Netanyahou, l’hubris et Créon

En avertissant Benyamin Netanyahou d’un risque de perte du soutien international dans son combat contre le Hamas, Joe Biden ouvre une porte de sortie honorable Israël. Mais charnellement lié au conflit, le Premier Ministre israélien sait son destin scellé en cas de dérive du conflit.

En affirmant qu’Israël était progressivement en train de perdre le soutien international dans sa guerre contre le Hamas via ses bombardements aveugles touchant indifféremment civils et combattants du mouvement terroriste, Joe Biden a jeté un pavé dans la mare. Certain que ses propos seraient entendus par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président des Etats-Unis espère que l’État hébreu finira dans les plus brefs délais par canaliser et probablement assouplir son intervention militaire et pour cause : Les Etats-Unis figurent parmi les rares soutiens à Israël. Pourtant, ce conflit, ouvert après le 7 octobre, apparaît, comme une forme de fuite en avant de la part de Benyamin Netanyahou, dont le Cabinet, contesté dans sa composition par la Maison Blanche qui le juge beaucoup trop sévère et va-t-en-guerre, pousse pourtant à accentuer l’offensive. Mais le Premier ministre israélien sait aussi qu’une interruption de l’offensive ou l’acceptation d’une solution à deux Etats – Israël et Palestine – signerait la fin de sa carrière politique.

Dégâts collatéraux

Car pour avoir intrinsèquement lié son destin politique à celui d’Israël et de ce conflit en particulier, Benyamin Netanyahou, par hubris, a certainement franchi la frontière qui sépare la carrière du destin. Tel Créon qui exposa le corps de Polynice au soleil de Thèbes, Benyamin Netanyahou a lié sa trace dans l’Histoire à celle de l’éradication du Hamas, fusse au prix de victimes civiles, vues comme des dégâts collatéraux, à un conflit perçu comme vital par le Premier ministre israélien. Et la question de se poser : l’est-il finalement ? Aux yeux de Benyamin Netanyahou assurément. Mais dans une optique à long terme, les bombes qui ont jeté sur les routes des milliers de gazaouis sont autant de prétextes dans les années à venir pour la jeunesse palestinienne pour encore mener le combat contre Israël. Il n’y a plus guère de doute que le Hamas disparaisse, traqué qu’il est par Tsahal, mais la rancoeur née d’une offensive israélienne ne s’éteindra pas au lendemain de l’arrêt des combats. La seule solution qui s’impose aujourd’hui est naturellement d’opter pour une solution à deux Etats mais si celle-ci est plébiscitée par la communauté internationale, Israël sous la coupe de Benyamin Netanyahou ne semble pas ouverte à cette option pour les raisons citées. Eradiquer le Hamas et placer la bande de Gaza sous l’autorité israélienne, souhait de Benyamin Netanyahou, qui se résume à une annexion de fait du territoire, allumerait la mèche d’un embrasement de la région.

Discorde sans fin

Le fragile Liban, déjà otage du Hezbollah, la Jordanie, soucieuse de préserver son indépendance et surtout l’Arabie Saoudite peu encline à supporter plus encore les conséquences du conflit sur les cours du pétrole pourraient cependant prendre fait et cause pour la Palestine démembrée et accablée. Et dans cette hypothèse, il serait difficile aux Etats-Unis de continuer à soutenir la politique israélienne tant la déstabilisation de la région serait catastrophique. In fine, il apparaît simplement que la balle est dans le camp hébreu. Poursuivre le conflit coûte que coûte revient à semer les graines d’une discorde sans fin ; cesser in petto le combat signerait la fin de la carrière politique de Benyamin Netanyahou y compris en cas d’annexion de la bande de Gaza. En jouant sur le principe de la sécurité de l’État hébreu, Benyamin Netanyahou a volontairement omis de songer à celle des Gazaouis. Jeu risqué qui se retournera indubitablement contre lui, les propos de Joe Biden lui ouvrant toutefois une porte de sortie honorable sous la forme d’un avertissement. L’entendra-t-il ?

A l’école de la presse

L’influence croissante des chaînes d’informations en continu interroge sur le rôle de la presse dans nos sociétés et sur une éducation aux médias devenue essentielle mais pourtant défaillante.

Alors que les débats toujours plus houleux se multiplient sur le poids et le rôle des chaînes d’informations en continu, il n’est pas aujourd’hui inopportun de s’interroger sur la fonction première des médias et de la presse dans un monde bouleversé par l’explosion des réseaux sociaux et de l’information en temps réel. D’un point de vue historique et étymologique, la fonction de la presse reste celle d’informer avec, point d’éthique fondateur, une obligation permanente d’objectivité. Obligation certes mais qui dès l’origine a souvent été éludée au profit de ce qu’il est couramment commun de nommer la presse d’opinion. Jusqu’alors, que le monde de la presse soit scindé en plusieurs chapelles, souvent teintées d’appartenances politiques distinctes, ne semblait pas émouvoir le grand public qui trouvait dans la pluralité journalistique le ou les supports qui lui convenait et ce au regard de la sensibilité de chacun.

