L’offensive armée d’Israël sur le sud-Liban menée au détriment des populations civiles confirment l’impunité dont bénéficie l’État hébreu à l’échelle internationale lui-même convaincu de la pertinence de ces choix politiques, diplomatiques et militaires.
D’aucuns évoqueraient un cynisme sans borne dans l’attitude de Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, qui a lancé une offensive massive contre le Hezbollah implanté au Liban sud, et ce sans se soucier des effets collatéraux que les bombardements ont généré et vont générer. Convaincu de la pertinence de l’action de l’armée israélienne, conscient du risque potentiel d’embrasement général de la région, Benyamin Netanyahou sait pourtant que sa politique belliqueuse pourra s’appliquer sans qu’Israël ou lui ne soient inquiétés.
Cours du pétrole et élection présidentielle
Et pour cause, le Premier ministre israélien se sait protégé par les Etats-Unis, qui même à la tribune des Nations Unies par la voix de Joe Biden, président de la patrie de l’Oncle Sam, n’ont en rien condamné l’intervention israélienne au Liban, appelant simplement à une résolution pacifique et négociée du conflit. Et c’est bien là, dans cette forme d’impunité que réside le cynisme du Premier Ministre israélien, sûr que l’allié nord-américain ne lui fera jamais défection ou défaut, impressionnant malgré tout l’Iran, finalement soucieuse d’éviter un embrasement du conflit, l’Egypte, peu encline à se lancer dans un conflit local, sans compter les marchés, notamment les cours du pétrole, qui ne manqueraient pas de s’emballer dans l’hypothèse où le conflit dégénérerait. Pourtant, le temps presse pour Israël car à quelques semaines de la prochaines élection présidentielle au Etats-Unis, nul ne sait si le successeur se montrera aussi conciliant que l’actuel locataire de la Maison Blanche. Si Donald Trump devait ainsi remporter le scrutin, il est probable qu’Israël puisse poursuivre son offensive sans crainte ; a contrario, si Kamala Harris devait s’imposer en novembre à venir, la position des Etats-Unis, en dépit des déclarations empreintes de prudence de cette dernière, pourrait potentiellement infléchir la politique belliqueuse d’Israël et ainsi rebattre les cartes au Proche-Orient. Sans vouloir mettre l’État hébreu en position de faiblesse, le soutien plus modéré des Etats-Unis à Israël serait un signal de détente dans la région. Mais pour l’heure, les bombardements quasi-aveugles menés par Israël, quelque part assimilables à une course contre le temps à double tranchant, à savoir conserver l’appui des Etats-Unis et vaincre le Hezbollah dans les meilleurs délais, terrorisent la population libanaise sans pour autant régler la question gazaouie.