elysée. Pour autant, en refusant de signer l’accord, Emmanuel Macron a aussi ouvert la boîte de Pandore. D’abord au Brésil où son image et celle de la France sont désormais plus qu’écornées (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/24 ) dans le camp des partisans de Jair Bolsonaro. Ensuite et surtout car nombreux en France et en Europe vont dès lors s’engouffrer dans la brèche et demander une réécriture sinon totale du moins partielle du traité. Emmanuel Macron savait très certainement que son refus allait entraîner une réaction en chaîne qu’il conviendra de gérer en temps venus. L’automne promet donc d’être particulièrement agité car en tançant le Brésil de Jair Bolsonaro, Emmanuel Macron s’impose un devoir d’exemplarité en matière environnementale (alors le mouvement écologiste de Yannick Jadot fourbit déjà ses armes en vue des élections municipales de mars 2020) que d’aucuns sauront lui rappeler, fusse crûment.

Pythie, Cassandre ou simple pantin ?

Greta Thunberg ne cesse de bouleverser le discours écologique mondial en renvoyant responsables et dirigeants politiques à leurs responsabilités. Mais l’adolescente ne serait-elle pas le symbole d’une absence de volontarisme international en matière environnementale ?

Au lendemain de son allocution devant les députés de l’Assemblée Nationale, moult commentaires ont ponctué la prestation de Greta Thunberg, jeune militante écologiste suédoise dont le discours émeut, tout autant qu’il l’irrite, la planète entière. Or de sorties médiatiques en grèves scolaires, une question se pose aujourd’hui : Que vaut le discours de Greta Thunberg ? Plus précisément quelle peut être sa portée qui ne peut finalement se révéler que politique désormais ? Sur ce point, l’adolescente a levé toutes les ambiguïtés possibles, non sans ironie, puisque celle-ci entend pousser les différents pays du monde, et leurs dirigeants en particulier, à agir activement pour imaginer un avenir autre que celui qui se dessine. (lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/climat/article/2019/07/23/)

Phénomène et rigueur scientifique

Mais au-delà des intentions de la jeune femme, beaucoup s’interrogent sur la pertinence et l’origine du discours qu’elle défend aujourd’hui, à savoir à l’aune de quelles sources et de quelles recherches Greta Thunberg se nourrit-elle pour se poser en égérie de la cause écologiste. La question trouvera certainement une réponse dans la succincte biographie facilement identifiable sur Internet et qui lui accorde une parenté avec le prix Nobel Svante Arrhenius (1903) qui a dès 1896 établit une « première estimation de l’impact de l’augmentation du taux atmosphérique de dioxyde de carbone sur la température terrestre »* Pour autant, et passée la caution scientifique dont chacun appréciera la valeur, il n’est pas inopportun de s’arrêter sur Greta Thunberg en qualité de phénomène social d’ordre planétaire. Car la jeune femme traduit à elle seule les atermoiements de notre temps face à l’urgence climatique. Si d’aucuns se sentent irrités par les propos de la jeune femme, se considérant comme tancés par une gamine, d’autres y voient au contraire une forme de courage que seul son jeune âge est en mesure de défendre car non encore pollué par les contraintes et les réalités du monde dans lequel elle évolue. (lesinrocks.com : https://www.lesinrocks.com/2019/07/25) Mais une évidence s’impose, sa voix porte ! Et au-delà des frontières de sa Suède natale au point d’être invitée dans les représentations nationales ou primée pour son engagement qui pour l’heure ne s’est pas traduit dans les faits. Et sa voix est celle d’une adolescente non celle d’un chercheur patenté, fort de travaux reconnus s’appuyant sur une rigueur scientifique éprouvée.

