Savoir s’opposer

En affichant une détermination sans faille, Emmanuel Macron déstabilise une opposition incapable de contrer son volontarisme. Sauf à comprendre que les réflexes d’opposants qui prévalaient jusque là sont devenus obsolètes, toute opposition se brisera sur le réformisme du Président.

 

Toute opposition à Emmanuel Macron serait-elle vaine et nulle ? D’aucuns s’écrieraient que non, que la démocratie doit nourrir, par diverses formations politiques, une réflexion différente de celle du chef de l’Etat, du Gouvernement et de la majorité qui l’accompagnent tout deux. Pour autant, force est de constater aujourd’hui que celles et ceux qui s’essaient à contredire la parole présidentielle se heurtent, non pas à un mur d’incompréhension de la part du Président mais à une volonté décidée de mener à leur terme les réformes engagées ou voulues. Ainsi, se succèdent opposants et détracteurs, s’appuyant comme souvent sur la grogne populaire ou le mécontentement de telles ou telles corporations avec l’espoir de faire flancher la détermination présidentielle. Sauf que jusqu’à ce jour, cette tactique qui longtemps prévalu et qui a souvent fait par le passé ses preuves en se concrétisant par l’abandon du projet proposé ou par une réforme a minima ne fonctionne plus.

Défaut ou vertu

Emmanuel Macron, qui était membre de la Commission Attali, (ou Commission pour la libération de la croissance française)* chargée par Nicolas Sarkozy, de réfléchir à de possibles réformes susceptibles de modifier l’aspect et le fonctionnement du pays tout en le sortant de l’ornière de la crise économique, a vu au moins deux de ses successeurs reculer devant une opposition politique et une opinion réfractaires. Convaincu pour sa part, à tort ou à raison, que la France avait besoin de fermeté dans l’art de mener les réformes à leur terme, le Président fraîchement élu s’est donc empressé de mettre en œuvre ce qu’il a proposé pendant sa campagne et de ne dévier en rien de la route fixée. Certes, le bilan un an après son élection est discutable et ouvert à la critique mais l’homme de l’Elysée peut être gratifié de ce trait de caractère (défaut pour certains, vertu pour d’autres) de tenir le cap fixé. Cependant, que le Président de la République fasse preuve de détermination dans sa volonté de mener à bien ses réformes, il n’y a la rien d’étonnant in fine, juste en réalité l’application de la mission qui lui a été confiée. On peut s’en émouvoir mais tellement habitués que nous sommes et avons été à voir l’exécutif reculer pour un oui ou pour un non que la fermeté élyséenne nous surprend.

Critique et contestation

Ce qui est en revanche plus inquiétant pour l’avenir d’un débat démocratique sain et constructif, c’est le manque d’imagination des opposants au Président. Tous s’enferrent ainsi aujourd’hui dans des attitudes dépassées qui ne correspondent en rien à la situation nouvelle issue de l’élection d’Emmanuel Macron et qui restent pour l’immense majorité encore largement imprégnées de l’idée que la critique associée à une contestation populaire poussera l’Elysée à reculer. Répétons-le, cette tactique est désormais obsolète et n’a aucune prise sur un exécutif qui sans s’en moquer, accorde peu de cas aux gesticulations ou aux déclarations d’une opposition faible, voire transparente. L’opposition à Emmanuel Macron, nécessaire à tous points de vue, devrait néanmoins se structurer et ce concentrer non pas autour de réflexes désormais stériles et inefficaces devant la détermination du Chef de l’Etat mais peut-être sur une étude approfondie des réformes à venir afin d’en déterminer les forces et les faiblesses. Car si les modes de fonctionnement politiques ont désormais changé, les formations politiques doivent elles aussi admettre que leur propre mode de fonctionnement doit évoluer pour répondre à la nouvelle donne sociétale. C’est peut-être ainsi que les partis traditionnels retrouveront leur aura et leurs militants perdus.

Nota bene : La Commission pour la libération de la croissance française, ou, du nom de son président Jacques Attali, la Commission Attali, est une commission chargée par le président de la République française Nicolas Sarkozy de rédiger un rapport fournissant des recommandations et des propositions afin de relancer la croissance économique de la France. Elle a commencé ses travaux en juin 2007 et a rendu son rapport final le 23 janvier 2008. La commission Attali était directement inspirée par le comité Rueff-Armand et la commission Sudreau. En février 2010, le président lui demande de proposer d’ici l’été 2010 des pistes de sorties de crise. Le second rapport intitulé « Une ambition pour dix ans » a été remis au président de la République à la mi-octobre 2010.

Source : Wikipedia.org

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