La gauche ! Quelle gauche…?!

L’absence de discours crédible au sein de la gauche française explique en partie la désaffection d’un mouvement politique cantonné au rang de supplétif parlementaire et enfermé dans une opposition systématique stérile au Président de la République. Explication d’un gâchis politique et historique..

L’histoire retiendra, si tant est qu’elle s’en accorde le luxe, que la première motion de censure déposée contre le gouvernement Attal a été repoussée par l’Assemblée Nationale. Une goutte d’eau dans les pérégrinations parlementaires de la représentation nationale. Ce qui est en revanche plus inquiétant tant du point de vue politique que du point de vue de la pluralité démocratique, c’est que cette motion déposée par les quatre groupes de gauche ne soit pas parvenue à inquiéter un gouvernement dont les orientations libérales ne sont désormais plus qu’un secret de polichinelle. Pis ! Deux questions se posent désormais avec acuité alors qu’approche lentement mais sûrement 2027 : où est la gauche française et où en est la gauche française. Portée à bout de bras par La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui ne parvient pas cependant à incarner toutes les aspirations et les sensibilités de gauche, celle que l’on qualifiait par le passé de formation progressiste est, paradoxe absolu, en retrait et sur le reculoir depuis la première élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Virage manqué

Les raisons qui peuvent expliquer cette désaffection sont nombreuses, à commencer par le siphonnage en règle effectué par les groupes parlementaires En Marche et Renaissance qui peinent même aujourd’hui, sans les émouvoir pour autant, à offrir une aile gauche à leurs mouvements. Longtemps parti de gouvernement, la gauche française, qui a manqué le virage de la social-démocratie au milieu des année quatre-vingt paye désormais son aveuglement sur de nombreux sujets (Education, salaires,…), celle-ci préférant se concentrer sur la lutte contre les inégalités dont elle n’a pas su entraver le creusement laissant par effet de ricochet la question sociale au Rassemblement national. Aveuglement mais aussi dogmatisme incompatible avec la réalité sociale et économique face à une mondialisation qui appelait souplesse et adaptation et non pas fermeté et maladresse, la loi El Khomry, votée sous la présidence de François Hollande incarnant parfaitement ces erreurs ou ces aveuglement.

Symbiose

Donc se reposent les questions initiales. Et force est de constater que le bilan est peu flatteur. Discréditée dans l’opinion, mal relayée au sein de cette dernière, peu lisible dans son discours plus articulé autour d’un anti-macronisme répétitif que d’un ensemble de propositions en symbiose avec l’histoire de la gauche et les attentes sociales de l’opinion, la gauche française, qui doit en plus subir les outrances de Jean-Luc Mélenchon, traîne sa misère dans un paysage politique où domine un libéralisme agressif et sauvage. En outre, si ce même libéralisme aux relents d’archaïsme nauséabonds par certains aspects occupe tant de place c’est plus en raison des manquements de la gauche à occuper le terrain avec pertinence que par hégémonie naturelle des mouvements libéraux contemporains. Le chemin de rédemption semble donc bien long pour un mouvement politique dont l’offre à ce jour se résume à LFI laissant Parti Socialiste, Radicaux de Gauche et Parti Communiste loin de tout. Y compris du monde dans lequel ils évoluent.

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