Des bombes aux éclats de haine

En cherchant à anéantir le Hamas au nom de sa sécurité légitime, Israël nourrit aussi par son action militaire massive la haine et la rancoeur des futures générations palestiniennes à même de grossir les rangs de futurs groupes armés anti-israéliens.

Il est possible, du moins probable , au regard des moyens militaires déployés par Israël que le Hamas soit dans les semaines, voire les mois à venir, totalement anéanti. Les bombardements massifs et l’offensive terrestre menés par Tsahal laissent peu d’espoir aux combattants du groupe terroriste bien que protégés par un labyrinthique réseau de tunnel traversant de toutes parts la bande de Gaza. Est-ce à dire qu’une fois l’offensive militaire achevée, Israël sera définitivement débarrassé du Hamas ? Débarrassé du Hamas certainement. Du terrorisme islamique visant à détruire Israël certainement pas. Car autant les exactions commises par la Hamas sont condamnées et condamnables, fruit d’une violence aveugle et insupportable sans but ou objectif, autant l’offensive menée par Israël relève de la même logique à la différence que celle-ci se drape dans le linceul de la sécurité d’Israël, logique quelque part légitimée par la communauté internationale peu encline à voir s’embraser plus encore le Proche-Orient.

Haine et vengeance à retardement

Ainsi, en bombardant sans relâche le nord de la bande de Gaza, en terrorisant des populations civiles, loin des préoccupations du Hamas, en multipliant par ces mêmes bombardements le nombre de victimes gazaouis, Israël sème les graines d’une haine et d’une vengeance à retardement. Il n’est ainsi pas impossible que les enfants palestiniens aujourd’hui contraints à l’exode devant le coup de force israélien deviennent dans les années à venir les combattants ou les soutiens de nouveaux groupes terroristes, islamistes ou non, prêts à en, découdre avec la nation hébreu en mémoire de la guerre actuelle. Engagés dans des luttes extrémistes, Hamas et Israël, ne semblent ni l’un ni l’autre mesurer combien la guerre actuelle, et certainement celles qui ont précédé, nourrit et ont nourri des générations de combattants ou de soldats de Tsahal afin d’éliminer des hommes et des femmes désignés comme ennemis.

Devant cette situation tout à la fois catastrophique, ubuesque et dramatique, la voix de la diplomatie est tout simplement étouffée devant la détermination des belligérants. Il ne peut d’ailleurs en être autrement car la diplomatie, qui est aussi l’art de la raison en matière de politique extérieure, souvent prompte à proposer et se satisfaire d’un compromis, ne peut ici s’exprimer au regard des passions sourdes et destructrices qui animent les deux camps.

Devant cette situation tout à la fois catastrophique, ubuesque et dramatique, la voix de la diplomatie est tout simplement étouffée devant la détermination des belligérants. Il ne peut d’ailleurs en être autrement car la diplomatie, qui est aussi l’art de la raison en matière de politique extérieure, souvent prompte à proposer et se satisfaire d’un compromis, ne peut ici s’exprimer au regard des passions sourdes et destructrices qui animent les deux camps. A ce jour, le premier risque qui pourrait s’ajouter au conflit actuel serait un embrasement qui pousserait le Liban dans le chaos car abritant sur son sol le Hezbollah, lui aussi soutenu par l’Iran, soufflant lui-même sur les braises de l’affrontement sans pour autant apparaître en première ligne car placé sous l’étroite surveillance de la communauté internationale et des Etats-Unis en particulier. In fine, si la guerre russo-ukrainienne a déstabilisé l’Europe en déplaçant son point de gravité de l’Ouest vers l’Est, il est clair, comme cela l’est depuis la Déclaration Balfour de 1917, que l’espace géopolitique le plus tendu de la planète, reste le Moyen-Orient, terre de tensions et de passions ancestrales dont on se demande si elles seront un jour canalisées et apaisées.

Deux légitimités, une logique

Gaza sous les bombardements israéliens le 23 octobre 2023. (Photo libre de droits)

Alors que le conflit israélo-palestinien s’enlise dans un affrontement sans fin, se pose la question de la légitimité de deux peuples aux droits similaires, celui de vivre en paix dans leurs Etats propres et indépendants.

Alors que se prépare une très certaine opération militaire terrestre israélienne visant à envahir la bande de Gaza afin d’éradiquer, selon les dires des autorités hébreux, définitivement le Hamas, se pose malgré tout la question de la relance du processus de paix. Articulé autour de l’idée que chacun des deux peuples, Palestiniens et Israéliens, puissent vivre sur la même terre dés lors partagée, ce processus semble bien désormais dans l’impasse. Pourquoi ? Car lorsque deux légitimités s’affrontent, deux solutions s’offrent à elles. Soit le parti de la tension et de la guerre, ce qui est à ce jour le cas ; soit le parti du compromis, ce qui fut dans les années quatre-vingt-dix le cas avec les accords de Camp David signés en 1993 (eux-même faisant suite aux accords de 1979).

