Quotidiennement soumise au feu de la coalition israélo-américaine, la République islamique d’Iran ne laisse échapper aucun signe de faiblesse tout en déployant des capacités de riposte sous-estimées par Tel-Aviv et Washington. Et le spectre d’une guerre longue et complexe de se profiler.
Adage facile que celui qui dit que l’Histoire se répète, faisant ainsi référence à une forme de systématisation de la discipline qui fonctionnerait alors sur des modèles pré-établis régulièrement et cycliquement mobilisés. Naturellement, le concept se discute mais il est vrai que dans le cas du conflit tri-partite qui oppose l’Iran à la coalition israélo-américaine, le doute d’un enlisement du conflit devient de plus en craint et redouté. Assailli de toutes parts, l’Iran résiste plus que ne l’avaient imaginé le Président américain et le Premier ministre israélien, l’un et l’autre pensant que le régime des Mollahs céderait sous la puissance de feu, notamment du premier. Mais force est de constater que non seulement l’Iran résiste férocement, au détriment de son propre peuple pris en otage entre les Gardiens de la Révolution et les bombardements de la coalition israélo-américaine, mais dispose encore des ressources nécessaires pour répondre aux attaques subies.
Démocratie et conséquences
Et si le blocage du Détroit d’Ormuz panique la planète car cette dernière se retrouve privée d’or noir, il apparaît clairement que la République islamique d’Iran semble progressivement prendre le dessus dans un conflit qui était sensé expédier les mollahs au rang de souvenir pour laisser place à la démocratie. Se pose donc encore la question de l’avenir de ce conflit. Si Donald Trump n’exclut pas l’idée, sans en être totalement convaincu, d’envoyer des troupes au sol, la crainte d’un conflit long, difficilement explicable aux citoyens américains, commence à émerger. Les élections de mi-mandat, en novembre prochain, pourraient peser lourds dans les décisions à venir. Or, laisser seul Israël gérer le cas iranien reviendrait à avouer un échec militaire aux conséquences diplomatiques désastreuses qui profiteraient à Pékin et Moscou alors prompts à s’engouffrer dans la brèche pour discréditer les Etats-Unis. L’Ukraine, qui suit avec une attention quotidienne l’avancée du conflit au Moyen-Orient compte sur une victoire de la coalition pour asseoir ses revendications dans le cadre du conflit qui l’occupe elle contre la Russie.
Taïwan et puissance militaire
Quant à Pékin, allié de l’Iran lui-même premier fournisseur de pétrole de l’Empire du Milieu, une déconvenue américaine laisserait le champ libre à une potentielle invasion de Taïwan. En attaquant l’Iran, certainement convaincu par Israël, Donald Trump ne pensait pas devoir affronter un adversaire aussi tenace, persuadé que la puissance militaire des Etats-Unis viendrait à bout d’une nation socialement déchirée et économiquement exsangue. Prétention et méconnaissance des réalités géopolitiques sont aussi à l’origine de la situation actuelle dont les conséquences éclaboussent la planète entière et renforcent le discrédit d’un homme va-t-en-guerre alors que celui-ci se présentait comme un faiseur de paix. Alors entre incompétence et amateurisme, il appartiendra à chacun de juger à l’aune de ses propres convictions, ce conflit qui prend dangereusement l’aspect d’un Viet-Nam moyen-oriental, et ce même si Saïgon est loin de Téhéran.