Emmanuel Macron et….les autres

En l’absence d’opposition politique crédible, le macronisme, toujours indéfini, s’impose comme l’idéologie dominante car seule en lice. Et si cette domination n’est pas substance politique, elle suffit à répondre partiellement aux attentes des Français. Pour l’instant.

Il y a de cela quelques semaines, nous avions essayé, non sans peine, de définir le macronisme. Vaste entreprise qui avait conduit à une analyse mettant en évidence la capacité de la pensée présidentielle à opérer une sorte de symbiose des idéologies libérales et progressistes, toutes deux teintées après coup de pragmatisme. (Lire huffingtonpost.fr: https://www.huffingtonpost.fr/hadrien-bureau/le-macronisme-cette-ideologie-de-l-individualisme-beat-et-indigne-qui-ne-dit-pas-son-nom_a_23375283/ ) Les élections européennes récemment tenues ayant, sans le renforcer ni l’affaiblir, permis au macronisme de pouvoir continuer à s’exprimer sans trop d’opposition, la voie semble ouverte pour le Président en exercice. Et c’est bien là que la bât blesse. Non que le macronisme, s’il existe, soit néfaste pour le pays, seule l’Histoire le dira dans quelques décennies, mais l’absence d’opposition politique crédible à ce jour en France permet au président de la République et à sa majorité d’agir sans risque de contestation durable. Certes le mouvement des Gilets Jaunes a perturbé la mécanique macronnienne mais les jours passant celui-ci ressemble plus à un grain de sable dans les rouages qu’à un réel obstacle. Il faut donc bien le reconnaître il n’y a pas en France, ou il n’y a plus, reste à savoir pour combien de temps, d’opposition politique valable à même d’exercer le pouvoir. Du Parti socialiste aux Républicains en passant par la France insoumise aucun n’a su proposer de discours suffisamment séduisant, à savoir créatif, novateur, imaginatif, tout à la fois ancré dans la modernité que dans la nécessité de préserver les bases de notre modèle social.

Constat et pauvreté

Constat d’évidence qui s’impose, la pauvreté intellectuelle des propositions politiques a permis l’affirmation du macronisme et la montée en puissance du Mouvement national, emblème de la médiocrité idéologique dans laquelle une partie du pays a sombré. Est-ce à dire que la lumière viendra du macronisme ? Il appartient à chacun d’en juger mais à lire avec attention les intentions du Président de la République et de sa majorité, il n’y a ni lumière, ni génie, ni révolution. Juste une adaptation aux évolutions de la société (d’ailleurs la teinte écologiste que prendra le quinquennat, suite aux résultats des élections européennes obtenu par les Europe Ecologie Les Verts), le prouve (Lire lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/08/thomas-piketty-l-illusion-de-l-ecologie-centriste_5473422_823448.html ). Plus concrètement se dessinent depuis plusieurs années en France deux territoires : le premier, urbain, épris de modernité, cultivé et ouvert aux changements que le Monde connaît ; le second, rural, éloigné des centres urbains, de ses pôles de cultures, nourrissant un sentiment d’abandon et prêt à répondre aux sirènes populistes. Il serait pourtant excessif de reprocher cette situation aux partis agonisants même si leur part de responsabilité reste entière. Tout d’abord, car il apparaît que peuples et mentalités ont évolué plus vite que les discours politiques qui s’adressaient à eux. La révolution numérique a coupé l’herbe sous le pied de partis politiques qui s’interrogeaient encore sur les effets à venir de cette révolution quand celle-ci avait déjà bouleversé l’écosystème social. « Manque de réactivité, d’intelligence et d’anticipation ! » argueront certains. L’argument est valable mais partiel car la révolution numérique n’a pas submergé que les partis politiques français.

Modèle social et obsolescence

Toutes les formations du même ordre, dans n’importe quel pays du monde, ont dû faire face aux conséquences de cet afflux d’informations instantané, à cette immédiateté déstabilisante et aux bouleversements économiques engendrés par cette même révolution. L’autre raison est naturellement l’obsolescence des idéologies longtemps piliers de la vie politique française. Libéralisme et socialisme se disputaient tour à tour le primat idéologique, occupant les fonctions suprêmes ou exécutives sous le sceau de l’alternance comme le sous-entendait (et le sous-entend encore la Constitution de la Vème République). Mais aujourd’hui, effets de la mondialisation et de la révolution numérique bus et consommés quelles portées ces discours ont-il sur la société française ? Quelle est encore leur influence ? Le modèle social qui est le nôtre, l’Etat-providence érigé en culte républicain a-t-il encore besoin de se nourrir des modèles d’antan ? La question reste entière car à ce jour elle n’a pas trouvé de réponses et le macronisme, là encore l’Histoire le dira, est soit la porte d’entrée vers de nouveaux courants de pensées, soit, car la nature a horreur du vide, un substitut de circonstances capable de répondre aux aspirations actuelles. Pour l’instant…

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