Gazaouis en étau

Or, à ce jour, Gaza, qui est devenu l’épicentre de toutes les tensions et de toutes les rancoeurs que le conflit israélo-palestinien a généré, est aussi devenu l’espace mettant en évidence l’inertie des Occidentaux, notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont, l’un et l’autre, laissé s’enliser depuis des années Israël et Autorités palestiniennes dans une multitude d’erreurs diplomatiques et politiques.

Abandonnée, délaissée, aux mains du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza ne pouvait finalement que devenir le repère d’un terrorisme aveugle, dont Israël subit les conséquences et par voie de ricochets, les Gazaouis pris en étau entre l’État hébreu et le fanatisme du Hamas.

Pariant sur la disparition progressive de l’entité géographique palestinienne, les Occidentaux ont laissé se poursuivre le processus de colonisation israélien dans les territoires occupés tout en détournant les yeux de la poudrière que devenait Gaza. Abandonnée, délaissée, aux mains du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza ne pouvait finalement que devenir le repère d’un terrorisme aveugle, dont Israël subit les conséquences et par voie de ricochets, les Gazaouis pris en étau entre l’État hébreu et le fanatisme du Hamas. Au rang des solutions qui se posent aujourd’hui, la seule qui vaille à ce jour, est, en dépit des revendications historiques israéliennes légitimes, d’accorder aux Palestiniens une terre qui fera Etat au sens politique, administratif et culturel du terme. Car accorder aux Palestiniens un territoire n’est pas nier l’existence d’Israël, voire engager une logique de réduction de son espace originel, c’est reconnaître l’existence politique et culturelle d’un peuple, aux aspirations légitimes et respectables.

Compromis et Histoire

Opter pour une solution de compromis n’est pas renvoyer dos à dos les adversaires d’aujourd’hui pour nourrir les rancoeurs des générations futures, c’est privilégier la paix au profit de deux peuples au regard des évolutions morales du siècle. Penser la Palestine telle qu’elle le fut en 1948, lors de la création d’Israël, n’a peut-être aujourd’hui plus de sens. En revanche, accepter de partager une terre millénaire, chargée autant d’histoire que de symboles, constituerait une étape clef dans la géopolitique locale mais pas seulement. Elle pourrait aussi inspirer d’autres foyers de tensions à repenser leur rapport à l’autre. Pour l’heure, rien ne semble aller dans ce sens. Et si les déclarations récentes (Joe Biden réaffirmant son soutien à Israël, Emmanuel Macron confirmant son intention de lutter contre le terrorisme islamique tout en reconnaissant la nécessité de créer un Etat palestinien) tendent à l’apaisement et à la reprise du processus de paix, le conflit semble s’enkyster dans une logique absolue de destruction, voire d’éradication de Gaza.

La fin de la récréation a sonné

Le drame survenu au Lycée Gambetta, à Arras, où un professeur a été tué par un individu radicalisé relance le débat sur la protection des enseignants dans l’exercice de leurs fonctions mais plus encore sur les réformes immédiates à engager afin de réhabiliter une profession dévalorisée, voire méprisée.

Deux heures d’échanges et de discussions, voilà ce que le Ministère de l’Education Nationale a accordé aux enseignants des collèges et lycées quelques jours après la mort de Dominique Bernard, professeur de Lettres, à Arras. L’intention, louable et finalement bienvenue, aura permis à la communauté éducative d’opérer une forme de recueillement en mémoire de leurs collègues disparus car il convient aussi d’honorer la mémoire de Samuel Paty, décédé voilà trois ans dans des circonstances aux origines similaires. Mais au-delà de ce temps de parole, se pose clairement la question, à savoir : quelles mesures prendre désormais pour éviter que de tels drames se reproduisent ? L’Ecole républicaine, visée car elle incarne la lutte du savoir contre l’obscurantisme, se révèle être en première ligne dans une société fragmentée et déboussolée d’où sa porosité aux discours extrémistes et aux actes de violence terroriste.