Immédiateté

Mais l’émergence des réseaux sociaux, immédiats et instantanés, faisant de n’importe quel quidam muni d’un téléphone mobile équipé d’une caméra un journaliste de circonstance, ont poussé nombre de supports à devoir se réinventer pour répondre à cette demande d’immédiateté d’ailleurs née de l’offre d’information souvent brute, non vérifiée et sujette à caution délivrée par ces journalistes, au mieux, en herbe, au pire accidentel. S’en est donc suivi une cascade de surenchère informationnelle que le commun des mortels, habitué jusqu’alors à un paysage médiatique arrêté, a reçu frontalement, parfois en le refusant, souvent en l’acceptant. Désormais rivé devant des chaînes d’informations continu souvent elles-mêmes friandes des rebonds des réseaux sociaux, le grand public s’abreuve d’une actualité multiforme et facilement orientable car adressée à des téléspectateurs avides d’informations et non plus de réflexion. Cette dernière vécue comme exigeante et laborieuse a cédé le pas à une information débitée à un tel rythme qu’elle empêche toute forme de recul pourtant nécessaire à une compréhension juste du monde. Associée à une éducation aux médias défaillantes dans les établissements scolaires eux-mêmes rongés par l’influence des réseaux sociaux, une atmosphère paradoxale a ainsi émergé au sein de nos sociétés où se disputent méfiance croissante envers les médias et plébiscite des chaînes d’infos souvent premiers vecteurs d’informations pour une opinion désormais sans repère.

Torrents d’informations

Car la presse a longtemps joué un rôle de repère. La fiabilité des informations diffusées, vérifiées et attestées, la compétence des journalistes, cultivés et pondérés, autant d’éléments qui, conjugués au rôle et à l’influence de l’école, structuraient des sociétés fières de pouvoir se prévaloir de la liberté d’expression et de la presse. Or, si ces deux libertés n’ont pas disparu, leur utilisation peut aujourd’hui être discutée car celles et ceux qui s’en prévalent et en usent, le font sans mesurer les conséquences qui en découlent. Au nom de l’information et de la liberté consubstantielle qui la sous-tend, les chaînes d’informations en continu déversent des torrents d’informations sans nécessairement imaginer l’impact que celles-ci auront sur les téléspectateurs. Car de l’autre côté de l’écran, c’est un public pluriel et divers, aux références, aux principes, à la culture tous différents les uns des autres qui reçoit ces informations et qui ne réagira donc pas nécessairement de la même manière au flot informationnel. Peu évoquée par peur de stigmatiser ceux qui n’en n’ont pas reçu, l’éducation au médias est pourtant essentielle pour comprendre leur rôle et leur mode de fonctionnement tant il s’avère, comme évoqué précédemment, que celle-ci est défaillante. Pis ! Force est de constater que ce sont aujourd’hui chaînes d’informations et réseaux sociaux, in fine des outils d’informations, qui se voient quelque part chargés de cette éducation au médias. Comme si le marteau enseignait au charpentier comment l’utiliser…

Rousseau et la fracture

Tiraillée par des tensions sociales aux origines diverses, la France traverse une profonde crise de confiance à l’endroit de son modèle fondateur au risque de voir se rompre le contrat social qui sous-tend la notion de vivre-ensemble.

Affirmer que l’Hexagone est aujourd’hui en proie à d’inquiétantes tensions est un euphémisme. Alors que se dressent, face à face, deux blocs composés d’extrémistes animés de rancoeurs et de haines se nourrissant l’une l’autre, le pays s’enfonce lentement mais sûrement dans une crise sociale dont il est difficile de mesurer l’ampleur et les conséquences à venir. Parallèlement entretenue par l’inertie de discours politiques soit vains et stériles, soit teintés de radicalité, ladite crise n’épargne aucun segment de la société. De l’économique à l’éducatif, l’entièreté du pays est touché par ce marasme d’où émerge une forme de délitement des principes qui soutenaient jusqu’alors la société française. D’aucuns évoqueraient un changement de modèle, influencé par le vent de l’Histoire qui pousse chaque civilisation à épouser de nouvelles règles tacites quand d’autres y voient l’effondrement d’un modèle désormais au bout de ses capacités. Les deux options ne sont ni à balayer du revers de la main, ni à même de susciter une adhésion pleine et entière. Et il appartiendra à chacun de choisir celle qui lui convient, si l’une d’entre elle lui convient.

