L’Union sauvée des eaux…

Si le plan de relance marque une étape fondamentale dans le processus de la construction européenne, la question de son efficacité en cas de nouvelles vagues pandémique n’est pas à exclure.

Salué par nombre d’Etats de l’Union européenne comme une avancée fondamentale vers la voie du fédéralisme, le plan de relance d’un montant de 750 milliards d’euros adopté par les vingt-sept membres marque à n’en pas douter une étape clef dans la construction européenne. D’abord, parce qu’il prouve que, confronté à l’adversité la plus lourde, ici la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques, l’Union européenne, en dépit de divergences récurrentes en son sein, a su faire face pour sauver l’espace initié en 1957. Ensuite parce que les divergences en question n’ont pas su, alors que souvent ces dernières l’ont été dans le passé, interrompre ou ralentir le processus de sauvetage. Les pays dits frugaux (L’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ) ont dû accepter la volonté de l’axe franco-allemand qui plaidait pour un plan de relance ambitieux, considéré comme à la mesure de l’enjeu, à savoir sauver l’Union européenne et l’Euro.

Reconfinement et volontarisme

Pour autant, passé le satisfecit légitime que peuvent éprouver Angela Merkel et Emmanuel Macron, se pose la question simple : ce plan sera-t-il suffisant ? La question n’a rien d’anodine car en cas de résurgence lourde et massive de l’épidémie, loin d’être enrayée à l’échelle mondiale, et la nécessité possible de reconfiner, sous des formes diverses à mêmes d’attenter au dynamisme économique des Etats, il est à craindre que ce plan ne soit qu’une étape et non une fin. Jouer ici les Cassandre confinerait à la mauvaise grâce mais la réalité sanitaire s’impose et ne peut être non plus éludée. Car tout aussi volontariste que puisse être ce plan, il reste aussi otage d’un virus encore actif. Pourtant, l’Union Européenne, d’aucuns l’ont compris, a joué via ce plan de relance, sa survie quand Emmanuel Macron jouait aussi sa potentielle réélection. Mais au-delà de considérations de politiques intérieures qui ne peuvent être totalement écartées, il apparaît aussi que le plan proposé, même partiel ou insuffisant si une deuxième vague pandémique se profilait, se veut un acte de maturité pour une entité européenne longtemps frileuse à passer à l’âge adulte.

Engagement et naissance

La création d’une dette commune par l’émission de Bons du Trésor européen à l’échelle européenne est aussi quelque part l’acceptation par les 27 membres d’un destin unique qui les engage au-delà des traités signés par le passé. C’est, comme le souligne l’historien Sylvain Kahn, la naissance d’un Etat européen (lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/idees) et ce plan dédié à résoudre les difficultés économiques à venir, dépasse sa propre dimension et sa propre vocation même si persistent encore quelques désaccords sur l’attribution exactes de fonds. (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde) Certes l’Histoire dira si le sommet européen de juillet 2020 a marqué le tournant tant décrit mais elle ne pourra pas marginaliser ou minimiser ma volonté affichée des Etats de pousser l’Union européenne vers d’autres ambitions. Reste pourtant à savoir si sans Covid-19, un tel plan aurait vu le jour. La question restera sans réponse.

Un autre tour de manège

En France, les risques de rebond de l’épidémie de Covid-19 évoqués par la communauté scientifique révèlent l’incapacité d’une population à faire preuve de sens commun tout en occultant la présence d’un virus devenue un élément constitutif du quotidien.

Alors que la communauté scientifique s’émeut devant la légèreté d’une partie de la population au regard des risques de propagation accrus du coronavirus, nombreuses sont les questions qui émergent. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete/article) Non sur la pertinence de cette émotion qui s’avère in fine être une forme de mise en garde prophylactique mais plus sur la réalité que celle-ci découvre. Ainsi, au lendemain du 11 mai, date à laquelle la France a été dans sa quasi-totalité déconfinée, pléthore de comportements insouciants, voire irresponsables, ont été relevés, tous augmentant de fait le risque de contagion. En appeler au civisme et au sens commun n’a donc visiblement pas suffit surtout dans un pays où l’indiscipline est souvent érigée en principe de fonctionnement. Oubliées les bonnes résolutions, le retour sur soi et l’introspection, l’altruisme et la solidarité…Le monde d’avant est redevenu celui d’après.

