Capacités d’adaptation

L’attentat perpétré par un français d’origine tchétchène confirme la capacité de l’Etat islamique à s’adapter à notre vigilance en étant capable de frapper n’importe où, à toute heure et via des individus parfois peu immergés dans les réseaux terroristes.

Les raisons ultimes susceptibles d’expliquer le geste de Khamzat Azimov resteront vraisemblablement inconnues et ce même si la revendication par l’Etat islamique de l’attentat qui a ensanglanté Paris le 12 mai se suffisent à elles-mêmes pour expliquer son acte par ailleurs appuyé par l’allégeance de l’agresseur à l’Etat islamique. Pour autant le geste de cet individu, certes fiché S, interroge non sur l’efficacité du dispositif ou sur le suivi accordé à celles et ceux qui figurent dans le fichier national, mais sur les moyens alloués à l’anti-terrorisme. Il n’est pas ici question d’ouvrir un procès à l’endroit des autorités en charge de la sécurité intérieure, procès gratuit qui n’aurait aucun sens et tournerait rapidement à une polémique aussi stérile qu’infondée. Un constat préventif s’impose cependant. Au regard du nombre d’attentats déjoués sur le territoire (78 projets ont été déjoués sur le territoire français depuis 2013* – voir ci-dessous), il serait faux, voire idiot, de crier à l’inefficacité des services de renseignements ou de police. (Lire l’article sur lemonde.fr : Cibles, auteurs…, radiographie des 78 projets d’attentat recensés en France depuis 2013 ) Mais une autre réalité s’impose aussi : il est impossible de placer un agent des forces de l’ordre derrière chaque fiché S. Manque de moyens et de personnels, possible atteinte à la liberté individuelle et de mouvement expliquent cette évidence qui, en outre, ne serait pas nécessairement la solution.

Protéiforme et adaptation

Car à ce jour, la menace terroriste devenue protéiforme, peut, preuve en est avec Khamzat Azimov, faire appel ou se servir d’individus des plus discrets et dont l’implication dans logique terroriste était jusqu’alors minime voire nulle. C’est bien là la difficulté du combat contre le terrorisme que mènent nombre de pays : son caractère totalement imprévisible, aveugle et inconscient. Certes, répétons-le, nombre d’attentats ont été déjoués en France et dans le monde. Mais combien sont actuellement en préparation, attentats dont les services de renseignements internationaux ne sont pas encore informés car fomentés en dehors des circuits traditionnels ou des réseaux identifiés ? Loin d’être sots, les auteurs d’attentats ont eux aussi appris des services de renseignements et savent désormais, sinon les induire en erreur du moins déjouer leur vigilance ou bien suffisamment brouiller les pistes pour ralentir leur intervention. Khamzat Azimov, qui ne présentait en rien un profil particulièrement dangereux, a pourtant commis l’irréparable. Lorsque l’Etat islamique régnait en maître au Moyen Orient, en Syrie et en Irak, aussi violentes que pouvaient être les actions, ces dernières étaient géo-localisables dans leurs origines. Désormais, avec la disparition de l’Etat islamique, il sera de plus en plus difficile de localiser non pas les auteurs mais l’espace de tensions où se fomentent les attentats car cet espace aura pris une dimension mondiale et secrète. Faudra-t-il alors se méfier de tout et de n’importe quoi ? Non ! Naturellement ! Mais il faudra garder à l’esprit encore longtemps que la menace somnolente est à même de se réveiller à tout moment car ceux qui en sont les auteurs ont su s’adapter à notre vigilance.

*Source : Lemonde.fr – 30.03.2018

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