Emmanuel Macron, essai de définition

Qu’est-ce que le macronisme ? Sujet d’interrogation qui ne laisse pas sans questionner quidams et politologues dans un monde bouleversé et en manque de repères. Et si justement, le macronisme était le fruit de l’absence de vision.

D’aucuns s’y sont essayés et d’autres certainement chercheront encore à le cerner. Certes. Mais quoi ? Cette interrogation qui dépasse tous les clivages politiques et qui les annihile en même temps porte sur la définition du macronisme. Il est fort à parier que dans les années à venir, la question agitera encore les sphères d’historiens et de politologues tant l’instant Macron a déstabilisé et bouleversé le jeu politique français et européen. Inattendu dans son élection, insaisissable dans la couleur de son action à la tête de l’Etat, à la fois libéral et social, (Lire l’article sur lopinion.fr : https://www.lopinion.fr/dossier/edito/qu-est-que-macronisme-140458 ) démocrate et parfois terriblement vertical dans la mise en place des réformes souhaitées, Emmanuel Macron détonne car il semble avancer avec assurance et certitude sans pour autant s’appuyer sur un corpus idéologique précis, hérité ou inventé. Et si le macronisme ce n’était pas cela finalement…? Ou que cela ? Cette capacité à diriger l’Etat sans référence particulière à une histoire politique définie, certes rassurante pour certains mais visiblement encombrante pour d’autres et pour lui en premier lieu.

Etat-Providence et survivance

Si ces prédécesseurs avaient tous, peu ou prou, comme ambition impérieuse de protéger l’Etat-Providence qui est le nôtre, Emmanuel Macron, sans balayer cette nécessité, ne semble pas obsédé par cette contrainte qu’il perçoit plus comme un avatar que comme une obligation. Cet ovni politique, venu de nulle part et sorti de sa boîte comme un beau diable, a fait le deuil des idéologies passées jugées trop lourdes et peu efficaces. Et dans un pays comme la France, pétri de convictions, qui sont plus souvent articulées autour de préjugés ancestraux qu’autre chose, ces héritages idéologiques, pourtant brocardés et critiqués, à tort ou à raison, sans être plébiscités par les électeurs, apparaissent pourtant comme des repères, des bouées au-delà desquelles il convient de ne pas naviguer. L’admonestation de mesures fiscales lourdes a ainsi provoqué la colère des Gilets Jaunes, preuve que la verticalité de la décision n’est pas une manière de gouverner. Pour autant, l’absence de colonne vertébrale supposée à la politique engagée par Emmanuel Macron pourrait cependant poser les bases d’un nouveau mode de gouvernance. (Voir l’article sur franceinter.fr : https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique) Entre pragmatisme et réalisme, loin des canons idéologiques, que le temps et la pratique ont transformé en substrat plus qu’en racines, le président Macron trace un nouvelle route, évidente pour certains, illisible (pour une grande majorité) pour d’autres dans un univers social en pleine déréliction. Le règne de la médiocrité et de la superficialité ont ainsi, et aussi, permis l’émergence d’Emmanuel Macron, l’homme apparaissant comme un recours ou un opportuniste capable de s’immiscer dans les entrelacs d’une société peut-être plus préoccupée par le programme télévisé ou les dernières vidéos postées sur Youtube que par l’avenir du pays et de l’Europe.

Méfiance et négatif

Est-ce répréhensible ? Non naturellement mais est-ce à dire que les Français ont hérité du président qu’ils méritent…Rien n’empêche de le penser mais le macronisme que l’on peine tant à définir trouve aussi peut-être ses racines dans l’étiolement d’une société en manque de repères et de boussoles. Il suffit pour s’en convaincre de s’arrêter un instant sur les taux de participation aux différents scrutins qui révèlent tous un réel désintérêt des Français pour la politique et une vraie, et inquiétante, méfiance à l’endroit du personnel politique. Que la France souffre d’une profonde crise de sa démocratie représentative n’est plus un scoop ! L’idée a tellement été (et une fois encore ici) avancée qu’elle en perd toute sa pertinence et son originalité mais elle n’en reste pas moins empreinte de véracité. Or l’inertie coupable et teintée de confort qui est la nôtre est aussi quelque part responsable de l’élection d’Emmanuel Macron. Lui a su exploiter les atermoiements des politiques passées et la méfiance du corps électoral. Et l’absence de vision globale de ses concurrents a servi son ascension sans le contraindre à poser une dessein clair. Aussi, et concluons ainsi, le macronisme semble aujourd’hui plus s’écrire par défaut que par impression, par manque plus que par abondance, comme si celui-ci était le négatif d’un positif passé et jauni.

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