Des Primaires ! Mais pourquoi ?

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Démocratiques et plurielles, les Primaires élisent souvent, non pas le meilleur programme, mais le candidat à même de l’emporter lors du scrutin présidentiel. 

Les Primaires organisées par la Droite républicaine et la Gauche ont mis en exergue une multitudes de divergences idéologiques au sein des partis concernés. Mais l’exercice ne tient-il pas plutôt de la recherche d’une caution démocratique que de la croyance en la pluralité ? Explications.

Voilà donc l’exercice télévisé des Primaires achevé. A gauche comme à droite, chacun à sacrifié à ce qui est devenu en quelques années un rituel démocratique, organisé avec le concours de chaînes de télévision qui n’en demandaient pas autant. Bref ! Là n’est pas le sujet. Que penser finalement des Primaires ? Preuve de la bonne santé de la démocratie ? Exercice bénéfique car permettant à chacun d’exposer ses idées et ses divergences ? Moment de la vie politique ou le grand public est associé à un débat qui d’habitude lui échappe ? Toutes ces questions méritent des réponses positives car effectivement, les débats qui précèdent les Primaires sont porteurs et suivis, il suffit pour s’en convaincre, d’étudier les taux d’audience réalisés par les chaînes ayant diffusé les débats. Certes… ! Mais les Primaires en tant que telles ? Si d’aucuns y verraient un exercice salvateur, d’autres pourraient y voir un échec, du moins une fausse victoire, de la démocratie. Comment ? Une explication s’impose. En présence, deux grand partis politiques (Parti socialiste et Les Républicains) auxquels s’ajoutent des satellites idéologiques plus ou moins affidés aux écuries dominantes, satellites qui peinent à exister et qui s’agitent désespérément, voire pathétiquement, pour donner une substance politique à leur discours.

Rassembler en ordre serré

Deux grand partis donc composés d’hommes et de femmes (plus d’hommes que de femmes d’ailleurs et à l’heure de la parité le constat n’est pas sans interroger) qui digressent et discutent sur des thèmes choisis et définis via lesquels sont censées s’exprimer divergences ou connivences. A grand renfort de campagnes électorales, de saillies idéologiques ou discursives, les candidats se déchirent, se rallient, se séparent, se retrouvent, pactisent, trahissent, pardonnent…avec l’espoir que les électeurs proches de leurs positions les choisissent pour, in fine, être celui qui se présentera à l’élection suprême. Moult débats et moult idées pour choisir un représentant derrière lequel se rassemblera, en ordre serré et le petit doigt sur la couture (ou pas très loin en tous cas faute de recadrage de la part du semi-élu) les anciens prétendants, tous se rangeant sagement, et en silence de préférence, derrière le préféré des urnes. Et comme l’onction populaire légitime tout ! Les commentaires sont priés de rester aux vestiaires. A ce compte là, à quoi bon des Primaires ? Puisque à l’arrivée les divergences et les différences d’appréciation sont de fait gommées et absorbées par une une candidature unique. Concrètement, alors que la pluralité prévalait jusqu’alors, la voilà décapitée. Certes le candidat choisi pourra toujours intégrer dans son programme quelques éléments extérieurs issus de la réflexions de ces anciens adversaires, mais rien ne l’y oblige, François Fillon en est l’archétype. Intelligents, les électeurs ne choisissent pas nécessairement le meilleur programme mais le candidat qui sera à même de l’emporter, à défaut, d’être présent au second tour de l’élection présidentielle.

Mécanique retorse

Utilité discutable donc d’un exercice qui sous une façade démocratique (et un grand tapage médiatique) renvoie à un pragmatisme empreint de cynisme. Un des points positifs des Primaires est qu’il permet au futur président de la République de commencer à constituer, dans l’ombre en tous cas, son Gouvernement. L’exercice de 2011 l’a prouvé et ô combien. A droite comme à gauche, les esprits s’aiguisent et faute de présidentielle, un poste ministériel fera l’affaire dans l’hypothèse où le candidat retenu par les électeurs prenne ses fonctions à l’Elysée. Restent ceux qui ont préféré ne pas participer à l’exercice et ce pour éviter d’être prisonnier d’une mécanique finalement assez retorse à même de se retourner contre eux. Imaginez donc ! S’opposer au candidat élu au sein de la primaire pour une fois l’élection présidentielle passée, intégrer son Gouvernement. La crédibilité du concerné en prendrait un sacré coup même si celui-ci se défendrait en arguant de sa pleine liberté de parole et de pensée. Classique et éculé mais la pratique a le mérite de fonctionner et de rendre à celui qui s’y contraint une sorte de d’honnêteté et de probité morale. Mais en partie seulement. Pour autant la pratique des Primaires semble désormais acquise en qualité de pratique d’échanges idéologiques soumise à l’onction populaire. Mais l’exercice reste fragile car tous les partis ne s’y adonnent pas. Aussi, la légitimité de la dite pratique ne reste que partielle pour entretenir par devers elle l’image d’un exercice artificiel qui tiendrait plus de volonté d’imprimer une caution démocratique aux partis s’y pliant que de la croyance en la force de la pluralité.

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