L’ours et le retour de bâton

L’arrivée incongrue d’ours polaires dans l’archipel de Nouvelle Zemble interroge une fois encore sur les effets du réchauffement climatique mais elle met aussi en évidence l’inconscience et la vanité de l’être humain face à une nature qu’il a toujours cru pouvoir asservir.

L’information serait presque passée inaperçue si elle ne révélait pas une réalité climatique que nombre d’entre nous peinent à appréhender et ce pour de multiples raisons. Mais l’invasion massive d’ours polaires sur les îles de l’archipel de Nouvelle Zemble, situé dans la Mer de Barents (Russie), témoignent, s’il fallait encore accumuler de nouvelles preuves, que le changement climatique n’est plus une hypothèse mais une réalité (Lire l’article sur le monde.fr : https://www.lemonde.fr/climat/article). Inutile ici de revenir sur les problèmes posés par l’arrivée de ces mammifères marins, attirés par les déchets alimentaires humains alors que leurs ressources naturelles tendent désormais à ce réduire de manière drastique. Cruelle évidence que cette invasion met en lumière : la surpêche qui altère gravement les réserve de poissons tend ainsi à réduire le nombre de phoques qui constituent la base de l’alimentation des ours polaires qui par effet de dominos se lancent à la recherche de nouvelles ressources. Il en est de même, et dans un autre registre, pour ce qui est de la disparition progressive des insectes dont l’éradication génère une altération tout aussi inquiétante des populations d’oiseaux et, pis que tous, pourrait à terme menacer les processus de pollinisation des plantes à fruits, les abeilles étant le symbole de cette disparition.

Atermoiements et accident

Il convient dès lors de se pencher sur les responsables de cette faillite écologique. Ils ne sont pas difficiles à identifier : nous tous. Plus scientifiquement, l’Homme. Foin d’atermoiements ou de justifications toutes plus vides les unes que les autres pour expliquer les agissements d’un mammifère, qui se prétend le plus doué de tous, mu par l’idée que son intelligence lui permettait de domestiquer la nature. Rêve fou, tout aussi fou que celui d’arrêter la course du soleil. Infernale machine biologique, l’Homme n’a eu de cesse depuis des siècles désormais de bâtir son confort sur les ressources naturelles que la Terre a mis à sa disposition sans imaginer, sauf quelques uns d’entre nous longtemps considérés comme des illuminés ou des iconoclastes, que la Terre en question n’était en rien inépuisable. Portés par un ego surdimensionné, nous avons abusé des facilités que la planète nous offrait pour constater aujourd’hui les bras ballants que des espèces animales sont clairement menacées de disparition quand d’autres ont définitivement disparu. Et si alerter et prévenir des dangers que présentent nos comportements est un premier pas salvateur, suivi obligatoirement d’actes à l’échelle mondiale et non plus régionale, actes certes louables mais aussi inutiles que méritoires s’ils devaient rester ponctuels et localisés, l’Homme doit aussi se souvenir que sa présence sur Terre est un accident de l’Histoire biologique de la planète. Rien à l’origine ne prédisposait l’humain à survivre dans un milieu brutal. Sa survie, fruit de sa capacité d’adaptation, lui a inconsciemment instillé l’idée qu’il pouvait alors exploiter son milieu d’évolution sans avoir à s’en remettre à lui. Or il apparaît aujourd’hui que Dame Nature est fatiguée et excédée des abus commis par l’Humanité à son endroit. Et il faudra clairement admettre, sans tarder, que le combat contre un milieu que nous pensions dominer, est perdu car rien ne peut entraver l’Evolution.

Intelligence et Evolution

A force de prétention et de vanité, l’Homme, parvenu biologique, s’est imaginé représenter la forme aboutie de toute vie terrestre. Erreur considérable, au regard des conséquences à supporter aujourd’hui car si tel était le cas, son intelligence l’aurait conduit à maîtriser son développement, à freiner ses ambitions certes naturelles mais incompatibles avec un milieu hier soi-disant maté, aujourd’hui en rébellion contre ceux qui le martyrisent. La disparition des espèces (mammifères, insectes, poissons,…) n’est que le préambule à un chapitre final qui verra l’acteur du film de l’Evolution, l’Homme, être la dernière victime. Il est certainement encore temps d’agir. D’autres dans les années soixante-dix, René Dumont, candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974 avait alerté sur les risques que la planète courrait. Le Club de Rome, en 1972 aussi, avait alerté sur l’impossibilité d’une croissance économique continue (ndlr : Rapport Meadows), basée sur une surexploitation des ressources naturelles (Lire l’article sur wikipedia.org : https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome). Rares ont été ceux à les entendre ou vouloir les entendre…Initiatives isolées qui sont à l’origine de la victoire culturelle et actuelle des écologistes et des défenseurs de l’environnement remportée non sans mal après des décennies de lutte. Mais cette prise de conscience, heureuse et bienvenue, ne résoudra en rien l’avenir des ours polaires de Nouvelle Zemble, comme nous, condamnés à disparaître du fait de notre ignorance, notre vanité et notre égoïsme.

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