Libre-arbitre

Partant de ce constat, il apparaît aussi illusoire de croire que les outils brandis par les enseignants que sont la formation à la citoyenneté, la transmission du savoir et de la connaissance, la construction de l’individu par l’apprentissage du libre-arbitre et de la liberté de pensée suffisent aujourd’hui à parer les coups des individus fanatisés, d’évidence imperméables à un discours nourri de tolérance et de respect de la différence. Le chantier qui s’annonce pour protéger les enseignants et les principes républicains qu’ils portent se révèle donc immense, et, force est de constater que pour l’heure, hormis deux heures d’échanges, rien de concret n’a été proposé. La réaction de l’institution et de l’État dans son ensemble tardent à venir alors que voilà des décennies qu’enseignants et communauté éducative alertent sur les atteintes multiples à la fonction. Violences verbales et parfois physiques, mépris généralisé, ou en voie de l’être, de la fonction par les élèves et les parents, pour certains du moins. Sans compter les atteintes récurrentes à la laïcité qui se multiplient quasiment à l’envi. Longtemps vu comme un espace épargné par les spasmes de la société, et ce dans une vision idéalisée de l’école, il apparaît que l’Ecole n’est en réalité qu’un microcosme des maux d’une civilisation rongée par l’individualisme, la médiocrité et les flots d’aberrations multiples et variées véhiculées par Internet et les réseaux sociaux.

Place dans la société

Attaquée dans sa mission pédagogique, l’Ecole est aussi victime des errements d’une société aujourd’hui incapable de faire corps face à des contre-modèles qui appellent à sa destruction. Que faire donc ? Et bien dans un premier temps, peut-être serait-il judicieux de rendre aux enseignants la place qui leur revient dans la société. A commencer par les reconnaître comme celles et ceux chargés de former les générations à venir en cessant de les percevoir banalement comme les employés d’une officine nommée Education nationale. Ensuite, revaloriser la fonction, pas uniquement du point de vue salarial, mais du point de vue social, sans tomber dans un excès aux effets, par ailleurs dévastateurs. Autant de pistes de réflexion que le Ministère pourrait concrétiser dans les meilleurs délais car le temps presse. La profession attire de moins en moins et les récents évènements risquent de raréfier les quelques postulants à la fonction. Et ce ne sont pas deux heures supplémentaires d’échanges qui inverseront la tendance ou endigueront les potentiels drames à venir.

Une Histoire sans fin

L’offensive menée par le Hamas contre Israël s’inscrit dans la lignée des agressions antérieures menées de part et d’autre de la frontière du Liban Sud. Mais elle confirme aussi la situation de guerre permanente de l’État Hébreu depuis 1948 et augure d’un XXIème siècle aussi tendu que le précédent.

C’est face à un Etat hébreu qui s’enfonce depuis plusieurs mois désormais dans une crise institutionnelle que le Hamas a déclenché l’une de ses plus violentes offensives contre Israël. Sanglante et meurtrière, cette offensive, pousse l’État hébreu vers une guerre qu’il ne souhaitait en rien mener en raison de l’incertitude des résultats. Pour autant, si cette agression ne manquera pas de s’inscrire dans la liste, déjà longue, des multiples coups de force menés par le Hamas contre Israël, celle-ci renvoie aussi à une évidence géopolitique qui n’a guère évolué depuis 1948, à savoir que l’État hébreu se trouve en situation de guerre permanente et ce depuis sa création. Si cette situation se révèle déjà une aberration en soi, elle s’inscrit aussi dans une région du monde, de fait, devenue des plus sensibles, celles où se déchirent les passions ancestrales, et les alliances et les soutiens internationaux sur fond tensions sur le marché de l’or noir.

Poudrière

Certes, nombre d’observateurs avisés souligneront qu’il n’y a aucun point commun avec la Guerre du Kippour de 1973, conflit qui avait provoqué, par ses effets induits sur les cours du pétrole, et entre autres causes, l’une des plus profondes crises économiques du monde occidental. Mais passé ce constat historique, une réalité s’impose, le Proche-Orient, celui où est née l’écriture et les premières cités-Etats, est, et pour de nombreuses années encore, une poudrière que rien ne semble éteindre. Opposant deux peuples, mus de convictions et de croyances religieuses anciennes et indéracinables, elles-mêmes moteurs de passions humaines qui renvoient aux premières religions monothéistes, ce nouveau conflit présente toutefois certaines différences avec les précédents. La radicalité des deux principaux acteurs, ici les fractions ultra-religieuses juives qui hantent la Knesset, prompte à intensifier le processus de colonisation, et le Hamas chiite, soutenu par l’Iran, ennemi juré d’Israël, toutes deux convaincues de leur bon droit, entretiennent ainsi un climat d’hostilité qui constitue le premier terreau d’un affrontement appelé à perdurer.

Guerres larvées et impasse diplomatique

Dès lors, se pose la question d’un arrêt des combats en premier lieu pour la sécurité des populations civiles. Mais là encore, un arrêt des combats ne signifie pas paix encore moins plan de paix. Est-ce à dire que le Proche-Orient du XXIème siècle sera comme il le fut dans la seconde moitié du XXème siècle, un espace de guerres larvées ou ouvertes, une impasse humaine, religieuse et diplomatique ? Pour l’heure, les faits tendent à le prouver et la situation géopolitique mondiale n’est en rien faite pour éviter que le conflit s’interrompe. Focalisé sur la guerre ukraino-russe, le bloc occidental se serait allègrement passé d’un regain de tensions au Moyen-Orient, qui plus est facteur de désordre sur le marché de l’or noir déjà très capricieux. In fine, il ne reste plus aux chancelleries internationales qu’à espérer que le conflit s’éteigne aussi vite qu’il s’est rallumé. Dans l’attente du prochain ?

