Si le cessez-le-feu entré en vigueur entre Israël et le Hezbollah est porteur d’espoir pour un Liban piétiné et méprisé, il n’est pour les belligérants qu’un temps de répit avant un nouvel affrontement dont l’intensité reste une énigme.
Après l’annonce du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, une question se pose : Combien de temps celui-ci va-t-il durer. Epuisée par les bombardements, les raids aériens et le vol quasi permanent des drones, la population libanaise a accueilli avec un soulagement mêlé d’inquiétude l’arrêt des combats. Car, rappelons-le, ni Israël, ni le Hezbollah n’ont l’un et l’autre renoncé à leurs objectifs. L’État hébreu, et son Premier Ministre Benyamin Netanyahou, travaillent plus que jamais à la destruction intégrale du mouvement terroriste d’inspiration chiite soutenu par l’Iran ; le Hezbollah, reste ancré sur ses positions, à savoir la disparation de l’État d’Israël.
Chaos et objectifs
Il apparaît donc clair que les deux positions, inconciliables s’opposent plus que jamais et que le cessez-le feu observé depuis quelques heures, n’est qu’une forme de pause dans des combats qui sont amenés à reprendre. Et peu importe si le Liban, devenu le paillasson du Moyen-Orient, piétiné dans sa souveraineté et sa dignité par la Syrie, Israël, l’Iran et le Hezbollah s’avère au bord du chaos et de la faillite, les objectifs de l’État hébreu et du mouvement terroriste, respectivement soutenu par les Etats-Unis et l’Iran, prévalent sur toutes autres considérations, fussent-elles de l’ordre de la protection des populations civiles. Ainsi, et à ce jour, avec plus de 2.600 morts, près de 13.500 blessés et 1,4 millions de déplacés dans un pays comptant 5 millions d’habitants, le Liban se révèle être la première victime d’un affrontement stérile qui ne demande qu’à être ravivé après un cessez-le-feu que d’aucuns croient solide mais qui n’est finalement que temporaire, les objectifs des belligérants n’ayant pas été changés. Deuxième question qui alors se pose : qui pour faire respecter dans la durée ce cessez-le-feu pour aboutir à un plan de paix.
Acheteur et espace de collusions
L’ONU ? Les Etats-Unis ? A vrai dire, ni l’un ni l’autre n’y sont prêts ou enclins. La première car elle est incapable de faire appliquer ses résolutions dans cette région du monde car le Conseil de Sécurité, seul habilité à prendre ce type de décisions, est composé des Etats-Unis qui bloqueront toute résolution allant à l’encontre d’Israël ; le second, les Etats-Unis, pour les raisons citées plus avant et qui voient aussi dans Israël un acheteur d’armes (Ils ne sont pas les seuls car plusieurs pays de l’Union européenne fournissent aussi du matériel militaire à Israël tels que l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France). In fine, ce conflit, décrié à raison est aussi un espace de collusions et d’alliances géopolitiques et stratégiques négociées et appliquées dans le dos d’un Liban exsangue et de populations civiles qui le sont autant. D’ailleurs, le Premier Ministre israélien, dans une allocution télévisée ayant suivi la mise en place du cessez-le-feu l’a reconnu à demi-mot, la cessation des combats n’est que ponctuelle et servira à reconstituer les stocks d’armes tout comme à reposer les troupes. Le message ne pouvait pas être hélas plus clair.