Fin d’épisode ou début d’histoire ?

Si la victoire de Joe Biden scelle le départ de Donald Trump de la Maison Blanche, elle n’éteint pas nécessairement la fièvre populiste. Les racines du mouvement mues par l’idée d’une confrontation entre peuples et élites sont à même de donner naissance à une nouvelle forme de populisme, plus sournois car influençant des discours à vocation pondérée.

D’aucuns, et à raison, pourraient penser que la défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle sonne le glas du populisme politique qui a prospéré en divers endroits de la planète depuis une dizaine d’années. Etats-Unis, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne, Italie sont autant de pays à avoir cédé aux sirènes d’un courant politique mêlant simplifications et exagérations à des fins purement électorales, opposant peuple et élites politiques, économiques ou médiatiques mais sans solutions pérennes pour l’intérêt général (Lire vie-publique.fr : https://www.vie-publique.fr/). Ce sentiment qui vise à penser que le populisme est possiblement en train de vivre ses dernières heures, légitime et compréhensible, doit cependant être pondéré car si les dirigeants populistes sont progressivement amenés à quitter le pouvoir, car incapables, ou à se discréditer au sein des institutions internationales, voire au sein de leur propre pays (il suffit d’apprécier l’ampleur des manifestations pro-avortement en Pologne qui témoignent de l’élan libertaire et démocratique de cette dernière), il est possible que le populisme prenne d’autres formes. Une explication s’impose.

Double crise et complexité

La conjonction actuelle mondiale de la crise sanitaire et économique, la première nourrissant la seconde, le poids et les effets de la mondialisation, pourrait pousser, dans les mois ou les années à venir les populations les plus exposées aux conséquences de cette double crise à, sinon ouvertement opter pour des régimes clairement populistes, mais à se tourner vers des thèses empreintes ou influencées par des discours populistes portées par des candidats ou des partis que l’on qualifiera de modérés ou républicains. Cette insinuation du populisme dans le discours relevant avant tout de l’intérêt général traduirait plusieurs évolutions au sein même de sociétés aujourd’hui à la recherche de sens et de repères. Première d’entre elles, la porosité et la fragilité des discours conventionnels à des thèses qui n’appellent finalement que peu de connaissances de la complexité qui préside à nos sociétés contemporaines. Le raccourci politique, servit par des thèses conspirationnistes ou complotistes dont le populisme sait faire ses choux gras, menace partis et organisations reconnus pour leur pondération mais souvent en peine à résoudre les équations sociétales. Deuxième évolution, celle de populations en quête de solutions et de réponses à leur mal-être, que celui-ci soit social ou économique. Le populisme, qui prospère avant tout sur la peur de l’inconnu et du lendemain, dans l’idée d’un ennemi incarné par des élites politiques égoïstes, trouve dans les interrogations de notre époque un terreau fertile à sa croissance.

Influence et renouvellement

Ainsi, le départ quasi-certain de Donald Trump de la présidence des Etats-Unis, marque certes la fin d’une période que les historiens auront pour tâche de qualifier dans les années à venir, mais ne scelle pas nécessairement celle du populisme. L’épisode Donald Trump a mis en évidence le fait qu’un pays à l’influence globale pouvait céder à la tentation populiste (Lire Esprit.presse.fr : https://esprit.presse.fr/article), accréditant ainsi la possibilité d’une gouvernance de cet ordre. Or, le départ de celui-ci, qui ne clôture pas nécessairement l’expérience, ouvre peut-être une ère de turbulences politiques où le populisme, capable de se renouveler, ce qui est d’ailleurs sa force, cherchera par les moyens à sa disposition à s’imposer directement ou indirectement. Plus que de discours novateurs, c’est probablement de prudence qu’il faudra faire preuve dans les années à venir.

La puissance au-delà de l’élection

Quel que soit le candidat qui siègera à la Maison Blanche au lendemain de l’élection du président des Etats-Unis, une certitude s’impose : la capacité de la nation américaine à influer sur la politique internationale. Car même contestée, la puissance des Etats-Unis, mélange de soft et hard power*, persiste à dicter la teneur des échanges mondiaux.

Vue de France, l’élection présidentielle américaine revêt toujours un aspect fascinant, peut-être parce que les deux nations partagent un ensemble de points communs qu’elles peinent, par orgueil, à reconnaître. Vue des Etats-Unis, on peut s’interroger sur l’intérêt que nourrit l’élection présidentielle française. Et pour cause, le choix des électeurs français pour le premier de leur représentant n’a finalement que peu d’influence sur la politique mondiale, à la rigueur à l’échelle européenne, au contraire du choix des électeurs de la première démocratie. Inutile de le nier, le choix du prochain président des Etats-Unis, et ce depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, donnera le ton des futures relations internationales dans un contexte politique et sanitaire, pour le premier complexe, pour le second chaque jour plus inquiétant. Et que dire des tensions raciales qui hantent les Etats-Unis, promptes à renforcer le climat d’incertitude qui règne autour de ce scrutin ou de ces swing states (Etats balance) sur lesquels les yeux, sondages à l’appui, se rivent à l’approche du scrutin.

