La Nature de l’Homme

Si l’ensemble des pays participants à la COP26 s’accorde sur la nécessité d’agir au regard de l’urgence climatique, l’enjeu du sommet relève plus de l’obligation d’élaborer un texte d’action commun, acceptable et réalisable par tous, que dans un constat dépassé et connu de tous de la situation environnementale.

Alors que se tient à Glasgow (Ecosse) jusqu’au 12 novembre la conférence internationale sur le climat (COP 26) d’aucuns s’interrogent sur ce qui a été fait ou sera fait pour limiter la hausse des températures mondiales afin d’éviter une situation climatique mondiale irréversible. Et si ces interrogations sont légitimes, la question à poser cependant n’est pas tant de savoir ce qui été ou sera fait mais plutôt de savoir qui aura envie de faire quelque chose. Il apparaît désormais bien inutile, et au demeurant bien hypocrite, d’administrer les bons et les mauvais points à telles ou telles nations qui brillent par leur action en faveur du climat (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete/article). Tout au plus peut on louer leur implication qui témoigne de leur prise de conscience et de leur volonté d’agir. Mais sur près de deux cents pays réunis en Ecosse, il faut admettre sans fard et sans détour que hormis de fracassantes et catastrophiques déclarations entendues par un auditoire poli et silencieux associées à de timides déclarations d’intention, c’est bien la volonté d’agir qui manque à ce jour. Dédain pour la cause environnementale ? Sous-estimation de l’urgence climatique ? Voilà deux questions qui pourraient expliquer la discrétion des pays représentés mais qui finalement ne figurent qu’en dernière place dans le classement de l’inertie de ces mêmes nations.

Révolutions vertes et monde post-industriel

La réalité est tout autre et la flambée, entre autre, des prix des énergies fossiles, en sont la parfaite illustration. Les pays développées, essentiellement occidentaux ou situés dans l’hémisphère nord, ne peuvent, en l’état, se permettre d’amorcer de révolutions vertes. Si les Etats-Unis, l’Europe et la Chine représentent à eux trois la moitié des émissions de gaz carbonique sur la planète (soit les trois zones commerciales mondiales majeures Europe – Etats-Unis – Façade asiatique), tous trois savent que leur prospérité commune et individuelle repose sur des logiques et des mécaniques industrielles carbonées et qu’engager un processus de transition écologique, même limité, serait porteur de ruptures économiques extrêmement risquées. Evoluant dans un monde post-industriel, où l’industrie lourde a cédé le pas à une tertiarisation des économies doublée d’une domination croissante des nouvelles technologies de l’information et de ses porte-étendards (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), les grandes puissances économiques mondiales se retrouvent acculées à un ensemble de réalités qui mettent en balance leur survie et celle de la planète, sachant que l’avenir de la seconde conditionne celui de la première.

Sacrifice et réponse

Plus qu’un nœud gordien, il s’agit très certainement du pire dilemme que l’Humanité ait jamais eu à trancher. Et pourtant, il faudra choisir ! Mais ce lourd sacrifice, et il l’est, renvoie l’Homme dans ses retranchements ultimes et vitaux, affranchis de tout confort prompt à garantir une existence bercée au rythme d’un progrès technique plébiscité mais ô combien destructeur d’un point de vue environnemental. Aussi, qu’attendre de ce sommet ? Les plus optimistes avanceront qu’un compromis sera trouvé ; les plus pessimistes que le point de non-retour est déjà atteint. Inutile encore de croire que la vérité est entre les deux. (lesechos.fr :https://www.lesechos.fr/monde) Car si une réponse à l’urgence climatique doit être proposée, elle doit être conçue pour et par tous, pays développés et non développés, chacun ayant des intérêts différents, parfois divergents voire opposés. C’est peut-être là que réside le véritable enjeu de ce sommet qui pour l’heure n’aura jamais fait qu’enfoncer des portes ouvertes. Elaborer une réponse commune dans un monde divisé, aux écarts de développement tels que pour certains la question climatique passe au rang des préoccupations secondaires, voire tertiaires. Faut-il les en blâmer… ?

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