La Police hors la loi ?

Les récentes manifestations organisées à Paris ont encore une fois été émaillées de violences policières qui illustrent les excès d’une institution dépassée par les évolutions d’une société où se côtoient liberté d’expression et malaises sociaux. Explications.

Fallait-il des manifestations entachées de énièmes violences policières pour illustrer le malaise qui étreint l’institution placée en droite ligne sous la direction du Ministère de l’Intérieur ? A l’évidence non. Mais il est désormais clair que depuis quelques années aujourd’hui, il existe un malaise lourd et profond au sein de l’institution policière, les actes commis par les forces de l’ordre au cours des derniers mois en témoignent et ont souvent pour exutoire, pour ne pas dire bouc émissaire, des citoyens, parfois certes prompts à provoquer les gardiens de la paix, souvent amenés à subir les assauts excessifs des forces de l’ordre. Or, les manifestations qui se dont déroulés le 28 novembre dernier à Paris, ont certainement été celles qui ont fait déborder le vase de la patience du Président de la République, de l’Assemblée nationale et plus encore des Français fatigués de courir le risque de s’exposer à une série de violences policières à chaque rassemblement organisé sur la voie publique.

Saturation et confiscation

Reste désormais à établir les causes de ces débordements policiers jugés, à raison, comme intolérables en démocratie où la liberté d’expression, fût elle exprimée par la manifestation publique, est aussi garantie par le droit de l’exercer en sécurité et sous la protection de la police républicaine. D’aucuns avancent alors les problèmes structurels dont souffre la Police nationale : Manque d’effectifs, saturation psychologique des personnels, atteintes et menaces à leurs personnes et à leurs familles, manque de formation avancée des agents, contexte global de menace terroriste,… Les arguments ne manquent pas. Mais permettent-ils tout ? Il appartiendra à chacun de répondre à cette question mais il est aussi évident que la Police nationale n’est pas une milice au service d’un Etat que certains croient avoir confisqué ou dévolu à leur bon plaisir. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/idees/) La Police nationale est avant tout une institution républicaine sensée protéger et servir les citoyens qui appellent à sa rigueur et à son impartialité. Les violences constatées semblent ainsi durement enracinées dans une institution dépositaire de la force publique non pour se défendre elle-même ou régler des comptes de vendetta mafieuse mais pour protéger des citoyens en droit de réclamer une exemplarité inaltérable de ces forces de l’ordre.

Société malade et critères mouvants

Mais passé ce constat, il convient aussi de rappeler que l’institution policière est aussi, quelque par, le reflet d’une société malade et émotive, encline à la facilité intellectuelle, à la judiciarisation tout aussi facile, à des relents d’ignorance parfois crasse, violente dans ses modes d’expressions et à des poussées racistes ou xénophobes insupportables. L’institution policière se révèle ainsi dépassée par l’évolution de notre société car ancrée dans des schémas de fonctionnement hiérarchiques désormais obsolètes, celle-ci agit et réagit en fonction de critères qu’elle croyait figés et qui s’avèrent mouvants. Ici encore, il appartiendra à chacun de juger à l’aune de ses critères et, pour autant, avancer que la dégradation de nos sociétés a un effet pervers sur nos institutions, à commencer par celle de la Police nationale, n’est pas dénuée de vérité.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.