Intérêt et point de fixation

L’élection du président des Etats-Unis possède cette force invisible, cette capacité presque consubstantielle à capter l’intérêt de tous les pays que compte la planète, tous ayant, ou ayant eu, de près ou de loin, des relations diplomatiques politiques, commerciales ou économiques avec les Etats-Unis. C’est l’apanage des grandes puissances, voire des super-puissances : celui d’être incontournable. Et si chaque président des Etats-Unis écrit lors de son passage à la Maison Blanche une page d’histoire que le futur jugera à l’aune de l’expérience et de l’analyse objective, il n’en reste pas moins que le locataire du 1600 – Pensylvannia avenue, à Washington, dicte inconsciemment la teneur des échanges à venir. Dans un monde a-polaire, les Etats-Unis restent encore une forme de point de fixation capable de déstabiliser ou au contraire apaiser un monde déboussolé, en perte de repères et ce certitudes. Non que les Etats-Unis soient les guides suprêmes d’une Humanité en mal de confiance mais il est probable que si Donald Trump devait être élu, alors son élection serait interprétée par nombre de régimes populistes, officiels ou officieux, comme une confirmation des politiques engagées (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/international) ; si en revanche Joe Biden l’emportait, alors il serait possible d’espérer une forme de détente à l’échelle internationale avec la Chine, la Corée du Nord, voire l’Europe, souvent malmenée depuis l’élection de Donald Trump en 2016. (latribune.fr : https://www.latribune.fr/economie/)

Contradiction et inertie

Possible mais en rien certain car, imprévisibles, les Etats-Unis interrogent encore souvent leurs partenaires par leur attitude déconcertante et parfois en totale contradiction avec les réalités contemporaines telles que, entre autres, le retrait de l’Accord de Paris. Car, si Joe Biden est élu, celui-ci acceptera-t-il de le réintégrer ? Rien ne l’annonce. Anecdotique au regard du poids des Etats-Unis, ce retrait illustre parfaitement ce contre-pied permanent dans lequel les Etats-Unis évoluent, conscients de leur influence et viscéralement attachés à leur positionnement isolationniste. Point d’anti-américanisme ici mais simple constat objectif qui met en évidence l’effet d’entraînement que peut initier Washington à l’échelle mondiale car rares sont les pays capables de modifier la teneur des échanges internationaux. La Chine ? L’hypothèse a souvent été avancée mais force est de constater que le point de gravité de la géopolitique mondiale se situe encore – mais pour combien de temps encore ? – entre la côte Ouest et la côte Est de la patrie des Pères fondateurs.

* Soft power et hard power : Défini par le géo-politologue américain Joseph Nye en 1990 comme l’habileté à séduire et à attirer, le concept de soft power met en perspective la notion de puissance dans un cadre non conventionnel. A contrario, le hard power (manière forte) est un concept utilisé dans le cadre des relations internationales en prônant le réalisme dicté par la situation. Il désigne la capacité d’un corps politique à imposer sa volonté à d’autres corps politiques à l’aide de moyens militaires et économiques.

Apprendre à se comprendre

La dégradation des relations diplomatiques entre la France et la Turquie révèle aussi l’incompréhension nourrit par le monde musulman à l’endroit de la notion de laïcité à la française. Essai d’explication.

Les relations diplomatiques pour le moins tendues qui rythment le quotidien de la France et de la Turquie depuis plusieurs jours (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/idees) sont aussi, une fois affranchies de tous leurs aspects multiples, spectaculaires et injurieux, révélatrices d’une incompréhension aujourd’hui évidente de la notion de laïcité dans plusieurs pays de confession musulmane. Loin d’être insurmontable, cette incompréhension n’en reste pas moins un obstacle susceptible de générer des heurts, plus ou moins violents, qui renvoient à des croyances difficiles à contredire. Et pour cause, ces pays musulmans, qui ont fait de l’islam l’axe central de leur fonctionnement politique, n’ont pas séparé pouvoir civil et pouvoir religieux, optant dans l’immense majorité des cas pour des régimes islamiques modérés, combattant toutes dérives radicales.