Cause et pauvreté intellectuelle

Certains, répétons-le, trouverons cela rafraîchissant et encourageant, mais est-ce que l’immixtion de Greta Thunberg dans le discours et la cause écologiste ne traduit pas aussi la pauvreté et la sécheresse intellectuelles d’une classe politique mondiale incapable d’unir ses efforts afin de lutter contre le réchauffement climatique ? Plus que jamais désarmée et impuissante, voire ridiculisée, face à la candeur de Greta Thunberg, qui confine presque au cynisme, cette même classe politique donne le sentiment de s’en remettre à une adolescente sincère mais à ce jour totalement dénuée de moyens d’action directs ou indirects. Et une autre question d’émerger : tout cela est-il finalement crédible ? Cruel commentaire que celui-ci mais est-il audible que l’Humanité s’en réfère à une adolescente certes honnête dans son engagement et pour le moins charismatique afin de résoudre l’urgence climatique ? D’aucuns argueront qu’elle se fait le porte-voix de l’angoisse croissante qui agite la planète et en particulier sa jeunesse (celle des pays occidentaux) mais a-t-on réellement besoin d’elle pour en saisir le sens et la valeur ?

* Sources : Wikipédia

Le ministre, le pouvoir et l’argent

Si les fautes commises par l’ancien président de l’Assemblée Nationale sont patentes et inexcusables au regard de ses fonctions, s’interroger sur le fonctionnement des ministères et des fonds accordés relève désormais de la nécessité.

La démission de François de Rugy de son poste de Ministre en charge de la transition écologique apparaîtra, en tant que telle, dans quelques semaines comme un vague souvenir qui se perdra dans la torpeur de l’été. (Lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/16/le-ministre-de-la-transition-ecologique-francois-de-rugy-a-presente-sa-demission_5490012_823448.html ) Ce qui en revanche restera et marquera les esprits, c’est, outre le discrédit que les agissements de l’ex-ministre a porté à l’action écologique, le sentiment qu’en dépit de efforts voulus par le Président de la République, les pratiques de ce que l’on nomme l’ancien monde sont encore bien présentes et surtout bien ancrées dans les mœurs de ceux qui accèdent aux charges ministérielles. Et il est fort à croire qu’elle continuent de l’être tant que les responsables politiques seront dotés de moyens financiers qui échappent, non pas à tout contrôle, mais du moins à un contrôle plus strict.

Fidélité et exemplarité

Il conviendra, si le Président de la République, entend être fidèle à ses engagements, soit de surveiller au centime près les dépenses engagées par les ministres et secrétaires d’Etat, soit de totalement réformer le système de financement des ministères et de ceux qui les occupent. Car pour l’heure, l’opprobre prévaut. Et pis que tout ! La défiance ! Si le scandale De Rugy passera comme tous les scandales ayant à ce jour éclatés, la trace que celui-ci laissera dans l’opinion, déjà irritée, ne sera en rien effacée par la démission de l’ancien président de l’Assemblée Nationale. Et voilà que ressort encore la notion d’exemplarité, appelée par tous pour être l’apanage de ceux qui sont nommés à des postes sensés servir l’intérêt général. Il paraît difficile d’exiger des prétendants un certificat de moralité tout comme il est malaisé de subodorer un quelconque goût du luxe chez ces mêmes impétrants ministres. Seulement voilà, le pouvoir est souvent une drogue qui pousse certains à perdre le sens des réalités ou des responsabilités qui leur incombent. Les Hommes ne sont que des Hommes.

Pouvoir et cynisme

Triste constat mais d’une telle réalité qu’il confinerait presque au plus violent cynisme. Faillibles comme Eve devant la Pomme du Jardin d’Eden, les Hommes, pour certains en tous cas, ont du mal à résister à la tentation et à la facilité que le pouvoir confère. Il ne s’agit en rien ici d’exonérer le ministre fautif, loin s’en faut car son comportement terni plus encore une classe politique très affaiblie, mais plutôt de s’interroger sur la pertinence de notre mode de fonctionnement en la matière. Une vraie réflexion est donc à mener sur le fonctionnement de nos ministères, sur l’attribution des fonds accordés à chacun d’un, à un protocole de surveillance à appliquer…Bref ! Réformer en profondeur un système qui encore une fois a montré ses limites par les excès qu’il est capable de générer. Comment ? En soumettant les dépenses envisagées par les ministères à la représentation nationale. CE n’est qu’une idée et il y en a bien d’autres. Car ne pas engager cette réflexion relèverait du masochisme…

L’impossible équation ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union Européenne et le Mercosur renvoie en filigrane aux questions de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement dans un contexte de croissance démographique continue.

