Pékin, d’Est en Ouest

Si la guerre en Ukraine conditionnera encore la teneur des relations internationales en 2023, les bouleversements qu’elle suscite déjà pourrait encore modifier les relations sino-américaines et européennes. Au détriment d’une Russie de plus en plus esseulée.

En refusant d’évoquer une quelconque alliance militaire avec la Russie de Vladimir Poutine, préférant le terme d’alliance stratégique, la Chine a pris soin de ne pas heurter sont meilleur ennemi que sont les Etats-Unis. Ces derniers, devenus omniprésents depuis le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine le 24 février 2022, ont par certains aspects refroidi les ardeurs chinoises notamment au regard de la question taiwanaise. Parallèlement, Pékin, englué dans une crise sanitaire liée à la propagation effrénée du covid-19 sur son sol, des manifestations appelant à desserrer l’étau des confinements successifs et du ralentissement de son économie, a tacitement choisi son camp en rejetant poliment l’alliance militaire proposée par Moscou.

Camouflet et dépendance

Vladimir Poutine, plus que jamais esseulé sur la scène internationale, sait avoir besoin d’alliés puissants à même de contrarier l’hégémonie nord-américaine qui agaçait profondément Pékin sur la façade asiatique mais qui s’exprime aussi aujourd’hui en Europe. Concrètement, où que Vladimir Poutine, regarde que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, celui-ci ne voit que les Etats-Unis. Pensant déjouer les plans de Washington en s’alliant avec Pékin, le président russe essuie malgré tout un camouflet sévère de la part de Pékin qui n’a visiblement aucune envie de se corrompre plus avant avec un pays dépassé et au ban des nations du moins tant que Vladimir Poutine et ses successeurs mèneront la même politique. Est-ce à dire que l’année 2023 sera celle des bouleversements diplomatiques et géopolitiques? D’aucuns pourraient le penser et les faits actuels pourraient aisément confirmer leurs prévisions. Précisément, la Chine, prise au piège de sa puissance économique car lourdement dépendante de ses exportations en Europe et aux Etats-Unis, ne peut prendre le risque de se fâcher avec ses deux partenaires vitaux pour son devenir.

Invasion et compromis

Dans le même temps, la propagation du covid-19 sur son sol pourrait aussi en outre la pousser à faire appel aux vaccins étrangers, qu’ils soient d’origine européenne ou américaine, pour la rendre donc encore plus dépendante de l’Occident. Quant à la question Taiwanaise, la Chine l’a constaté de visu, les manœuvres militaires en Mer de Chine n’ont eu pour seul effet que de relever l’attention de Washington sur la question sans jamais affoler le président Joe Biden encore moins Taiwan, sur ses gardes depuis 1949, date de sa création, et prête à tous scénarios d’invasion depuis lors. Reste naturellement la question pétrolière, cruciale pour l’Empire du Milieu. Profitant de l’or noir russe à des prix très compétitifs, permettant à Moscou d’écouler sa production mais en dessous du prix du marché, Pékin sait aussi que ce rapprochement énergétique irritera à long terme ses partenaires économiques. In fine, Xi Jing Ping a donc fait comprendre à Vladimir Poutine que la Chine préférerait toujours le calme au chaos, le compromis à la rupture et que si son avenir ne passait certainement pas par Washington il ne passerait pas non plus par Moscou. Pas pour l’heure en tous cas.

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