Révolution française et agnosticisme

A ce jour, plusieurs raisons peuvent expliquer cette absence de séparation. Tout d’abord, une explication en creux s’impose en premier lieu. La France a, depuis la Révolution française et le XVIIIème siècle en général, entamé une lente déchristianisation qui a abouti à la séparation des Eglises et de l’État en 1905. Cette déchristianisation, initiée par l’incapacité de l’Église à répondre aux maux et préoccupations des populations, associée à un obscurantisme coupable à même d’entretenir ces mêmes populations dans l’ignorance, a progressivement poussé la France sur la voie de l’athéisme ou de l’agnosticisme, avançant l’idée que le spirituel n’avait pas sa place dans le monde civil et politique. Or, et c’est aussi en cela que demeure l’incompréhension de certains pays musulmans à l’endroit de la laïcité, cette dernière ne signifie pas exclusion mais séparation sans stigmatisation et sans condamnation. Pays laïque, la France a fait le choix de s’affranchir de l’influence de la religion dans la gestion des affaires publiques ce qui n’est pas le cas dans les pays de confessions musulmanes où l’Islam, reste, répétons-le, l’axe central du fonctionnement politique.

Impertinence ou vitalité

Parallèlement, à la séparation voulue par la France entre affaires religieuses et affaires publiques, s’ajoute un principe fondamental de la République, à savoir celui de la liberté d’expression qui s’affranchit de toute notion de limite morale ou religieuse. Ainsi quand certains voient de l’impertinence, du blasphème, voire de la provocation ou une atteinte au sacré, intouchable et vénéré, dans des représentations humoristiques, satiriques ou ironiques ayant pour thème la religion ou des figures tutélaires de celle-ci, d’autres, au nom de la liberté d’expression y voient un langage et un caractère témoins de la vitalité de la République et de la démocratie. Alors pourquoi cette incompréhension ? Et bien car la laïcité défait la République de tous ses oripeaux religieux afin de combattre leur influence et ne base pas son fonctionnement sur un texte sacré mais sur une constitution écrite et dénuée de références spirituelles. Alors se pose la question de la réconciliation dont la réponse ne réside pas dans l’abandon de l’une ou l’autre des positions mais dans la notion de tolérance et dans l’intelligence propre à chaque société humaine. La tolérance renvoie à l’idée d’acceptation de la différence ; l’intelligence à celle que le modèle des uns peut choquer les autres et qu’en conséquence se taire n’est pas capituler mais plutôt l’espace d’une réflexion ouvrant une autre forme d’expression.

Une question de perméabilité

Si de nombreuses interrogations se posent après l’assassinat de Samuel Paty, enseignant d’Histoire et Géographie, par un adolescent fanatisé, la question de la perméabilité intellectuelle de certains individus dans un contexte global d’ignorance et de manipulation psychologique émerge aussi.

Passées l’émotion et la sidération légitimes qui font suite à l’assassinat de Samuel Paty, enseignant d’Histoire et Géographie, vient désormais le temps des questions. Et force est de constater qu’elles sont nombreuses. L’enquête ouverte permettra certainement d’identifier la chaîne de responsabilités qui a commandé un tel acte (Lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/police-justice). Pourtant demeure une interrogation qui restera peut-être sans réponse et qui renvoie à la fragilité intellectuelle et psychologique de certains, à l’image de l’adolescent qui a assassiné Samuel Paty. Comment donc une frange de la population peut-elle se montrer perméable aux discours portés par l’islam radical ? La réponse est d’une abyssale complexité et puise sa source dans une multitude de réalités sociales et politiques, avérées ou fantasmées, qui servent de terreau à ce discours qui sort des cadres de la République. Cette dernière perçue par les tenants de ce discours comme oppressante et castratrice est donc une des premières cibles que le radicalisme islamique vise. Il n’est certainement pas le seul car nombre de propos extrémistes font, ou on fait, de la République, la mère de nombreux maux.

Discours et exclusion

Outre l’élément constitutionnel, s’ajoute à cela une ignorance souvent manipulée des textes saints, associée à une incapacité intellectuelle à maîtriser les notions de liberté individuelle, liberté de culte ou de laïcité. (lefigaro.fr : https://www.lefigaro.fr/politique)Intrinsèquement liés dans le pacte républicain, ces trois principes sont eux aussi régulièrement battus en brèche par tous les extrémismes qui voient en eux des formes de déviances que les textes saints condamnent ou, plus simplement, n’expliquent pas. Et pour cause, ils n’ont pas été rédigés dans cette optique. Or la perméabilité de certains individus, lourdement influencés par des discours d’apparence puissants et fondés, est ainsi capable de dégénérer dans des drames comparables à celui que nous venons de vivre. Si d’aucuns, et à raison, appellent à éduquer encore et encore pour mettre fin à cette inertie de l’ignorance, porteuse de violence et de haine, il est aussi impératif de préciser que ce cercle vicieux est régulièrement alimenté par tout un ensemble de facteurs connus mais trop souvent mal appréhendés. Ainsi, l’islam radical se nourrit-il du sentiment d’exclusion éprouvé par certains croyants mal, ou pas intégrés, dans leurs sociétés d’accueil, de la rationalité elle aussi mal comprise des régimes démocratiques contemporains pour beaucoup marqués du sceau de la laïcité, renvoyant la croyance religieuse à la sphère privée, ou encore d’un sentiment de victimisation ou de martyrisation ressentis par ces franges fragiles de la population, sentiment lui-même entretenu par des discours radicaux prompts à dénoncer toutes les contradictions existantes entre sociétés démocratiques et textes saints.

