
Alors que le conflit israélo-palestinien s’enlise dans un affrontement sans fin, se pose la question de la légitimité de deux peuples aux droits similaires, celui de vivre en paix dans leurs Etats propres et indépendants.
Alors que se prépare une très certaine opération militaire terrestre israélienne visant à envahir la bande de Gaza afin d’éradiquer, selon les dires des autorités hébreux, définitivement le Hamas, se pose malgré tout la question de la relance du processus de paix. Articulé autour de l’idée que chacun des deux peuples, Palestiniens et Israéliens, puissent vivre sur la même terre dés lors partagée, ce processus semble bien désormais dans l’impasse. Pourquoi ? Car lorsque deux légitimités s’affrontent, deux solutions s’offrent à elles. Soit le parti de la tension et de la guerre, ce qui est à ce jour le cas ; soit le parti du compromis, ce qui fut dans les années quatre-vingt-dix le cas avec les accords de Camp David signés en 1993 (eux-même faisant suite aux accords de 1979).
Gazaouis en étau
Or, à ce jour, Gaza, qui est devenu l’épicentre de toutes les tensions et de toutes les rancoeurs que le conflit israélo-palestinien a généré, est aussi devenu l’espace mettant en évidence l’inertie des Occidentaux, notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont, l’un et l’autre, laissé s’enliser depuis des années Israël et Autorités palestiniennes dans une multitude d’erreurs diplomatiques et politiques.
Abandonnée, délaissée, aux mains du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza ne pouvait finalement que devenir le repère d’un terrorisme aveugle, dont Israël subit les conséquences et par voie de ricochets, les Gazaouis pris en étau entre l’État hébreu et le fanatisme du Hamas.
Pariant sur la disparition progressive de l’entité géographique palestinienne, les Occidentaux ont laissé se poursuivre le processus de colonisation israélien dans les territoires occupés tout en détournant les yeux de la poudrière que devenait Gaza. Abandonnée, délaissée, aux mains du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza ne pouvait finalement que devenir le repère d’un terrorisme aveugle, dont Israël subit les conséquences et par voie de ricochets, les Gazaouis pris en étau entre l’État hébreu et le fanatisme du Hamas. Au rang des solutions qui se posent aujourd’hui, la seule qui vaille à ce jour, est, en dépit des revendications historiques israéliennes légitimes, d’accorder aux Palestiniens une terre qui fera Etat au sens politique, administratif et culturel du terme. Car accorder aux Palestiniens un territoire n’est pas nier l’existence d’Israël, voire engager une logique de réduction de son espace originel, c’est reconnaître l’existence politique et culturelle d’un peuple, aux aspirations légitimes et respectables.
Compromis et Histoire
Opter pour une solution de compromis n’est pas renvoyer dos à dos les adversaires d’aujourd’hui pour nourrir les rancoeurs des générations futures, c’est privilégier la paix au profit de deux peuples au regard des évolutions morales du siècle. Penser la Palestine telle qu’elle le fut en 1948, lors de la création d’Israël, n’a peut-être aujourd’hui plus de sens. En revanche, accepter de partager une terre millénaire, chargée autant d’histoire que de symboles, constituerait une étape clef dans la géopolitique locale mais pas seulement. Elle pourrait aussi inspirer d’autres foyers de tensions à repenser leur rapport à l’autre. Pour l’heure, rien ne semble aller dans ce sens. Et si les déclarations récentes (Joe Biden réaffirmant son soutien à Israël, Emmanuel Macron confirmant son intention de lutter contre le terrorisme islamique tout en reconnaissant la nécessité de créer un Etat palestinien) tendent à l’apaisement et à la reprise du processus de paix, le conflit semble s’enkyster dans une logique absolue de destruction, voire d’éradication de Gaza.