Utilité et illusion

Pourtant, le problème de fond ne se situe pas nécessairement dans la multiplication de ces comportements, certes répréhensibles et à corriger au plus tôt mais plutôt dans l’idée, fausse au demeurant, que l’Humanité a vaincu, ou sera capable de vaincre le virus, à coup de déconfinement, de progrès technologiques ou de vaccins en cours de conception. Aussi, convient-il de replacer chaque élément cité à l’aune de son utilité. Le confinement permet, ou a permis, de limiter la propagation du virus dans la population sans pour autant causer sa disparition pure et simple. Malgré le confinement, le covid-19 vit et circule encore. La technologie, celle qui accompagne notre quotidien, tout aussi performante soit-elle, ne permet en rien d’éradiquer le virus, tout au plus permet-elle de contourner sa présence. Téléphones mobiles, réseaux sociaux, internet de 5ème génération servent plus à communiquer et à échanger sur la vitesse de propagation du coronavirus qu’à lutter contre celui-ci, tous étant totalement inutiles en la matière. Quant aux vaccins, l’illusion collective qui prévaut aujourd’hui d’en disposer d’ici la fin de l’année entretient la population dans une douce mais coupable insouciance qui sera d’autant plus indigeste quand viendra l’heure d’un nouveau confinement.

Impuissance et menace

Période estivale, déconfinement, consommation et vacances tendent à occulter le fait que le coronavirus est devenu partie intégrante de notre quotidien et qu’il faudra encore composer avec lui pendant de nombreuses années, au pire jusqu’à son éradication naturelle. Faut-il ainsi comprendre que nos modes de vie seront désormais dictés par la propagation du covid-19 ? La réponse ne peut être tranchée de manière si radicale mais elle révèle aussi le fait qu’en dépit de toutes nos avancées technologiques, l’Humanité est quasi-impuissante devant un tel virus comme elle le fut au XIVème siècle lors de la Grande Peste (1346-1353) et que seule la discipline de chacun est à même d’enrayer sa propagation. La Nature sera toujours plus forte. Certes ! Mais quid de l’équation économique car c’est bien elle qui complique grandement la situation. (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux) Confinement partiel ou généralisé, mesures renforcées sous peine d’amende, adaptation des modes de production afin de limiter l’exposition au virus, généralisation du télé-travail….Autant de solutions qui ont prouvé, et prouveraient encore, leur efficacité mais qui, placées sous le sceau de la doxa économique, ne peuvent être que temporaires. Question cornélienne que pose l’émergence du coronavirus. Sommes-nous capables à l’échelle mondiale de modifier nos modes de vie et de production pour faire face à la menace… ? Si quelqu’un a la réponse….

Intérêt, ambition et ancien monde

La démission du Premier Ministre Edouard Philippe et la nomination de Jean Castex ouvrent tacitement la campagne électorale du Président de la République. Et les questions de fin de l’ancien monde, d’intérêt général et d’ambition personnelle de ressurgir.

Si le président de la République Emmanuel Macron avait voulu, officiellement du moins, mettre fin à son quinquennat, il est fort à parier que le locataire de l’Elysée ne s’y serait pas pris autrement. En nommant Jean Castex, haut fonctionnaire et fin connaisseur des rouages de l’État, le Président de la République assume clairement ses choix : expédier les affaires courantes et les réformes en cours, fussent-elles difficiles à mener, et se consacrer à sa réélection. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/idees/article) La parenthèse de Père de la Nation dans laquelle Emmanuel Macron avait tenté de se glisser, sans succès, dévissant dans les sondages au profit d’Edouard Philippe alors Premier Ministre, pendant le confinement n’aura eu qu’un temps. Pour le Président Macron, l’heure est venu de réinvestir les habits du conquérant car le pouvoir et sa conquête ne se satisfont pas de douceur. Pour autant, une fois encore, le retour à la vie civile d’Edouard Philippe, fraîchement élu maire du Havre, interroge sur la capacité du quinquennat à accélérer le temps politique. 

Rôle et sacrifice

En clôturant l’acte I de son mandat par la démission du Gouvernement d’Edouard Philippe et en ouvrant le second par la nomination de Jean Castex, Emmanuel Macron présidentialise plus encore une fonction décriée pour son omnipotence. Il n’est en rien injurieux d’affirmer, les faits le confirment, que le nouveau Premier Ministre n’aura qu’un rôle des plus mineurs pour s’achever au soir du second tour de l’élection présidentielle (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/politique-societe). De fait, la situation qui prévaut aujourd’hui tend, et c’est certainement ce qui est le plus inquiétant, à escamoter, voire à spolier, les Français d’une seconde partie de mandat active et efficace car placée à l’ombre de l’élection 2022. L’autoroute électorale qui s’ouvre devant le Président de la République, et que celui-ci compte bien emprunter, n’aura qu’une seule utilité : arriver le premier. Or la crise de la démocratie représentative que nous évoquions il y a de cela quelques jours, passe aussi par cette tendance, devenue habitude, pour les locataires de l’Elysée de sacrifier les dernières années de leur mandat au profit de leur réélection. Et de s’interroger dès lors sur le sens que ces derniers confèrent à l’intérêt général et à l’intérêt supérieur de la nation, l’un et l’autre concurrencés par l’ambition personnelle elle-même mue par le goût et l’attrait du pouvoir.