Société et prédicateurs

Sans prendre le temps, et à dessein, d’expliquer que croyance et foi religieuses relèvent de l’intime et non du public, du privé et non de l’institutionnel, le discours radical dépeint une société hostile aux fidèles contre laquelle il faut alors s’élever et combattre ceux qui la défendent ou la promeuvent. Discours fermé et hermétique, le propos radical exclut volontiers toutes ouvertures vers la contemporanéité car celle-ci révélerait ses contradictions et ses erreurs. Loin d’atteindre ne serait-ce que la valeur de substrat scientifique, le discours radical séduit pas sa simplicité qui ne s’avère rien d’autre qu’une forme de pauvreté intellectuelle sans ressort ni appui scientifique historique ou sociologique éprouvés. Voilà donc ici une modeste tentative d’explication à la perméabilité de certains individus coupables de leurs actes présents ou à venir, victimes de leur faiblesse intellectuelle et éducative. Placés sous la coupe de prédicateurs habiles à la dialectique aguerrie, ces mêmes individus deviennent les pions dépendants d’une entreprise aux visées visiblement incompatible avec nos sociétés démocratiques, laïques et mondialisées. Et de conclure avec cette maxime de Condorcet, aussi guillotiné en des temps de d’extrémisme fanatique, «il faut enseigner ce qui suffit à ne point dépendre».

Nécessité ou rigidité

Entre sécurité sanitaire et impératifs économiques, la France, à l’image d’autres nations éprouvées par le covid-19 est confrontée à un dilemme cornélien qui reste sans réponse. Explications.

Qu’ils soient professionnels du spectacle, restaurateurs, gérants de brasseries ou de débits de boissons, directeurs de salles de sports ou organisateurs d’évènementiels, VTC, forains,…instinctivement, d’aucuns plaindraient, au vue des restrictions imposées qui passent souvent par la fermeture temporaire des établissements ou l’annulation de manifestations, ces professionnels entravés dans leur liberté d’exercer leur activité. La raison : le risque de propagation du Covid-19, devenu aujourd’hui un élément quasi-quotidien de nos existences. Et d’émerger alors deux visions totalement opposées ou du moins difficilement conciliables de la gestion du virus.

Survie et ascèse

D’abord celle de professionnels lourdement handicapés par le confinement printanier et à ce jour menacés par les nouvelles restrictions visant à limiter les plages horaires d’ouverture qui appellent à plus de souplesse de la part des pouvoirs publics au nom de leur survie. De l’autre côté, un conseil scientifique affirmant que la propagation du virus est démultipliée dans les espaces fermés et accueillant un large public, masque ou pas masque. Deux visions donc : celle de la nécessité de continuer à travailler pour éviter la faillite ; celle de la rigidité qui prône une ascèse sociale au nom de la santé publique. Or le dilemme est ici cornélien car les deux positions se défendent et s’entendent. La première renvoie d’une part à la liberté d’exercer une activité professionnelle associée à la nécessité d’accueillir du public pour assurer la pérennité de l’activité. La seconde renvoie quant à elle à la volonté d’éviter la diffusion d’une virus à travers la population alors que le nombre de contamination dans l’Hexagone a bondi en quelques jours (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete). Rares sont ceux à avoir imaginé que le coronavirus mettrait les sociétés occidentales dans une telle impasse ou face à de telles interrogations. Privilégier la santé publique ou l’activité économique sachant que la seconde finance aussi la première mais que celle-ci ne peut en aucun être négligée ou balayée d’un revers de main.

Colère et interrogation

Là encore, le problème ne concerne pas seulement la France car en Angleterre nombreux sont les élus à contester les mesures proposées par le Premier Ministre Boris Johnson (lequotidien.fr : https://www.lequotidien.com/actualite). Et il est fort à parier que la colère parmi les diverses sphères professionnelles commence à se répandre à la même vitesse que virus. Et pour cause. Or à ce jour, il apparaît que les mesures prises, à savoir port du masque, lavage des mains et distanciation sociale, ne sont pas suffisantes pour entraver sa progression dans un contexte de relance impérative de l’économie mondiale. Se pose alors une question : Que faire ? C’est bien la seule interrogation qui vaille à ce jour. Et le drame de continuer à se jouer dans un contexte ubuesque, presque kafkaïen car malgré les mesures proposées et appliquées, malgré les plans de relance engagés, malgré des populations globalement promptes à appliquer les mesures sensées entraver la progression du virus, celui-ci continue à progresser au grand désespoir de nombreux professionnels. Surprise par la dimension inédite du virus, l’Humanité semble comme démunie pour faire face à ce qui pourrait être aussi le premier virus d’une longue série à venir. Et nos sociétés contemporaines si promptes à avancer des solutions de tous ordres sont tombées dans le piège de l’impuissance qui nous renvoie à la question précédente : Que faire ? Et bien…On ne sait pas.

