Penser à la Terre, c’est penser à l’Homme

Ours polaire
L’éco-système végétal et animal figure parmi les premières victimes du réchauffement.

Alors que le réchauffement climatique s’avère chaque jour plus évident, les conséquences à long terme semblent éludées par l’immense majorité. Pourtant, celles-ci risquent d’engendrer de profondes mutations sociales, humaines et idéologiques inéluctables.

-« Y avons nous réellement pensé ? »

-« A quoi ? »

-« Au réchauffement climatique ! Plus exactement à ces conséquences ! »

Silence interdit, voire inquiet entre les deux protagonistes de cette conversation imaginaire mais qui a certainement, ou sera très certainement, un jour tenue. Car, honnêtement, rares parmi nous, sont ceux à y avoir songé. Il est vrai que la notion de climat, de réchauffement et de conséquences engendrées échappent à nombre d’entre nous. Et pour cause : elles nous apparaissent tellement lointaines que nous n’y prêtons qu’une attention discrète et polie. Un glacier qui fond, des mers dont le niveau augmente, des ouragans et des tornades à répétition ou des hivers qui ressemblent à des printemps pluvieux (dans l’hémisphère nord pour ces derniers)…Tout cela nous interpelle mais ne nous émeut pas spécialement surtout en période estivale. Les sujets graves, c’est pour l’hiver. Alors, prenons un peu d’avance (l’hiver c’est dans quatre mois) afin de ne pas être en retard pour une fois sur le vent de l’Histoire. Que suppose le changement climatique ? A terme (et le terme se rapproche de jour en jour), cela signifie une modification de l’agriculture (celle qui nous nourrit), de nos économies basées sur l’utilisation des matières fossiles (responsables en partie des gaz à effets de serre) et de bien d’autres activités.

Guerre et misère

Mais le réchauffement sera aussi à l’origine de changements idéologiques et humains que nous ne soupçonnons pas encore mais qui seront incontournables. Ainsi, est-il courant aujourd’hui d’entendre pousser des cris d’orfraies horrifiées devant l’arrivée de réfugiés fuyant (et on les comprend) la guerre ou la misère, les deux étant parfois associées. Passons sur les cris d’orfraies qui n’ont aucun fondement et renvoient à de dangereuses considérations politiques promptes à prospérer odieusement sur la détresse des réfugiés et l’ignorance de ceux qui limitent leur réflexion au seul maintien de leur confort. Interrogeons-nous plutôt sur ce que sera le Monde dans vingt ou trente ans quand les effets du réchauffement (ou d’un autre phénomène naturel d’ordre climatique ou non) auront bouleversé ou seront en train de bouleverser nos univers. Comment verrons-nous (ou comment serons-nous vus!?) celles et ceux qui seront chassés de chez eux en raison de la montée des eaux, de séismes à répétition, d’augmentation de la température rendant impossible toute agriculture ou toute survie basique. La question se pose et a fait naître une notion : celle de réfugiés climatiques. Pour l’heure, peu d’entre nous y sont sensibilisés car l’Europe et l’hémisphère nord ont été relativement protégées. Mais rien ne dit que cela durera ! Nous évoquions en préambule les changements idéologiques et humains induits par le réchauffement climatique. En voilà un. Mais il faudra l’envisager de manière beaucoup plus ample, beaucoup plus large et lui donner une essence juridique non pas nationale mais mondiale. L’Organisation des Nations Unies s’y est déjà penchée, et ce dès 2009, mais devra certainement pousser plus avant ses travaux devant l’urgence qui s’annonce. (voir : Réfugiés climatiques)

Le Monde bouge

Car l’Homme doit aujourd’hui comprendre que le Monde tel qu’il le connaît n’est ni figé, ni abouti, ni arrêté. L’Homme a (sauf exception) une conception du Monde à l’échelle de son existence biologique propre, oubliant que nos ancêtres ont eux aussi été surpris par les évolutions climatiques et géographiques. Prenons un exemple simple. Ainsi dans l’histoire des migrations, les Hommes passaient de l’actuelle Russie à l’Alaska (qui ne portaient pas encore ces noms précis) via une langue de terre qui unissait deux plaques tectoniques appelées aujourd’hui plaque eurasienne et américaine. Puis les deux continents ont commencé à s’éloigner pour à terme être totalement séparées par ce que l’on nomme aujourd’hui le Détroit de Béring. Mais quel rapport avec les statut de réfugié climatique !? Il met simplement en évidence que notre Monde physique, bouge et vit indépendamment de nous même si existent des facteurs démultiplicateurs (comme les émissions de CO2). Il en va de même avec le climat. Et que poussée par la réalité physique et climatique, l’Humanité devra s’adapter à ces changements en repensant ses rapports à l’autre, en révolutionnant ses modes de pensées en excluant une vision individualiste de l’avenir au profit d’une vision globale et collective. Dresser des barrières aux frontières ou limiter l’accès d’un pays à des réfugiés n’est qu’une réponse ponctuelle, administrative, bornée et limitée à un problème qui s’accroîtra inexorablement. Le réchauffement, ou le refroidissement, entraînera famine, tensions sociales, guerres et misère. Ce macabre cocktail a déjà commencé ses ravages et le nier revient à se désintéresser de l’avenir collectif et donc de l’Humanité.

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