Forces profondes

Pour autant, une réalité s’impose : les premières manifestations de ces tensions sont la recrudescence des violences verbales et physiques de tout ordre à commencer par les actes anti-sémites qui sont en nette augmentation en 2023 au regard des années précédentes (Plus de 1518 actes recensés depuis le 7 octobre – données du 15 novembre 2023). Sans cristalliser le débat autour de cette seule question, il apparaît cependant que ce type de violences caractérisent aussi les passions obscures, les forces profondes comme décrites par l’historien Pierre Renouvin pour donner corps à ces lames de fonds venues des entrailles de la société française. Cette sensation de malaise ambiant nourrie de médiocrité politique, de superficialité institutionnalisée, de réseaux sociaux véritables réservoirs à haines tend ainsi à ronger une société qui ne peut plus désormais masquer ses fractures. Est-ce à dire que le contrat social cher à Rousseau, pierre angulaire du vivre ensemble a été rompu ? Là encore, il appartient à chacun d’en juger mais force est de constater que la vision collective de la destinée de la nation a cédé le pas à un amalgame d’intérêts individuels tendant à l’exclusion de ceux qui n’y adhèrent pas. Exemple type de cette désagrégation et de la rupture du contrat social : la crise traversée par l’Ecole.

Officine

Inutile ici de revenir sur la somme de problèmes qui l’accable et la fragilise, mais posons une simple question. Est-elle encore respectée comme elle le fût ? Devenue une officine pour de nombreux élèves et parents, celle qui aurait dû être préservée et considérée comme le gardien du temple des clefs républicaines, a été bafouée, vendue à la facilité à des fins de paix sociale, bradant la notion mère de méritocratie au profit de l’indifférenciation et de l’égalitarisme forcenés. Résultat : une institution déclassée, pour ne pas dire décavée, qui a perdu toute sa légitimité alors que cette même légitimité aurait permis de lutter contre cette sensation de malaise en renforçant l’idée d’appartenance à la République. Abandonnée, concurrencée par les réseaux sociaux aux contenus faciles et séduisants, l’Ecole a dû baisser les bras en nivelant ses exigences par le bas, terrassée par un égalitarisme triomphant. Pour l’heure, seul le constat d’une société fracturée prévaut. La potion risque cependant d’être plus amère quand viendra le temps d’assumer les conséquences des fractures en question.

Tenter le diable

L’élection de Javier Milei à la présidence argentine confirme la montée en puissance du populisme comme alternative politique. Dans un pays déclassé, les Argentins ont fait le choix de l’expérience populiste alors que nombre de tentatives se sont soldées, en Amérique ou en Europe par des échecs cuisants.

Ainsi, les Argentins ont-ils élu à hauteur de 55,7 % des voix Javier Milei, candidat anti-système, se définissant lui-même comme un anarcho-libéral, désireux de pourfendre l’héritage justicialiste du peronisme. Plus clairement, l’homme, ouvertement populiste, entend effectuer des coupe-sombres dans la dépense sociale argentine, remplacer le peso argentin par le dollar et redonner à l’Argentine l’espoir qui l’avait abandonnée rongée par une inflation de 140 %. Au lendemain d’une victoire saluée par Jair Bolsonaro, ancien président brésilien et Donald Trump, ancien président des Etats-Unis, les questions ne cessent portant d’émerger. Entre volonté démocratique des Argentins de porter au pouvoir un homme qualifié de neuf et la nécessité d’extraire l’un des plus grands pays d’Amérique du Sud du marasme qui l’étreint depuis plusieurs années, pourquoi s’engager sur une voie déjà empruntée par d’autres nations au cours des dernières années, et dont les résultats ne sont plus à démontrer ?

Liste de déçus

En 2016, le Royaume-Uni portait à sa tête le bouillonnant Boris Johnson pour sortir de l’Union Européenne, pour aujourd’hui regretter un choix qui pousse Rishi Sunak, Premier Ministre britannique à réfléchir à de nouvelles formes d’alliances avec l’Europe politique. Aux Etats-Unis, l’aventure trumpienne s’est achevée par une impressionnante et pathétique prise d’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 par les partisans de l’ancien président refusant la victoire de Joe Biden. La liste des déçus du populisme est longue et pourrait encore s’allonger tout comme elle trouverait des partisans arguant de la pertinence de tels discours et de tels régimes que ce soit en Turquie, en Hongrie ou en Russie. Pour autant, la victoire de Javier Milei traduit, à l’échelle argentine et sud-américaine, le malaise et le mécontentement social d’un pays éloigné des grands flux de la mondialisation et de ses fruits. Mais a contrario, nombreux sont aussi les pays baignés par les produits de la globalisation qui ont poutant cédé aux sirènes du populisme. La réponse est donc à chercher ailleurs, et peut-être tout simplement dans l’échec des politiques menées précédemment au sein de pays forts de disparités sociales lourdes et souvent visibles. Car il s’agit bien là d’un point commun à ces nations ayant basculé dans le populisme : les disparités sociales. Des pans entiers de populations se sentent ainsi, à tort ou à raison, marginalisées ou écartées des flux socio-économiques amenant à une reconnaissance sociale et une certaine aisance économique.