La Vésubie pense au monde

L’épisode méditerranéen qui a frappé le sud-est de la France renvoie le pays à la gestion des effets des catastrophes naturelles dans un contexte désormais acté de réchauffement climatique. Et la question d’une remise en question mondiale de se poser.

Violent et cruel, l’épisode méditerranéen qui a frappé le sud-est de la France et plus particulièrement la vallée de la Vésubie marquera les esprits pour s’inscrire dans une liste de catastrophes naturelles à la gravité allant crescendo (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planet) . Pour autant, passé les constats et le décompte macabre du nombre de victimes, se pose désormais les questions de la gestion future de ce type d’évènements climatiques amenés à se répéter. La première d’entre elles à émerger est naturellement celle de savoir si nous sommes prêts à affronter ces incidents afin d’assurer la sécurité des populations. D’évidence non. Certes la violence des pluies et la topographie de la vallée en question ont considérablement aggravé la situation mais il apparaît surtout que devant un climat en voie d’évolution, rares sont les agglomérations à être adaptées aux effets de ces accidents climatiques.

Priorité et exceptions

Or cette adaptation suppose pour les années à venir une remise à plat de l’ensemble des politiques urbaines dédiées à la construction individuelle et collective ainsi qu’une prise en compte désormais systématique des conditions environnementales propres à chaque région. L’intention qui doit à présent devenir une priorité risque cependant de se heurter à un obstacle majeur : le coût. Pour autant, le défi n’est pas seulement national, il est surtout mondial car les catastrophes naturelles ne sont pas l’apanage de l’Hexagone mais bien d’essence globale. Une vision auto-centrée accompagnée de solutions qui le seraient tout autant se servirait finalement à rien ou, au mieux, ne seraient pas de grande utilité. Le changement climatique désormais amorcé et dénié par certains esprits obscurs a trouvé dans cette catastrophe naturelle une de ses expressions les plus cruelles. D’aucuns argueront que les épisodes méditerranéens ne sont pas d’un point de vue météorologique des exceptions isolées mais l’ampleur et la puissance de celui vécu invite à l’humilité au regard des changements climatiques amorcés. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete/article)

Anticiper et éviter

La prise de conscience attendue reste encore trop timide et quand bien même serait-elle de plus grande ampleur, celle-ci n’aurait certainement pas empêché le drame qu’ont vécu les populations de la vallée de la Vésubie. Mais, le propre de la politique étant d’anticiper, il n’est pas interdit de s’interroger sur la manière non pas d’éviter les épisodes climatiques de ce type mais comment réduire leurs effets sur les populations. Répétons-le encore, la solution ne sera pas hexagonale, la France n’étant en rien un parangon de vertu en matière environnementale ou de protection de l’environnement, loin s’en faut, mais bien globale et mondiale. Aujourd’hui, l’évidence qui se pose n’est plus de savoir comment éviter les catastrophes naturelles mais bien de savoir comment éviter leur effets et leurs conséquences.

Le covid-19 et le triptyque

Si l’arrivée d’une nouvelle vague épidémique s’avère chaque jour plus certaine, celle-ci contribuera à alourdir un constat déjà violent où se côtoient faiblesses des systèmes de santé, lenteur d’intégration des réalités environnementales et omnipotence coupable des flux mondialisés.

Bien que le Gouvernement, par la voix du Premier Ministre Jean Castex, ait réfuté tout nouveau reconfinement général, propos par ailleurs confirmés par le Président de la République, se pose désormais, en dépit des intentions et des plans affichés pour sauver l’économie française, la gestion de la seconde vague épidémique qui semble progressivement se dessiner dans l’Hexagone. Que faire ? L’équation tant à l’Hôtel de Matignon qu’au Palais de l’Elysée semble insoluble car si une deuxième vague devait véritablement se déclarer, quid de l’accueil des futurs patients dans les hôpitaux ? (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/planete) Rappelons que le confinement général décrété le 16 mars dernier a été décidé, certes pour limiter la propagation du virus, mais surtout pour éviter une saturation des services de réanimation des hôpitaux qui avaient manqué de très peu une situation d’engorgement lourd de conséquences, non sans épargner des personnels soignants encore très éprouvés par les effets de la première vague.

