L’Union sauvée des eaux…

Si le plan de relance marque une étape fondamentale dans le processus de la construction européenne, la question de son efficacité en cas de nouvelles vagues pandémique n’est pas à exclure.

Salué par nombre d’Etats de l’Union européenne comme une avancée fondamentale vers la voie du fédéralisme, le plan de relance d’un montant de 750 milliards d’euros adopté par les vingt-sept membres marque à n’en pas douter une étape clef dans la construction européenne. D’abord, parce qu’il prouve que, confronté à l’adversité la plus lourde, ici la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques, l’Union européenne, en dépit de divergences récurrentes en son sein, a su faire face pour sauver l’espace initié en 1957. Ensuite parce que les divergences en question n’ont pas su, alors que souvent ces dernières l’ont été dans le passé, interrompre ou ralentir le processus de sauvetage. Les pays dits frugaux (L’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ) ont dû accepter la volonté de l’axe franco-allemand qui plaidait pour un plan de relance ambitieux, considéré comme à la mesure de l’enjeu, à savoir sauver l’Union européenne et l’Euro.

Reconfinement et volontarisme

Pour autant, passé le satisfecit légitime que peuvent éprouver Angela Merkel et Emmanuel Macron, se pose la question simple : ce plan sera-t-il suffisant ? La question n’a rien d’anodine car en cas de résurgence lourde et massive de l’épidémie, loin d’être enrayée à l’échelle mondiale, et la nécessité possible de reconfiner, sous des formes diverses à mêmes d’attenter au dynamisme économique des Etats, il est à craindre que ce plan ne soit qu’une étape et non une fin. Jouer ici les Cassandre confinerait à la mauvaise grâce mais la réalité sanitaire s’impose et ne peut être non plus éludée. Car tout aussi volontariste que puisse être ce plan, il reste aussi otage d’un virus encore actif. Pourtant, l’Union Européenne, d’aucuns l’ont compris, a joué via ce plan de relance, sa survie quand Emmanuel Macron jouait aussi sa potentielle réélection. Mais au-delà de considérations de politiques intérieures qui ne peuvent être totalement écartées, il apparaît aussi que le plan proposé, même partiel ou insuffisant si une deuxième vague pandémique se profilait, se veut un acte de maturité pour une entité européenne longtemps frileuse à passer à l’âge adulte.

Engagement et naissance

La création d’une dette commune par l’émission de Bons du Trésor européen à l’échelle européenne est aussi quelque part l’acceptation par les 27 membres d’un destin unique qui les engage au-delà des traités signés par le passé. C’est, comme le souligne l’historien Sylvain Kahn, la naissance d’un Etat européen (lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/idees) et ce plan dédié à résoudre les difficultés économiques à venir, dépasse sa propre dimension et sa propre vocation même si persistent encore quelques désaccords sur l’attribution exactes de fonds. (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/monde) Certes l’Histoire dira si le sommet européen de juillet 2020 a marqué le tournant tant décrit mais elle ne pourra pas marginaliser ou minimiser ma volonté affichée des Etats de pousser l’Union européenne vers d’autres ambitions. Reste pourtant à savoir si sans Covid-19, un tel plan aurait vu le jour. La question restera sans réponse.

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