Otages d’obligation

Les difficultés rencontrées par les établissements scolaires dans la gestion des élèves perturbateurs renvoient à la notion d’obligation scolaire d’évidence mal comprise par certains et potentiellement devenue un fardeau pour nombre de collèges et lycées.

Et si l’on supprimait l’obligation scolaire ? Avant même de proposer un élément de réponse, d’aucuns s’exclameraient indignés en cris d’orfraie, mais au vu des difficultés rencontrées par les établissements scolaires face à certains élèves, la question mérite d’être posée. Tout d’abord, pondérons la question initiale. La suppression de l’obligation pourrait ne concerner que les collèges et les lycées ; l’école primaire garderait son caractère obligatoire avec un élagage des matières actuellement enseignées, caractère obligatoire se focalisant sur un triptyque lecture – calcul – écriture. L’école primaire pourrait être aussi renforcée dans sa mission fondatrice par l’intégration (comme en Allemagne) de la classe de sixième, qui se déroulerait non plus au collège mais à l’école primaire, les élèves n’accédant au collège que dès la classe de cinquième. Alors pourquoi donc ouvrir le débat la suppression de l’obligation ?

Logique d’uniformisation

Si à la fin du XIXème siècle, l’Ecole primaire a été rendue obligatoire (Loi de 1882), c’était avant tout pour ancrer la République, encore fragile (il suffit pour cela de s’attarder sur la tentative légitimiste de 1873 et la faiblesse des Lois Constitutionnelles de 1875 pour s’en convaincre) au sein d’une nation déchirée entre tentation républicaine et royaliste, voire bonapartiste. Parallèlement, l’obligation permettait aussi d’uniformiser une situation scolaire inégale jusqu’alors, d’assurer une logique d’alphabétisation continue de la population tout en travaillant à l’idéal républicain, réel ou fantasmé, sensé produire des citoyens exemplaires, fidèles serviteurs de la République. Pour autant, sommes-nous dans cette situation aujourd’hui ? A l’évidence non. L’Ecole et l’enseignement secondaire (collège et lycée) sont devenus otages de cette obligation, obligés qu’ils sont d’accueillir des élèves loin de se sentir concernés par leur scolarité, vécue comme une souffrance et non comme une voie d’émancipation. Ces élèves, souvent ingérables et perturbateurs, sont aussi et avant tout, les enfants de parents, souvent en rupture scolaire, critiques et dubitatifs à l’endroit de l’Ecole et qui usent de l’obligation scolaire, en confondant à dessein instruction et éducation, pour se dédouaner de toutes responsabilités quand au comportement de leurs enfants. L’obligation déresponsabilisant de fait l’individu, puisque l’élève ne se rend plus de lui-même à l’école mais par le fait d’une contrainte extérieure, nombre de parents transfèrent donc leur responsabilité sur l’Ecole alors que celle-ci instruit mais n’éduque pas. Or la confusion entre les deux termes est essentielle au regard des missions que chacun d’entre eux supposent.

Sens commun

Une fois l’obligation supprimée, sans que celle-ci ne nie ou n’altère le principe d’égalité car collèges et lycées resteraient accessibles à tous, parents et élèves seraient donc face à leurs responsabilités, cette nouvelle situation autorisant les établissements à refuser ou renvoyer un élève jugé, après faits avérés, de son enceinte. Aujourd’hui contraints de conserver ce type d’élèves au détriment de ceux enclins à l’étude, les établissements seraient donc libérés d’accueillir des élèves dénués de tout sens commun. Collèges et lycées se videraient d’élèves loin d’accorder à leur scolarité une quelconque priorité, scolarité de fait devenue leur seule responsabilité et non plus celle liée à une obligation, mais a contrario, se rempliraient d’élèves conscients que le savoir et la connaissance participent à la création d’une société libre et émancipée. Loin de trahir les idéaux des pères de l’Education, de Rousseau à Condorcet, cette idée mettrait à bas le concept de bienveillance et d’assistanat qui prévaut à ce jour dans de très nombreux établissements. Et que faire de ces élèves qui alors choisiraient de ne pas intégrer le collège ou le lycée ? La République, Etat de droit, renvoie aussi chacun à assumer les conséquences de ses actes. Mais que les thuriféraires de l’Education contemporaine se rassurent, ces quelques lignes ne constituent qu’une idée parmi tant d’autres et que chacun jugera à l’aune de ses convictions.

