Tensions sans fin au Proche-Orient

Si désescalade est le maître-mot qui préside à la crise que traverse le Proche-Orient, il apparaît aussi que les Etats-Unis se sont lancés dans un exercice d’équilibriste risqué sans option de résolution rapide des tensions. Pourtant, ces dernières existent.

En déclarant ne pas souhaiter d’escalade avec la République islamique d’Iran tout en continuant à soutenir l’État d’Israël, les Etats-Unis s’engage dans une diplomatie que d’aucuns qualifieraient de schizophrénique, voire de tautologique, tant les deux notions semblent tout à la fois opposées et impossibles à concilier. Pourtant, le pari lancé par l’administration Biden, largement influencé par les élections de Novembre prochain qui imposent une certaine fermeté à l’endroit de l’Iran ainsi qu’une forme de compréhension tacite à l’endroit d’Israël, se veut extrêmement risqué. Pourquoi ? Tout d’abord parce que l’Iran, bien qu’isolé sur la scène internationale et rongé de l’intérieur par une grogne sociale anti-mollahs, est malgré tout parvenu à agresser Israël enlisé dans son conflit contre la Hamas, lui-même soutenu, tout comme le Hezbollah, par l’Iran.

Menace iranienne

Négocier avec Téhéran, option qui s’avère pourtant des plus compromises à ce ce jour, renvoie à jeu d’équilibriste qui tranche avec la diplomatie généralement pratiquée par les Etats-Unis.Non que Washington ne sache faire preuve de finesse en la matière mais la sensibilité orientale s’accommode globalement assez mal avec le pragmatisme anglo-saxon d’outre-atlantique. Pour autant, si Israël et les Etats-Unis veulent espérer un arrêt, même temporaire, de la menace iranienne, il faudra nécessairement concéder des compromis que seule une négociation pesée et mesurée permettra. Or, si les Etats-Unis étaient à la barre, cette option pourrait prendre forme et se dessiner comme ce fut le cas lors du mandat de Barack Obama sur la question du nucléaire iranien conclu par l’accord de Vienne en 2015. Mais Washington doit aussi composer avec Israël, en première ligne d’un point de vue géographique et politique, et dont le poids diplomatique n’est plus à démontrer. En qualité de premier soutien de l’État hébreu, les Etats-Unis se retrouvent presque piégés tant leur implication dans l’alliance avec Israël est avancée. Reste donc à trouver une voie diplomatique apte à satisfaire l’Iran mais aussi ses satellites que sont le Hamas et le Hezbollah, autant de cailloux dans la chaussure de l’État hébreu loin de s’être débarrassé des deux mouvements armés.

Likoud ou Travailliste

Et la négociation de s’avérer encore plus difficile au regard des exigences d’Israël et de l’Iran, exigences diamétralement opposées. Pour autant, une solution existe, improbable certes à ce jour mais pas impossible. Le départ de Benyamin Netanyahou du Cabinet israélien et la chute des mollahs en Iran ouvrirait de nouvelles possibilités de négociation. Concernant la première hypothèse, il conviendra d’attendre les prochaines élections générales pour voir qui du Likoud ou des Travaillistes l’emportera même si le Parti travailliste israélien aujourd’hui soutien l’offensive contre la Hamas et fait bloc derrière le gouvernement au regard de la position à adopter face à l’Iran. Concernant l’Iran, la réponse ne viendra que de l’intérieur via le mouvement de révolte initié il y a plus de 12 mois désormais et qui pourrait potentiellement renverser le régime islamique. Mais sa faiblesse actuelle, de par la répression menée, compromet, pour ne pas dire interdit, tout espoir de changement rapide.

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