Rengaine présidentielle

L’élection du Président des Etats-Unis en novembre prochain constituera l’épicentre des futures relations internationales au regard des conflits menées en Ukraine et contre le Hamas. Car avec la potentielle élection de Donald Trump, l’environnement diplomatique apaisant voulu par Joe Biden pourrait sombrer dans une radicalité lourde de conséquences.

Voilà une musique qui revient tous les quatre ans et qui provient du Nouveau Monde, quand celui-ci incarné par les tout-puissants Etats-Unis, s’apprêtent, et c’est la cas cette année, à élire leur président. Sans surprise, encore que, se profilent à l’horizon les deux derniers candidats à la magistrature suprême, Joe Biden et Donald Trump. Ce dernier, que l’on croyait définitivement écarté de la course à la Maison Blanche en raison des multiples scandales qui ont émaillés son unique mandat (2017 – 2021), notamment son rôle dans l’assaut du Capitole en janvier 2017, se pose finalement aujourd’hui en très sérieux rival du président sortant. Alors, que changerait l’élection de Donald Trump vu d’Europe et du reste du monde en règle générale.

Adhésion et proximité

Deux éléments essentiels, de nature diplomatique seraient ainsi au menu du nouveau président. Tout d’abord, l’aide apportée par les Etats-Unis à l’Ukraine dans le conflit qui l’oppose depuis février 2022 à la Russie n’a jamais remporté l’adhésion de l’ancien président. Sa campagne électorale, hier comme aujourd’hui, articulée autour du slogan L’Amérique d’abord (America first), pourrait sonner le glas de l’assistance américaine à la république d’Europe centrale. Donald Trump n’ayant jamais caché sa proximité avec Vladimir Poutine, ce-dernier étant d’ailleurs intervenu dans son élection en 2016 via des moyens informatiques illicites, aurait là l’opportunité de renforcer ses liens avec le chef du Kremlin en privant l’Ukraine d’un allié précieux tout en laissant le champ libre à Moscou, sauf à voir l’Union européenne, chose peu probable, s’affirmer comme une puissance militaire et diplomatique à même de remplacer en totalité l’aide des Etats-Unis, Donald Trump n’attendant que çà. Deuxième point, le conflit israëlo-palestinien. Si les Etats-Unis restent depuis les années soixante le premier soutien de l’État hébreu, l’évolution de la situation actuelle à Gaza et au regard du conflit dans sa globalité, pourrait cependant pousser Donald Trump à la prudence, à l’image de celle qui prévaut aujourd’hui dans la diplomatie menée par Joe Biden et Anthony Blinken.

Cocotte-minute diplomatique

Un soutien trop affiché à Israël aurait pour conséquence immédiate d’irriter plus encore l’Iran mais aussi le Hamas et le Hezbollah, sans compter les puissances arabes certes silencieuses jusqu’à présent mais qui pourraient aussi s’agacer de l’interventionnisme des Etats-Unis. Le Proche-Orient, cocotte-minute diplomatique s’il en est, constituera sans nul doute, peut-être plus encore que la question ukrainienne, un des points d’ancrage de la campagne de Donald Trump conscient que son électorat protectionniste exacerbé sera plus enclin à soutenir Israël que l’Ukraine. Dans un contexte de dégradation économique latent associé au pourrissement des deux conflits cités, Donald Trump pourrait, une fois encore, apparaître comme la bouée de sauvetage d’une partie de la population des Etats-Unis peu regardante sur la forme employée pour résoudre les problèmes tant que le contenu, aussi inadapté soit-il, répond aux attentes isolationnistes d’une nation finalement divisée.

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