L’ordre ou le dialogue

La multiplication des violences policières interroge sur les missions originelles des forces de l’ordre sensées protéger les populations et assurer l’ordre républicain. Mais ce-dernier ne serait-il pas devenu une excuse à toutes les dérives dès lors légitimées. Explications.

De dérapages en bavures, voilà que depuis plusieurs semaines désormais la Police nationale est sur le grill. Les violences policières à répétition, dénoncées tour à tour par le Ministre de l’Intérieur et le Président de la République, ne semblent donc pas s’atténuer (Lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/19) et tendraient même à monter l’opinion contre les représentants des forces de l’ordre. Une fois le constat dressé, il convient d’essayer de déterminer les origines de ces violences. Le risque terroriste qui a longtemps pesé, et pèse encore d’une certaine manière sur le pays, a plus ou moins légitimé les méthodes musclées d’une police alors parée de toutes les vertus, notamment celle d’offrir un rempart à la propagation du fléau terroriste.

Ordre et Etat policier

Mais dans l’intervalle qui sépare la situation actuelle de celle qui prévalait il y a encore cinq ans, une élection présidentielle inédite de par son résultat est venu changer la donne. Le nouveau Président de la République, sous des aspects avenants, s’est en fait révélé un partisan sinon déclaré du moins clairement avoué de l’ordre. Et d’avancer la notion sacro-sainte dans une démocratie telle que la nôtre de l’ordre républicain, celui justifierait toutes les interventions au motif que celui-ci lutte pour le bien public. (Lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses) Certes. Mais devant le nombre de blessés ou de mutilés, la question se pose avec tout autant de légitimité que la défense de l’ordre républicain : Une telle violence est-elle nécessaire ? Visiblement non. Les excès de la Police nationale certes aux effectifs épuisés, confrontés à des difficultés croissantes dans l’exercice de leurs fonctions respectives ne sont plus à ce jour tolérables car les accepter tels quels reviendrait à basculer dans un Etat policier où le simple fait de manifester son mécontentement serait synonyme d’un potentiel dérapage.

Violences et missions

Aussi, il n’est pas inutile, devant les mutations subies par la société, devant des nouvelles formes d’expression (réseaux sociaux à même d’amorcer des rassemblements publics sans délai ou peu), l’émergence d’une nouvelle forme de violence liée à l’incompréhension des politiques menées depuis l’élection d’Emmanuel Macron, de s’interroger sur les missions fondamentales de la Police. La France, qui se veut une démocratie moderne ne peut plus aujourd’hui confier sa sécurité intérieure à une Police dont les méthodes de maintien de l’ordre se borne à attendre les instructions avant de passer à un tabassage en règle et arguer de la défense de l’ordre public et républicain. Mais imaginer avant toute manifestation, à risque ou non, un dialogue entre forces de l’ordre et organisateurs afin d’établir les potentielles dérives ne relève pas de l’utopie. Considérer que tout manifestant n’est pas un terroriste en puissance ou un casseur en sommeil ne fait pas non plus offense à la Police dont le rôle, rappelons-le reste de protéger la population et non pas la terroriser par la menace de violences devenues intolérables.

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