Penser l’après-guerre

Si le conflit en Ukraine a révélé une forme de dépendance de l’Occident à la Russie, se pose désormais la question de l’après-conflit qui sera conditionné par deux options : La rupture définitive ou la normalisation. Mais quid de Vladimir Poutine ?

Après après six semaines de guerre, il apparaît désormais que le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine pourrait sans mal s’éterniser pendant des mois voire des années. Scénario que nombre de pays occidentaux, à commencer par les capitales européennes peinent à imaginer mais qui semble pourtant d’une actualité brûlante. Quelque peu escamoté en France par la campagne électorale liée à l’élection présidentielle, le conflit n’en reste pas moins présent dans le quotidien de tous, à commencer par celui des Ukrainiens. Mais au chapitre des conséquences, outre l’étiolement progressif des relations diplomatiques entre Europe de l’Ouest et la Russie, ce sont surtout les effets à long terme qui inquiètent nombre de gouvernements. Si la crise de l’énergie, qui n’avait pas attendu le conflit pour se déclarer mais qui a utilisé celui-ci pour se démultiplier, reste prégnante et au rang des premières préoccupations, la question des équilibres économiques au sein du continent n’est pas neutre. Toute indésirable qu’elle soit devenue, la Russie a longtemps été un partenaire économique sinon majeur du moins non négligeable pour de nombreuses entreprises ou pays occidentaux.

Dépendance et rupture

Des enseignes telles que Renault, Leroy Merlin et autres Décathlon pour ne citer qu’elles avaient consenti à de lourds investissements dans un pays réputé difficile d’accès. Or, si les voies d’accès au marché russe sont désormais fermées, nul ne sait pour combien de temps elles le resteront et si elles sont amenées à rouvrir un jour. Le conflit ukrainien a ainsi révélé, non pas une dépendance de l’Occident à la Russie mais a mis en lumière tous les réseaux économiques et financiers qui passaient ou partaient d’elle. Et ne parlons pas de celles et ceux qui au lendemain de l’invasion russe ont démissionné de leur poste au sein de divers conseils d’administration de sociétés russes. De fait, deux solutions s’imposent à ce jour. La première est de progressivement rompre toute relation économique avec la Russie pendant et après le conflit afin de marquer notre désaccord avec la guerre en cours et accessoirement contribuer à l’asphyxie de l’économie russe. Deuxième option, imaginer un après-conflit qui sera marqué par un retour à des relations diplomatiques et économiques normales ou en voie de normalisation avec un pays qui, quoi que l’on puisse en penser, joue un rôle sur la scène économique européenne et mondiale, ne serait-ce que du point de vue énergétique.

Jeu politique et diplomatique

Le dilemme est entier et n’est pas nécessairement prêt d’être tranché car toute décision aurait à son tour son lot de conséquences à assumer en terme sociaux et économiques. Pour autant, avant que n’arrive cette question, émerge une autre problématique : Que faire de Vladimir Poutine ? Tenter de le destituer ? L’écarter du jeu politique et diplomatique ? Conditionner la normalisation des relations d’après-conflit à son départ ? Les questions sont multiples et sont toutes liées au retrait des forces russes d’Ukraine et à la cessation immédiate des combats, ce qui pour l’heure ne semble pas être le cas. Le maître du Kremlin ne semble pas enclin à quitter ses fonctions et continue, toute outrecuidance passée, à narguer les Européens et les Occidentaux. De manière générale, le conflit ukrainien a mis en évidence toutes les contradictions et les réalités, parfois tues ou simplement ignorées, qui unissaient et unissent encore aujourd’hui l’Europe de l’Ouest à la Russie et qui expliquent cette forme de prudence ou de retenue face à Moscou. Car si un conflit armé est une solution radicale ici à un pseudo-désaccord entre la Russie et l’Ukraine, les conséquences ou les réalités qui l’entourent sont elles bien plus complexes. Et les Européens de l’Ouest sont en train, sinon de le comprendre, du moins d’en éprouver les effets.

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