L’Ecole de demain

Confrontée aux conséquences dramatiques d’un nouveau cas de harcèlement, l’Education nationale ne pourra plus reculer son aggiornamento en ouvrant les yeux sur les réalités de son temps et sur celles qui ponctuent le quotidien de l’Ecole.

Aura-t-il fallu attendre le suicide de Nicolas, le 5 septembre dernier, lycéen de 15 ans, pour qu’enfin soit levée l’omerta sur le harcèlement scolaire qui gangrène les établissements scolaires ? D’aucuns l’espèrent, tout comme beaucoup se voient horrifiés par le geste fatal d’un adolescent poussé à bout au sein d’une institution, à savoir l’Education nationale, au mieux, dépassée par cette réalité, au pire totalement aveugle. Etat dans l’État, mammouth irréformable pour Claude Allègre, éphémère Ministre de l’Education nationale dans le Gouvernement de Lionel Jospin (1997 – 2002), institution aussi sacrée que critiquée, l’Education nationale est aujourd’hui dans la tourmente. Tout d’abord, en raison de la lettre rédigée par le Pôle Versailles à l’endroit des parents de Nicolas (voir article du journal Le Monde en date du 17 septembre) ensuite, et de manière plus générale car l’institution peine tous les jours un peu plus, à répondre aux exigences du temps.

Réalités du quotidien

Figée, pour ne pas dire arc-boutée sur des textes devenus d’évidence obsolètes et anachroniques, l’Education nationale semble bien aujourd’hui au bout de ses limites et de ses moyens. Obsédée par l’idée que chaque élève sorte du collège ou du lycée fort d’un diplôme, et ce quelque soit le niveau de l’élève en question, l’Education nationale s’est coupée non seulement des réalités contemporaines de son époque mais aussi des réalités qui composent son propre quotidien : harcèlement, classes surchargées, inclusion difficile d’élèves en trop grand décalage avec les attendus exprimés dans chaque niveau, professeurs sous tension, manque récurrent d’enseignants, violence verbale et physique à l’endroit des enseignants…les problèmes s’amoncellent et pis ! s’accroissent régulièrement. Alors, une fois le constat dressé vient le temps des solutions, du moins des propositions sensées améliorer le système éducatif français. Et force est de constater que le chantier est immense. Mais l’une des premières solutions seraient peut-être que l’Education nationale sorte de sa Tour d’ivoire pour constater de visu et in situ ce que signifie aujourd’hui enseigner et à quelles réalités sont confrontés élèves, enseignants et communautés éducatives. Pelle-mêle, des parents de plus en plus agressifs et exigeants, et ce sans réelle raison au risque d’exacerber les tensions existantes ; des élèves surprotégés par une bienveillance extrême qui confine à l’assistanat pédagogique et qui épousent le schéma parental, transformant l’Ecole en officine ; des cours d’école où se déclarent parfois de véritables règlements de comptes entre élèves chauffés à blanc à cause d’un mot malheureux sur les réseaux sociaux ; des cas multiples de harcèlement volontairement tus de part et d’autre pour éviter tous remous au risque encore d’exposer les victimes à des situations extrêmes comme celle du jeune Nicolas. Et la liste est malheureusement longue car le monde de l’éducation, exposé de par sa fonction à toutes les réalités sociales, s’avère être un champ infini de solutions et de questionnements. Pour autant, si l’Education nationale devait dans l’instant engager sa mutation, celle-ci passerait par une inévitable plongée dans le quotidien de l’Ecole et cesser de voyager dans les sphères nimbées du monde de l’Education. Est-ce trop demander ?

Russie – Corée ou l’inutile rapprochement

Le rapprochement annoncé entre la Corée du Nord et la Russie tend à se présenter comme la création d’un bloc asiatique capable de concurrencer la sphère occidentale. Mais les intérêts trop divergents des deux pays démontrent les limites de l’exercice.

Alors que l’effet des sanctions internationales se fait désormais réellement sentir en Russie, et ce même si celle-ci a augmenté de 40 % ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de l’Europe, et que la contre-offensive ukrainienne compromet tous les jours un peu plus les plans de l’opération russe ouverte en février 2022, Vladimir Poutine doit recevoir, dans le cadre d’une visite officielle dans les jours à venir le dictateur nord-coréen Kim Jung-Un. Peut-on dès lors évoquer un rapprochement entre les deux pays et les deux hommes ? Au sens formel du terme oui mais dans quel objectif ? La Corée du Nord, en froid absolu avec le monde occidental et les Etats-Unis en particulier, située à quelques encablures du Japon, espace placé sous la protection de Washington, s’adonne, par ce voyage, à une forme de provocation qui réjouit tout à la fois Vladimir Poutine et Kim Jung-Un.

