Septembre noir

A l’heure où sonne la rentrée, rien ne laisse augurer d’issues favorables en Iran ou en Ukraine. La politique étrangère des Etats-Unis, plus illisible que jamais, contribuant pour beaucoup à cette réalité, permet cependant au rival chinois de se glisser habilement dans le chaos ambiant.

Entre la guerre au Moyen-Orient et celle qui déchire l’Ukraine depuis plus de 4 et demi désormais, rares peuvent être à l’aube de la rentrée les motifs d’espoirs. Croissance mondiale plombée par le prix de l’énergie en hausse constante, au mieux soumis à des fluctuations telles qu’il est devenu quasiment impossible de prévoir à court ou à moyen terme qu’elles seront les conséquences de ces atermoiements, sans oublier le dérèglement climatique qui a dépassé le statut de crise pour s’ancrer dans la durée au point de devenir notre quotidien. Pour autant, il est évident que si les conflits moyen-orientaux et ukrainiens trouvaient une issue favorable, rapide et acceptable pour tous, de nombreuses difficultés se résoudraient. Car, objectivement, la stratégie de Donald Trump, dans cette région du monde est clairement devenue inaudible et incompréhensible. Se pose désormais une question simple : Quelles sont les ambitions de Donald Trump au sujet de l’Iran et de son soutien à Israël ?

Fin de règne

La problématique est d’autant plus lourde de sens à quelques semaines des élections de mi-mandat qui s’annoncent comme une débâcle, à tout le moins des plus critiques, pour les Républicains en passe de perdre la majorité à la Chambre des Représentants. De conjectures en hypothèses, la position du président des Etats-Unis laisse exhaler l’idée d’un début de fin de règne, dépassé qu’il est par la tournure des évènements. Pourtant, trop engagé dans le conflit iranien pour l’abandonner en l’état à son successeur, républicain ou démocrate, Donald Trump sait aussi devoir proposer une perspective crédible quant à l’issue du conflit ; d’abord, pour la nation américaine peu encline à guerroyer loin de ses bases quand le président en place plaidait pour un « America first », ensuite pour celui qui prendra place dans deux ans sans le Bureau Ovale. Entre volonté de contrôler le Détroit d’Ormuz, de dompter la férocité de l’Iran et de soutenir Israël coûte que coûte en dépit des déboires de Benyamin Netanyahou enlisé dans des scandales à même de sceller son destin, nul ne sait à ce jour, dans cette politique étrangère aux aspects d’Hydre de l’Erne, où Donald Trump souhaite en venir.

Détente

Constat identique au regard du conflit russo-ukrainien, si Vladimir Poutine ne semble pas prêt à la paix, profitant aussi de l’enlisement du conflit au Moyen-Orient, rien ne laisse penser à une détente proche et ce d’autant plus que l’Ukraine se montre toujours plus combative et agressive, peu impressionnée par la puissance russe. Dernier acteur, la Chine, sibylline et discrète, abhorrant le chaos qui s’est déclarée prête à intervenir, non pas dans le conflit américano-iranien, mais dans le transit des navires dans le Détroit d’Ormuz. Stratégique comme à son habitude, Pékin a depuis longtemps compris, que le conflit en tant que tel ne lui apporterait rien mais que le pétrole iranien dont elle a cruellement besoin était fondamental. L’aide chinoise qui a pour effet d’abaisser les cours du pétrole a aussi pour objectif de permettre à l’Empire du Milieu de disposer d’une ressource à un tarif plus acceptable et de se présenter sous son meilleur jour, à l’opposé des Etats-Unis, vus comme des agresseurs, la Chine comme une forme de pacificateur. Et si une lueur d’espoir devait se faire jour, c’est peut-être justement du côté de l’Extrême-Orient qu’elle poindrait, mais avec la plus grande des pondérations.

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