Le conflit américano-iranien a réveillé l’urgence d’engager un processus d’électrification massif des économies contemporaines et ce afin de s’extraire de la dépendance aux énergies fossiles. Mais si l’intention est louable et impérieuse, elle appelle de lourds investissements et beaucoup de temps.
La crise et le choc pétroliers liés au conflit américano-iranien et le blocage du détroit d’Ormuz, conséquence de l’affrontement cité ci-dessus, aura eu pour effet quasi-immédiat de relancer le débat sur la dépendance énergétique de la planète à l’or noir. Alors que le prix du baril de pétrole s’envole tous les jours un peu plus vers des sommets qui deviennent difficilement soutenables, d’aucuns relancent donc l’idée d’une électrification massive de pans entier de l’économie. L’idée n’est pas nouvelle car elle renvoie aussi aux enjeux du réchauffement climatique où les gaz à effet de serre jouent un rôle fondamental. Alors électrifier oui mais dans quels délais et à quel coût ? Car il est fort à croire que le conflit américano-iranien aura pris fin avant que les processus de transition massif et globaux ne soient achevés, voire amorcés.
Electricité de masse
Certes, il convient dans ce genre de projet de nourrir une vision à long terme car les soubresauts que connaissent le Moyen-Orient aujourd’hui seront très probablement récurrents tels qu’ils le sont depuis presque 80 ans désormais. Pour autant, si réduire la place des énergies fossiles dans les économies contemporaines est louable et impérieux, elle a aussi un effet qu’il convient dès à présent d’aborder, à savoir comment produire de l’électricité en masse ? La réponse se situe dans la multiplication des centrales nucléaires et leur cortège de déchets radioactifs (ndlr : Le césium 137 perd 50 % de sa radioactivité en 30 ans et 99,9 % en 300 ans). A ce jour, les solutions alternatives, telles que les panneaux photovoltaïques, les solutions hydro-électriques ou éoliennes, certes efficaces ne peuvent cependant pas constituer un substitut pérenne et adaptable pour l’ensemble de l’Humanité sauf à s’y consacrer pleinement à l’échelle mondiale et ce dès maintenant. Mais en analysant au plus près nos économies respectives, l’on note que ces dernières ont été conçues autour de l’utilisation des énergies fossiles lourdes (gaz, charbon, pétrole) et que toute transition générerait des effets secondaires sur l’emploi, la compétitivité et la productivité des économies en question. Le seul secteur de l’automobile, dont les ventes de voitures électriques ont bondi depuis le début de la crise, reste, en dépit de ses efforts (Le parc mondial de voitures électriques mondial a atteint 74,3 millions d’unités fin 2025, la Chine concentrant 60 % du parc mondial), est encore articulé autour de voitures à énergies fossiles (essence ou diesel). Le défi reste donc entier et ce même si le conflit actuel imprime à l’agenda de la transition une urgence salutaire mais qu’il faut aussi confronter à la réalité, l’électrification des économies contemporaines, impératives certes, ne pourra s’engager que pas à pas et donc dans le temps long. Presque indépendamment du conflit actuel qui n’est que temporaire alors que l’urgence d’électrification s’avère pressante.