Gain diplomatique

Mais c’est certainement là le seul gain diplomatique de ce périple. Si la Russie peut s’enorgueillir de ce déplacement pour les même raisons que la Corée du Nord, à savoir agacer les Occidentaux, le dit rendez-vous ne sera en rien marqué par de quelconques déclarations ou actes en devenir susceptibles de modifier le cours du conflit russo-ukrainien ou les relations avec les Etats-Unis. Et pour cause, ces deux pays que sont la Corée du Nord et la Russie sont désormais à l’arrêt. Exclus des traités internationaux et du G20 pour la Russie, enfermés dans des logiques autocratiques stériles, Russie et Corée du Nord semblent s’agiter toutes seules dans un bocal vide avec l’idée que cette agitation effraiera la planète. Si l’une peut potentiellement accorder quelques facilités dans l’obtention de pétrole à bas coût à la seconde, l’autre en envoyant quelques milliers de tonnes de charbon, rares sont les avantages que peuvent tirer ses deux pays d’un rapprochement de circonstance qui s’inscrit dans la volonté de faire front commun contre les Etats-Unis et les Occidentaux. Forte d’une présence et d’une influence croissante en Afrique, la Russie peut néanmoins présenter un intérêt relatif à une Corée du Nord mise au ban des nations. Mais si cette influence russe en Afrique est réelle, celle-ci reste encore trop disparate en dépit de la multiplication des coups d’État de ces derniers mois en Afrique de l’Ouest où la Russie a, de manière sous-jacente, joué un rôle. Reste cependant à savoir dans combien de temps la Chine, autre puissance impliquée en Asie et en Afrique, sifflera la fin de la récréation, agacée à son tour par les gesticulations d’un dictateur vieillissant et d’un, plus jeune, nourri de nationalisme exacerbé ? Pour l’heure, le rapprochement russo-coréen annoncé ne semble pas affoler les chancelleries internationales, convaincues que la dynamique engagée repose plus sur une forme de bravade, voire sur la recherche désespérée d’alliés de second rang, que du développement d’une stratégie diplomatique visant à créer un bloc asiatique allant de l’Oural à la Mer de Chine. Manoeuvre diplomatique passée presque inaperçue, ce rapprochement témoigne surtout de l’isolement de la Russie et de la Corée du Nord, loin en tout état de cause de la création d’un nouveau bloc politique, les intérêts de la Russie et de la Corée étant trop divergents pour se poser en réels concurrents de la sphère occidentale.

Chaises musicales diplomatiques

La multiplication des coups d’État en Afrique de l’Ouest démontre combien la région est parvenue à se défaire de l’autorité tacite de l’ancienne puissance coloniale qu’était la France et ce au profit de la Russie, très active dans la zone. D’une puissance rejetée à une autre à l’action plus officieuse, l’Afrique de l’Ouest s’expose pourtant à de nouvelles influences souterraines.

En déclarant aujourd’hui dans une entrevue accordée au journal Le Monde (Edition du 3 septembre 2023) que « la Françafrique est morte depuis longtemps » la ministre des Affaires européennes et des Affaires étrangères, Catherine Colonna, ne fait finalement qu’entériner une évidence qui prévaut depuis l’enchaînement des coups d’Etat militaire en Afrique de l’Ouest. Cette zone du continent, fragile et sensible au regard de son exposition aux factions islamistes, avait pourtant acquis une forme, toute relative certes, de stabilité en raison de la présence des forces militaires françaises et du soutien politique et économique de l’Hexagone. Mais, alors que ladite zone se révèle aussi un nouvel espace d’influence entre la Russie et la France, et plus largement, l’Occident, plusieurs pays (Burkina Fasso, Mali, Niger, Gabon,…) ont donc décidé de tourner le dos à la démocratie. Non par rejet catégorique des principes de celle-ci mais plutôt par ce que ces derniers incarnent, à savoir une sorte de domination post-coloniale imprimée, ressentie comme telle à tout le moins, par l’ancienne puissance coloniale qu’était la France.

Intérêts et influence

Perçue comme oppressant et dominateur, l’Hexagone est désormais persona non grata au sein d’une zone devenue hostile à ses intérêts. Reste donc à savoir comment évolueront les relations diplomatiques et économiques entre la France et ses pays, riches de matières premières que la France avait pris l’habitude d’exploiter, certes dans le cadre de contrats en bonne et due forme. Pour autant, la question économique pourrait moins compter que la teneur des relations diplomatiques, ces dernières conditionnant la première. La France, tout comme d’autres nations européennes implantées en Afrique de l’Ouest via des entreprises diverses et variées, va devoir surtout se préoccuper des jeux d’influence et des nations qui vont s’y adonner. Et en premier lieu, la Russie. Si celle-ci souffre sur le front ukrainien, le front plus officieux ouvert en Afrique de l’Ouest, animé par procuration par les forces armées des pays théâtres de coups d’État, semble apporter plus de satisfaction. Longtemps territoire placé sous le contrôle officieux des anciennes puissances coloniales, dont la France, l’Afrique de l’Ouest, s’émancipe de son ancien tuteur grâce au soutien de Moscou. Peut-on dès lors réellement avancer l’idée d’émancipation ou de transfert d’influence d’un pays dominant à un autre ? La question mérite d’être posée car derrière la volonté de se défaire de la France et de son modèle politique, se cache aussi ou peut-être, voire les deux, l’ambition de la Russie de faire main basse sur une région dont la fragilité intrinsèque permet aux différents coups de force d’aboutir. Devenue un enjeu géopolitique majeur, l’Afrique de l’Ouest ouvre aujourd’hui une nouvelle page de son histoire loin de la France et de l’Europe, proche de la Russie. Mais quand l’Afrique de l’Ouest pourra-t-elle écrire sa propre histoire, détachée de toute influence ?

