Quand la Covid-19 redessine la géopolitique mondiale

Les bouleversements géopolitiques et géostratégiques mondiaux générés par la Covid-19 risquent de s’aggraver avec l’apparition des vaccins.

Devenus vulnérables et dépendants, Etats et Gouvernements se tournent vers des laboratoires pharmaceutiques investis d’un rôle salvateur qui nourrit leur omnipotence mondiale. Au point de dessiner une géostratégie et une géopolitique sanitaire. Explications.

Avec l’annonce par le Royaume-Uni de la propagation d’une nouvelle souche de coronavirus, présentée comme hautement contagieuse et à la diffusion 70 % plus rapide que la précédente, voilà que se pose désormais la question de la pertinence de la vaccination. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete/article/) Non que celle-ci soit remise en cause en tant que telle, mais au regard des vaccins développés, une interrogation émerge : ces derniers seront-ils efficaces pour lutter contre cette nouvelle souche qui reste à étudier ? Les recherches qui ont d’ores et déjà débuté livreront leurs résultats dans les jours à venir. Mais pour l’heure, ce sont sont de nouvelles lignes de force qui se dessinent depuis l’annonce de vaccins disponibles et le début de campagne de vaccination à grande échelle. Depuis l’annonce par les laboratoires Pfizer-BioNtech et Moderna de la mise à disposition de vaccins Etats et Gouvernements du monde entier se sont astreints à commander des millions de doses pour enrayer l’épidémie.

Arme diplomatique et nations désemparées

Et parallèlement d’apparaître, en marge de cette vague de commandes, une forme de géopolitique du vaccin, devenu en quelques jours une redoutable arme diplomatique et géostratégique. Plusieurs raisons expliquent cette évolution qu’il n’était pas difficile d’anticiper. La crainte suscitée par la covid-19 et les effets désormais réels sur l’économie mondiale ont poussé les Etats à se prémunir afin d’éviter un effondrement total de leur système respectif, ce qui semble une réaction des plus logiques. Pour autant, il est à craindre d’assister, en premier lieu, à une sorte de partition sanitaire d’échelle mondiale, entre les pays en mesure d’acquérir par millions des doses de vaccins et ceux qui ne le pourront pas, partition dictée par deux laboratoires d’envergure mondiale qui arbitreront leur activité en fonction de la capacité des Etats à honorer leurs engagements financiers. Car l’industrie pharmaceutique, qui n’a pas échappé à la mondialisation, réagit, à l’image de n’importe quel secteur industriel, en fonction de l’offre et de la demande et pourrait utiliser cette crise sanitaire à rebonds comme un moyen supplémentaire d’asseoir sa puissance face à des nations désemparées, prêtes à tout, mais en fonction de leurs moyens respectifs, pour s’équiper de vaccins. Il suffit pour s’imprégner de la dimension économique de cette réalité de se remémorer les bonds réalisés par les Bourses mondiales à l’annonce de la mise des vaccins sur le marché.

Vaccins développés et vulnérabilité

Sauf que cette omnipotence pourrait peut-être se se heurter sur l’apparition d’une nouvelle souche dont on ne sait à l’heure actuelle si elle sera sensible aux vaccins développés. A vrai dire, la question n’est pas nécessairement pertinente car les recherches engagées seront à même, à court ou moyen terme, en mesure d’avancer une ou plusieurs solutions pour enrayer l’épidémie (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/idees-debats). En revanche, la vulnérabilité des Etats face à cette crise sanitaire pourrait aller crescendo, se rendant de fait de plus en plus dépendants d’une industrie pharmaceutique souvent décriée pour son opacité, son goût du lucre et sa puissance financière. Cette crise sanitaire, qui n’a rien d’inédite au regard de l’Histoire, renvoie toutefois l’Humanité, une partie à tout le moins, à sa fragilité et sa vulnérabilité intrinsèques en dépit du confort matériel dont elle dispose, mais aussi à sa dépendance à des ensembles non-étatiques, ici les laboratoires pharmaceutiques, qui pourraient dans les années à venir, avec le risque de voir apparaître de nouvelles épidémies, prendre un poids considérable et acquérir une influence considérable. Et ainsi de renforcer la dimension géostratégique que sous-entend cette crise sanitaire, enfant de la mondialisation. Véritable Hydre de Lerne, la crise sanitaire qui étreint la planète est ainsi en train de nourrir la mondialisation par les flux économiques qu’elle entrave mais qu’elle génère aussi tout en cultivant les inégalités.

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