Incendie d’automne

Après un été brûlant et aride, l’exécutif sait devoir affronter une salve de critiques portant sur le pouvoir d’achat et l’urgence climatique. Mais ce sont surtout les effets de la nouvelle méthode vantée lors de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron qui sont attendus.

La rentrée s’annonce chargée. Entre la grogne des enseignants, un pouvoir d’achat rogné par la hausse du coût de l’énergie, les effets de la sécheresse sur l’activité agricole et les instabilités géopolitiques, le Gouvernement et le Président de la République se préparent à un automne agité. Passé un été de gestion de crise climatique lié aux différents épisodes de canicules et incendies parallèles, voilà que se dessine le temps de l’action et des décisions. Brocardé pour avoir été élu par défaut et de ne pas avoir su donner dans les premiers jours, voire premières semaines de son mandat, une ligne d’action claire, Emmanuel Macron est désormais au pied du mur avec l’obligation d’agir, sommé d’agir vite. Et bien qui plus est ! La situation du pays, tant du point de vue social, économique et environnemental le commande au plus haut point. C’en est maintenant fini des atermoiements, des virées estivales en jet-ski sur la Grande bleue ou des déclarations sur la fin de l’abondance qui n’ont eu pour effet que de remonter une opinion déjà irritée.

Nouvelle méthode

Si le Gouvernement d’Elisabeth Borne a déjà effectué sa rentrée avec plusieurs annonces concernant l’inflation, les super profits et l’environnement pour ne citer que les plus emblématiques, tous, Gouvernement compris, attendent que le Président réélu au printemps imprime sa marque par la nouvelle méthode tant vantée lors de la campagne présidentielle. C’est d’ailleurs le nœud gordien de ce nouveau quinquennat, à savoir, y-a-t-il matière à une nouvelle méthode dans un pays, en dépit des différents actes de décentralisation, qui reste fondamentalement jacobin ? Concrètement, accusé par certains d’être trop jupitérien dans sa pratique au cours de son premier mandat, le Président de la République est invité à faire preuve de plus d’humilité et de rondeur dans son style au cours du second. Il lui reste encore de nombreux mois pour s’y astreindre mais cette astreinte ne vaut en rien obligation car, comme le précise la Constitution, le Président réélu ne pourra pas se représenter pour un troisième mandat. L’humilité pourrait cependant être fort utile au Gouvernement qui, à l’Assemblée Nationale, marche sur des œufs, ne pouvant s’appuyer que sur une majorité relative et des alliances de circonstances à bien soupeser avant d’être conclues au risque de voir la rue s’enflammer. D’un été brûlant et aride, l’exécutif n’aura vraisemblablement aucun répit en ouvrant une séquence automnale qui pourrait s’avérer encore plus chaude. Les oppositions, qu’elles soient de droite ou de gauche, attendent l’ouverture des travaux parlementaires début octobre afin, et c’est leur rôle et leur raison d’être, de tirer à boulet rouge sur la politique du gouvernement et ainsi poursuivre la dynamique engagée après la réélection d’Emmanuel Macron. Est-ce à dire que le quinquennat sera composé d’une suite sans fin de confrontations entre majorité et oppositions ? Pour autant, ces confrontations, calmées par la pause estivale qui n’en fut pas réellement une car elle a permis de mesurer combien le réchauffement climatique altérait la France loin d’être prête pour le gérer dans les années à venir, promettent d’être des plus violentes. Un incendie de plus à éteindre.

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