L’Afrique, nouveau point d’équilibre

L’évacuation des ressortissants français du Niger illustre indirectement l’influence croissante et déjà bien affirmée de la Russie et de la Chine sur un continent appelé à devenir un nouvel espace de compétitions économiques et d’oppositions diplomatiques.

Il y a encore peu pré carré de la diplomatie française, voilà que l’évacuation des ressortissants français basés au Niger semble sonner le glas des ambitions et de l’influence hexagonales en Afrique de l’Ouest. Déjà impopulaire au Burkina-Fasso et au Mali, la France se trouve désormais natio non grata au Niger, pays pourtant à haute valeur stratégique puisque riche d’uranium, exploité, entre autres, par la société tricolore Orano. Mais au-delà de l’évacuation en tant que telle, se pose la question, à savoir : comment l’Afrique de l’Ouest, il y a dix ans encore heureuse d’accueillir les forces militaires françaises dans le cadre de l’opération Barkhane menée afin d’éliminer la menace terroriste islamiste dans le Sahel, notamment au Mali, a progressivement changé de regard face à une puissance occidentale désormais concernée comme occupante et indésirable ? La première des raisons est à chercher, non pas sur le continent africain mais à Moscou puis, dans une moindre mesure, à Pékin.

Ressources naturelles et soutien

La Russie, en quête d’influence internationale, et ce bien avant l’invasion partielle de l’Ukraine, s’est donc employée à phagocyter les populations des pays précédemment cités afin de détériorer, a minima, altérer l’image de la France en la présentant comme une nation vampire dont les seuls intérêts sont et restent d’exploiter les ressources naturelles de la région. Pour ce faire, Moscou s’en est remis à la milice Wagner, qui a su, au cours des années passées, tisser un réseau d’influence suffisamment dense et habilement nourri de discours anti-français et plus largement anti-européens pour asseoir son autorité. Ces discours ont ainsi trouvé oreille au sein des forces armées des différents pays, soucieuses de rétablir un ordre soi-disant défaillant et de chasser par des coups d’État, plus ou moins préparés, des dirigeants locaux considérés comme vassaux de Paris. Fantasmes ou réalité, l’avenir dira si les nouveaux régimes issus de ces coups d’État survivront mais une chose apparaît d’ores et déjà comme assurée, ils seront soutenus par Moscou. Mais pour combien de temps ? Autre puissance à avoir sur exploiter le continent africain, avec certainement plus de finesse et une autre efficacité tout aussi redoutable, la Chine. Pékin, sans ouvertement dénigrer ou saper l’influence ou la présence des anciennes puissances coloniales, s’est discrètement imposée dans divers pays (Kenya, Ethiopie, Algérie,…) via la construction d’infrastructures ou le développement d’espaces agricoles dont les produits sont souvent exportés en Europe. Cette diplomatie de l’économie, soft power chinois, tranche avec la rudesse des Wagner mais aboutit à des résultats peut-être plus probants.

Nouvel espace diplomatique

Car sans déstabiliser les régimes en place, Pékin s’efforce de devenir indispensable afin de maintenir son influence sans être accusée d’ingérence, la culture politique chinoise abhorrant toute forme de chaos. Ainsi, si Moscou peut se prévaloir de bouter les anciennes puissances coloniales hors d’Afrique dans une optique de domination des régions concernées, cette politique, visible et tapageuse, n’en reste pas moins limitée dans ses effets à long terme car rien ne prédit que les nouveaux régimes aujourd’hui soutenus par Moscou ne se retourneront pas contre elle dans un avenir proche ou lointain. Région instable et dangereuse, le Sahel et l’Afrique subsaharienne, et l’Afrique en règle générale, sont désormais appelés, dans un monde aux espace géopolitiques figés, à devenir le nouvel espace d’affrontements d’un bloc occidental regroupant l’Union européenne et les Etats-Unis, opposé à un bloc oriental composé de la Chine et de la Russie, toutes deux attirées, tout comme les Occidentaux, par la richesse du sous-sol africain. Focalisée sur la guerre en Ukraine, l’opinion internationale s’est donc détournée du continent africain alors que, sans dénigrer le poids de l’opposition ukraino-russe, c’est là que se disputeront les prochaines grandes étapes de la diplomatie internationale.