Critiqué avant même d’être validé, l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (ndlr : Mercado comùn des Sur –  Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Venezuela, Bolivie) renvoie les deux entités politiques mais plus largement encore l’Humanité à ses contradictions en matière de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement, les deux notions étant finalement intrinsèquement liées. En matière de sécurité alimentaire d’abord car avec une population mondiale de 7,7 milliards d’habitants à l’heure actuelle et qui devrait atteindre selon les projections démographiques 10 milliards en 2050 (Lire futura-sciences.com : https://www.futura-sciences.com/sante/), la question des capacités alimentaires mondiales se pose désormais avec acuité : Les ressources alimentaires mondiales seront-elles suffisantes pour nourrir l’ensemble de la planète à l’orée des années 2050-2060 ?

Effets et pesticides

Un tel accord, présenté comme tel en tous cas, l’avance et le suppose mais l’alliance entre le les pays du Mercosur (290 millions d’habitants) et l’Union européenne (512 millions d’habitants) n’est pas un accord mondial mais seulement intercontinental, il est donc limité dans ses effets et sa portée à une sphère Europe – Amérique du Sud tout en restant placé sous le sceau d’un traité essentiellement économique et commercial. (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/lunion-europeenne-et-le-mercosur-signent-un-traite-de-libre-echange-historique-1034261 ) D’aucuns argueront, et à raison, que ce traité n’a pas de vocation internationale mondiale mais qu’il conclut des négociations amorcées il y plus de vingt ans et qui trouvent ici leur épilogue. Parallèlement, cet accord est aussi porteur d’inquiétudes quant à la protection de l’environnement. Les pays du Mercosur, Brésil et Argentine en tête, grandes puissances agricoles mondiales (Le Brésil est même nommé la Ferme du Monde) ont recours à des pesticides interdits en Europe et en France en particulier. Mais si les signataires de ce traité ont affirmé que le respect en la matière, entendez la non-utilisation de pesticides interdits en Europe serait total (Le président brésilien Jair Bolsonaro ayant même redit son attachement à ce point spécifique) il n’en reste pas moins que ces deux grands pays et d’autres avec eux pratiquent une agriculture intensive lourde peu respectueuse de l’environnement au regard de l’érosion des sols engendrée, de l’épuisement prématuré de ces derniers et point non négligeable, des effets sociaux sur les populations amenées à travailler dans ses exploitations. Il serait pourtant injuste de ne critiquer que les pays du Mercosur car nombre de pays européens, France en tête pratiquent eux-aussi une agriculture intensive aux effets dévastateurs sur l’environnement. Or à l’heure du questionnement environnemental, le traité de libre-échange, sans choquer, interroge plus qu’il ne promet de résoudre les problèmes qu’il ambitionne de régler.

Ressources et protection

L’importation de produits cultivés ou élevés à l’aide de produits chimiques divers (engrais, antibiotique, organisme génétiquement modifié, insecticides, pesticides,…) reste un choix particulièrement engageant au regard des ressources et des capacités limitées de la planète. L’équation posée est pourtant extrêmement compliquée à résoudre et l’accord signé, mais pas encore validé, ne la résout, même partiellement, en rien. Au contraire, elle la contourne et l’élude alors que celle-ci n’appelle pas nécessairement un énième accord commercial mais une réflexion aboutie sur l’utilisation des ressources alimentaires mondiales, l’exploitation des sols et du bétail d’élevage. Or les projections démographiques en témoignent la population mondiale va continuer de croître, Afrique et Asie figurant parmi les continent les plus actifs. Ainsi, l’accord Union Européenne – Mercosur aussi séduisant qu’il puisse paraître est l’illustration d’une contradiction entre volonté partagée à l’échelle mondiale de protéger l’environnement et l’impérative, voire l’impérieuse, nécessité d’assurer la sécurité alimentaire de régions du monde certes consommatrices mais en recherche de vitalité économique et commerciale notamment pour les pays du Mercosur.

