Le maître et l’esclave

Photographie-portrait-homme-robotL’accident mortel survenu avec une voiture Tesla équipée d’un Auto-pilot interroge sur les responsabilités à assumer en cas de sinistre mais aussi sur la place et l’influence de l’Homme face au progrès technique censé le seconder.

Dans quelques années, cinquante ou soixante ans peut-être, la surface du globe sera vraisemblablement parcourue par des voitures dites autonomes. Finies les automobiles pilotées par des humains, finis les embouteillages puisque calculateurs et satellites géreront en direct les flux de circulation, finis les excès de vitesse (et au placard les radars automatiques ou embarqués) et finis, certainement, les alertes à la pollution car il est probable que les engins que nous utiliserons soient électriques. Cette vision à la Dan Simmons, un auteur de science fiction nord-américain, enchante déjà les partisans du progrès mais désolent ceux qui aiment, encore, prendre leur voiture pour éprouver le plaisir de la conduire. Le progrès est là et nous n’y pouvons finalement pas grand chose. L’Humanité a toujours évolué en partie grâce au progrès. Sans cela pas de vaccins, pas d’avions,… Mais au-delà de cette vision futuriste se pose une question : qui sera responsable en cas d’accident ? La question mérite d’être posée et trouvera certainement une réponse dans les arcanes du droit amené à naître à la matière, droit lui-même accompagné d’une jurisprudence à écrire. L’autre question qui se pose et non des moindres est : l’Homme a-t-il raison de totalement s’en remettre à la machine, fut-elle parfaite ?

Abandon

Ici aussi, la notion de perfection est discutable car l’être humain, loin de l’être, conçoit des engins à son image, en fonction de ces capacités intellectuelles et créatives. Et fussent-elles géniales elles n’en sont pas moins faillibles. Passons sur cet aspect et revenons à l’essentiel. Peut-on tout confier à la technique et au progrès ? Philosophes, scientifiques, chercheurs et autres spécialistes seront amenés à s’interroger sur ce sujet et peineront, vraisemblablement, à trouver une réponse idoine et définitive. Il est fort à parier que dominera une forme de compromis dans ce qui sera apporté comme réponse. Le progrès, confortable, a naturellement pour vocation de simplifier la vie du plus grand nombre, voire de la totalité (que sur Terre tous en profitent aujourd’hui est un leurre qui pourrait faire l’objet de nouvelles interrogations légitimes) mais ce progrès, qui gagne chaque jour dans tous les domaines de la science et de la technique, autorise-t-il toutes les licences ? A s’abandonner à la science, l’Homme ne risque-t-il pas de se perdre lui-même dans une vision déconnectée de la réalité ? Car après tout qu’est-ce que le progrès si ce n’est la volonté des hommes de changer le quotidien, de passer à une autre réalité ? Conduire une voiture autonome permettra certes de s’affranchir de nombreux désagréments que n’importe quel exemple peut illustrer. Prenons une famille niçoise qui souhaite aller à Brest. Il suffit alors de programmer l’ordinateur de bord et de monter dans le véhicule. Et c’est parti ! L’engin gère tout : vitesse, trajet, climatisation,…C’est Retour vers le futur version Bison fûté ! On peut effectivement sourire devant la formule mais le progrès technique est l’enfant de l’Humanité créatrice et créative. Reste à savoir si le rapport hiérarchique doit perdurer ? Chacun apportera sa réponse. Evidemment, un scénario à la I-Robot n’est pas concevable et il ne s’agit en l’état que de voitures et non d’intelligence artificielle, thème extrêmement vaste et aux entrées multiples. Pour l’heure, la voiture autonome n’est pas encore produite en série mais son heure viendra, comme est venu celui de l’ordinateur de bord ou du GPS. Ce n’est qu’une question de temps.

Domotique agriculture

D’autres verront dans cet ensemble technico-scientifique un gigantesque système de flicage de chaque quidam tant il sera aisé pour les pouvoirs publics (et des esprits malveillants très bien équipés) de capter un maximum d’informations. Certes. Mais nous serions déjà dans l’après. A ce jour, nous sommes encore l’avant, nous avons encore le choix de refuser ou d’accepter ce que les industriels de l’automobile souhaiteraient commercialiser. Ils ne sont pas les seuls. La domotique, la technique qui permet de gérer nos intérieurs en notre absence avec ou sans téléphone mobile (lui aussi devenu quasi-vital pour certains et ils sont de plus en plus nombreux) se répand aussi, les engins agricoles guidées par satellites lors de l’épandage des engrais ou des pesticides en fonction des sols analysés en direct par ces même satellites,…autant d’éléments qui tendent à affranchir l’Homme de toute emprise. Mais ces éléments, dont les exemples s’accumulent, libèrent-ils ou rendent-ils passif et dépendant un Homme qui aurait perdu la main sur sa création ? C’est là toute la question de l’utilité de la science et du progrès technique. Où sont leur place mais surtout qu’elle place laissent-t-ils à l’Homme ?

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