Idée et circuit mondialisé

Souvent acculturées, ces mêmes franges de population cèdent à des discours peu étayés qui prétendent résoudre simplement des équations sociales et économiques pourtant des plus complexes. Avancer, comme le prétend Javier Milei, remplacer le peso argentin par le dollar, laisse à penser que l’Argentine se dotera par là même de la puissance de la première monnaie mondiale et des avantages qu’elle véhicule. L’idée est séduisante mais renvoie à des mécanismes financiers complexes qui s’appuie sur la solvabilité d’une nation et non pas sur un argument de campagne tapageur. La montée en puissance des populismes, finalement mondiale, n’est plus réservée à un lot de nations aux réalités sociales violentes issues des affres d’un libéralisme débridé, habitées de populations incapables, pour de multiples raisons, de s’insérer dans le circuit de la mondialisation. Cette dernière serait d’ailleurs à interroger quant à sa capacité à générer une forme de bonheur universel tant vanté par ses partisans. Il appartiendra aux historiens et sociologues de présenter dans plusieurs années quels ont été les résultats apportés par la mondialisation. Mais pour l’heure, c’est au tour de l’Argentine de faire l’expérience populiste. Avec les résultats que l’on connaît dans les autres pays ayant tenté la même aventure…

Une présence à haut risque

Présent lors de la manifestation contre l’antisémitisme, le Rassemblement National poursuit sa quête de légitimité au sein d’un paysage politique totalement bouleversé et désorienté. Au risque de voir le parti d’extrême droite s’imposer plus encore.

Pour reprendre les mots de l’historien Grégoire Kauffmann (Le monde.fr – 12 novembre 2023), la présence du Rassemblement National lors de la marche contre l’antisémitisme tenue à Paris et dans plusieurs villes du pays est « le signe d’une profonde recomposition du jeu politique ». Le parti d’extrême droite, d’ailleurs reconnu comme tel par le Conseil d’État le 29 septembre dernier, cherche depuis plusieurs années, et de manière assez grossière, à se défaire d’une part de son passé et de son image de parti extrémiste mais aussi à gagner une forme de respectabilité politique, voire idéologique qui tendrait à légitimer le discours global de la formation présidée par Jordan Bardella. Usant des dérapages de la France Insoumise pour, une fois encore, polir et policer son image, le Rassemblement National court après toutes les opportunités possibles afin de redorer son blason. Et la marche contre l’antisémitisme figure au rang de ces opportunités que le mouvement politique tente de saisir. La question qui émerge désormais face à cet entrisme, est donc de savoir si les tentatives de légitimisation porteront leurs fruits ?

Solutions et contemporanéité

L’opinion publique, souvent versatile, fragile et fracturée, peut pour une partie d’entre elle céder aux sirènes d’un populisme xénophobe facile et simplificateur qui prétend résoudre les maux contemporains alors que les solutions proposées ne feraient qu’aggraver une ou des situations déjà complexes. Pour autant, la présence du Rassemblement National lors de cette manifestation sensée illustrée la concorde nationale ne lasse pas d’interroger sur la capacité des autres partis politiques à proposer et développer un discours empreint de contemporanéité susceptible de répondre aux maux du temps. La médiocrité de la classe politique française, maintes fois dénoncée, touche cette fois à son paroxysme car incapable de décrédibiliser le discours d’un parti aux ambitions claires et annoncées. Il sera ainsi malaisé en quelques semaines de refondre le paysage politique pour tenter de voir émerger une ou plusieurs figures à même de proposer un discours riche de vision et de gravité. L’élection d’Emmanuel Macron témoigne aussi à sa façon de la pauvreté intellectuelle de la classe politique hexagonale. Sans concurrent direct, et à deux reprises 2017 et 2022, l’ancien énarque a été élu avec pour opposant au second tour un candidat, d’ailleurs le même, d’extrême droite.

Antithèse et digues

S’il fallait un signal annonciateur de la décrépitude du climat et du paysage idéologique français, celui-ci ne pouvait être plus évident. Pis ! La présence du Rassemblement National à la manifestation citée en préambule tendrait à banaliser un parti aux fondements à l’antithèse des principes républicains voire démocratiques. Cette banalisation, concomitante et corollaire de la superficialité et de l’ignorance de la société, travaille ainsi et parallèlement, à l’abêtisation de cette même société séduite par la facilité d’un discours défaits de toutes arguties ou thèses réflexives. S’il devait encore rester des digues capables de résister à la progression de l’extrémisme en France face aux mouvements populistes de cet ordre, il semble bien que la présence du Rassemblement National lors de la manifestation les a rompues. Reste donc à savoir, deuxième question qui émerge au soir de la manifestation, comment le mouvement d’extrême droite récupérera sa présence. Il est ainsi à craindre que cette récupération ne soit en rien neutre ou passée au second rang mais, bien au contraire, serve de passeport et de linceul de probité à un parti pressé de voir s’annoncer 2027.