Limites et épouvantail

Car la crise sanitaire actuelle a su révéler les limites de nos infrastructures sanitaires à qui l’on a préféré, et à raison, éviter un afflux massif de patients sans pour autant, au lendemain de la première vague, exposer clairement solutions et financements à l’appui afin de faire face à une autre vague. L’exceptionnalité du virus, tant dans sa diffusion que dans sa forme, ne doit pas pousser à imaginer qu’il restera un cas isolé dans l’Histoire de l’Humanité. Et occulter que d’autres crise sanitaires pourraient dans les années, voire plus simplement dans les mois à venir, à nouveau frapper la planète, serait une erreur aux conséquences encore insoupçonnées. Le réchauffement climatique et le dégel progressif du permafrost (zone de gel permanent, imperméable car gelé, qui se situe dans les régions arctiques du globe et représente environ 20 % de la surface de la Terre) font ici figures d’épouvantail à l’échelle planétaire car chacun d’eux renvoient nos sociétés à des réalités devant désormais servir de modèles de pensées et non plus de références lointaines. Les réservoirs à bactéries qu’abritent ces zones polaires ne doivent en rien être négligés car les dites bactéries, endormies depuis des milliers, voire des millions d’années, pourraient aisément se réveiller et causer l’apparition de pandémies peut-être plus mortifères que le covid-19. (Lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/idees-debats) En outre, les dynamiques économiques et humaines propres à la mondialisation ont, la crise du printemps l’a démontrée, favorisé la propagation du virus à l’échelle planétaire.

Défi et coup de semonce

C’est donc un triple défi qui se pose l’Humanité et non pas seulement à la France ou à tout autre pays : Repenser les systèmes de santé afin d’être en mesure d’affronter tout type de crises sanitaires à venir, intégrer dans les politiques publiques la donnée environnementale de manière beaucoup plus avancée qu’à l’heure actuelle au point de l’ériger en priorité et non plus en aspect secondaire, repenser les schémas de la mondialisation en s’interrogeant sur la pertinence de certains flux. Certes d’aucuns argueront, et à raison, que ce triptyque de mesures a déjà été initié, mais à un rythme encore trop lent. Bousculer la planète entière en l’espace de quelques mois n’est en rien une sinécure car les oppositions sont, en plus, nombreuses et arrêtées mais n’appartient-il pas à l’Humanité, qui l’a déjà démontrée dans le passé, de faire fi de ces réticences pour assurer son avenir. Le covid-19, pandémie qui finira à terme par se résorber, n’est en fait que le premier coup de semonce d’une histoire bactériologique qui elle ne fait que commencer. Affirmer que le Monde est sur le point d’entrer dans une nouvelle ère ne relève ni de la spéculation ni de la divination mais bien du constat. Et porter un masque à longueur de journée, même si la mesure est éminemment utile et nécessaire pour tous, elle n’entravera en rien l’ouverture de cette nouvelle ère.

La diplomatie de la provocation

La décision unilatérale des Etats-Unis de réactiver les sanctions d’essence onusienne contre l’Iran s’inscrit dans la politique sensationnaliste et provocatrice de Donald Trump. Mais le coup d’éclat ne révélerait-il pas une faiblesse du discours de l’actuel président ?

Sans vouloir tomber dans la trivialité facile, il semble, à quelques semaines de l’élection présidentielle et légèrement dépassé dans les sondages par son concurrent démocrate Joe Biden, que Donald Trump essaie de sauver les meubles d’une présidence finissante. Dernier coup d’éclat en date, la décision unilatérale des Etats-Unis de réactiver les sanctions décidées par l’Organisation des Nations Unies contre la République islamique d’Iran (Lemonde.fr :https://www.lemonde.fr/international). L’annonce, qui ne s’appuie sur aucun fondement juridique, a d’ailleurs été rapidement contredite par le Royaume-uni, France et l’Allemagne qui ont de concert souligné l’inanité de la mesure. Alors pour quelle raison, Donald Trump, par la voix de Mike Pompeo, secrétaire d’État, s’est-il fendu d’une telle annonce ?