Prochain article début septembre. Bonnes vacances à tous.

De l’ordre ! Et après ?

La volonté du Président Macron de rétablir l’ordre dans la société française répond à une injonction populaire ponctuelle qui offre l’avantage de s’affranchir du règlement de questions sous-jacentes mais pourtant impérieuses. Explications.

En déclarant lors de sa dernière allocution télévisée vouloir rétablir l’ordre à tous les niveaux de la société française, le Président de la République prend le risque d’ouvrir la boîte de Pandore. Pourquoi ? Car la notion d’ordre est tout à la fois simple et multiforme, ce qui en fait un paradoxe à elle seule d’où la complexité de l’appliquer ou de la décréter comme objectif. L’ordre, aux yeux du Président, serait donc un moyen d’accéder à un autre état, une autre situation qui reste à définir mais différente de celle qui prévaut à ce jour. Pourtant, invoquer l’ordre, qu’il soit de nature familiale ou scolaire, pour ne citer que ceux que le Président de la République a évoqué, renvoie à décréter celui-ci comme n’importe quels fondamentaux tels que la croissance économique, le plein emploi, la fin de la misère ou des inégalités. Qui plus est, appliquer l’ordre suppose aussi de nouveaux moyens qui, pour l’heure, ne sont ni à disposition ni financés.

Education et compétences

Prenons l’exemple de l’Ecole. Souvent citée comme illustration du délitement de l’ordre, celle-ci se trouve confrontée à des situations de plus en plus épineuses : insolence et mépris des élèves à l’endroit des enseignants, prise à partie de ces derniers par des parents eux-mêmes souvent en rupture avec l’institution scolaire, défiance et contestation à l’endroit des sanctions appliquées…Bref ! La liste n’est en rien exhaustive et appelle naturellement une action à même de rétablir une situation sereine propice à la diffusion des connaissances. Mais est-ce que cette situation mérite le terme d’ordre ? La solution est certainement à chercher ailleurs notamment dans la question de l’éducation des parents, et par voie de conséquence, des élèves. Comprendre que l’Ecole est un espace d’apprentissage et d’émancipation de l’individu par le savoir afin que ce dernier devienne un citoyen de la République respectueux des règles qui la régissent relève, non pas de l’ordre, mais plus simplement de la vision et du rôle que chacun confère à l’Ecole. Ainsi, si l’Ecole était perçue comme la première strate d’un processus global de formation de l’élève, processus qui débute dès le primaire pour s’achever en classe de Terminale ou via d’autres voies d’apprentissage (l’enseignement supérieur relève d’une autre logique mais qui se base cependant sur les acquis précédents), l’Ecole ne serait pas confrontée, ou dans des mesures bien moindre, à la nécessité de rétablir l’ordre puisque son autorité et sa compétence formatrice seraient respectées et reconnues.

Rapport droit – devoir

Il peut en aller de même pour ce qui est du rapport à la Justice, aux forces de l’ordre, et plus largement, aux règles autour desquelles s’articulent la République. Là encore, une question d’éducation se pose. Qu’est-ce que la République ? Cadre législatif ou espace de vivre-ensemble ? Les deux, le premier permettant le second. Mais à ce jour, force est de constater que ce rapport est déficient car de nombreux individus ont oublié, s’ils l’ont déjà appris un jour, le sens de la notion de République voyant ainsi dans les institutions qu’elle porte (Ecole, Police, Justice,…) des organes de contraintes qui réduiraient leur liberté individuelle et leurs droits fondamentaux. Enfin, l’appel à rétablir l’ordre se veut peut-être aussi la conclusion d’une réalité historique qui remonte aux premières heures de la Révolution Française. En glorifiant, à raison, la notion de droit qui avait été battue en brèche par l’Ancien Régime, ère d’obligations diverses et d’obéissance sourde, les philosophes des Lumières, sans vouloir leur intenter un quelconque procès d’intention, ont négligé dans leur réflexion la notion de devoir, pourtant indispensable dans le rapport droit-devoir conditionné par la République. En revendiquant toujours plus de droits au nom des libertés individuelles, revendication à l’origine d’une forme de violence verbale ou physique (il suffit pour le mesurer de comptabiliser les agressions commises à l’endroit des personnels hospitaliers), nombreux sont ceux qui ont oublié qu’un droit, quel qu’il soit, peut effectivement s’exercer à condition d’être précédé d’un devoir rempli. Là encore question d’éducation et pas nécessairement d’ordre.