Des bombes aux éclats de haine

En cherchant à anéantir le Hamas au nom de sa sécurité légitime, Israël nourrit aussi par son action militaire massive la haine et la rancoeur des futures générations palestiniennes à même de grossir les rangs de futurs groupes armés anti-israéliens.

Il est possible, du moins probable , au regard des moyens militaires déployés par Israël que le Hamas soit dans les semaines, voire les mois à venir, totalement anéanti. Les bombardements massifs et l’offensive terrestre menés par Tsahal laissent peu d’espoir aux combattants du groupe terroriste bien que protégés par un labyrinthique réseau de tunnel traversant de toutes parts la bande de Gaza. Est-ce à dire qu’une fois l’offensive militaire achevée, Israël sera définitivement débarrassé du Hamas ? Débarrassé du Hamas certainement. Du terrorisme islamique visant à détruire Israël certainement pas. Car autant les exactions commises par la Hamas sont condamnées et condamnables, fruit d’une violence aveugle et insupportable sans but ou objectif, autant l’offensive menée par Israël relève de la même logique à la différence que celle-ci se drape dans le linceul de la sécurité d’Israël, logique quelque part légitimée par la communauté internationale peu encline à voir s’embraser plus encore le Proche-Orient.

Haine et vengeance à retardement

Ainsi, en bombardant sans relâche le nord de la bande de Gaza, en terrorisant des populations civiles, loin des préoccupations du Hamas, en multipliant par ces mêmes bombardements le nombre de victimes gazaouis, Israël sème les graines d’une haine et d’une vengeance à retardement. Il n’est ainsi pas impossible que les enfants palestiniens aujourd’hui contraints à l’exode devant le coup de force israélien deviennent dans les années à venir les combattants ou les soutiens de nouveaux groupes terroristes, islamistes ou non, prêts à en, découdre avec la nation hébreu en mémoire de la guerre actuelle. Engagés dans des luttes extrémistes, Hamas et Israël, ne semblent ni l’un ni l’autre mesurer combien la guerre actuelle, et certainement celles qui ont précédé, nourrit et ont nourri des générations de combattants ou de soldats de Tsahal afin d’éliminer des hommes et des femmes désignés comme ennemis.

Devant cette situation tout à la fois catastrophique, ubuesque et dramatique, la voix de la diplomatie est tout simplement étouffée devant la détermination des belligérants. Il ne peut d’ailleurs en être autrement car la diplomatie, qui est aussi l’art de la raison en matière de politique extérieure, souvent prompte à proposer et se satisfaire d’un compromis, ne peut ici s’exprimer au regard des passions sourdes et destructrices qui animent les deux camps.

Devant cette situation tout à la fois catastrophique, ubuesque et dramatique, la voix de la diplomatie est tout simplement étouffée devant la détermination des belligérants. Il ne peut d’ailleurs en être autrement car la diplomatie, qui est aussi l’art de la raison en matière de politique extérieure, souvent prompte à proposer et se satisfaire d’un compromis, ne peut ici s’exprimer au regard des passions sourdes et destructrices qui animent les deux camps. A ce jour, le premier risque qui pourrait s’ajouter au conflit actuel serait un embrasement qui pousserait le Liban dans le chaos car abritant sur son sol le Hezbollah, lui aussi soutenu par l’Iran, soufflant lui-même sur les braises de l’affrontement sans pour autant apparaître en première ligne car placé sous l’étroite surveillance de la communauté internationale et des Etats-Unis en particulier. In fine, si la guerre russo-ukrainienne a déstabilisé l’Europe en déplaçant son point de gravité de l’Ouest vers l’Est, il est clair, comme cela l’est depuis la Déclaration Balfour de 1917, que l’espace géopolitique le plus tendu de la planète, reste le Moyen-Orient, terre de tensions et de passions ancestrales dont on se demande si elles seront un jour canalisées et apaisées.

Deux légitimités, une logique

Gaza sous les bombardements israéliens le 23 octobre 2023. (Photo libre de droits)

Alors que le conflit israélo-palestinien s’enlise dans un affrontement sans fin, se pose la question de la légitimité de deux peuples aux droits similaires, celui de vivre en paix dans leurs Etats propres et indépendants.

Alors que se prépare une très certaine opération militaire terrestre israélienne visant à envahir la bande de Gaza afin d’éradiquer, selon les dires des autorités hébreux, définitivement le Hamas, se pose malgré tout la question de la relance du processus de paix. Articulé autour de l’idée que chacun des deux peuples, Palestiniens et Israéliens, puissent vivre sur la même terre dés lors partagée, ce processus semble bien désormais dans l’impasse. Pourquoi ? Car lorsque deux légitimités s’affrontent, deux solutions s’offrent à elles. Soit le parti de la tension et de la guerre, ce qui est à ce jour le cas ; soit le parti du compromis, ce qui fut dans les années quatre-vingt-dix le cas avec les accords de Camp David signés en 1993 (eux-même faisant suite aux accords de 1979).