Nationalisme et convictions

La réponse paraît tout à la fois simple et complexe, du moins dans ses conséquences. Simple car le président Trump sait que chaque coup d’éclat, fut-il inutile ou voué à l’échec, satisfera et rengorgera un électorat, ici le sien, friand de sensationnalisme prêt à flatter le nationalisme nord-américain. Toujours ancré dans son slogan de campagne de 2016, America great again, et convaincu tant de la formule que de son contenu, Donald Trump, en homme d’affaires avisé conscient des effets d’une communication bien rythmée, sait que ce type d’annonce est capable de remobiliser un électorat en mal de convictions ou de certitudes quant aux capacités du président d’assumer un second mandat. Mais complexe car s’aventurer sur le terrain de la politique étrangère, notamment la question du nucléaire iranien implique non seulement les Etats-Unis mais aussi des partenaires européens et internationaux. La question iranienne qui hante la Maison Blanche depuis 1979 ne pourra certainement pas se régler à coup d’annonces cavalières ou va-t-en-guerre comme celle-ci. Pourtant, si cette annonce peut dénoter une forme de méconnaissance des méandres du problème iranien, elle n’en possède que la façade car diplomates et experts nord-américains maîtrisent parfaitement le problème.

Lassitude et pondération

Mais l’art de la provocation et de la bravade font partie intégrante de la politique de Donald Trump qui a habitué son auditoire national et international à ce type sortie toujours médiatique. Habitué certes mais au risque aussi de lasser car la politique du tweet ou de la déclaration à l’emporte pièce comporte des risques que le scrutin du 3 novembre pourrait mettre en exergue. Et une analyse plus fine de renvoyer la dite déclaration à fondre dans un discours électoral qui, sur fond de covid-19, de réunions de campagnes perturbées, de difficultés économiques et de sondages à ce jour défavorables (voir realclearpolitics.com : https://www.realclearpolitics.com/epolls), peine à séduire un peuple américain peut-être soucieux de confier les rênes du pays à un président plus pondéré. In fine, simple ou complexe, la raison qui a poussé Donald Trump à lancer une telle déclaration témoigne peut-être d’une présidence en fin de course, d’un candidat conscient des faiblesses de sa candidature et de son bilan. Mais une élection n’étant jamais jouée, le pari provocateur de Donald Trump sera peut-être payant…ou pas.

De Minsk à Moscou, autre temps et autre Histoire

La contestation qui fait rage depuis des mois en Biélorussie met en évidence la faillite d’un système politique obsolète mais aussi toute la puissance et l’influence diplomatiques du Président russe Vladimir Poutine, dernier soutien d’Alexandre Loukachenko, le dirigeant biélorusse.

Dernier survivant de l’ère soviétique, attaché au passé d’un système politique et idéologique mort et enterré depuis plus de trente ans, Alexandre Loukachenko, Président sans interruption de la Biélorussie depuis 1994 ne se résout pas à abandonner le pouvoir que les Biélorusses lui contestent. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/international) A coup d’arrestations massives et de violences politiques, le pouvoir d’un président de plus en plus isolé, tente de sauver un régime qui subit au quotidien la réprobation de l’ensemble de la communauté internationale, notamment de l’Union européenne. Pourtant, Alexandre Loukachenko, peut encore compter sur le soutien de Vladimir Poutine, président de la Russie qui a longtemps vu dans la Biélorussie un allié puissant capable de stabiliser une région encore agitée par les soubresauts ukrainiens.

Géostratégie et double-jeu

Seulement, ce soutien, jusqu’alors indéfectible, pourrait se transformer en compréhension polie pour s’achever en désolidarisation totale tant Vladimir Poutine sait avoir besoin de l’Union européenne et de la communauté internationale pour assurer l’avenir de son pays. Le président russe, fin stratège et au fait des alliances internationales, a depuis longtemps compris que le régime biélorusse, certes utile d’un point de vue géostratégique régional, n’avait guère plus de raison d’être tant les aspirations libertaires qui ont traversé le monde ces dix dernières années étaient suffisamment profondes pour renverser les caciques de l’ordre ancien. Alexandre Loukachenko, qui s’attache à réprimer la contestation au sein de son pays, est certainement conscient du dilemme qui anime son partenaire historique russe mais n’a, à ce jour, guère d’atouts dans sa manche pour s’assurer du soutien éternel de Moscou. Or, fâcher la communauté internationale n’est certainement pas dans les intentions de Vladimir Poutine au regard du double-jeu mené par Moscou à l’endroit de la crise syrienne où le Kremlin s’est toujours montré globalement conciliant avec Bachar El-Assad, au grand dam des Européens. Les condamnations qui frappent le régime biélorusse, certes utiles car promptes à tourner les yeux du monde vers ce pays de 9,5 millions d’habitants, pro-européen et avide d’ouverture à l’international, ne sont cependant pas suffisantes pour infléchir la position d’ Alexandre Loukachenko.