Campagne et ambition

D’aucuns auraient cependant pensé que le Président attendrait le mois de septembre pour ouvrir les feux de la campagne mais la pandémie de covid-19 a bouleversé un calendrier privé de deux mois et demi de confinement durant lesquels le temps s’est soudainement arrêté. Alors, in fine, est-ce à dire que le Président Macron aura effectivement gouverné pendant trois ans pour consacrer les deux dernières années de son mandat à une potentielle réélection confiant les clefs du pays à un haut fonctionnaire rompu aux arcanes de l’État ? Chacun est libre de le penser et de le dire. Mais il ne faut pas être grand stratège politique pour dessiner les contours de l’ambition du Président de la République, lui qui voulait depuis son élection rompre avec l’ancien monde, emploie, non sans une certaine maladresse, des méthodes qui en ont fait les beaux jours.

Une démocratie 2.0

La faiblesse du taux de participation lors du second tour des élections municipales confirme la désaffection de l’électorat pour les scrutins politique mais révèle encore plus la crise de confiance qui traverse la démocratie d’un pays pourtant attaché à son histoire libertaire.

Lassitude ? Crise du coronavirus? Ou les deux…. ? Les raisons susceptibles d’expliquer la faiblesse du taux de participation (40 % à 41 %) sont multiples et ne se cantonnent pas nécessairement à celles évoquées en préambule (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique). Depuis plusieurs années et plusieurs scrutins, la France accuse des taux de participation inquiétants qui interrogent jusqu’à la pertinence de certaines élections au regard du nombre d’électeurs mobilisés. Désormais, la réalité s’impose. Notre démocratie, et elle n’est vraisemblablement pas la seule, est malade et n’apparaît plus comme le vecteur d’expression favori d’électeurs qui nourrissent le sentiment que la chose publique, que le bien commun et l’intérêt général leur échappent au profit d’une classe politique jugée à son tour déconnectée de la réalité. D’aucuns argueront que la crise du covid-19 est en partie responsable de la faiblesse du taux constaté mais, à bien y regarder, cette pandémie et le confinement qui s’en est suivi n’ont été que des accélérateurs, y travaillant à la prise de conscience collective que le système conçu ne répondait plus aux attentes.

Menace et obsolescence

Trop d’inégalités sociales et économiques, trop de lenteurs et de blocages, trop de déclassement social ou encore trop d’impunité envers un trop grand nombre de représentants de l’État. Cette situation explosive qui se traduit d’abord dans les urnes fait naturellement le lit des populismes de tous ordres même si ces derniers ont encore du mal à franchir le plafond de verre qui le sépare du pouvoir suprême. Mais pour combien de temps ? Pour autant la menace est là et gronde à chaque élection comme un coup de semonce que beaucoup font semblant d’entendre. La démocratie, qui se veut le règne de la liberté d’expression et de pensées est pourtant aujourd’hui traversée de spasmes au fil des années de plus en plus violents. Est-ce à dire que le modèle démocratique tant vanté et tant espéré par des peuples longtemps, et pour certains encore, opprimés est devenu obsolète. (liberation.fr : https://www.liberation.fr/debats) Personne n’y songe car chacun de nous est viscéralement attaché aux libertés fondamentales que la démocratie apporte, génère et protège. Caprice d’enfants gâtés alors ? Pourquoi pas ? Mais l’excuse semble trop grossière pour être crédible. Que faire donc ? Réinventer la démocratie ? Certes. Mais comment ? Quand ? Et avec qui ? Quels seront les nouveaux contours de la démocratie 2.0 ?

Faillite et blanc-seing

Personne ne le sait surtout au sein d’une humanité qui se tourne aujourd’hui plus souvent vers les réseaux sociaux que les urnes pour s’exprimer. La faillite du politique, ici dans son sens grec de politis, est à rechercher au coeur même d’institutions qui semblent avoir déçu une majorité d’électeurs convaincus que le monde politique n’est, tout au plus, qu’un électron libre à la faible influence, dans un univers mondialisé où les individus ramenés au rang de chiffre se sentent broyés par un système qui les dépasse. Alors certes, répétons-le, l’humanité est capable du pire comme du meilleur et avancer que la démocratie est à classer dans le meilleur ne fait guère de doute et recueille l’unanimité mais unanimité ne signifie pas blanc-seing. Loin s’en faut. Peut-être serait-il alors temps de comprendre que la démocratie n’est pas un fait arrêté et immobile mais qu’elle peut-être aussi une argile fragile à travailler afin de l’amender pour en assurer la pérennité. Engoncé dans le confort facile de la contemporanéité, les sociétés occidentales, premières à se réclamer démocratiques et, à ce titre, prompte à en faire l’apologie, semblent avoir oublié de travailler à la survie de leur propre modèle.