Gazaouis en étau

Or, à ce jour, Gaza, qui est devenu l’épicentre de toutes les tensions et de toutes les rancoeurs que le conflit israélo-palestinien a généré, est aussi devenu l’espace mettant en évidence l’inertie des Occidentaux, notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont, l’un et l’autre, laissé s’enliser depuis des années Israël et Autorités palestiniennes dans une multitude d’erreurs diplomatiques et politiques.

Abandonnée, délaissée, aux mains du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza ne pouvait finalement que devenir le repère d’un terrorisme aveugle, dont Israël subit les conséquences et par voie de ricochets, les Gazaouis pris en étau entre l’État hébreu et le fanatisme du Hamas.

Pariant sur la disparition progressive de l’entité géographique palestinienne, les Occidentaux ont laissé se poursuivre le processus de colonisation israélien dans les territoires occupés tout en détournant les yeux de la poudrière que devenait Gaza. Abandonnée, délaissée, aux mains du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza ne pouvait finalement que devenir le repère d’un terrorisme aveugle, dont Israël subit les conséquences et par voie de ricochets, les Gazaouis pris en étau entre l’État hébreu et le fanatisme du Hamas. Au rang des solutions qui se posent aujourd’hui, la seule qui vaille à ce jour, est, en dépit des revendications historiques israéliennes légitimes, d’accorder aux Palestiniens une terre qui fera Etat au sens politique, administratif et culturel du terme. Car accorder aux Palestiniens un territoire n’est pas nier l’existence d’Israël, voire engager une logique de réduction de son espace originel, c’est reconnaître l’existence politique et culturelle d’un peuple, aux aspirations légitimes et respectables.

Compromis et Histoire

Opter pour une solution de compromis n’est pas renvoyer dos à dos les adversaires d’aujourd’hui pour nourrir les rancoeurs des générations futures, c’est privilégier la paix au profit de deux peuples au regard des évolutions morales du siècle. Penser la Palestine telle qu’elle le fut en 1948, lors de la création d’Israël, n’a peut-être aujourd’hui plus de sens. En revanche, accepter de partager une terre millénaire, chargée autant d’histoire que de symboles, constituerait une étape clef dans la géopolitique locale mais pas seulement. Elle pourrait aussi inspirer d’autres foyers de tensions à repenser leur rapport à l’autre. Pour l’heure, rien ne semble aller dans ce sens. Et si les déclarations récentes (Joe Biden réaffirmant son soutien à Israël, Emmanuel Macron confirmant son intention de lutter contre le terrorisme islamique tout en reconnaissant la nécessité de créer un Etat palestinien) tendent à l’apaisement et à la reprise du processus de paix, le conflit semble s’enkyster dans une logique absolue de destruction, voire d’éradication de Gaza.

La fin de la récréation a sonné

Le drame survenu au Lycée Gambetta, à Arras, où un professeur a été tué par un individu radicalisé relance le débat sur la protection des enseignants dans l’exercice de leurs fonctions mais plus encore sur les réformes immédiates à engager afin de réhabiliter une profession dévalorisée, voire méprisée.

Deux heures d’échanges et de discussions, voilà ce que le Ministère de l’Education Nationale a accordé aux enseignants des collèges et lycées quelques jours après la mort de Dominique Bernard, professeur de Lettres, à Arras. L’intention, louable et finalement bienvenue, aura permis à la communauté éducative d’opérer une forme de recueillement en mémoire de leurs collègues disparus car il convient aussi d’honorer la mémoire de Samuel Paty, décédé voilà trois ans dans des circonstances aux origines similaires. Mais au-delà de ce temps de parole, se pose clairement la question, à savoir : quelles mesures prendre désormais pour éviter que de tels drames se reproduisent ? L’Ecole républicaine, visée car elle incarne la lutte du savoir contre l’obscurantisme, se révèle être en première ligne dans une société fragmentée et déboussolée d’où sa porosité aux discours extrémistes et aux actes de violence terroriste.