Pression et Etat-Tampon

Celui-ci, en dinosaure de l’ère communiste, attend le signal de Moscou pour céder un pouvoir qui lui échappe pourtant tous les jours un peu plus car seule une position tranchée de Vladimir Poutine le décidera à abandonner ses prérogatives de dictateur. Pour autant, bien que ne disposant pas d’atouts majeurs pour résister à la pression populaire, Alexandre Loukachenko peut encore compter sur la position géographique de la Biélorussie pour pousser Vladimir Poutine à ne pas lâcher un allié fidèle. Frontalière de la Lituanie et de la Pologne, toutes deux membres de l’Union européenne, de l’Ukraine encore rongée par une guerre civile larvée entre groupes pro-russe et pro-Union européenne, la Biélorussie occupe une place d’État tampon entre les pays cités et la Russie qui ne souhaite en aucun cas se retrouver frontalière avec l’Union européenne et par conséquence avec l’Europe occidentale. Alors quel avenir se dessine-t-il pour la Biélorussie ? Soit Vladimir Poutine joue le jeu diplomatique de l’ouverture en abandonnant Alexandre Loukachenko, soit celui-ci reste fidèle à l’histoire de feu l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie en tenant ses distances avec le monde occidental. Dans les deux cas, il semble bien que ce soit Moscou qui soit en position d’arbitre, Alexandre Loukachenko occupant celui de pion, et le peuple biélorusse, de victime.

Pragmatisme ou vision 

La pandémie de covid-19 et ses conséquences économiques et sociales ont poussé l’exécutif à dévoiler un plan de relance d’envergure. Clairement pro-entreprise, celui-ci est présenté comme un modèle de pragmatisme. Mais ce-dernier ne s’affranchirait-il pas d’une vision plus ample des décennies à venir ?

Le pragmatisme peut-il tenir lieu de politique ou d’idéologie ? C’est la question qui se pose à ce jour alors que le Président de la République a largement dépassé les trois ans de mandat mais est encore loin de l’échéance de mai 2022. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/idees) Entre croissance économique florissante brisée sur les écueils du coronavirus et plan de relance destiné à sauver l’économie française en donnant un quasi blanc-seing aux entreprises, le Président Macron, a non seulement affiché sa préférence, mais a aussi rompu avec l’idée de vouloir se réinventer comme proposé durant le confinement. Les méthodes et les plans avancés ne rompent guère avec l’ancien monde qu’Emmanuel Macron voulait pourfendre pour donner au pays un souffle nouveau.

Reproche et conséquences

Sauf que le locataire de l’Elysée ne pouvait se douter que le coronavirus anéantirait tous ses espoirs de grandeurs et de puissance tant espérés. On ne peut lui faire le reproche de s’être heurté aux effets de la pandémie, il n’est d’abord par le seul, mais on pourrait cependant lui tenir rigueur d’avoir comme apportée comme seule réponse une option plus libérale que sociale, plus entrepreneuriale que salariale. Certes, d’aucuns argueront que la survie de l’économie est tout aussi impérieuse que nécessaire et que rien ne doit entraver le redémarrage de l’activité. L’argument est valable et séduit un électorat plus proches des thèses libérales que progressistes et à quelques mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a dû juger cette option plus utile. Mais peut-aussi que le pragmatisme aurait-été de s’interroger sur les désirs profonds des Français en ces temps troublés de pandémie, de menaces sur l’emploi et de craintes réelles sur l’avenir ? Sans pour autant négliger l’aspect économique de la situation, un intérêt plus grand apporté aux conséquences sociales et sanitaires générées par la pandémie (mise en évidence de la sous-capacités des hôpitaux, fragilité des établissements d’accueil des personnes âgées, impuissance de l’Education nationale face aux élèves décrocheurs pendant le confinement, inquiétudes des salariés en chômage partiel,….) n’aurait en rien gâché la conception pragmatique de la gestion des affaires de l’État au sens large du terme.

Contraintes et audace

Certes devant le procès fait au Gouvernement suite à l’annonce du plan de relance qui ne demandait in fine aucune contrepartie aux entreprises bénéficiaires du plan en question, le Ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, a admis étudier l’idée d’imposer certaines contraintes aux entreprises. (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/economie-france). Mais est-ce que l’annonce à doubler d’une obligation sera suffisante pour gommer l’impression par trop libérale laissée par la décision initiale. A l’heure, où les Français et bien d’autres peuples à la surface de la Terre tentent de se remettre de la pandémie et de ses conséquences, comprennent que les prochaines décennies ne pourront être envisagées comme les précédentes, le pragmatisme aurait peut-être dû se confondre avec une audace bienvenue. Ainsi, et par exemple, verdir le plan de relance pour se dédouaner de toute indifférence à l’endroit des considérations environnementales n’est pas suffisant. A l’arrivée, si le pragmatisme rime avec gestion de l’urgence, on peut avancer que le plan proposer par le Président de la République et le Gouvernement est globalement, bien qu’imparfait, adapté à la situation. Mais si le pragmatisme se veut plus ample, alors cela se nomme une vision de demain et d’après demain. Et pour l’heure, le compte n’y est pas.