Quand la Police perd son bon sens

La multiplication des violences policières en France interrogent sur la mission des forces de l’ordre qui ne pourront pas s’affranchir d’une réflexion sur leur rôle et le sens de celui-ci. Et l’idée d’une refondation de la Police Nationale d’émerger dans une logique de reconquête de l’universalisme républicain.

Il est des institutions, en tous cas présentées comme telles, qui ne sont en France jamais remises en cause au premier rang desquelles la Police Nationale. Elle n’est pas la seule dans ce cas là puisque l’Armée française ou l’Education Nationale jouissent du même traitement. Souvent décriée ou critiquée, a fortiori récemment, la Police Nationale apparaît pour beaucoup comme intouchable, et de là en partie les crispations à son endroit qui l’entourent dans l’opinion. Plusieurs raisons expliquent ce statut d’intouchable. Sa vocation à protéger et servir les populations et son rôle de garante de l’ordre républicain permettent à la Police Nationale de figurer parmi les institutions à part dans l’organigramme de la République. Pour autant, les dernières semaines, voire les dernières années, ont été éprouvantes pour l’institution qui dépend de la Place Beauvau. Interpellations et pratiques jugées trop musclées, dérapages verbaux, parfois xénophobes, de plusieurs policiers dans l’exercice de leurs fonctions ont atteint l’image d’exemplarité voulue par l’État. (leparisien.fr : https://www.leparisien.fr/politique)

Bouleversement et idéal républicain

Il convient donc désormais de dépasser la simple critique pour oser avancer ce qui il y a encore une trois mois, avant le bouleversement du confinement et de la pandémie de coronavirus, paraissait impensable : refonder la police. L’idée pourra être jugée saugrenue mais l’est-elle réellement ? Et avant de pousser des cris d’orfraie, il convient déjà de définir avec précision ce que l’on entend par refondation ? Les mots ont leur poids et leur sens surtout quand ces derniers conditionnent l’action de l’une des institutions les plus anciennes de France. Il est clair que la Police de Georges Clemenceau, fondateur de la police moderne en 1906 n’a rien de commun avec celle de 2021, actuellement dirigée par Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Et d’ailleurs ont-elles encore des points communs ? En se penchant sur la question, la Police Nationale de 1906, empreinte de folklore et de nostalgie dans la conscience collective, pouvait se prévaloir d’une forme de gène républicain qui semble aujourd’hui faire défaut à celle de 2021. Non que les fonctionnaires de police contemporains soient dénués d’esprit ou d’idéal républicains (latribune.fr : https://www.latribune.fr/opinions), loin s’en faut, mais à l’image de la société française, il apparaît que l’universalisme républicain qui fondait nombre de nos institutions et constituait une des bases de notre modèle social s’est étiolé au point d’en devenir banal et secondaire pour finir galvaudé alors qu’il devrait être le noyau constitutif de celui-ci.

Concorde et contestation légitime

La refondation avancée consisterait donc dans une première étape à renouer avec cet idéal républicain, fait de concorde et de bien commun. Les récentes polémiques accablant les fonctionnaires de police accusés d’inspirer la peur sont pour d’aucuns jugées comme excessives mais doivent-elles être pour autant balayées d’un revers de main…A partir du moment où une institution sensée protéger et servir une population inspire la crainte, que cette dernière soit fondée ou non, exagérée ou non, alors se pose la question du sens, du rôle et de l’image des dépositaires de l’ordre public qui ne peut accepter les excès. Cet ordre public, vanté par le Président de la République, ne peut ainsi servir, en démocratie d’autant plus, de passeport à la mise au pas d’une contestation légitime, quelle qu’elle soit, reconnue par la Constitution. Souvent employé comme fourre-tout, l’ordre républicain, apanage de la Police Nationale, est ainsi peut-être en passe de devenir l’alibi à la multiplication de violences qui interrogent. Car en République l’usage de la force, fût-il employé par la Police nationale, doit d’abord s’appuyer sur l’intérêt général et non pas la volonté de certains d’étouffer la critique. Et en cas, on ne plus prétendre vivre en démocratie.

Colbert, Ferry, le temps et l’Histoire

Entre Histoire et mémoire, les questions qui émergent aujourd’hui en France sur la prégnance du racisme et de la xénophobie renvoient à l’appréhension des modes de pensées d’un pays aux relations complexes avec son passé. Essai d’explication.

