Exubérante Amérique du Sud…

L’instabilité quasi-chronique du continent sud-américain irrite Europe et Etats-Unis à la recherche de partenaires économiques et diplomatiques posés. Mais l’ADN du continent entrave ce vœu au point de pousser les deux acteurs à s’éloigner des remous actuels.

Rares sont ceux qui en Europe, hormis quelques spécialistes, géographes ou historiens, s’intéressent aux soubresauts qui agitent le continent sud-américain. A tort certainement car devant les remous traversés par l’Argentine et le Brésil, deux poids lourds continentaux, voire mondiaux, le Venezuela et désormais la Bolivie, l’Europe devrait prendre le temps d’évaluer le pouls de ce continent riche de potentiels. Longtemps placée dans le giron des Etats-Unis, le continent sud-américain s’est progressivement affranchi de la tutelle de son puissant voisin pour devenir un acteur plein et entier du monde contemporain. Naturellement, les liens qui unissent l’Europe à l’Amérique du Sud sont moins nombreux que ceux qui unissent le dit continent avec les Etats-Unis ou avec l’Alena (Alliance économique entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique) mais l’agitation du continent n’est pas de bonne augure pour l’économie mondiale en particulier.

Guerre commerciale et ADN

Les blocages et les tensions politiques actuelles internes aux pays qui composent le continent risquent fort à court ou moyen terme de compromettre les relations commerciales à venir, ces dernières étant souvent conditionnées par l’état politique des pays concernés. Et dans un contexte de ralentissement économique mondial, de campagne présidentielle nord-américaine et de guerre commerciale larvée entre Chine et Etats-Unis, l’agitation sud-américaine vient s’ajouter aux inquiétudes naissantes. Continent au comportement manichéen, capable de passer d’une croissance économique hors normes à la dépression économique la plus profonde, l’Amérique du Sud s’avère un partenaire économique et diplomatique capricieux et inconstant, autant de défauts qui, dans un monde où les alliances internationales peuvent se révéler précieuses, altèrent et irritent des économies européennes ou nord américaines en quête de stabilité. Et il sera difficile, voire impossible de canaliser un continent dont l’ADN reste fondamentalement imprégné de ce trait de caractère impétueux et imprévisible, qui constitue les pays d’Amérique du Sud.

Instabilité et handicap

Les Etats-Unis qui avaient longtemps fait de l’Amérique de Sud leur chasse gardée regardent désormais le continent avec un œil plus détaché sans pour autant sans s’en désintéresser totalement, le Mexique frontalier servant de zone tampon bienvenue pour une administration Trump arc-boutée sur la question migratoire. Vue d’Europe, l’instabilité chronique de l’Amérique du Sud-américain, dans un premier temps folklorique, est, passé l’aspect cocasse, perçue comme un vrai handicap économique et diplomatique qui pourrait à terme pousser les partenaires européens à s’éloigner de l’Amérique du Sud. Pour l’heure, il convient d’attendre que la nouvelle crise bolivienne avec le départ du président d’Evo Morales, la libération de l’ancien président brésilien Lula, l’impasse vénézuélienne qui oppose Nicolà Maduro à Juan Guaido et les récentes élections présidentielles argentines épiques et mouvementées ont achevé le portait d’un continent atypique dans un monde appelle de ses vœux à une longue et paisible stabilité.

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