Libre-arbitre

Partant de ce constat, il apparaît aussi illusoire de croire que les outils brandis par les enseignants que sont la formation à la citoyenneté, la transmission du savoir et de la connaissance, la construction de l’individu par l’apprentissage du libre-arbitre et de la liberté de pensée suffisent aujourd’hui à parer les coups des individus fanatisés, d’évidence imperméables à un discours nourri de tolérance et de respect de la différence. Le chantier qui s’annonce pour protéger les enseignants et les principes républicains qu’ils portent se révèle donc immense, et, force est de constater que pour l’heure, hormis deux heures d’échanges, rien de concret n’a été proposé. La réaction de l’institution et de l’État dans son ensemble tardent à venir alors que voilà des décennies qu’enseignants et communauté éducative alertent sur les atteintes multiples à la fonction. Violences verbales et parfois physiques, mépris généralisé, ou en voie de l’être, de la fonction par les élèves et les parents, pour certains du moins. Sans compter les atteintes récurrentes à la laïcité qui se multiplient quasiment à l’envi. Longtemps vu comme un espace épargné par les spasmes de la société, et ce dans une vision idéalisée de l’école, il apparaît que l’Ecole n’est en réalité qu’un microcosme des maux d’une civilisation rongée par l’individualisme, la médiocrité et les flots d’aberrations multiples et variées véhiculées par Internet et les réseaux sociaux.

Place dans la société

Attaquée dans sa mission pédagogique, l’Ecole est aussi victime des errements d’une société aujourd’hui incapable de faire corps face à des contre-modèles qui appellent à sa destruction. Que faire donc ? Et bien dans un premier temps, peut-être serait-il judicieux de rendre aux enseignants la place qui leur revient dans la société. A commencer par les reconnaître comme celles et ceux chargés de former les générations à venir en cessant de les percevoir banalement comme les employés d’une officine nommée Education nationale. Ensuite, revaloriser la fonction, pas uniquement du point de vue salarial, mais du point de vue social, sans tomber dans un excès aux effets, par ailleurs dévastateurs. Autant de pistes de réflexion que le Ministère pourrait concrétiser dans les meilleurs délais car le temps presse. La profession attire de moins en moins et les récents évènements risquent de raréfier les quelques postulants à la fonction. Et ce ne sont pas deux heures supplémentaires d’échanges qui inverseront la tendance ou endigueront les potentiels drames à venir.

Une Histoire sans fin

L’offensive menée par le Hamas contre Israël s’inscrit dans la lignée des agressions antérieures menées de part et d’autre de la frontière du Liban Sud. Mais elle confirme aussi la situation de guerre permanente de l’État Hébreu depuis 1948 et augure d’un XXIème siècle aussi tendu que le précédent.

C’est face à un Etat hébreu qui s’enfonce depuis plusieurs mois désormais dans une crise institutionnelle que le Hamas a déclenché l’une de ses plus violentes offensives contre Israël. Sanglante et meurtrière, cette offensive, pousse l’État hébreu vers une guerre qu’il ne souhaitait en rien mener en raison de l’incertitude des résultats. Pour autant, si cette agression ne manquera pas de s’inscrire dans la liste, déjà longue, des multiples coups de force menés par le Hamas contre Israël, celle-ci renvoie aussi à une évidence géopolitique qui n’a guère évolué depuis 1948, à savoir que l’État hébreu se trouve en situation de guerre permanente et ce depuis sa création. Si cette situation se révèle déjà une aberration en soi, elle s’inscrit aussi dans une région du monde, de fait, devenue des plus sensibles, celles où se déchirent les passions ancestrales, et les alliances et les soutiens internationaux sur fond tensions sur le marché de l’or noir.

Poudrière

Certes, nombre d’observateurs avisés souligneront qu’il n’y a aucun point commun avec la Guerre du Kippour de 1973, conflit qui avait provoqué, par ses effets induits sur les cours du pétrole, et entre autres causes, l’une des plus profondes crises économiques du monde occidental. Mais passé ce constat historique, une réalité s’impose, le Proche-Orient, celui où est née l’écriture et les premières cités-Etats, est, et pour de nombreuses années encore, une poudrière que rien ne semble éteindre. Opposant deux peuples, mus de convictions et de croyances religieuses anciennes et indéracinables, elles-mêmes moteurs de passions humaines qui renvoient aux premières religions monothéistes, ce nouveau conflit présente toutefois certaines différences avec les précédents. La radicalité des deux principaux acteurs, ici les fractions ultra-religieuses juives qui hantent la Knesset, prompte à intensifier le processus de colonisation, et le Hamas chiite, soutenu par l’Iran, ennemi juré d’Israël, toutes deux convaincues de leur bon droit, entretiennent ainsi un climat d’hostilité qui constitue le premier terreau d’un affrontement appelé à perdurer.

Guerres larvées et impasse diplomatique

Dès lors, se pose la question d’un arrêt des combats en premier lieu pour la sécurité des populations civiles. Mais là encore, un arrêt des combats ne signifie pas paix encore moins plan de paix. Est-ce à dire que le Proche-Orient du XXIème siècle sera comme il le fut dans la seconde moitié du XXème siècle, un espace de guerres larvées ou ouvertes, une impasse humaine, religieuse et diplomatique ? Pour l’heure, les faits tendent à le prouver et la situation géopolitique mondiale n’est en rien faite pour éviter que le conflit s’interrompe. Focalisé sur la guerre ukraino-russe, le bloc occidental se serait allègrement passé d’un regain de tensions au Moyen-Orient, qui plus est facteur de désordre sur le marché de l’or noir déjà très capricieux. In fine, il ne reste plus aux chancelleries internationales qu’à espérer que le conflit s’éteigne aussi vite qu’il s’est rallumé. Dans l’attente du prochain ?