Le débat qui anime aujourd’hui la France sur l’héritage historique de la colonisation et de son corollaire raciste et xénophobe est en passe d’ébranler les certitudes d’un pays longtemps confit dans son Histoire. La patrie, mère des Droits de l’Homme, a toujours eu beaucoup de mal à digérer son passé pour de multiples raisons qui vont de la grandeur à l’égo, en passant par l’orgueil et la puissance, la honte et le déshonneur. Ainsi dans un esprit de reconnaissance, n’a-t-on pas hésité à donner le nom de Colbert à une des salles de l’Assemblée Nationale. Colbert, éminent Contrôleur général des Finances de Louis XIV mais aussi auteur du Code Noir en 1685. Dans le même temps, les écoles Jules Ferry, Paul Bert, Ferdinand Buisson, sans compter les rues, les places, les avenues…ont fleuri pendant des décennies afin d’honorer les pères de l’école républicaine tous piliers d’une République, la troisième en l’occurrence qui a porté à son paroxysme l’entreprise coloniale. Et les exemples ne manquent pas, de De Gaulle à Mitterrand…Le dilemme est des plus cornéliens. (lire lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/idees)

Lumières et mémoire

Donc, faut-il encore honorer des hommes comme Colbert, Ferry et autres figures charismatiques d’un pays à double face où se côtoient l’esprit des Lumières et les heures les plus sombres d’une nation tiraillée par les erreurs du passé ? La question ne trouvera pas de réponses ici car chacun apportera la sienne. Mais l’Histoire qui se veut une construction de faits avérés et vérifiés portent avec elle tous les aspects qui la composent, aspects jugés à l’aune de l’époque dans laquelle nous vivons. Au même titre que nôtre contemporanéité sera jugée dans des décennies par d’autres, admirateurs ou révulsés par notre mode de vie et de pensée. Ainsi, les propos de Jules Ferry sur la responsabilité des races supérieures serait-il aujourd’hui, et à raison et sans discussion possible, condamnés. Mais à la fin du XIXème siècle, ce même discours qui a alors certes ému, n’a pas entravé la marche à la colonisation ni altéré l’idée que l’Europe et l’Homme blanc se sentaient investis d’une supériorité considérée à cette époque comme fondée. Le débat actuel nous renvoie inéluctablement à ces questions essentielles d’histoire et de mémoire, les deux se disputant la primauté de la raison. L’histoire, construction de faits, et la mémoire, perception partielle, individuelle ou collective, du passé qui s’agrège dans un ensemble plus global au point de former un des éléments constructeur de l’Histoire, apparaissent comme le nœud gordien du débat qui se fait jour.

Culture et vide temporel

Evoquer Colbert et Ferry comme de grands hommes d’Etats, des promoteurs de la grandeur du pays ou artisans de la République pour le second n’est pas insultant si parallèlement sont rappelés ce que les deux hommes, entre autres figures tutélaires, ont aussi défendu comme idées qui vont aujourd’hui à l’encontre des fondements de nos sociétés. Dans un improbable et impossible bond dans le temps, Colbert et Ferry ne comprendraient rien à nos sociétés contemporaines s’ils devaient y faire un séjour. Pourquoi ? Car chaque époque défend ses propres mœurs qui par le biais de la culture, de l’éducation, du savoir…sont amendées ou combattues. Colbert et Ferry pensaient et agissaient comme des Hommes de leurs temps, confrontés aux évolutions et modes de pensée de leur propre époque dans un pays lui-aussi en construction intellectuelle. Jeter aux orties Colbert ou Ferry sans autre forme de procès reviendraient à les effacer de l’Histoire, à creuser un vide temporel qui n’aurait aucun sens car l’action ou la non-action, les erreurs ou les bienfaits de ces hommes expliquent aussi l’évolution de l’Histoire qui a continué après eux. Le Code Noir a été aboli car il avait été rédigé et la colonisation a été condamnée pour enfin cesser car elle opprimait injustement et cruellement des Hommes. Juger les Hommes du passé est une tâche ardue, difficile et complexe car si le tribunal du temps n’excuse rien, comme toute institution judiciaire, celui-ci écoute avant de condamner.

Violences visibles, violences cachées

Les manifestations visant à dénoncer les violences policières et la gangrène du racisme révèle une saturation légitime des populations à l’endroit de ces actes. Pourtant, toutes les violences ne sont pas nécessairement physiques. Explications.

Que ce soit en France, aux Etats-Unis, ou ailleurs dans le monde, les violences policières, qu’elles soient à caractère raciste, antisémite, xénophobe ou autres sont, pour qui se prétend partisan de la démocratie, proprement intolérables. Le droit que chacun possède d’exister sans la menace de subir de tels actes doit rester entier et imprescriptible. Il figure au rang des fondements de nos sociétés contemporaines et de nos civilisations. Mais passée cette évidence qui semble pourtant échapper à certains, il est aussi permis de s’interroger sur un phénomène qui, sans être nouveau, prend aujourd’hui une dimension jusque là tue ou étouffée.

