Le ministre, le pouvoir et l’argent

Si les fautes commises par l’ancien président de l’Assemblée Nationale sont patentes et inexcusables au regard de ses fonctions, s’interroger sur le fonctionnement des ministères et des fonds accordés relève désormais de la nécessité.

La démission de François de Rugy de son poste de Ministre en charge de la transition écologique apparaîtra, en tant que telle, dans quelques semaines comme un vague souvenir qui se perdra dans la torpeur de l’été. (Lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/16/le-ministre-de-la-transition-ecologique-francois-de-rugy-a-presente-sa-demission_5490012_823448.html ) Ce qui en revanche restera et marquera les esprits, c’est, outre le discrédit que les agissements de l’ex-ministre a porté à l’action écologique, le sentiment qu’en dépit de efforts voulus par le Président de la République, les pratiques de ce que l’on nomme l’ancien monde sont encore bien présentes et surtout bien ancrées dans les mœurs de ceux qui accèdent aux charges ministérielles. Et il est fort à croire qu’elle continuent de l’être tant que les responsables politiques seront dotés de moyens financiers qui échappent, non pas à tout contrôle, mais du moins à un contrôle plus strict.

Fidélité et exemplarité

Il conviendra, si le Président de la République, entend être fidèle à ses engagements, soit de surveiller au centime près les dépenses engagées par les ministres et secrétaires d’Etat, soit de totalement réformer le système de financement des ministères et de ceux qui les occupent. Car pour l’heure, l’opprobre prévaut. Et pis que tout ! La défiance ! Si le scandale De Rugy passera comme tous les scandales ayant à ce jour éclatés, la trace que celui-ci laissera dans l’opinion, déjà irritée, ne sera en rien effacée par la démission de l’ancien président de l’Assemblée Nationale. Et voilà que ressort encore la notion d’exemplarité, appelée par tous pour être l’apanage de ceux qui sont nommés à des postes sensés servir l’intérêt général. Il paraît difficile d’exiger des prétendants un certificat de moralité tout comme il est malaisé de subodorer un quelconque goût du luxe chez ces mêmes impétrants ministres. Seulement voilà, le pouvoir est souvent une drogue qui pousse certains à perdre le sens des réalités ou des responsabilités qui leur incombent. Les Hommes ne sont que des Hommes.

Pouvoir et cynisme

Triste constat mais d’une telle réalité qu’il confinerait presque au plus violent cynisme. Faillibles comme Eve devant la Pomme du Jardin d’Eden, les Hommes, pour certains en tous cas, ont du mal à résister à la tentation et à la facilité que le pouvoir confère. Il ne s’agit en rien ici d’exonérer le ministre fautif, loin s’en faut car son comportement terni plus encore une classe politique très affaiblie, mais plutôt de s’interroger sur la pertinence de notre mode de fonctionnement en la matière. Une vraie réflexion est donc à mener sur le fonctionnement de nos ministères, sur l’attribution des fonds accordés à chacun d’un, à un protocole de surveillance à appliquer…Bref ! Réformer en profondeur un système qui encore une fois a montré ses limites par les excès qu’il est capable de générer. Comment ? En soumettant les dépenses envisagées par les ministères à la représentation nationale. CE n’est qu’une idée et il y en a bien d’autres. Car ne pas engager cette réflexion relèverait du masochisme…

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