L’impossible équation ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union Européenne et le Mercosur renvoie en filigrane aux questions de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement dans un contexte de croissance démographique continue.

Critiqué avant même d’être validé, l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (ndlr : Mercado comùn des Sur –  Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Venezuela, Bolivie) renvoie les deux entités politiques mais plus largement encore l’Humanité à ses contradictions en matière de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement, les deux notions étant finalement intrinsèquement liées. En matière de sécurité alimentaire d’abord car avec une population mondiale de 7,7 milliards d’habitants à l’heure actuelle et qui devrait atteindre selon les projections démographiques 10 milliards en 2050 (Lire futura-sciences.com : https://www.futura-sciences.com/sante/), la question des capacités alimentaires mondiales se pose désormais avec acuité : Les ressources alimentaires mondiales seront-elles suffisantes pour nourrir l’ensemble de la planète à l’orée des années 2050-2060 ?

Effets et pesticides

Un tel accord, présenté comme tel en tous cas, l’avance et le suppose mais l’alliance entre le les pays du Mercosur (290 millions d’habitants) et l’Union européenne (512 millions d’habitants) n’est pas un accord mondial mais seulement intercontinental, il est donc limité dans ses effets et sa portée à une sphère Europe – Amérique du Sud tout en restant placé sous le sceau d’un traité essentiellement économique et commercial. (Lire lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/lunion-europeenne-et-le-mercosur-signent-un-traite-de-libre-echange-historique-1034261 ) D’aucuns argueront, et à raison, que ce traité n’a pas de vocation internationale mondiale mais qu’il conclut des négociations amorcées il y plus de vingt ans et qui trouvent ici leur épilogue. Parallèlement, cet accord est aussi porteur d’inquiétudes quant à la protection de l’environnement. Les pays du Mercosur, Brésil et Argentine en tête, grandes puissances agricoles mondiales (Le Brésil est même nommé la Ferme du Monde) ont recours à des pesticides interdits en Europe et en France en particulier. Mais si les signataires de ce traité ont affirmé que le respect en la matière, entendez la non-utilisation de pesticides interdits en Europe serait total (Le président brésilien Jair Bolsonaro ayant même redit son attachement à ce point spécifique) il n’en reste pas moins que ces deux grands pays et d’autres avec eux pratiquent une agriculture intensive lourde peu respectueuse de l’environnement au regard de l’érosion des sols engendrée, de l’épuisement prématuré de ces derniers et point non négligeable, des effets sociaux sur les populations amenées à travailler dans ses exploitations. Il serait pourtant injuste de ne critiquer que les pays du Mercosur car nombre de pays européens, France en tête pratiquent eux-aussi une agriculture intensive aux effets dévastateurs sur l’environnement. Or à l’heure du questionnement environnemental, le traité de libre-échange, sans choquer, interroge plus qu’il ne promet de résoudre les problèmes qu’il ambitionne de régler.

Ressources et protection

L’importation de produits cultivés ou élevés à l’aide de produits chimiques divers (engrais, antibiotique, organisme génétiquement modifié, insecticides, pesticides,…) reste un choix particulièrement engageant au regard des ressources et des capacités limitées de la planète. L’équation posée est pourtant extrêmement compliquée à résoudre et l’accord signé, mais pas encore validé, ne la résout, même partiellement, en rien. Au contraire, elle la contourne et l’élude alors que celle-ci n’appelle pas nécessairement un énième accord commercial mais une réflexion aboutie sur l’utilisation des ressources alimentaires mondiales, l’exploitation des sols et du bétail d’élevage. Or les projections démographiques en témoignent la population mondiale va continuer de croître, Afrique et Asie figurant parmi les continent les plus actifs. Ainsi, l’accord Union Européenne – Mercosur aussi séduisant qu’il puisse paraître est l’illustration d’une contradiction entre volonté partagée à l’échelle mondiale de protéger l’environnement et l’impérative, voire l’impérieuse, nécessité d’assurer la sécurité alimentaire de régions du monde certes consommatrices mais en recherche de vitalité économique et commerciale notamment pour les pays du Mercosur.

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