D’un problème à l’autre ?

Si le Brexit a longtemps occupé l’esprit des Européens, il a aussi occulté les difficultés et les incompréhensions entre Bruxelles et certains pays de l’Est peu disposés à respecter les principes fondamentaux de l’Union. Explication.

Il faudra donc désormais penser à vingt-sept et non plus à vingt-huit comme ce fut le cas jusqu’alors. L’Union européenne se retrouve aujourd’hui libérée du Royaume-Uni, entré dans la Communauté économique européenne en 1972 pour mettre fin à la crise économique qui le frappait pour quitter l’Union européenne au 1er janvier 2021, tenaillé par une autre crise économique….Ironie de l’Histoire que cet avatar britannique. Londres avait voulu entrer dans le Marché commun car elle jugeait profitable à son économie les échanges qui l’animait et la quitte car elle considère depuis de nombreuses années que les règles qui les conditionnent sont devenues trop strictes. Pour autant, il n’est pas question ici de revenir sur les raisons qui ont motivé le Royaume-Uni à sortir de l’Union européenne mais plutôt de s’intéresser à ce que deviendront les vingt-sept et comment ces derniers s’inventeront une nouvelle vie. Or si d’aucuns songeaient que le départ du Royaume-Uni soulagerait l’Union européenne, ce qui n’était d’ailleurs pas dénué de fondement au regard des négociations acharnées qui ont longtemps prévalu entre Londres et Bruxelles, beaucoup réalisent aussi que d’autres problèmes se poseront dans les années, voire les mois à venir. La question britannique réglée, le quatuor est-européen composé de la Pologne, de la Hongrie, de la République tchèque et de la Slovaquie (rtbf.be : https://www.rtbf.be/info) pourrait ainsi rapidement s’inviter au menu des difficultés à surmonter par l’Union pour assurer sa cohésion et son fonctionnement.

Mécanique et crise sanitaire

Car a contrario du Royaume-Uni qui souhaitait rompre ses liens avec l’Union au prétexte de règles économiques jugées trop contraignantes, les nations précédemment citées se sont habilement fondues dans la mécanique européenne pour en devenir aujourd’hui, sinon des poids lourds, du moins des pays attentifs à la défense de leurs intérêts, propres ou communs, et n’ont aucunement l’intention de quitter un ensemble économique et diplomatique qu’elles ont longtemps voulu intégrer. Pour autant, ce n’est pas tant l’aspect économique qui pose à ce jour de réelles difficultés à Bruxelles mais le caractère assez autoritaire que ces nations présentent et ce en totale contradiction avec les principes fondamentaux défendus par les différents Traités européens (Rome, Maastricht, Nice et Lisbonne). Et, nouvelle ironie de l’Histoire, alors que les Européens n’ont jamais réellement compris les raisons qui ont poussé les Britanniques à quitter l’Union, les années à venir pourraient voir ces mêmes Européens en avancer d’autres pour que les trublions est-européens se dirigent vers la sortie. (vie-publique.fr : https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/) Peu probable à ce jour au regard de la crise sanitaire mondiale qui est venue perturber le quotidien des Etats, la question du renvoi de certains pays incompatibles avec les principes européens pourrait émerger si l’Union ne parvenait pas à raisonner les nations les plus exigeantes ou radicales telles que la Pologne ou la Hongrie. Ces nations est-européennes, placées sous le joug de l’Union soviétique depuis 1945 jusqu’en 1989 ont traversé de longues années de crise économique et sociale avant d’intégrer l’Union européenne en 2004 qui leur apparaissait comme un eldorado doublé d’une bouée de sauvetage.

Accélérateur et modus vivendi

Mais presque cinquante ans de communisme avaient forgé des réflexes et des habitudes pour certaines à l’opposé du fonctionnement ouest-européen. Et l’accélérateur de tensions que représente la crise du coronavirus, les incidences économiques à venir et les potentiels replis identitaires qui pourraient se faire jour par peur de l’inconnu ou de la perte d’influence ou de puissance, réelle ou supposée, sont autant de facteurs à même d’exacerber les frictions existantes entre Budapest, Varsovie, Prague, Ljubljana et Bruxelles. Pour l’heure, les incompréhensions qui se sont faites jour ont toujours été levées au profit d’un modus vivendi dont tous les acteurs ont su se contenter. Certes. Mais pour combien de temps ? L’exemple britannique qui a aussi mis en évidence les limites de l’Union européenne en dépit d’un accord globalement favorable à Bruxelles laissera des traces dans l’histoire de l’Union. Or, les incompréhensions actuelles, tues sous couvert d’arrangements de circonstances, sont toujours à même de ressurgir et de mettre l’Union face à ses responsabilités : Faire preuve de rigidité en renvoyant des pays incompatibles avec les fondamentaux européens ; éviter la crise en les conservant mais en perdant aussi une forme de crédibilité. Il ne reste donc plus qu’à attendre que se joue l’histoire…

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