Une France acclimatée ?

La canicule qui sévit actuellement en France interroge aussi sur les capacités d’adaptation d’un pays moderne face au changement climatique. La France, et les pays du monde, devront nécessairement affronter et gérer un changement précipité.

Voilà que depuis plusieurs jours, la France suffoque et transpire ! Ecrasée par une vague de chaleur qui devait paralyser le pays, tétaniser l’économie de la cinquième puissance mondiale et provoquer un vent de panique sans précédent ! Et pris dans l’emballement général, le Ministère de l’Education Nationale a même décalé les épreuves du Diplôme National du Brevet (DNB) pour éviter tout incident malheureux. C’est dire ! Que la planète se rassure ! Aucun cataclysme ne s’est produit ou ne se produira. Pourtant, si toutes les précautions prises en amont relèvent de l’anecdote aussi vite oubliée qu’annoncée, reste cependant la question de l’adaptation aux contraintes climatiques dans les années à venir. La France ne sera pas la seule touchée par ces changements. Et si les Etats modernes sont globalement capables de faire face à ces épisodes météorologiques extrêmes, rien ne prouve en revanche qu’ils seront capables d’affronter les dérèglement climatiques qui s’annoncent car climat et météorologie sont deux choses différentes.

Bataille culturelle et air conditionné

Une explication s’impose. Au cœur de la vague de chaleur, c’est bien la problématique de l’adaptation qui s’avère la plus complexe. Comment faire face alors que notre quotidien est rythmé par un confort qui se moque des gaz à effet de serre ou du réchauffement désormais amorcé. Certes, écologistes et environnementalistes ont gagné la bataille culturelle qui pousse à dire que le climat qui prévalait jusqu’alors change à la vitesse grand V. Mais sans accord mondial, la prise de conscience n’aura guère d’effet. (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/climat-de-tres-gros-investisseurs-reclament-des-mesures-durgence-1032637 ) Et quand bien même, l’augmentation programmée des températures, le changement désormais visible des modèles climatiques sont-ils assez forts et puissants pour nous pousser à radicalement modifier nos habitudes ? Qui acceptera de céder son automobile connectée et équipée d’air conditionné contre un véhicule tout aussi connecté mais dénué de système de climatisation car le dit système génère de l’air chaud contribuant au réchauffement climatique ? Et les exemples ne manquent pas. Parallèlement, ne serait-il pas temps de aussi s’interroger aussi sur l’aspect immature et puéril de nos sociétés occidentales qui s’émeuvent de températures certes inhabituelles mais qui ne sont que des épisodes alors que d’autres pays, notamment d’Afrique subsaharienne, les subissent de manière quasi-quotidienne.

Réalité et responsabilités

Arguer de l’expérience que ces populations possèdent face à ces températures extrêmes est une fausse réponse qui n’a que pour objectif d’occulter la réalité et surtout de nous éviter d’affronter nos propres responsabilités et nos propres erreurs en matière de réchauffement. (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/26/les-vagues-de-chaleur-sont-au-moins-quatre-voire-dix-fois-plus-probables-en-raison-du-changement-climatique_5481450_3244.html ) Il est désormais inutile de multiplier les excuses fallacieuses pour repousser l’échéance : le climat change et il nous faudra changer avec lui ou nous préparer à des lendemains cruels. Car in fine, l’augmentation programmée des températures, y compris dans les excès que nous connaissons aujourd’hui, n’a rien d’inéluctable non pas dans sa progression mais dans la capacité à s’en protéger. La crainte que nous nourrissons à son endroit est liée à notre incapacité supposée ou réelle à y faire face sereinement plus qu’aux risques sanitaires auxquels elle nous expose. Imagination et créativité seront certainement les maîtres mots des prochaines années afin de nous protéger au mieux d’un monde dont nous avons précipité le changement.