Agressions et insoumission

Dire que la pandémie mondiale de covid-19 a bouleversé les modes de pensées et les mentalités apparaît peu à peu comme une évidence. Et dénoncer les violences policières, longtemps vécues comme des agressions contre lesquelles le commun des mortels ne pouvaient rien, est désormais acté : trop, c’est trop ! (Lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/societe/) L’idée que l’ordre républicain pouvait se permettre de tels égarements n’est aujourd’hui plus acceptée et ne pourra jamais être acceptable. Pourtant, au-delà de la prise de conscience de populations fatiguées de violences punies de sanctions laissant un goût souvent amer car jugées trop légères, une forme de soulèvement et d’insoumission face à l’ordre établi, voire à la raison d’État qui autorisait beaucoup, émerge dans des populations qui entendent, et à raison, faire valoir leur droit à une vie dénuée de tous préjugés menaçants. Or, les forces de l’ordre, qu’il serait faux et abusif de qualifier comme entièrement racistes et xénophobes, sont aussi des microcosmes de nos sociétés contemporaines. Tout comme ces dernières abritent des individus aux préjugés et aux propos teintés d’un racisme latent ou clairement affiché, les forces de l’ordre n’échappent pas à cette tendance, tendance qui se retrouve aussi dans d’autres strates professionnelles.

Discrimination et brutalité

Car la violence n’est pas seulement physique, elle peut aussi être portée par une idée préconçue qui fermera, par exemple, les portes d’une entreprise à une personne noire, asiatique, arabe, handicapée…Elle porte alors le nom de discrimination à l’embauche, circonvolution qui veut s’affranchir de toute brutalité mais qui n’en est pas moins dénuée car elle exclut l’individu en raison de ce qu’il est. (L’express.fr : https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management) D’aucuns se défendraient alors de faire preuve de racisme, xénophobie ou d’intolérance, arguant d’une incompatibilité du candidat pour le poste proposé. Certes la législation en France, tout du moins, a progressé, mais la réalité est tout autre. Le rapport à l’altérité, que la mondialisation, sans dénoncer celle-ci comme un bouc-émissaire facile et de circonstance, a gommé au profit d’un individualisme triomphant, apparaît ainsi comme un des grands combats que les générations futures seront amenées à mener. Est-ce à dire que toutes formes de violences basées, sur le sexe, la religion, l’appartenance ethnique ou le handicap seront bannies de nos sociétés. D’aucuns l’espèrent. Mais racisme, xénophobie et antisémitisme se nourrissent avant tout d’ignorance et de vacuité intellectuelle. Et en la matière, le chemin semble encore long.

L’heure des comptes

La sortie progressive du confinement pousse les populations mondiales à s’interroger sur la pertinence des moyens déployés pour lutter contre le virus. Légitime ou non, la question invite les dirigeants mondiaux à s’expliquer. Non sans risque.

A l’heure où se déconfinent tour à tour les différents pays du monde, pleurant leur disparus, masques sur nez et avec la crainte de subir une des pires récessions mondiales jamais enregistrée, il est fort probable que vienne désormais l’heure des comptes. Présidents et Chefs de gouvernements savent que cette étape, incontournable, ponctuera leur mandat au risque de provoquer leur chute car la démocratie ne s’embarrasse pas de sentiments ou d’affect inutiles. Seul compte le bien et l’utilité communes. Or si la crise sanitaire et le confinement ont étouffé toutes contestations, ou si faibles qu’elles étaient à peine audibles, ces dernières vont désormais rythmer les semaines et les mois à venir avec une question lancinante : pouvait-on faire autrement ? L’interrogation bien que légitime a cependant un sens limité et pourtant d’aucuns ne retiendront que sa légitimité. A tort ou à raison, la question sera tôt ou tard posée et pour être au coeur des nombreuses échéances électorales à venir.

Panorama et fracture

Pour en comprendre l’émergence, un saut dans le passé s’impose. Il n’est pas gigantesque. Il remonte à deux mois en arrière, en plein mois de mars. Quel est alors le panorama global ? Une économie mondialisée au firmament de son activité, des places boursières dans une forme éblouissante, une menace terroriste jugulée, des taux de chômage en baisse constante dans les pays les industrialisés qui font alors penser que le plein emploi est atteignable sous peu. Encore quelques efforts et l’on touchera au but ! Et puis soudain tout s’arrête. Le vide et le néant s’installent sur un monde sans bruit et sans âmes qui vivent dans les rues. La mort rôde. Vertiges en cascade et sidération de masse. Au-delà de l’envolée lyrique, une réalité s’impose. Le confinement a généré des questions, a poussé les populations à s’interroger sur elle-même, sur leur mode de vie mais aussi sur ceux qui ont été élus ou choisis pour les diriger. (lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/chroniques-de-la-presidence-trump) Alors que la fracture entre monde politique et société civile n’a cessé de s’aggraver au fil des années, présidents, chefs de gouvernements et autres ministres se sont retrouvés confrontés face à une situation inédite à laquelle, à leur décharge, ils n’avaient pas été formés. Mais pour nombre de nos concitoyens et de citoyens du monde, l’excuse de l’inexpérience et de l’inédit n’est plus valable, si tant est qu’elle le fut un jour. (Lesechos.fr :https://www.lesechos.fr/idees-debats)