Otages d’obligation

Les difficultés rencontrées par les établissements scolaires dans la gestion des élèves perturbateurs renvoient à la notion d’obligation scolaire d’évidence mal comprise par certains et potentiellement devenue un fardeau pour nombre de collèges et lycées.

Et si l’on supprimait l’obligation scolaire ? Avant même de proposer un élément de réponse, d’aucuns s’exclameraient indignés en cris d’orfraie, mais au vu des difficultés rencontrées par les établissements scolaires face à certains élèves, la question mérite d’être posée. Tout d’abord, pondérons la question initiale. La suppression de l’obligation pourrait ne concerner que les collèges et les lycées ; l’école primaire garderait son caractère obligatoire avec un élagage des matières actuellement enseignées, caractère obligatoire se focalisant sur un triptyque lecture – calcul – écriture. L’école primaire pourrait être aussi renforcée dans sa mission fondatrice par l’intégration (comme en Allemagne) de la classe de sixième, qui se déroulerait non plus au collège mais à l’école primaire, les élèves n’accédant au collège que dès la classe de cinquième. Alors pourquoi donc ouvrir le débat la suppression de l’obligation ?

Logique d’uniformisation

Si à la fin du XIXème siècle, l’Ecole primaire a été rendue obligatoire (Loi de 1882), c’était avant tout pour ancrer la République, encore fragile (il suffit pour cela de s’attarder sur la tentative légitimiste de 1873 et la faiblesse des Lois Constitutionnelles de 1875 pour s’en convaincre) au sein d’une nation déchirée entre tentation républicaine et royaliste, voire bonapartiste. Parallèlement, l’obligation permettait aussi d’uniformiser une situation scolaire inégale jusqu’alors, d’assurer une logique d’alphabétisation continue de la population tout en travaillant à l’idéal républicain, réel ou fantasmé, sensé produire des citoyens exemplaires, fidèles serviteurs de la République. Pour autant, sommes-nous dans cette situation aujourd’hui ? A l’évidence non. L’Ecole et l’enseignement secondaire (collège et lycée) sont devenus otages de cette obligation, obligés qu’ils sont d’accueillir des élèves loin de se sentir concernés par leur scolarité, vécue comme une souffrance et non comme une voie d’émancipation. Ces élèves, souvent ingérables et perturbateurs, sont aussi et avant tout, les enfants de parents, souvent en rupture scolaire, critiques et dubitatifs à l’endroit de l’Ecole et qui usent de l’obligation scolaire, en confondant à dessein instruction et éducation, pour se dédouaner de toutes responsabilités quand au comportement de leurs enfants. L’obligation déresponsabilisant de fait l’individu, puisque l’élève ne se rend plus de lui-même à l’école mais par le fait d’une contrainte extérieure, nombre de parents transfèrent donc leur responsabilité sur l’Ecole alors que celle-ci instruit mais n’éduque pas. Or la confusion entre les deux termes est essentielle au regard des missions que chacun d’entre eux supposent.

Sens commun

Une fois l’obligation supprimée, sans que celle-ci ne nie ou n’altère le principe d’égalité car collèges et lycées resteraient accessibles à tous, parents et élèves seraient donc face à leurs responsabilités, cette nouvelle situation autorisant les établissements à refuser ou renvoyer un élève jugé, après faits avérés, de son enceinte. Aujourd’hui contraints de conserver ce type d’élèves au détriment de ceux enclins à l’étude, les établissements seraient donc libérés d’accueillir des élèves dénués de tout sens commun. Collèges et lycées se videraient d’élèves loin d’accorder à leur scolarité une quelconque priorité, scolarité de fait devenue leur seule responsabilité et non plus celle liée à une obligation, mais a contrario, se rempliraient d’élèves conscients que le savoir et la connaissance participent à la création d’une société libre et émancipée. Loin de trahir les idéaux des pères de l’Education, de Rousseau à Condorcet, cette idée mettrait à bas le concept de bienveillance et d’assistanat qui prévaut à ce jour dans de très nombreux établissements. Et que faire de ces élèves qui alors choisiraient de ne pas intégrer le collège ou le lycée ? La République, Etat de droit, renvoie aussi chacun à assumer les conséquences de ses actes. Mais que les thuriféraires de l’Education contemporaine se rassurent, ces quelques lignes ne constituent qu’une idée parmi tant d’autres et que chacun jugera à l’aune de ses convictions.