Une arène désertée

La vacuité des discours politiques des grands partis français, incapables d’appréhender les mutations contemporaines, a laissé le champ libre à deux adversaires, LREM et Rassemblement National, enfermés dans un débat manichéen dangereux pour la République.

Au lendemain des élections européennes, riches de précieux enseignements, voilà qu’en France, des piliers du parti présidentiel, La République En Marche (LREM) s’inquiètent de la bi-polarisation de la vie politique, mettant face à face le Rassemblement National et LREM. (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/15 ). Or, il apparaît que la crainte nourrie par le parti présidentiel est légitime tant les adversaires de substitution, Parti Socialiste, Les Républicains, France Insoumise ou Europe Ecologie les Verts, en dépit de leur score lors du dernier scrutin, semblent désormais trop faibles pour proposer une alternative crédible aux deux partis dominants l’échiquier politique français.

Par défaut ou par adhésion ?

Plusieurs raisons pourraient expliquer cette situation qui n’a rien d’hexagonale in fine car nombre de pays dans le monde (Grande-Bretagne, Italie, Etats-Unis, Hongrie,…) sont confrontés à la montée en puissance des populismes, mais le cas français est particulièrement atypique car nul n’aurait jamais imaginé que l’extrême droite puisse représenter une telle force politique, un tel contrepoids aux portes du pouvoir. Mais, et c’est là que la question se pose, l’est-elle vraiment ? S’il est clair que certaines franges de la population sont attirées sans retenue ni complexe par le discours radical et xénophobe de l’extrême droite, une grande majorité d’entre elles préfèrent encore le silence et l’abstention. Plus simplement, Rassemblement National et LREM sont devenus des partis majoritaires par défaut et non par adhésion totale et absolue au discours proposé, au moins pour le second. La vacuité et la pauvreté des programmes proposés tant par Les Républicains, tiraillés entre conservatisme social et libéralisme asynchrone, que par le Parti Socialiste, converti à la social-démocratie sans en trouver l’essence sociale et progressiste, (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/olivier-faure-le-discours-de-philippe-des-mots-de-gauche-et-des-mesures-de-droite-1028621 ) contribuent à la désertion d’un électorat souvent désabusé ou lassé d’oppositions stériles et dépassées que le XXIème a renvoyé aux archives de la Vème République. Et en se penchant dans les discours proposés par LREM, amené à se convertir avec prudence à l’écologie, ou ceux du Rassemblement National pathologiquement gangrené par la peur de l’autre et du déclin qu’il est le seul à percevoir, l’on peut aussi constater la faiblesse et la sécheresse intellectuelle des idéologues de ces deux partis.

Vision et combattants

Seul un drame s’impose : Nulle vision solaire et ambitieuse ne vient aujourd’hui animer le débat politique national, laissant à la médiocrité tout le loisir d’imprégner des discours souvent éloignés des réalités factuelles. Pour autant, le constat est là : LREM et RN s’affrontent seuls dans une arène politique désertée faute de combattants valables ou capable de relever le niveau des débats. Le Général De Gaulle, qui avait conçu la Vème République comme l’espace de la bipolarisation de la vie politique, entre droite et gauche, imaginait alors un univers politique tiré vers le haut par des débats qui participaient à la construction sociale, économique et politique de la France. Certes, l’esprit de la Constitution de 1958 est respectée et de bipolarisation il est toujours question mais le constat est là : aucun débat actuel ne tire la République vers le haut. Pis ! Ces derniers auraient même tendance à ternir l’esprit républicain en syphonnant toute forme de débats, en escamotant toute forme d’échanges non pas volontairement mais par l’occupation d’abord opportune ensuite entretenue du vide politique laissé par des concurrents incapables. Mais une fois le constat posé, que convient-il de faire ? Les solutions sont multiples et il appartient à chacun d’avancer les siennes. Avis aux amateurs…