Elon Musk passe au point mort

En quittant sa fonction de conseiller au sein du DOGE, Elon Musk consacre aussi l’échec d’une partie de la politique radicale et populiste de Donald Trump peu enclin à conserver à ses côtés un golden boy devenu gênant.

Il incarnait presque à lui tout seul le trumpisme triomphant, entre arrogance et démesure, excès et provocations en tout genre. Elon Musk a cependant décidé de quitter son poste de conseiller au sein du DOGE, à savoir le département pour l’efficacité gouvernementale. Un passage éclair dans l’administration fédérale qui ne restera dans l’Histoire que par les coups d’éclats qui l’ont composé, et qui à l’arrivée s’est soldé par un échec. La question est de savoir si l’échec est relatif ou cuisant. Les plus optimistes évoqueront un échec relatif, expliquant que la lourdeur de l’appareil administratif empêche toutes réformes d’ampleur ; les plus pessimistes expliqueront que la méthode de l’homme qui se tenait aux côtés de Donald Trump dans le Bureau ovale, casquette America great again solidement vissée sur la tête, était agressive, teintée d’un populisme tel qu’il en dégageait toute la dangerosité intrinsèque qu’il voulait exploiter.

Violence verbale

Mais le départ d’Elon Musk c’est aussi l’expression des limites de la méthode Trump, celle qui se heurte à la réalité qui, comme d’autres, s’avère compliqué à réformer car ancré dans son histoire et ses mécaniques propres et uniques. L’échec d’Elon Musk met aussi en évidence combien la violence verbale et les pratiques musclées, visant ici à libérer et alléger l’administration fédérale de l’influence d’un prétendu et fantasmé Etat profond, racine de maux imaginaires, ne sont pas compatibles avec la gestion d’un Etat, quel qu’il soit. Entre démagogie malsaine et populisme assumé, Elon Musk s’est voulu le fer de lance de l’Amérique rêvée de Trump, lui le tycoon de l’automobile et des nouvelles technologies, auréolé de succès éclatant. La chute est d’autant plus lourde et cruelle que c’est plus la réalité d’un monde complexe qui a précipité sa chute que les mesures annoncées aux effets brutaux mais a posteriori à relativiser tant celles-ci se sont révélées inefficaces et absurdes pour être in fine retoquées par des juges clairvoyants et conscients. Elon Musk aura donc été l’étoile filante du mandat de Donald Trump peu enclin à retenir un homme devenu plus boulet qu’atout alors que les ventes de Tesla, les voitures emblématiques du sud-africain s’effondrent, ternissant plus encore son image de golden boy moderne.

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