Baptême et tribunal

Alors que, répétons-le, se profilent des jours sombres, l’avant covid-19 ressemblait presque à la Belle Epoque, celle qui fut ainsi nommée pour décrire les années précédents la Première Guerre mondiale en souvenir de sa prétendue douceur de vivre bien qu’elle fut aussi porteuse de difficultés oubliées a posteriori. Cette crise sanitaire, véritable baptême du feu pour nombre de dirigeants politiques, habitués à gérer des crises que l’on qualifieraient de classiques au regard de celle que nous venons de vivre, a révélé les forces d’hommes et de femmes souvent invisibles, la maladresse, la faiblesse ou l’habileté de ceux qui étaient en charge de responsabilités (lemonde.fr: https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05). Alors in fine, faut-il sacrifier sur l’autel des explications et des justifications des dirigeants pris de court ? Les urnes le diront et leurs sanctions, ou leurs assentiments, serviront de base à ceux qui un jour seraient confrontés à un tel évènement, proche ou éloigné dans sa forme, pour être ensuite à leur tour placés devant le tribunal des responsabilités et qu’émerge à nouveau la même question : comment aurions-nous pu faire autrement ?

Le temps des gourous

La popularité du chercheur Didier Raoult se mue en phénomène de société où se mêlent méfiance et admiration. Praticien pressé en mal de reconnaissance ou médecin aguerri, l’homme ne laisse pas indifférent au point de fasciner…ou d’agacer.

L’homme est passé du statut de médecin inconnu du grand public à celui de sauveur, et disons le franchement de gourou. Le professeur Raoult, si discret avant le début de la crise du coronavirus, a soudainement été élevé au rang de sauveur de l’Humanité car celui-ci prétendait, et prétend encore, détenir le médicament, la molécule miracle capable de guérir tout un chacun du covid-19 : la chloroquine. Depuis, nombre d’études, dont celle du Lancet, sont venues confirmer, infirmer ou pondérer les expériences menées par le professeur marseillais.(Lire franceinfo.fr : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie) Pour autant, l’enthousiasme, voire la ferveur presque iconique, qui entoure ce médecin charismatique à la dégaine de hippie égaré dans le XXIème siècle, n’est pas sans interroger sur le phénomène de dévotion qui nourrit l’image du praticien. Notre époque, visiblement en manque de repères, semble, pour une frange de la population en tous cas, s’être trouvée un gourou, éloigné du carcan étriqué de la recherche médicale et prêt à mettre au service du bien commun sa découverte. Didier Raoult n’est d’ailleurs pas le seul à avoir hérité de cette aura. Greta Thunberg, à sa manière, pourrait aussi très bien être affublée du titre.

Humanisme et contre-pied

Il est vrai que cette position, que d’aucuns qualifieraient d’humaniste, voire démagogique, à côté de la superpuissance des laboratoires pharmaceutiques lancés dans une course à la découverte d’un vaccin, tranche et étonne, pour ne pas dire agace. Est-ce à dire cependant que, par devers lui, le professeur Raoult incarne une forme de candeur et de désintéressement tels qu’ils poussent l’individu vers une popularité hors-norme ? Chacun apportera sa réponse à l’aune de ses convictions mais il est clair qu’il existe bien un phénomène Raoult. Entre Zorro et Jean Valjean, le professeur Raoult navigue dans les eaux troubles d’un anti-système qui séduit par sa fraîcheur, son contre-pied insolent à une communauté scientifique méfiante et une classe politique désemparée. (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique) Alors ? Gourou ou pas ? La question reste entière car devant l’ampleur de la pandémie et sa dangerosité, il conviendrait de ne pas spéculer sur quoi que ce soit, surtout pas sur les effets d’une molécule. Mais le professeur Raoult, que sa popularité ne semble pas émouvoir outre mesure, fidèle à ses convictions, illustre à sa manière une rébellion médicale qui contraste avec la doxa scientifique souvent absconse et incompréhensible pour le grand public. Et c’est peut-être là justement que se trouve le coeur du problème, l’homme a utilisé une molécule connue de longue date pour lutter contre un virus certes nouveau mais qui n’est pas invincible non plus.

Logorrhée et interrogation

Clairement, il a dédramatisé, essayé tout du moins, une crise sanitaire tout autant anxiogène de part sa nature que par le traitement politique et médiatique qui en a été proposé. Bercé par une logorrhée angoissante composé de mots forts tels que guerre, confinement, masque, contagion et autres distanciation sociale, Didier Raoult pourfendait l’atmosphère pesante et mortifère d’une crise inconnue. Se voulait-il rassurant ? Lui seul peut l’affirmer mais il est clair que ses affirmations sur les effets de la chloroquine ont ému, y compris au sommet de l’État, le président Macron se fendant courant avril d’une entrevue de près de trois heures avec l’homme providentiel. Et le Ministre de la Santé, Olivier Véran, saisissant même le Haut conseil de la Santé publique suite aux révélations du Lancet (Lire lefigaro.fr : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/) Que convient-il alors de penser de ce héros des temps modernes ? L’interrogation demeure. Une chose est certaine cependant, gourou ou pas, si Didier Raoult marche sur l’eau, transforme l’eau en vin et multiplie les petits pains, alors il aura dépassé le statut de gourou ! Quant à la chloroquine… ?

Le covid, la croissance et des questions

Entre reprise d’activité économique et réouverture des frontières, le Monde semble avoir repris le mode de fonctionnement qui prévalait avant la crise sanitaire. Mais ce réflexe interroge sur la pertinence d’une croissance porteuse de progrès et la soumission de l’Homme aux lois économiques.

D’aucuns le pensaient et le pensent certainement encore : la crise sanitaire actuelle doit être la passerelle vers un nouveau monde. La rhétorique commence pourtant à sentir le rance tant l’expression est utilisée pour tout et n’importe quoi. Mais admettons que la crise liée au covid-19 soit le moyen de passer d’un monde à un autre. Le confinement, le retour sur soi, la méditation, l’introspection, la dé-mondialisation,…bref ! Tout est prétexte à demander autre chose que ce que nous vivons depuis près de deux siècles, à savoir une course effrénée au profit, porteuse de confort et de progrès. D’ailleurs, nombre de dirigeants politiques de la planète ont appelé de leurs vœux, à commencer par le Président Macron, un changement de modèle économique, à une prise de conscience plus large et profonde des enjeux sociaux, humains et environnementaux. Certes !

Frontières et croissance

L’intention est louable mais force est de constater que la réalité est tout autre autre. Preuve en est, parmi tant d’autres, la réouverture des frontières de l’Italie aux voyageurs de l’Union européenne. La raison : le tourisme représente près de 17 % du Produit intérieur brut italien (PIB) ce qui, sans être un économiste de grand talent apparaît comme une part vitale de l’économie transalpine. En France, la réouverture des espaces touristiques (certes sous conditions) en attendant que vienne le tour des restaurants, des bars, des hôtels,…est actée car première destination touristique mondiale et pesant 7,5 milliards d’euros dans le PIB français, le tourisme fait figure de secteur vital. Et que dire de la réouverture des établissements scolaires sensée libérer les parents de leurs enfants pour mettre fin au chômage partiel indemnisé par l’Etat. En Allemagne, usines et services ont repris leur activité quand d’autres pays attendent impatiemment la date de leur déconfinement. Et la France, l’Italie ou l’Allemagne ne sont pas les seules à vouloir sauver leur économie. Le réflexe est humain et naturel mais interroge. La croissance économique est-elle aussi porteuse de progrès et de bien-être que l’on peut l’imaginer ? Un collectif d’intellectuels mobilisés depuis longtemps sur ces questions, le FAIR (Forum pour d’autres indicateurs de richesse) a jeté un pavé dans la mare pour questionner la doxa libérale (Le monde.fr : https://www.lemonde.fr/idees/article)

Main invisible et mondialisation

Ce même réflexe continue à interroger si l’on questionne l’Humanité devenue esclave de son économie et de ses impératifs alors que l’inverse devrait prévaloir. L’ancien monde, que beaucoup croyaient mis à mal par le coronavirus, est finalement en train de refaire surface, de reprendre ses droits et ses prérogatives. La main invisible décrite par Adam Smith, chantre de l’école classique économique, est sur le point d’avoir reposé son empreinte sur le quotidien. «La vie d’avant serait elle alors en train de reprendre? » s’étonnent certains. Il est encore trop tôt pour l’affirmer mais aborder la crise sanitaire comme une simple incident de parcours dans des économies intégrées pourrait aussi être un mode de pensée que certains n’écarteront pas. Ainsi et par exemple, la relocalisation des activités clefs, de certaines en tous cas, avancée par plusieurs dirigeants en réaction à la mondialisation débridée qui a privé une partie du monde de produits essentiels pendant la crise (masques, respirateurs,…) ne pourra s’effectuer avant plusieurs années qui seront autant d’espaces de négociations et de réflexions à la pertinence du débat suivi des faits. Une chose apparaît certaine à ce jour, la crise sanitaire a bouleversé un monde pétri de certitudes souvent assimilées à des principes fondateurs. (Lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/idees-debats) Reste à savoir si ce bouleversement n’était qu’une vague dans un verre d’eau, agaçante et fugace, ou un vrai bouleversement, profond et radical. Seule l’Histoire le dira… et donc le temps.